Archives de catégorie : Anglicismes

Midterms

Les élections de mi-mandat aux États-Unis sont une source de vocabulaire presque aussi passionnante que le scrutin lui-même.

Tout d’abord l’appellation midterms, que l’on traduit en français par élections de mi-mandat. La presse française a adopté l’anglicisme fort pratique dans les titres, mais aussi présent dans le corps des articles, malheureusement.

Lors de ce scrutin, la totalité des 438 membres la Chambre des représentants doivent retourner devant les électeurs, de même que le tiers des sénateurs. Cette année, 35 d’entre eux sont en campagne.

Deux expressions

  1. Les swing states

L’issu du vote est souvent déterminé par les humeurs changeantes des swing states, c’est-à-dire les États qui peuvent pencher aussi bien d’un côté que de l’autre. En français, il est question des États pivot.

Plusieurs traductions sont possibles : les États clés (qui revient souvent); les États indécis; les États charnière.

L’identité de ces États varie selon la conjoncture. Traditionnellement, l’Iowa donne le ton de l’élection, car il vote le plus souvent du même côté que l’ensemble de la population.

En 2026, certains États farouchement républicains semblent enclins à voter pour les démocrates. Ils deviennent à leur tour des États clés. C’est notamment le cas du Texas.

  • Le gerry mandering

Une organisation fédérale comme Élections Canada est inimaginable de l’autre côté de la frontière, car ce sont les États qui régissent le processus électoral. Le découpage des circonscriptions est décidé par les autorités locales, et celles-ci ne se gênent pas pour tenter de favoriser le gouvernement en place.

Certains États, dont le Texas, ont procédé à ce que l’on appelle là-bas au gerrymandering. Il s’agit de redessiner les contours d’une circonscription pour, par exemple, envoyer des électeurs progressistes dans une circonscription bourgeoise et ainsi rendre leur vote nul. Ce genre de manipulation se fait légalement et vise à favoriser un camp au détriment de l’autre.

Les traductions possibles abondent : remaniement/découpage arbitraire/malhonnête; charcutage électoral; manipulation à des fins électorales.

La base de données Termium propose des traductions intéressantes : redécoupage électoral partisan; remaniement partisan des circonscriptions électorales.

La démocratie étasunienne est en crise, on le voit clairement, et le gerrymandering constitue un des nombreux symptômes inquiétants qui étayent cette affirmation.  

Plus tôt que tard

On entend souvent l’expression « plus tôt que tard » et elle semble correcte. Or, elle ne l’est tout à fait, car elle suit la syntaxe de l’anglais. On y reconnait en effet l’expression « sooner than later ».

Traductions

Une traduction molle : tôt ou tard. À mon avis, elle ne rend pas fidèlement le sens de l’anglais, qui insiste le caractère immédiat de la situation.

Au plus vite me parait plus fidèle à l’anglais. Certains diront tout simplement au plus tôt. Cette traduction me parait plus fidèle au sens original, tout comme le plus rapidement possible, donc, dès que possible. Autre variante : sans tarder.

Il faut bien sûr tenir compte du contexte.

An accident will occur sooner or later.

Dans ce cas, on pourrait traduire de la manière suivante :

D’ici peu de temps, un accident surviendra.

Un accident est imminent.

Un accident est inévitable.

Comme l’a peut-être dit saint Jérôme : tout dépend du contexte.

Plus tôt que plus tard

Cette locution ressemble beaucoup à l’anglais dont elle traduit bien le caractère, urgent, imminent ou inévitable d’une situation.

Expressions anglaises francisées

Certaines formulations anglaises sont tellement percutantes qu’elles se sont imposées en français. Ce n’est pas toujours une mauvaise chose.

On le sait, les langues s’empruntent des mots et des expressions, phénomène normal et le plus souvent enrichissant, malgré certains excès dénoncés dans cette chronique.

L’anglais est une langue expressive; il parle souvent par images. Le français, en comparaison, est plus abstrait, et donc plus terne. D’où certains emprunts.

Le chat est sorti du sac.

