Archives de catégorie : Anglicismes

Compétitionner

Compétitionner vient de l’anglais to competition, certes, mais il s’est bien intégré dans la langue française au point de figurer à la fois dans le Larousse et le Robert. Il a pris le sens de « participer à une épreuve sportive » mais aussi celui de se faire concurrence. Le Petit Larousse :

Être en compétition avec une personne, une entreprise; se faire concurrence : journaux qui compétitionnent.

Compétition

Ce qui nous amène à compétition. Lui aussi pourrait être soupçonné d’anglicisme, particulièrement lorsqu’il est question de concurrence commerciale. D’ailleurs, le Dictionnaire des anglicismes de Colpron le condamne comme tel de même que le dictionnaire en ligne québécois Usito.

Il faut reconnaitre que compétition et concurrence ressemblent à des frères jumeaux, sur le plan sémantique. La Banque de dépannage de l’Office québécois de la langue française donne une série d’exemples où les deux mots sont interchangeables.

La concurrence était forte entre les participants à cette épreuve.

Tous les deux étaient en compétition pour obtenir le poste.

L’Office signale que certains auteurs considèrent compétition comme un anglicisme, car les dictionnaires traditionnels – y compris celui de l’Académie française – ne donnent pas d’exemple où ce mot est employé pour parler de la concurrence. On parle de la compétition que se livrent deux entreprises, chacune étant la rivale de l’autre. Mais cette autre entreprise n’est jamais appelée compétition dans les ouvrages.

Il semblerait donc que cette acception vient davantage de l’anglais. C’est pourquoi, beaucoup trouveront plus prudent de s’en tenir à concurrence dans ce contexte.

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André Racicot vient de faire paraître un ouvrage Plaidoyer pour une réforme du français.  Ce livre accessible à tous est la somme de ses réflexions sur l’histoire et l’évolution de la langue française. L’auteur y met en lumière les trop nombreuses complexités inutiles du français, qui gagnerait à se simplifier sans pour autant devenir simplet. Un ouvrage stimulant et instructif qui vous surprendra.

On peut le commander sur le site LesLibraires.ca ou encore aux éditions Crescendo.

Base

La « locution sur la base de » est devenue particulièrement envahissante, au point d’éclipser des manières plus naturelles et plus simples de s’exprimer. Quelques exemples :

Le reporter rédige un reportage sur une base quotidienne.

Sur une base hebdomadaire, on recense 3000 nouveaux cas.

Le taux d’inflation dans ce pays frise les 30 pour 100, sur une base annuelle.

L’agent de sécurité vérifie la fermeture des portes sur une base régulière.

Ces formulations paraissent tout ce qu’il y a de plus naturelles, sauf si on les reformule en français.

Le reporter rédige un article par jour.

Toutes les semaines, on recense 3000 nouveaux cas.

Le taux d’inflation annuel dans ce pays frise les 30 pour 100.

L’agent de sécurité vérifie régulièrement la fermeture des portes.

Première constatation : le texte est moins lourd et surtout plus naturel. Deuxième constatation : les expressions de remplacement vont dans la logique du français, elles n’écorchent pas les oreilles.

On se demande alors pourquoi les rédacteurs ne les emploient pas. La réponse est simple : parce qu’ils pensent en anglais.

Basé

« Êtes-vous basé en Outaouais? », me demandait récemment un journaliste. Cette question m’a fait froncer les sourcils. Le lévrier parfois congestionné que je suis parfois flairait l’anglicisme. Avais-je tort?

D’emblée, cette expression me paraissait relever du vocabulaire militaire, ce qui est tout à fait exact. Être basé quelque part signifie avoir pour base. Par extension, on peut dire qu’une entreprise, un diplomate ou un journaliste est basé à Abidjan.

Mais il serait plus juste et plus élégant d’affirmer qu’une entreprise est implantée à Abidjan, qu’un diplomate ou un journaliste est en poste dans la même ville.

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Inauguration

Le 20 janvier prochain le président désigné Donald Trump prêtera serment sur les marches du Capitole. Il s’agit donc d’une cérémonie d’assermentation.

