Archives de catégorie : Stylistique

Initier

Le verbe initier revêt un sens quelque peu mystique lorsqu’il s’agit d’amener une personne à accéder à un niveau de connaissance supérieur. (Par exemple en lisant ce blogue!) Les sociétés secrètes, par exemple, initient les nouveaux venus. Mais les facultés universitaires et les équipes de hockey aussi.

Le verbe en question a également un autre sens : celui d’entreprendre quelque chose. Il est souvent frappé d’interdit par les amoureux de la langue française, qui y voient un anglicisme. C’est notamment le cas du Multidictionnaire de la langue française et du Dictionnaire des anglicismes de Colpron. La Vitrine de la langue française le considère comme un emprunt.

Alors, anglicisme ou pas? Il est bien possible que le mot ait pénétré le français sous l’influence de l’anglais, ce que les dictionnaires courants ne signalent pas. À cet effet, il faut prendre en considération qu’initier mot vient du latin initium, qui signifie « commencer ».

Et qu’est-ce qu’une initiative, sinon l’action d’une personne qui entreprend quelque chose? Refuser initier dans le sens d’organiser une activité revient à découpler le verbe et le substantif, une absurdité que l’on voit parfois en français. Voir mon article à ce sujet.

En somme, il y a une certaine logique à employer initier dans un sens élargi, mais il faut toujours garder en tête qu’on n’est pas obligé de le faire. Des verbes comme entreprendre, commencer, lancer, etc. peuvent très bien faire l’affaire.

Désappointer

Tant le Robert que le Larousse considèrent que désappointer est un anglicisme.

L’Inquisition a condamné bien des innocents, on le sait, et désappointer mériterait un deuxième procès. Pourquoi? Parce que les mêmes ouvrages mentionnent l’origine du mot, qui vient de l’ancien français désappointer.

Un anglicisme?

À l’origine, désappointer est bel et bien un mot français. Mais il a perdu son sens originel qui était :

1. Destituer quelqu’un de sa charge.

2. Couper les points de fil ou de ficelle qui tiennent en état les plis de cette pièce.

Jadis, désappointer avait aussi le sens de décevoir, mais il semble que cette définition était devenue caduque, à une certaine époque. Sous l’influence de l’anglais, le verbe en question aurait pris le sens plus courant de décevoir, déconcerter ou dépiter.

D’ailleurs, c’est ce que précise le Larousse :

Tromper quelqu’un dans son attente, dans ses espérances ; dépiter, décevoir : Son refus m’a désappointé, j’attendais autre chose.

Un mot français

Il est intéressant de noter que le Multidictionnaire de la langue française de Marie-Éva de Villers ne considère pas que désappointer est un anglicisme. Cette autrice traque à peu près tous les anglicismes qui pullulent dans la langue québécoise.

Au fond, désappointer n’a fait que reprendre l’un des sens qu’il avait jadis. L’anglais lui a tout simplement donné un petit coup de pouce.

Déjeuner

Au Québec, le fait d’inviter une personne à déjeuner peut entrainer une certaine confusion, surtout si elle est d’origine européenne. En effet, un Français d’origine, et éventuellement un Sénégalais, pourrait comprendre que la rencontre a lieu le midi.

La confusion vient du fait qu’au Québec au déjeune le matin, on dine le midi et on soupe le soir. Des amis belges et suisses seraient d’accord ainsi que les Français de certaines régions de l’Hexagone.

La notion de petit-déjeuner (ou petit déjeuner) commence à s’imposer ici dans une langue plus soutenue. Ce n’est pas tout à fait le cas avec le déjeuner vu comme un repas du midi. Chez nous, on dine le midi. Alors attention, si un ami français vous invite à déjeuner, il faudra confirmer avec lui que c’est bien et bien le matin qu’aura lieu votre rencontre.

Dans le même ordre d’idées, il faudra faire preuve de prudence avec le mot diner. Parler du diner pour désigner le repas du soir est inusité au Québec et au Canada.

Dans ce contexte, on ne sera pas surpris d’apprendre que Québécois et Canadiens soupent le soir.  En Europe, le souper est un repas léger que l’on prend le soir, après un spectacle, par exemple.