On a connu le fin mot de l’histoire. La vérité est apparue au grand jour. Voilà ce qu’on pourrait dire dans notre langue. Le sens est maintenu, tout est clair. Mais l’image de l’anglais frappe davantage l’imagination.

Le diable est dans les détails.

Votre police d’assurance ne couvre pas les tornades. Bien entendu, votre assureur ne le claironne pas vous devez lire les petits caractères du contrat.

En français? Il faut faire attention aux détails. Ce sont les détails qui posent un problème. Il faut être vigilant. Il faut bien lire le contrat. Attention aux clauses dissimulées/cachées.

On n’est pas sorti du bois.

Locution très canadienne, cent fois plus expressive que l’expression consacrée : on n’est pas sorti de l’auberge.

Les forêts canadiennes sont immenses. Parler d’une auberge n’interpelle pas du tout la population canadienne.

L’éléphant dans la pièce, aux États-Unis, c’est la santé mentale du président.

Le sujet tabou, le sujet dont personne n’ose parler. Le français dit bien ce qu’il a à dire, mais l’anglais est nettement plus imagé. Comme le disait bien un sénateur français, Trump est le seul éléphant à se promener avec son magasin de porcelaine…

Les mathématiques, ce n’est pas ma tasse de thé.

Très britannique indeed. Les mœurs britanniques nous fascinent à un point tel que nous avons calqué cette délicieuse expression.

Ce n’est pas à mon goût, ce n’est pas mon truc. Les mathématiques, ça ne m’excite pas… aussi vrai que un et un font trois.

Conclusion

Les expressions empruntées respectent la syntaxe du français, c’est pourquoi elles sont parfaitement admissibles. Ce qui explique que l’emprunt passe le plus souvent inaperçu.

Crosse

Le conflit commercial entre le Canada et les États-Unis touche notamment ce que l’on appelle chez nous les bâtons de hockey. Dans les rares articles européens qui parlent de l’intimidation du président-fou envers son plus grand marché d’exportation, il est question de crosses de hockey.

Qui a raison?

Les Européens. Clairement.

L’expression « bâton de hockey » est ni plus ni moins un calque de l’anglais hockey stick. Mais le terme est passé dans l’usage et tout le monde n’y voit que du feu, quitte à compter dans son propre filet.

Bâton et crosse

Les grands dictionnaires définissent un bâton comme un long morceau de bois, par exemple un bâton de pèlerin ou un bâton de ski. Il peut également être un symbole d’autorité, comme un bâton de maréchal. Mais nulle part n’est-il question d’un bâton de hockey ou d’un bâton de baseball.

Le mot utilisé est crosse. On pourrait croire ici à une simple différence de vocabulaire. Ce n’est pas le cas. Une crosse est un long bâton courbé, ce qui correspond à ce qu’est exactement un bâton de hockey. Dans les autres exemples donnés, on cite aussi la crosse d’un évêque.

Il serait donc plus exact de parler de la crosse de hockey, mais, bien entendu, ce n’est pas demain la veille que les commentateurs sportifs du Canada français vont rectifier leur vocabulaire. Encore une fois, l’usage, si malveillant soit-il, fait loi.

Un sport

On notera au passage que la crosse est un sport amérindien qui se joue avec une balle sur le gazon ou sur une surface dure. Le Larousse précise que ce sport se pratique avec une… crosse.

Les anglophones l’appellent lacrosse pour éviter la confusion avec le verbe to cross.

Variations sémantiques

Le français québécois et canadien a donné un sens particulier au terme en l’objet. Une belle crosse est une arnaque, pratiquée par un crosseur. Un crosseur est un individu malhonnête qui essaie de rouler les autres.

On dira par exemple que le marchand de voitures usagées de la rue Principale est un crosseur. Il a vendu une voiture accidentée à une vieille dame. (Les lieux communs sont en pleine forme!)

Une personne victime d’une telle arnaque s’est fait crosser. Elle s’est fait avoir, en termes plus polis. Pour bien des gens, les politiciens et les avocats sont tous des crosseurs.

À la forme réflexive, se crosser signifie se masturber… On est loin de la crosse d’un évêque…

Chatbot

Un chatbot, c’est un logiciel avec lequel vous pouvez engager une conversation et qui vous donne l’impression, par ses réactions, d’être un humain.

