Bogue

Vous avez suivi toutes les étapes. Vous avez enfin trouvé la scie mécanique de vos rêves sur JeFlambeMonFric.com. Votre nom, votre numéro de téléphone, votre adresse ont été dument inscrits. Vous voici enfin rendu au moment fatidique : payer votre achat en ligne. Vous êtes bien lucide, votre concentration atteint un paroxysme inégalé : il ne faut pas gaffer en inscrivant le numéro de votre carte de crédit; une seule erreur et tout capote. Le formulaire s’efface et il faut tout reprendre.

Vous vérifiez trois fois : il n’y a pas d’erreur, la date d’expiration de la carte est exacte, le numéro secret est le bon. Vous pesez sur Envoyer.

Et crac! Le système gèle, pas de réaction, sauf un cri d’effroi de votre part.

Un bogue

Il faut se rendre à l’évidence, l’application a un bogue. Je suis convaincu que vous avez tous connu cela, dans vos achats privés ou au boulot.

Ce type de dysfonctionnement s’appelle un bogue, de l’anglais bug, qui signifie bestiole. En effet, le bogue est une sorte de bibite (québécisme), un grain de sable dans l’engrenage.

On remarquera la graphie francisée qui semble prévaloir dans les ouvrages de langue tout comme dans l’usage courant. De temps à autre verra-t-on un bug, qui apparaît comme une bestiole dans la soupe.

Le terme bogue a engendré le verbe déboguer, dont la définition est : « Rechercher et corriger les erreurs de fonctionnement d’un programme informatique. » – Le Petit Larousse

Synonymes

Comme le mot en question est d’usage fréquent et très ciblé, nous ne sommes guère portés à lui trouver un synonyme. Le premier mot qui nous vient en tête est dysfonctionnement; pensons aussi à trouble, erreur de fonctionnement.

Bogue et blogue

Si la francisation de bug semble aller de soi, celle de blog n’est pas évidente, puisque cette graphie persiste dans beaucoup d’écrits d’outre-Manche. Au Québec, on emploie blogue, qui, d’ailleurs, nous a donné bloguer et blogueur.

Maison Blanche

La résidence du président des États-Unis s’appelle la Maison-Blanche. Habituellement, on ne met pas de majuscule à l’adjectif lorsque celui-ci est après le nom. On devrait écrire Maison blanche, mais on ne le fait pas.

Cette règle, de garder la minuscule à l’adjectif, comporte une exception : l’adjectif qui précède le substantif prend la majuscule. Par exemple, le Grand Trianon. Si on écrivait la Blanche Maison, eh bien la majuscule serait justifiée.

On remarquera une autre exception, celle des appellations commerciales. Pensons à la Banque Nationale. La double majuscule donne ici plus de relief à cette raison sociale.

La même logique prévaut pour la résidence du président des États-Unis. Mais, comme je le signalais dans un article précédent, il est de coutume de mettre le trait d’union. L’appellation qui identifie l’édifice devient donc un nom composé, un peu à la manière d’un odonyme.

Par exemple, on écrira la rue des Grands-Châteaux. L’élément déterminatif s’écrit avec un trait d’union, une manière d’unifier le tout.

Maison Blanche

L’appellation Maison-Blanche est quelque peu malmenée dans la presse. La graphie classique avec trait d’union perd un peu de terrain dans la presse européenne. Les quotidiens Le Monde, Libération et Le Figaro écrivent maintenant Maison Blanche, bien que cet usage ne soit pas constant. La double majuscule est sauvegardée, mais pas le trait d’union.

Dans plusieurs articles de ce blogue, j’ai critiqué les règles byzantines du français sur la majuscule. Leur rigidité et surtout leur incohérence expliquent peut-être que certains scribes s’encanaillent. Ce n’est pas moi qui vais les blâmer.