Les Européens qui n’en ont pas soupé avec la langue québécoise viendront partager nos agapes.

Challenge

Le mot « challenge » est un affreux anglicisme, pensent certains. Ils ont raison et ils ont tort.

Un challenge, nous dit le Robert, est : « Une entreprise dans laquelle on se lance pour gagner, comme par défi. » L’anglicisme vient du vieux français chalenge, qui signifiait débat, chicane.

Le mot a cours au Québec et il est prononcé à l’anglaise, d’où cette impression tenace qu’il s’agit d’un mot anglais pur jus. Or, environ 60 pour 100 du vocabulaire anglais vient du français, conquête normande oblige. Nous pourrions donc faire comme nos cousins d’outre-mer et prononcer le mot à la française.

Défi

Dans nos contrées jadis si enneigées, on parle plutôt de défi. Pourtant, ce n’est pas la première définition de ce mot. Un défi étant la sollicitation d’un combat singulier; une déclaration provocatrice pour tenir quelqu’un responsable de quelque chose; le refus de s’incliner ou encore un obstacle extérieur.

Cependant, le Larousse parle bel et bien de défi quand il définit challenge : « Situation difficile, se présentant à quelqu’un ou à un groupe, et constituant pour lui un défi à relever ; le défi lui-même. » C’est moi qui souligne.

Ce qui explique que le terme défi se voit aussi en Europe et ailleurs, et pas seulement au Québec.

Challengeur

Challenge nous a donné challengeur. Il peut s’agir d’un rival qui cherche à soutirer son titre à un champion. Dans un contexte plus général, en politique par exemple, un challengeur est un adversaire.

On peut penser à l’affreux duel qui se prépare aux États-Unis : Trump qui est le challengeur de Biden. Tout un défi pour la démocratie étasunienne.

Ne pas être une option

« L’échec n’est pas une option. » – Arnold Schwarzenegger

L’acteur austro-américain fait école. Les variantes de sa célèbre citation se multiplient : « Abandonner n’est pas une option. » « Perdre n’est pas une option. » Il y en a bien d’autres.

« Ne pas être une option » est une expression qui ne fait pas partie de l’arsenal traditionnel du français. Les dictionnaires ne la répertorient pas et elle apparait surtout dans des textes au Canada français, dans lesquels l’influence de la langue américaine se fait bien sentir. Ne manquent plus que des rafales d’armes automatiques et un véhicule qui explose.

Est-ce français?

Bien entendu, cette déclaration péremptoire résonne bien en français. En effet, une option est la possibilité de choisir entre plusieurs éléments aussi bien qu’une possibilité. Donc pas de problème… du moins en apparence.

Pourtant, le Robert donne une série de cooccurrences avec option, mais aucune d’entre elles ne comprend le verbe être.

La construction « être une option » n’est pas en soi fautive, mais il est très clair qu’elle s’inspire de l’anglais.

Autres options…

Les francophones qui veulent éviter de paraphraser Schwarzenegger pourront s’inspirer des tournures suivantes :

Un échec est impensable.

  • Abandonner n’est pas envisageable.
  • Revenir en arrière est impossible.
  • Tout recul est à écarter.
  • Refuser une telle offre est inimaginable.

Parler français est toujours une option.

L’espagnol

La langue de Cervantes est l’une des plus répandues dans le monde. Comme l’indique l’Institut Cervantes, l’espagnol « … figure parmi les cinq premières langues du monde en termes de nombre de locuteurs, de nombre de pays où elle est officielle et d’extension géographique. C’est une langue officielle des Nations Unies et une langue de référence dans les relations internationales. » Quelque 500 millions de personnes dans le monde sont hispanophones. L’espagnol est la troisième langue la plus utilisée dans le Web.

Des sources diverses

Comme bien des langues, l’espagnol a puisé dans le réservoir grec pour s’alimenter : bodega (cale) qui vient du grec apotheka. Le latin a donné filosofía et teología.

La présence des Wisigoths a aussi laissé des traces : ganso (oie), guerra et robar (voler). Ce dernier mot n’est pas sans rappeler l’anglais robbery et le français dérober.