Un phénomène inquiétant

L’intrusion de l’intelligence artificielle dans nos vies est très préoccupante. Les potentiels de dérapage sont nombreux et des effets ont déjà commencé à se faire sentir. Pensons à ce jeune homme belge qui s’est suicidé parce que l’agent conversationnel Chai lui proposait de venir le trouver dans l’autre monde.

Les personnes en détresse — et même celles qui sont très intelligentes — peuvent facilement se faire piéger. Certains personnalisent même le chatbot en lui attribuant un nom personnel, comme Charlie ou Walter. Moi je l’appellerais Belzébuth.

D’ailleurs, des chercheurs émérites, comme le Québécois Joshua Bengio, mettent le monde scientifique en garde contre les avancées de l’IA. Personne ne semble savoir où l’on s’en va.

À mon avis, le jour n’est pas loin où des humanoïdes « intelligents » provoqueront des drames chez les personnes qu’ils auront asservies.

Traduction

Le terme chatbot n’est que le dernier en lice de tous les anglicismes qui pullulent dans le monde de la technologie, comme s’il était impossible d’exprimer la réalité autrement que par le canal de la langue anglaise.

Pensons à des emprunts comme open space, data center…

Évidemment, chatbot est facile à prononcer; en outre le terme contient le mot chat, passé en français. Dans notre langue, on dit clavarder, un mot-valise combinant clavier et bavarder. Mais ce sont de désolants mots français…

Alors, comment traduire ce chat botté de chatbot? Les dictionnaires nous proposent : un dialogueur, un agent de conversation.

On peut aussi penser à : clavardage robotisé.

Comme toujours, cette chronique a été écrite par un être humain conversationnel.

Data center

Soyons réalistes, la technologie informatique se décline en anglais. L’évolution constante des ordinateurs et de l’intelligence artificielle s’impose comme une réalité inéluctable, dont le vocabulaire est en anglais.

Néanmoins, cela ne signifie pas qu’il est impossible d’exprimer cette réalité en français. Nous sommes encore devant un problème que j’ai maintes fois dénoncé dans mes billets : le manque de volonté de l’Europe francophone à traduire les expressions et les mots anglais. Exprimer les nouvelles réalités en anglais est un signe d’ouverture d’esprit. Du moins, le croit-on là-bas.

Et pourtant, la traduction de bien des termes s’impose d’elle-même sans risque de semer la confusion. Mais cet argument ne porte pas en Europe.

Quelques évidences

Prenons le terme Data center qui se rend très bien en français par centre de données. Quelles données ? demanderont certains, qui verront là un bel argument pour conserver l’anglicisme.

Eh bien des données numériques, belle traduction de l’anglicisme data. Donc, centre de données (numériques) conviendrait parfaitement.

Autre cas qui relève de l’évidence, le fameux QR Code. Qu’est-ce qui est incompréhensible dans l’expression code QR ? Mais on s’entête à employer l’anglicisme, tellement plus… moderne.

Moins évidents, mais traduisibles quand même

Un Open source est un logiciel dont le code est accessible au public. On pourrait donc parler d’un code source libre, bref d’une source ouverte.

Si vous êtes le moindrement prudent, vous sauvegardez vos textes et photos dans le Cloud. Il s’agit du nuage informatique. La technologie en question s’appelle l’infonuagique. À mon avis, une belle trouvaille.

Dans Facebook, vous aimez afficher des stories. Une story,c’est un micro-récit vidéo. Et pourquoi ne pas parler d’une petite histoire ou un court récit ? Le contexte sera suffisant pour comprendre.

Bien entendu, cette traduction n’a aucune chance de s’implanter. De la même manière, il est bien plus excitant de parler de reel que de microvidéo. Le terme vient de Tik Tok. Ce sont ces vidéos très courtes que les gens regardent sans pouvoir s’arrêter.

Pourquoi ? Grâce au scrolling. Ce défilement continu, en spirale abrutit et capture le lecteur, incapable de décrocher.