Il faut se méfier comme du terme inauguration, un faux ami insidieux. Il est temps qu’on en finisse avec cet anglicisme ronflant de cérémonie d’inauguration. Pensez-y bien, on ne peut inaugurer un président en français ; on inaugure un bâtiment.

En témoigne cette définition dans Le Petit Larousse :

Cérémonie, acte par lequel on procède officiellement à l’installation, à la mise en service d’un monument, d’un édifice, d’une construction, etc. : Inauguration d’un établissement scolaire.

Le Petit Robert ajoute la nuance suivante :

FIG. et LITT. Commencement, début. L’inauguration d’une nouvelle politique.

Bien sûr, on peut fouiller dans les tréfonds de l’histoire pour essayer à tout prix de trouver un sens vieilli, voire caduc, afin d’employer inauguration.

Jadis, le terme inauguration était utilisé pour des personnes. Mais, nous précise Le Trésor de la langue française, il s’agissait d’une « Cérémonie religieuse qui se pratique au sacre, au couronnement des souverains. L’inauguration d’un empereur. » L’ouvrage souligne que cet emploi est vieilli.

Intronisation

Dans un sens figuré, on sera tenté de parler de l’intronisation de Donald Trump. Les attitudes impériales du financier élu pourraient nous inciter à utiliser cette expression, au figuré. Mais le fait est que la présidence américaine ne repose pas sur une dynastie. À moins que Trump n’ait l’intention de tenter un coup d’État comme celui de Louis-Napoléon Bonaparte, en 1851, il est présomptueux de parler d’intronisation de Donald Trump.

Investiture

Au sens moderne, une investiture est un acte par lequel un parti politique désigne un candidat à une élection. Par exemple, M. Trump a obtenu l’investiture des républicain l’été dernier.

Mais le terme investiture n’est pas totalement dénué de logique, comme je l’explique dans un autre article.

Assermentation

Le vote des grands électeurs est officiellement dépouillé le 14 décembre. Le 6 janvier, le Sénat reconnaît officiellement le résultat du scrutin, ce qui est normalement une formalité. Suit la cérémonie d’assermentation du nouveau président des États-Unis qui se déroule devant le Capitole, le 20 janvier. Le nouveau président prête alors serment et devient officiellement le nouveau locataire de la Maison-Blanche.

L’expression cérémonie d’assermentation est donc celle qu’il faut retenir.

Docteur

N’est pas docteur qui veut, du moins dans la francophonie canadienne et québécoise. Ce titre est réservé aux détenteurs d’un doctorat en médecine, ce qui inclut les médecins comme tels, les dentistes et les vétérinaires. D’autres professionnels, comme les podiatres, les optométristes, les psychologues peuvent également se faire appeler docteur, mais à la condition d’indiquer après leur nom la discipline pour laquelle ils ont obtenu leur diplôme.

Paul Piébot, docteur en podiatrie.

Ce qui laisse en plan toute une cohorte de détenteurs d’un doctorat qui ne peuvent arborer le titre tant convoité sur leur carte de visite. Les sociologues et autres philosophes et biologistes peuvent se consoler en faisant suivre leur titre de l’auguste abréviation Ph. D.

Paul Pot, Ph. D. (science politique)

Erreurs courantes

Sous l’influence de l’anglais, on écrit parfois Dr. Latendresse. En français, l’abréviation comportant la première et la dernière lettre du mot ne prend pas le point.

Le Dr Prudent-Lafraise est dentiste depuis 25 ans.

L’abréviation n’est pas obligatoire et on peut écrire le titre au long, sans majuscule initiale, toutefois.

Le docteur Prudent-Lafraise fait aussi des chirurgies mineures.

Autre influence de l’anglais :

Dr Latendresse ne prend pas de nouveaux patients.

En français, il faut mettre l’article défini avant le titre :

Le Dr Latendresse ne prend plus de rendez-vous le vendredi.

Autres langues

Dans d’autres langues, l’utilisation du titre de docteur est moins restrictive. En italien, par exemple, on appellera volontiers docteur une personne ayant fait des études universitaires, même si elle est titulaire d’un diplôme de premier cycle.

