Archives de catégorie : Informatique

Chatbot

Un chatbot, c’est un logiciel avec lequel vous pouvez engager une conversation et qui vous donne l’impression, par ses réactions, d’être un humain.

Un phénomène inquiétant

L’intrusion de l’intelligence artificielle dans nos vies est très préoccupante. Les potentiels de dérapage sont nombreux et des effets ont déjà commencé à se faire sentir. Pensons à ce jeune homme belge qui s’est suicidé parce que l’agent conversationnel Chai lui proposait de venir le trouver dans l’autre monde.

Les personnes en détresse — et même celles qui sont très intelligentes — peuvent facilement se faire piéger. Certains personnalisent même le chatbot en lui attribuant un nom personnel, comme Charlie ou Walter. Moi je l’appellerais Belzébuth.

D’ailleurs, des chercheurs émérites, comme le Québécois Joshua Bengio, mettent le monde scientifique en garde contre les avancées de l’IA. Personne ne semble savoir où l’on s’en va.

À mon avis, le jour n’est pas loin où des humanoïdes « intelligents » provoqueront des drames chez les personnes qu’ils auront asservies.

Traduction

Le terme chatbot n’est que le dernier en lice de tous les anglicismes qui pullulent dans le monde de la technologie, comme s’il était impossible d’exprimer la réalité autrement que par le canal de la langue anglaise.

Pensons à des emprunts comme open space, data center…

Évidemment, chatbot est facile à prononcer; en outre le terme contient le mot chat, passé en français. Dans notre langue, on dit clavarder, un mot-valise combinant clavier et bavarder. Mais ce sont de désolants mots français…

Alors, comment traduire ce chat botté de chatbot? Les dictionnaires nous proposent : un dialogueur, un agent de conversation.

On peut aussi penser à : clavardage robotisé.

Comme toujours, cette chronique a été écrite par un être humain conversationnel.

Data center

Soyons réalistes, la technologie informatique se décline en anglais. L’évolution constante des ordinateurs et de l’intelligence artificielle s’impose comme une réalité inéluctable, dont le vocabulaire est en anglais.

Néanmoins, cela ne signifie pas qu’il est impossible d’exprimer cette réalité en français. Nous sommes encore devant un problème que j’ai maintes fois dénoncé dans mes billets : le manque de volonté de l’Europe francophone à traduire les expressions et les mots anglais. Exprimer les nouvelles réalités en anglais est un signe d’ouverture d’esprit. Du moins, le croit-on là-bas.

Et pourtant, la traduction de bien des termes s’impose d’elle-même sans risque de semer la confusion. Mais cet argument ne porte pas en Europe.

Quelques évidences

Prenons le terme Data center qui se rend très bien en français par centre de données. Quelles données ? demanderont certains, qui verront là un bel argument pour conserver l’anglicisme.

Eh bien des données numériques, belle traduction de l’anglicisme data. Donc, centre de données (numériques) conviendrait parfaitement.

Autre cas qui relève de l’évidence, le fameux QR Code. Qu’est-ce qui est incompréhensible dans l’expression code QR ? Mais on s’entête à employer l’anglicisme, tellement plus… moderne.

Moins évidents, mais traduisibles quand même

Un Open source est un logiciel dont le code est accessible au public. On pourrait donc parler d’un code source libre, bref d’une source ouverte.

Si vous êtes le moindrement prudent, vous sauvegardez vos textes et photos dans le Cloud. Il s’agit du nuage informatique. La technologie en question s’appelle l’infonuagique. À mon avis, une belle trouvaille.

Dans Facebook, vous aimez afficher des stories. Une story,c’est un micro-récit vidéo. Et pourquoi ne pas parler d’une petite histoire ou un court récit ? Le contexte sera suffisant pour comprendre.

Bien entendu, cette traduction n’a aucune chance de s’implanter. De la même manière, il est bien plus excitant de parler de reel que de microvidéo. Le terme vient de Tik Tok. Ce sont ces vidéos très courtes que les gens regardent sans pouvoir s’arrêter.

Pourquoi ? Grâce au scrolling. Ce défilement continu, en spirale abrutit et capture le lecteur, incapable de décrocher.

Heureusement, cette chronique quelque peu désabusée prend fin ici, car mes textes ne sont pas en défilement continu. Heureusement.

Internet

Internet est un univers fantasmagorique, peuplé d’anges et de démons. Un enfer serti dans l’écrin d’un paradis (je suis en piste pour le Goncourt).