L’occupation musulmane, à partir de 711 de notre ère, a amené l’entrée massive de mots arabes dans la langue de Cervantes. Pensons à algarabia (charabia), à comparer au français algarade (altercation); algodón (coton) et Guadalkivir qui, en arabe, signifie « grand fleuve ».

La Reconquesta de 1492 allait tout changer et entrainer la domination du castillan.

Cette fois-ci, c’est le français qui devient source de néologismes. Par exemple manjar (mets); mensaje (message); batallón (bataillon); bayoneta (bayonnette), sans oublier… jardín.

Le Siècle d’or espagnol, de 1492 à 1681, est marqué par le grand rayonnement culturel de l’Espagne, de sorte que le français est encore une fois allé puiser des néologismes en Ibérie. Vous saviez probablement que guitare vient de l’espagnol tout comme grandiose.

D’autres hispanismes suivront au fil des siècles : boléro, gitane, guérilla, intransigeant.

Le castillan d’Amérique

Le français européen diffère de celui parlé en Amérique. Ainsi en va-t-il de l’espagnol sud-américain de celui de la mère patrie.

On observe l’élision du S de la deuxième personne du singulier et du pluriel. Par exemple, puedes se prononce POU-È-DEH; los Indios se prononce LOH INDIOH.

Ceux qui apprennent l’espagnol se heurtent à la jota, ce H aspiré et rocailleux. En Amérique latine, il est considérablement amoindri et ressemble à un H français.

Quant au Z, sa prononciation semblable au th britannique n’existe plus sur notre continent.

Apport de l’anglais

J’ai déjà traité du cas de canceller en français québécois. Eh bien il existe aussi en espagnol, ce qui donne cancelar. Au Québec, on parle souvent de la clutch au lieu de l’embrayage, ce qui est condamné; en espagnol américain ils ont une cloche, qui n’a rien à voir avec une cloche en français.

Le dernier et non et non le moindre : checar. Là encore, les Québécois s’y retrouveront : tchéquer. Il semble que les Français aient été contaminés eux aussi si j’en juge par ce que j’entends dans la série Balthazar.

Espero que te haya gustado este artículo. Saludos a mis amigos españoles.

Sacquer

Les personnes en situation de traduction (!!!) pourraient tiquer en lisant ce qui suit : « La présidente d’un fonds d’investissement est saquée après avoir reconnu qu’elle détournait des sommes considérables pour payer sa résidence cossue à la Barbade. »

On croit voir un autre calque de l’anglais : to sack. Il y a plutôt fort à parier que c’est l’anglais qui, encore une fois, a pillé le français; on pourrait même parler du sac de notre langue par la perfide Albion.

Sacquer (ou saquer) c’est renvoyer sans ménagement une autre personne. Les motifs sont donc impérieux. On ne saurait confondre ce verbe avec congédier, nettement plus nuancé. En effet, congédier revient à indiquer à quelqu’un qu’il doit quitter son emploi.

Les raisons peuvent être multiples : baisse de la demande, surplus d’employés, restructuration, etc. Les personnes touchées ne sont pas vraiment responsables de leur départ, mais plutôt victimes des évènements.

Dans le monde du sport, on va congédier un entraineur, sans nécessairement le brutaliser ou le démolir sur la place publique. On invoquera souvent le désir d’adopter une autre orientation dans la gestion d’une équipe.

Sac

Les dissonances du français ne sont pas nouvelles. Le verbe saquer n’a rien à voir avec le terme sac, dans le sens de pillage. On peut par exemple évoquer le sac de Rome en 1527 sans pouvoir affirmer que la Ville éternelle a été saquée par les pillards. Elle a été pillée, mise à sac.

L’anglais est plus généreux. Le mot sack désigne aussi bien le renvoi d’une personne que le pillage d’une ville. Le verbe couvre également les deux définitions.

Limoger

Ce verbe se voit plus rarement, du moins au Canada.

Le verbe vient de la ville française de Limoges. Le général Joffre y plaça en résidence une centaine d’officiers qu’il jugeait incapables pendant la Grande Guerre. Le terme est resté.

Tout comme pour sacquer, il ne s’agit pas d’un simple congédiement. Limoger, c’est frapper une personne haut placée d’une mesure de disgrâce en la déplaçant ou en la destituant.