Lorsque j’apprenais l’italien, il était normal d’appeler l’enseignante dottoressa, alors qu’elle n’avait aucun doctorat.

Au Québec, on appellera souvent docteur(e) une personne dont on respecte le bagage intellectuel, ou qui prétend en avoir. L’appellation est sur le ton de la badinerie, naturellement.

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Ces mots galvaudés qui nous envahissent

Certains mots sont utilisés à toutes les sauces au point d’en devenir vide de sens. Petit tour d’horizon des grands classiques souventes fois dénoncés dans cette chronique.

Historique

J’espère que vous êtes conscient que le 3 décembre 2020 est un jour historique. Vous ne le saviez pas? Qu’importe les médias vous le signaleront dans la journée. Demain aussi. La pandémie de coronavirus est certes historique, mais l’annulation des fêtes de Noël par le gouvernement? La prochaine élection fédérale? La reprise des activités de la Ligue nationale de hockey? Les Olympiques de Tokyo en 2021? Le Byebye 2020? Pourquoi pas? En fait, tout est historique, selon les médias.

En fait, historique est un mot très fort que l’on devrait employer avec circonspection. Mon billet.

Impact

Voilà un bon bout de temps que je dénonce cet anglicisme (si, si!) envahissant qui remplace des mots plus nuancés comme effet, conséquences etc. Cette fixation tenace sur impact conduit à un appauvrissement du vocabulaire, parce que ce mot, pris au sens propre, est costaud. Mon billet.

Priorité

Nos leaders ont beaucoup de priorités… tellement qu’on peut se demander si la dixième priorité énoncée est encore une priorité. Une priorité est-elle absolue? Réflexion prioritaire dans ce texte.

Partager

La propagation de ce mot dans le vocabulaire informatique a ensuite débordé sur le reste du français à un point tel qu’on pourrait presque parler de pandémie linguistique. On partage tout, des impressions, un appartement, des photos, un document, etc.

Le sens véritable de ce verbe s’est perdu dans le délire le plus complet.

Pourtant, on peut facilement s’exprimer d’une manière plus exacte avec quelques verbes comme dire, informer, diffuser, en parler, mentionner…

Mais on se partage également toutes ces choses, car la formulation réflexive envahit également la langue parlée. Mon billet.

Communauté

Ceux qui vivent en région anglophone comprendront. Dans l’Outaouais fortement anglicisé, tout et n’importe quoi devient une communauté. Mais qu’est-ce qu’une communauté au juste? Texte.

Un incendie éclate dans un village? La communauté s’est mobilisée… pas le village, la communauté. Mais la communauté peut également désigner les habitants d’un quartier du même village, les personnes habitant une rue inondée, à moins que ce soit la région englobant ledit village. Tout est possible.

Le souci de précision le plus élémentaire amènera le langagier à remplacer ce mot très vague. Mon billet.

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Assumer

S’assumer, c’est important dans la vie, même si ce n’est pas toujours facile. On peut aussi assumer des responsabilités, assumer les conséquences d’une erreur. Assumer, c’est prendre en charge quelque chose. On assume les fonctions de superviseur dans une usine.

Voilà pour le sens français du verbe.

Lorsqu’on traverse du côté anglais de la force, on pénètre dans le vaste royaume des suppositions. On assume que notre ami sera ponctuel; il ne s’est pas présenté, on assume qu’il a eu un accident.

En anglais, to assumepeut avoir le même sens qu’en français. Toutefois, ce n’est pas toujours le cas. Comme le précise le Collins Dictionary.

If you assume that something is true, you imagine that it is true, sometimes wrongly.

Une bonne façon de traduire le assume anglais serait de le remplacer par tenir pour acquis ou encore par présumer, considérer

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Numéro civique

Vous habitez au 215, avenue des Pins. Mais si vous dites tout simplement que vous habitez avenue des Pins, il est probable qu’on vous demande votre numéro civique… du moins en anglais. Mais cette expression est vite passée dans le français canadien… comme une lettre à la poste.