La Grande Toile, comme on l’appelle parfois, présente aussi quelques problèmes sur le plan linguistique.

Internet, mode d’emploi

L’auteur de ce billet – qui n’est pas un robot, soit dit en passant – a contourné la question de la majuscule en amorçant son texte avec le mot litigieux : Internet.

Un petit coup d’œil aux grands dictionnaires révèle une certaine ambiguïté, qui se reflète dans l’usage. Le Larousse donne Internet et internet. Le Robert précise qu’on peut dire l’internet, avec minuscule. Comme on le voit, l’utilisation du déterminant le serait acceptable, mais il me semble qu’elle s’inspire de l’anglais the Internet.

À noter toutefois que certains considèrent Internet comme un nom propre et l’écrivent avec la majuscule initiale. Je suis de cet avis.

Le Robert donne la Toile, le Net et le Web comme synonymes.

Web

Le Web, c’est l’ensemble des données reliées par des liens hypertextes. Un diminutif de World Wide Web. Là encore, on observe une alternance entre majuscule initiale et minuscule initiale. Le mot ne prend pas la marque du pluriel. On écrira donc des sites Web.

Sur Internet?

Se pose maintenant la question de la préposition. On navigue sur Internet ou dans internet? Une visite dans la Vitrine linguistique de l’Office québécois de la langue française nous réserve quelques surprises.

L’Office donne l’explication suivante :

Le cyberespace peut être considéré métaphoriquement comme un volume (ce qui appelle la préposition dans) ou comme une surface (ce qui appelle la préposition sur). Les deux prépositions, dans et sur, peuvent donc être employées devant un nom désignant un cyberespace, comme Internet, site Web, réseau social, blogue, etc.

En clair, on navigue dans Internet, on a vu un article dans le Web, on se promène dans le site Web d’Air Canada. Vous lisez mon article dans mon blogue. Dans toutes les phrases qui précèdent, on peut aussi employer la préposition sur.

L’Office justifie l’utilisation de la préposition sur en faisant valoir qu’on surfe sur quelque chose. Dixit l’OQLF :

Lorsqu’on utilise sur, on se représente le cyberespace comme une surface sur laquelle on se déplace, un peu comme avec un bateau. Le verbe naviguer, dont le sens premier est « voyager sur l’eau », peut d’ailleurs renforcer cette conception. Ainsi, on évoque la navigation maritime au lieu de la navigation aérienne.

On surfe donc sur le Net, on se promène sur les réseaux sociaux. Sur mon blogue, vous trouverez des articles de fond et des conseils linguistiques.

J’ai encore du mal à digérer cette prise de position des linguistes de l’Office. En fait, je la trouve plutôt déroutante. Elle sème une dangereuse confusion. Une seule chose est claire : le verbe surfer appelle la préposition sur.

Personnellement, je surfe sur le Web du New York Times, mais j’ai découvert une information dans les réseaux sociaux et vous trouverez des centaines d’articles instructifs dans mon blogue.

Sur ou dans? Un petit coup d’œil aussi bien dans la littérature que dans la Toile permet de constater que l’usage est très diversifié.

Technologie en français

Lorsqu’on lit des publications européennes, on a l’impression que toute la technologie ne peut être exprimée qu’en anglais. Or c’est faux. Force est de constater que la volonté de traduire a disparu en Europe.

Pourtant, des traductions françaises se sont imposées dès les débuts de l’informatique.

Ordinateur

Commençons par le mot ordinateur. Dans d’autres langues, comme l’allemand ou l’italien, on dit computer. L’anglicisme aurait pu s’imposer en français, mais l’idée de computer quelque chose sonnait drôle à l’oreille, pour des raisons qui n’échappent à personne.

Beaucoup l’ignorent, mais l’anglicisme vient du français… computer, lui-même issu du latin computare, qui signifie calculer. Citation de Châteaubriand : « On compute encore par les ères julienne, grégorienne, ibérienne et actienne. »

Quant au mot ordinateur, il a été imposé par le général de Gaulle.

Logiciel

Traduction de software. Je ne suis pas certain que le terme serait traduit aujourd’hui. Malheureusement, les anglicismes prennent maintenant toute la place.

E-mail

Ce mot très répandu semble impossible à rattraper. On reçoit un mail, on mail une autre personne. Au Québec, nous utilisons à peu près uniquement le mot courriel, un mot valise combinant courrier et électronique. Une belle trouvaille, à un point tel que le Larousse donne une définition lapidaire d’e-mail : courriel.