L’exemple du capitaine Alfred Dreyfuss est éclairant. Cet homme juif fut limogé après avoir été accusé en 1894 de haute trahison. L’affaire embrasera la France et ouvrira les vannes d’un antisémitisme débridé.  

Difficile dans ce contexte de parler d’un simple renvoi ou congédiement.

Avez-vous des enjeux?

Avez-vous des enjeux, ces temps-ci?

À écouter tout le monde autour de nous, on a l’impression qu’il y a des enjeux partout. Des enjeux de sécurité dans le centre-ville, des enjeux climatiques, des enjeux avec une tondeuse à gazon, des enjeux avec son voisin…

Bref, c’est à devenir fou.

Chers communicateurs, êtes-vous conscients de ce que vous dites? Avec enjeu, vous atteignez des sommets de ridicule. Ouvrir un dictionnaire, peut-être?

Mais qu’est-ce qu’un enjeu?

Un enjeu est l’argent que l’on mise au début d’une partie; ce que l’on peut gagner ou perdre dans une entreprise. Par exemple, l’enjeu d’un conflit.

Le plus souvent, enjeu est employé à tort au sens de PROBLÈME. Une sorte de pudeur étrange fait que plus personne ne l’emploie. Si le mot problème vous met mal à l’aise, pourquoi ne pas parler de DIFFICULTÉ, D’OBSTACLE À SURMONTER?

Affolant de voir comment une faute de langue peut devenir aussi envahissante, surtout quand les médias se mettent de la partie et embouchent la trompette de l’impropriété.

En tout cas, moi je n’ai pas d’enjeu… seulement de l’urticaire à vous lire et à vous entendre.

.

Dégenrer le français?

Le président Macron a profité de l’inauguration de la Cité internationale de la langue française à Villers-Cotterêts pour dénoncer l’écriture inclusive. Il appelle les francophones à ne pas céder « aux airs du temps » et à « garder aussi les fondements, les socles de sa grammaire, la force de sa syntaxe. »

Il s’élève contre des fioritures, comme l’ajout de points dans le milieu des mots. Le président est aussi d’avis qu’en français le masculin sert de genre neutre. Au fond, le président de la République pose une question fondamentale : faut-il dégenrer le français?

Dégenrer

C’est une question complexe. Le français est une langue genrée et on ne peut y échapper. Les choses seraient plus simples si on avait retenu une autre dénomination que « masculin » et « féminin ». Par exemple le genre neutre ou non-neutre; le genre A ou le genre B.

D’aucuns font valoir que genre et sexe ne correspondent pas. Il y a en effet des gazelles de sexe masculin, tout comme des hyènes et des tortues masculines. Cependant il s’agit à mon sens d’un sophisme, puisque certains grammairiens ont affirmé, par le passé, que le genre masculin l’emportait tout simplement parce que les hommes sont supérieurs aux femmes…

Maintenant, comment enlever le genre en français? « Vaste programme » aurait dit de Gaulle. Je ne suis pas nécessairement en désaccord avec l’adoption d’un pronom comme iel. Mais les choses se gâtent rapidement quand on triture les accords de verbes et d’adjectifs avec des parenthèses, des tirets et des points médians. Il y a un problème de lisibilité.

Que faire?

J’avoue que je n’ai pas de solution miracle à proposer.

Pendant ma carrière en enseignement, j’ai vu un bon nombre de jeunes traductrices me dire que, finalement, la solution traditionnelle de faire prédominer le masculin sur le féminin était la moins mauvaise. Cette affirmation m’a un peu surpris. Elle comporte pourtant bien des avantages : notamment éviter les doublons pénibles comme « les Canadiennes et les Canadiens », mais surtout l’introduction de graphies tronquées qui sont loin de faire l’unanimité. 

Réforme et usage

Comme disent les Arabes « Les chiens aboient et la caravane passe. » C’est souvent l’usage qui tranche, pour le meilleur et pour le pire. Par exemple, l’Académie a été obligée d’accepter la féminisation des titres parce qu’elle s’est largement répandue dans la francophonie, sous l’impulsion du Québec, soit dit en passant. La même Académie disait naguère que la féminisation constituait un péril pour la langue française…

Par ailleurs, les rectifications orthographiques proposées en 1990 ne se sont pas glissées dans l’usage des grands médias, ni dans celui des écrivains.