Votre interlocuteur pourrait vous demander votre numéro de porte, numéro d’immeuble, ou plus simplement votre numéro tout court. Numéro civique est un anglicisme.

La virgule

Poste Canada ainsi que les guides de rédaction prescrivent la virgule entre le numéro de porte et l’élément générique. Cette virgule est une absurdité syntaxique; elle ne joue aucun rôle utile dans la phrase, puisque son omission n’amène aucune ambigüité. Que vous écriviez 215, avenue des Pins ou 215 avenue des Pins, le résultat est le même.

D’ailleurs, une petite promenade sur Internet montre que les Européens omettent très souvent la fameuse virgule dans leurs adresses.

La minuscule au générique

J’ai déjà écrit un billet sur les règles capricieuses régissant l’emploi de la majuscule en français. Je faisais mention de ce jeu de bascule étourdissant qui fait passer la majuscule de l’élément générique à l’élément déterminatif dans de nombreuses appellations, notamment celles s’appliquant aux toponymes.

Dans le cas qui nous occupe, le générique avenue ne s’écrit pas avec la majuscule; c’est plutôt l’élément suivant qui la reçoit. Ainsi en va-t-il avec les toponymes. La page de l’Office québécois de la langue française explique clairement l’énonciation des adresses en français.

Pourtant, dans les autres langues latines, comme l’espagnol ou l’italien, on n’hésite pas à mettre la majuscule à l’élément générique qui, il faut le préciser, est placé au tout début de l’adresse, alors que le numéro de porte vient à la toute fin.

Via Antonio Gramsci 14

Pisa

Dans mon ouvrage Plaidoyer pour une réforme du français, je propose de simplifier l’écriture des odonymes en adoptant la majuscule initiale pour les génériques avenue, rue, boulevard, place, etc. Ce qui nous éviterait des acrobaties du genre :

Catherine habite au bois de Boulogne, mais Damien habite rue du Bois-de-Boulogne.  

On écrirait Bois de Boulogne et Rue du Bois-de-Boulogne (l’élément spécifique requiert le trait d’union, autre finesse du français.)

Conclusion

Le retrait de la virgule dans les adresses n’a aucune conséquence fâcheuse et se voit déjà ailleurs. L’adoption de la majuscule à l’élément générique serait également plus simple. Ainsi nous aurions :

215 Avenue des Pins

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Derrière les portes closes

L’expression « derrière les portes closes » est abondamment employée un peu partout et personne ne semble y trouver du mal. Les journalistes l’emploient continuellement; un ouvrage de Martine Tremblay porte ce titre; un autre livre, celui- ci de Care Santos, a le même titre, qui est d’ailleurs une traduction.

La popularité de l’expression s’explique en bonne partie par sa limpidité. et par le fait que derrière les portes closes s’inspire de l’anglais behind closed doors. Et comme la frontière entre anglais et français est très ténue au Canada, le calque est rapidement passé dans notre langue, d’autant plus qu’il est clair comme de l’eau de roche.

L’expression française consacrée est à huis clos, parfois écrite à huis-clos. D’ailleurs, les concordanciers bilingues ne s’y trompent pas et proposent cette jolie tournure du français. Le huis, c’est la porte d’une maison, qui a donné naissance à cette locution moderne à huis clos, locution qui a inspiré une pièce de Jean-Paul Sartre. Siéger à huis clos c’est délibérer toutes portes fermées.

On trouvera d’ailleurs la traduction derrière les portes fermées pour behing closed doors. Lorsqu’on tente de cacher quelque chose, on pourra dire qu’on en a discuté en catimini.

Faut-il sortir de ses gonds et claquer la porte au calque derrière les portes closes ? Beaucoup, comme moi, s’en tiendront à huis clos, bel et bien français.

Des périphrases comme « sans en parler à personne », « en toute discrétion », « en cachette », etc. pourront avantageusement remplacer les portes closes devenues autant de portes tournantes vers l’anglais.

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Campagne

La campagne de Donald Le-mot-en-T refuse de concéder la victoire à l’élection présidentielle. Cette phrase parait correcte et pourtant elle ne l’est pas.