Smartphone

Traduit par téléphone intelligent par les irréductibles Québécois. Mais, dans la vie courante, cette traduction n’est plus aussi employée qu’auparavant. Pourquoi? Parce que la plupart des gens possèdent un téléphone intelligent; par conséquent, on parle de téléphone tout court  

Podcast

Autre terme répandu et inscrit dans les dictionnaires, dont le Robert : « Fichier audio ou vidéo diffusé par Internet, destiné à être téléchargé. » L’ouvrage mentionne cependant qu’au Québec on dit balado. Il s’agit d’un raccourci pour baladodiffusion, terme que l’on entend couramment à Radio-Canada.

Ransomware

On ne souhaite à personne de se faire pirater son ordinateur et de recevoir par la suite une demande de rançon. Ce sont souvent les grandes entreprises qui en sont victimes.

L’expression a été rendue par le très inélégant rançongiciel.

Hacker

On peut certes parler de pirate informatique, mais force est de reconnaître que l’anglicisme s’est frayé un chemin dans notre langue. Lisez mon article à ce sujet.

Web

« Système hypermédia permettant d’accéder aux ressources du réseau Internet », nous dit le Larousse. On parle parfois de la Toile. L’anglicisme est largement utilisé.

Liker

Certes, on pourrait dire aimer, mais le terme est plus général. Une vidéo peut être aimée… mais combien de likes a-t-elle reçus? Dire que l’on a aimé un post de son ami est assez vague. On peut l’avoir lu tout simplement, tandis que si on l’a liké, il devient clair qu’on a cliqué sur le petit cœur.

Là encore, le substantif aussi bien que le verbe sont entrés en français.

Hypertrucage

De plus en plus, il est difficile de faire la différence entre réalité et trucage. Il est maintenant aisé de copier une personne réelle et de lui faire dire toutes les conneries que l’on veut. En anglais, il est question de deepfake : hypertrucage. La traduction est ici très réussie.

Morale de cette histoire : avec un peu de volonté il est toujours possible de trouver une traduction, mais celle-ci n’est pas nécessairement inspirée et convaincante. Même avec toute la bonne volonté du monde, certains termes anglais s’immiscent dans notre langue, ce qui n’est pas nécessairement un mal.

Bipeur

Les membres du groupe terroriste Hezbollah ont récemment eu une petite surprise dans leur poche. Leur bipeur a explosé. Des morts et des blessés. Mais surtout une fierté quelque peu écorchée.

Le terme biper ou bipeur est un anglicisme tout de suite adopté dans la francophonie. On le voit sous deux graphies, mais les médias français semblent préférer la forme francisée, ce qui est en soi une consolation.

L’anglicisme a engendré un verbe, biper, qui a l’avantage de sonner français et d’avoir une certaine logique. Car un bipeur émet un bip, après tout. On peut donc biper à qui mieux mieux, mais oubliez vos copains du Hezbollah…

Les Québécois ont tenté de franciser ce terme, ce qui a donné pagette, qui ne figure pas dans le Robert et le Larousse. L’usage de l’anglicisme déguisé en mot français l’a largement emporté.

D’ailleurs, les journalistes québécois, que ce soient des médias écrits ou des médias électroniques, ont repris le bipeur sans se poser de question, ignorant sans doute qu’il s’agissait d’un emprunt à l’anglais.

Deep fake

Que diriez-vous de ceci ?

Le président Poutine : « Je me rends compte de la monumentale gaffe qu’a été l’invasion de l’Ukraine et retire mes troupes immédiatement. Je vais dédommager les Ukrainiens. »

On croirait que le président russe est tombé sur la tête. Un peu comme si Xi Jinping s’excusait pour la covid…

Nous entrons dans le monde merveilleux des deepfakes.

L’IA, pas de quoi rire

On sait maintenant qu’une déclaration truquée, produite par ordinateur, peut revêtir toutes les apparences de la vérité. Des logiciels sont maintenant accessibles pour faire dire à vos victimes tout ce que vous pouvez imaginer. On peut aussi les déshabiller, parait-il…

Nous commençons à peine à entrevoir la spirale étourdissante dans laquelle nous entraine l’intelligence artificielle.

Deepfake

Le terme commence à se propager et, bien sûr, l’anglais est encore roi et maitre.