La sortie de Macron s’inscrit dans un courant conservateur bien implanté en France pour des raisons historiques précises. Naviguer dans les méandres du français est un signe de réussite sociale, ce qui explique en bonne partie la réaction du président de la République.

Alors, dégenrer le français? Même réponse que pour une réforme de la grammaire et de l’orthographe : seulement quand tout le monde le fera.

Micro-trottoir

Vox populi, vox Dei, dit l’adage. À la lumière de ce qui se passe dans les médias électroniques ces temps-ci, je serais porté à dire Vox populi, vox niaiseries.

La prolifération des micros-trottoirs dans les bulletins télévisés, tant au Canada qu’en France, est exaspérante. J’y reviens ci-dessous.

Sur le plan linguistique

Le phénomène est bien répertorié dans les deux grands dictionnaires. Il s’agit d’une enquête faite auprès de passants, sélectionnés au hasard, à qui on demande de se prononcer sur un sujet de l’heure.

Micro-trottoir est un mot composé dont le pluriel est micros-trottoirs. Certains s’interrogeront sur le pluriel de micro, qui, dans le cas présent, n’est pas un préfixe signifiant « très petit », mais bien un diminutif de microphone. D’où l’accord.

On entend parfois l’expression vox populi pour désigner ces entrevues spontanées.

Sur le plan journalistique

Dans l’immense majorité des cas, les entrevues de passants n’apportent aucun élément d’information valable. Très souvent, les personnes interrogées n’ont aucune connaissance du problème évoqué; leur réaction est primaire et ne présente aucun intérêt. La mièvrerie envahit nos ondes.

Le phénomène se propage malheureusement. Les infos françaises commencent elles aussi à multiplier micros-trottoirs. Une différence notable, toutefois, le Français moyen arrive quand même à s’exprimer beaucoup mieux que le Québécois rencontré sur la rue. Ses phrases sont mieux construites, même si le propos n’est guère plus élevé.

Alors pourquoi s’entêter à réaliser des micros-trottoirs sur tout et sur rien? La prolifération de ces entrevues inutiles devient exaspérante.

Quelques cas de figure.

Le prix de l’essence augmente. Les personnes interrogées à la pompe sont toutes fâchées : on se fait avoir, ça monte tout le temps, etc. On n’entendra jamais personne dire que, finalement c’est une bonne chose, et que ça rend les gens plus conscients du prix réel de l’énergie.

Un père tue sa femme et ses enfants. Le voisinage est consterné, un si gentil monsieur, on ne se doutait de rien, c’est bien terrible. Le journaliste s’attendait à quoi au juste? Bien content qu’ils soient tous morts, leur chien jappait tout le temps?

Le prix Darwin revient à un brave journaliste de Radio-Canada Outaouais. Les enfants d’une école primaire sont séquestrés, car on craint qu’une personne armée ne fasse un carnage. L’alerte est levée. Le brave galopin en quête d’un prix Pulitzer se tient à côté d’une mère énervée. Elle voit apparaitre sa fille et le galopin en question lui demande « Comment vous sentez-vous? » Elle ignore le type et court vers sa fille.

Du grand journalisme.

Car nous en sommes là : l’émotion, la spontanéité remplacent le journalisme d’enquête.

Des solutions

Revenons au prix de l’essence. Au lieu d’interroger « le vrai monde », on pourrait peut-être enquêter sur la collusion des pétrolières pour fixer le prix de l’essence. Évidemment, c’est plus compliqué…

Le meurtre d’une famille par le père. Une petite enquête sur ce phénomène, son origine et les moyens pris par les autorités publiques pour le combattre. Mais c’est tellement plus simple de poser des questions aux gens.

Des réactions

Ma lettre à la directrice de l’information de Radio-Canada n’a reçu aucune réponse. Mes messages à divers journalistes locaux et nationaux n’ont rien donné, sauf dans le cas d’’une reporter du Téléjournal qui m’a dit qu’elle transmettrait mon message avec plaisir aux responsables de cette politique populiste.

Tiens donc. Ils ne sont pas tous d’accord avec la direction…