Le mot « campagne » possède deux sens précis, le premier étant une région rurale, une vaste étendue de pays plat et vallonné.  On vit à la campagne et non en campagne, puisque dans cette deuxième expression on se réfère à un contexte d’ordre militaire et électoral.

En effet, des soldats sont en campagne lorsqu’ils mènent des actions militaires. Les historiens racontent la campagne d’Égypte de Napoléon Bonaparte.

Au Canada, on pourrait dire : « Du haut de ces bancs de neige quatre cents ans d’anglicismes vous contemplent. »

Car la campagne d’un candidat à une élection est l’ensemble des opérations menées pour se faire élire. Le candidat et son équipe sont alors en campagne électorale. Cependant, le mot « campagne employé seul ne peut désigner tout le personnel qui entoure le candidat. Il faut plutôt parler de l’équipe de campagne.

Imagine-t-on la phrase suivante : « La campagne de Napoléon a décidé de battre en retraite et de quitter la Russie » ?

Dans le cas du président déchu on pourrait donc dire :

L’équipe de campagne de T*** refuse de concéder la victoire; les partisans du président sortant refusent de concéder l’élection, bien que ce terme soit moins précis. Tout dépend de qui on parle.

Chose certaine, il faut éviter cet autre calque grossier de l’anglais. Une campagne ne décide de rien, une campagne n’est pas un ensemble de personnes.

On lira avec intérêt mon article sur le trumpisme.

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Faithless electors

Tout indique que le démocrate Joe Biden sera le prochain président des États-Unis.

Comme je l’ai expliqué dans mon article sur le Collège électoral, ce sont les 538 grands électeurs américains qui élisent officiellement le président des États-Unis. Les personnes dont le nom figure sur les listes présentées par les partis ne sont généralement pas connues du grand public. Ce sont des personnes que les partis cherchent à honorer et à récompenser pour leurs loyaux services au fil des années.

Étant donné les circonstances troubles dans lesquelles s’est tenue l’élection présidentielle de 2020, on peut se demander si les personnes choisies par les partis respecteront leur engagement de voter pour le candidat qu’elles sont censées appuyer. Autrement dit, est-il concevable que des grands électeurs démocrates changent leur fusil d’épaule et votent pour le président sortant, ou encore que des républicains en viennent à soutenir Donald Trump?

Tout dépend des États. Le District de Columbia ainsi que 33 États ont adopté des lois obligeant les grands électeurs à respecter leur parole. Dans certains d’entre eux, le vote dissident d’un grand électeur peut tout simplement être invalidé.

Rappelons que les 538 grands électeurs se réuniront en décembre, dans leur État et non à Washington, pour élire le président. Les votes seront ensuite dépouillés au Sénat et c’est son président, Mike Pence, qui proclamera les résultats…

Traduction

Les grands électeurs qui ne respectent pas leur engagement sont appelés en anglais faithless electors. On appréciera encore une fois la concision de l’anglais. Rendre cette expression d’une manière semblable en français n’est pas de tout repos.

On peut bien entendu recourir à des périphrases : les grands électeurs ayant modifié leur vote, ayant changé d’idée, ayant voté pour un autre candidat, ce qui rend bien le sens de l’anglais.

Ce qu’on appelle en québécois des « vire-capot. »

Certains parleront de grands électeurs renégats, mais cette expression a une connotation très négative, bien qu’elle corresponde à la définition que donne le Larousse du mot renégat : « Personne qui a abandonné, trahi ses opinions, sa religion, son parti. »

Pourrait-on aussi parler de grands électeurs infidèles? De grands électeurs déloyaux? Cette dernière expression me parait intéressante.

Mentionnons, en terminant, que seulement 165 grands électeurs dans toute l’histoire des États-Unis n’ont pas respecté leur engagement. (Aucun d’entre eux n’a été assassiné.)

Le site Slate.fr recense les expressions politiques américaines difficilement traduisibles. Il date de 2012 et est sujet à caution. Par exemple, il soutient que l’expression swing state ne se traduit pas, alors que l’on parle couramment des États clés. Une lecture néanmoins intéressante.

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