Heureusement, des traductions ont aussi commencé à apparaitre. Le message de Poutine exposé en début de texte pourrait être qualifié de fausse vidéo. L’excellente émission Les décrypteurs de Radio-Canada propose hypertrucage, car c’est bien de cela qu’il s’agit.

Dans la même veine, on peut aussi voir hypercontrefaçon et, pourquoi pas, contrefaçon profonde.

Pendant que nous arrivons encore à distinguer le vrai du faux, je tiens à préciser que ce billet n’a pas été composé par intelligence artificielle. La mienne suffit.

Hacker

Êtes-vous une personne fouineuse? Par exemple êtes-vous capable de profiter de la candeur proverbiale de ceux et celles qui lisent ce blogue dans un café en profitant du wi-fi ambiant?

Vous avez compris qu’il est question des hackeurs, (hackers en franglais) ces individus qui cherchent à s’introduire frauduleusement dans l’ordinateur de quelqu’un d’autre. Le terme désigne les pirates informatiques, mais force est de reconnaitre que l’anglicisme est bien implanté en français.

Les hackeurs n’agissent habituellement pas par altruisme et cherchent le plus souvent à voler des données ou à faire du sabotage, quand ils s’infiltrent dans le système informatique d’une entreprise.

D’où mon étonnement devant la définition du Petit Robert :

Pirate informatique qui agit sans intention de nuire, par jeu, par goût du défi, ou par activisme.

Voilà une définition quelque peu chevaleresque, ne trouvez-vous pas? Peut-être pas autant qu’on pense. La notion de hacker éthique existe bel et bien. Il s’agit de pirates qui percent des systèmes et aident les entreprises à mieux se protéger. Ils agissent souvent comme conseillers.

Bref, celui qui vous a chipé vos données personnelles est un petit rigolo. Or un pirate informatique n’agit pas toujours par altruisme, bien au contraire.

Hacktivisme

Laissons de côté les bandits. Certaines personnes pratiquent l’activisme dans le cyberespace. Elles cherchent à s’introduire frauduleusement dans un système informatique pour le détourner. Elles veulent ainsi défendre des idéaux sociaux, politiques ou religieux. C’est ce qu’on appelle faire de l’hacktivisme.

Par ailleurs, certains pays ont leur petite armée de bidouilleurs qui remplissement des missions de sabotage. Dans ce cas, ce n’est pas de l’hactivisme, mais de l’espionnage.

Avouons que ce néologisme, hacktivisme, est bien trouvé, il donne toutes ses lettres créances à l’anglicisme hacker.

Hackathon

Hacker a fait d’autres petits. Le hackathon n’est pas une planète lointaine dans la galaxie Alpha du Centaure. C’est plutôt une séance de remue-méninges réunissant une joyeuse confrérie de hackers et d’autres spécialistes de l’informatique. La séance peut durer plusieurs jours. Le but : développer des stratégies informatiques novatrices.

Car certaines entreprises traumatisées embauchent des pirates pour mieux protéger leurs systèmes internes.

En informatique, le crime peut finir par être très payant.

Conclusion

Hacker est évidemment là pour rester, à cause de son caractère distinct et de sa popularité. Mais rien n’interdit d’employer le mot très français de pirate.

Follower

« Malheur à l’homme qui a des disciples. » disait Nietzsche.

Vous êtes sûrement tous dans les médias sociaux. Des centaines, voire des milliers de personnes vous suivent, ce que certains francophones, hélas trop nombreux, appellent des followers.

Par exemple, Taylor Swift a quelque 95 millions de followers sur cet égout public qu’est en train de devenir X, anciennement Twitter. Yannick Nézet-Séguin en compte presque 28 mille.

Au Canada, le terme followers a été traduit par abonnés. Bien sûr, ce n’est pas très excitant, ça fait moins techno que de dire « fallo-ouère », mais le sens est là. On s’abonne à un journal, à une série de concerts, etc. Alors pourquoi ne pas s’abonner aux tweets d’une personne qui nous intéresse?

Des variantes, d’un intérêt inégal, il faut le dire, sont concevables.

On pourrait parler des personnes inscrites à un compte. Une vedette comme celle mentionnée ci-dessus pourrait avoir des admirateurs, des fidèles, des disciples.

Qu’en pensez-vous?

QR code

Bonjour, comment vont vos code-barres bidimensionnels?

Vous savez, ces gribouillis labyrinthiques en forme de carré. Vous les balayez avec votre téléphone et hop! accès direct à un site web.

Vous avez sans doute reconnu les fameux QR code, comme on dit en Europe, appelés ici au Québec code QR. Que signifie au juste l’initiale QR? Quick response, donc un code de réponse rapide. Je ne pousserai pas le purisme jusqu’à proposer cette traduction; il me semble que code QR est suffisant.

Bien sûr, il ne scintille pas de mille feux comme l’anglicisme, parfaitement inutile d’ailleurs. Le QR code est le parfait exemple d’un terme anglais facilement traduisible en français.

L’OQLF

Les code-barres bidimensionnels précités sont une proposition de l’Office québécois de la langue française. Proposition qui fera certes des gorges chaudes outre-Atlantique, où l’on a perdu l’habitude de traduire dès que ça vient de l’Amérique.

Néanmoins, il faut reconnaitre que la traduction de l’OQLF demeure obscure et quelque peu pompeuse. C’est pourquoi il ne me semble pas avisé de l’adopter.

Labyrinthe informatique

Texte ironique sur l’informatique. Vous reconnaissez-vous dans la description suivante?

De plus en plus, vous avez l’impression d’être un béotien, un chameau qu’on force à passer par le chas d’une aiguille. Les procédures pour faire les choses les plus simples deviennent de plus en plus tordues. Vous êtes enseveli par des mots de passe de plus en plus complexes. Une souris blanche perdue dans le labyrinthe informatique.

Les foutus mots de passe

Comme la neige en hiver, ils sont incontournables. Vous voulez acheter des billets de théâtre? Il faut ouvrir un compte. Même chose pour un tournoi de tennis ou un voyage en train, car les billets papiers sont maintenant bannis. Gare à vous si votre téléphone ne fonctionne pas le jour de l’évènement ou si vous ne trouvez plus le courriel contenant ce sésame qu’est le code QR de vos billets. Vous l’avez effacé par erreur? Zut!

Chaque nouveau compte requiert un mot de passe. Quand le logiciel est gentil, il vous précise que vous devez inscrire au moins un caractère en majuscule, un autre en majuscule, un chiffre, au moins un symbole, un hiéroglyphe, et aussi un caractère runique, et, tant qu’à y être, un idéogramme japonais ou chinois… Maintenant, il faut au moins 12 caractères pour sécuriser votre compte. Comment mémoriser votre mot de passe, qui aurait fait reculer Champollion? Parce qu’attention! Il ne faut l’écrire nulle part (sans blague!)? Le truc, c’est de s’arranger pour que le mot de passe corresponde à la mélodie d’un chant tibétain du VIIIe siècle.

Les applications

En passant, avez-vous téléchargé l’application? C’est tellement plus simple… Mais attention, il est fort possible qu’elle refuse mystérieusement votre mot de passe tout neuf, créé dans Internet. Vous voilà enfermé dans une boucle informatique. Ça arrive. Débrouillez-vous maintenant.

Pugnace vous avez tenté d’entrer dans votre compte à plus de trois reprises, en vous disant que vous avez mal transcrit votre mot de passe. Grave erreur. Vous compte est maintenant verrouillé.

Vous êtes décidément très naïf. Vous voulez appeler le service à la clientèle de votre application. Le problème est que vous aurez beau chercher partout dans le site, vous ne verrez jamais de foutu numéro de téléphone. Une rubrique d’aide tentaculaire s’assurera de ne pas répondre à la question simple que vous posez. Sans rire, on vous demande ensuite si le menu d’aide a été utile. Parfois, on arrive à débusquer le fameux numéro en cherchant dans Internet. Parfois.

Un agrégateur de mots de passe

Au fond, la solution serait d’avoir un mot de passe universel au lieu de 65, dont 43 sont considérés comme peu sécuritaires. Les gourous du Web vous incitent à choisir un agrégateur de mots de passe : tout sera désormais beaucoup plus facile. Facilité et informatique sont deux plaques tectoniques qui s’éloignent l’une de l’autre.

Méfiez-vous de ces gourous. Pour eux, tout est simple. C’est un peu comme Einstein qui essaie de vous convaincre que la mécanique quantique, ce n’est finalement pas compliqué quand on la prend par le bon bout…

Alors votre gourou vous dira que l’application OneFuckingPassword est géniale et facile à utiliser. Grâce à elle, vous pouvez stocker tous vos mots de passe, les numéros de vos cartes de crédit, tous les renseignements personnels que vous souhaitez.

Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais le doute me saisit. Vais-je confier tout ce matériel radioactif à une application inconnue? Si, si, si, insiste votre gourou, tout est crypté, pas de danger.

Quel bonheur! Mes comptes vidéo-étron.ca, Hostidemail.com, Goofymail.com, Yahoulala.fr, Instagratte, Nerd, PowderGroin, Excel-lent et autres applications Windoors seront enfin accessibles, grâce à un seul mot de passe.

Bon OK.

OneFuckingPassword

Les portes de l’enfer s’ouvrent.

Je comprends assez vite que c’est tellement simple que je ne suis pas toujours sûr de comprendre. J’ai choisi le seul mot de passe dont je vais me servir, quelque chose de convivial comme HELP&cx2*me##ifYOU%-can%@! Mais pas le choix, OneFuckingPassword ne veut rien savoir de Jenpeupu. Mon mot de passe doit être tellement sécuritaire qu’il devient impossible de le mémoriser, à moins de souffrir de schizophrénie catatonique.

OneFuckingPassword est très facile à utiliser. La preuve c’est qu’il y a un tas de vidéos YouPuke qui cherchent à vous convaincre que c’est simple. Par exemple intégrer l’application à votre navigateur GoofyCrook, FirefoxNews, Safarire, PuckPuckGo ou MicroGates Edgy. Un jeu d’enfant, qu’ils disent.

C’est peut-être simple, mais pas nécessairement convivial, voilà le problème. Sinon comment expliquer cette pléthore de tutoriels?

Vous désirez inclure le mot de passe de votre application de recettes? Fafa bébé, des dizaines de tutoriels vous indiquent comment. J’en essaie un et les affichages de la vidéo ne correspondent pas à ce que je vois sur mon ordi. J’en essaie un autre, mais là encore, cela ne correspond pas. Je constate que les vidéos datent de deux ans… Et j’ai un Mac en plus… J’essaie à plusieurs reprises, mais ça ne fonctionne pas.

Me voilà transporté dans la quatrième dimension…

Alors pourquoi ne pas télécharger l’application et passer par elle, au lieu d’intégrer OneFuckingPassword dans mon navigateur? Je télécharge l’application en me disant que je suis bien bête de ne pas y avoir pensé. Tout est de ma faute.

Je déchante vite. Je tape mon fucking mot de passe caractère par caractère, tel un apothicaire qui prépare une concoction miraculeuse. OneFuckingPassword refuse platement mon mot de passe. C’est encore moi qui ne comprends pas. Sûrement.

Respirons par le nez. Je clique sur Mot de passe oublié… L’application me demande l’identifiant qui est mon adresse courriel. Je tape l’identifiant et OneFuckingPassword se rebiffe. Buté comme un âne, il me dit d’un air hautain qu’il n’y a pas de compte à ce nom…

Bref, j’ai passé des heures à écouter des vidéos, à tenter des expériences, en vain. Excédé, j’ai réalisé que l’agrégateur me rendait la vie impossible, car j’avais maintenant du mal à entrer dans mes applications courantes, qui, souvent, refusaient de s’ouvrir, parce que mon fucking mot de passe ne fonctionnait pas.

Une boucle informatique infernale. J’ai décidé de me débarrasser de OneFuckingPassword. Pas si simple que cela quand l’application dit que tu n’as pas de compte…

Excédé

À présent, je n’ose plus toucher à rien. Renforcer mes mots de passe me parait être la moins pire des solutions. Mais là encore, cette mesure élémentaire peut virer au cauchemar, comme cela s’est produit avec ma banque.

Les gourous nous vantent maintenant l’identification à deux facteurs. Par exemple, Facedebouc vous envoie un code numérique par texto pour déverrouiller votre compte. Cela empêchera votre compte d’être piraté si votre mot de passe a été diffusé.

Le croiriez-vous, mais je suis sceptique. Qui dit que le code par texto ne sera jamais intercepté? Et supposons qu’un bogue empêche l’envoi du fameux code? On fait quoi?

Eh bien on lâche ses appareils électroniques et on va faire une marche.

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J’invite tous ceux qui ne veulent pas perdre l’esprit à lire mes Chroniques informatiques.

Mon Glossaire de l’informatique vous amusera sûrement.

Comment j’ai failli perdre mon blogue.