Heureusement, cette chronique quelque peu désabusée prend fin ici, car mes textes ne sont pas en défilement continu. Heureusement.

Bogue

Vous avez suivi toutes les étapes. Vous avez enfin trouvé la scie mécanique de vos rêves sur JeFlambeMonFric.com. Votre nom, votre numéro de téléphone, votre adresse ont été dument inscrits. Vous voici enfin rendu au moment fatidique : payer votre achat en ligne. Vous êtes bien lucide, votre concentration atteint un paroxysme inégalé : il ne faut pas gaffer en inscrivant le numéro de votre carte de crédit; une seule erreur et tout capote. Le formulaire s’efface et il faut tout reprendre.

Vous vérifiez trois fois : il n’y a pas d’erreur, la date d’expiration de la carte est exacte, le numéro secret est le bon. Vous pesez sur Envoyer.

Et crac! Le système gèle, pas de réaction, sauf un cri d’effroi de votre part.

Un bogue

Il faut se rendre à l’évidence, l’application a un bogue. Je suis convaincu que vous avez tous connu cela, dans vos achats privés ou au boulot.

Ce type de dysfonctionnement s’appelle un bogue, de l’anglais bug, qui signifie bestiole. En effet, le bogue est une sorte de bibite (québécisme), un grain de sable dans l’engrenage.

On remarquera la graphie francisée qui semble prévaloir dans les ouvrages de langue tout comme dans l’usage courant. De temps à autre verra-t-on un bug, qui apparaît comme une bestiole dans la soupe.

Le terme bogue a engendré le verbe déboguer, dont la définition est : « Rechercher et corriger les erreurs de fonctionnement d’un programme informatique. » – Le Petit Larousse

Synonymes

Comme le mot en question est d’usage fréquent et très ciblé, nous ne sommes guère portés à lui trouver un synonyme. Le premier mot qui nous vient en tête est dysfonctionnement; pensons aussi à trouble, erreur de fonctionnement.

Bogue et blogue

Si la francisation de bug semble aller de soi, celle de blog n’est pas évidente, puisque cette graphie persiste dans beaucoup d’écrits d’outre-Manche. Au Québec, on emploie blogue, qui, d’ailleurs, nous a donné bloguer et blogueur.

Internet

Internet est un univers fantasmagorique, peuplé d’anges et de démons. Un enfer serti dans l’écrin d’un paradis (je suis en piste pour le Goncourt).

La Grande Toile, comme on l’appelle parfois, présente aussi quelques problèmes sur le plan linguistique.

Internet, mode d’emploi

L’auteur de ce billet – qui n’est pas un robot, soit dit en passant – a contourné la question de la majuscule en amorçant son texte avec le mot litigieux : Internet.

Un petit coup d’œil aux grands dictionnaires révèle une certaine ambiguïté, qui se reflète dans l’usage. Le Larousse donne Internet et internet. Le Robert précise qu’on peut dire l’internet, avec minuscule. Comme on le voit, l’utilisation du déterminant le serait acceptable, mais il me semble qu’elle s’inspire de l’anglais the Internet.

À noter toutefois que certains considèrent Internet comme un nom propre et l’écrivent avec la majuscule initiale. Je suis de cet avis.

Le Robert donne la Toile, le Net et le Web comme synonymes.

Web

Le Web, c’est l’ensemble des données reliées par des liens hypertextes. Un diminutif de World Wide Web. Là encore, on observe une alternance entre majuscule initiale et minuscule initiale. Le mot ne prend pas la marque du pluriel. On écrira donc des sites Web.

Sur Internet?

Se pose maintenant la question de la préposition. On navigue sur Internet ou dans internet? Une visite dans la Vitrine linguistique de l’Office québécois de la langue française nous réserve quelques surprises.

L’Office donne l’explication suivante :

Le cyberespace peut être considéré métaphoriquement comme un volume (ce qui appelle la préposition dans) ou comme une surface (ce qui appelle la préposition sur). Les deux prépositions, dans et sur, peuvent donc être employées devant un nom désignant un cyberespace, comme Internet, site Web, réseau social, blogue, etc.

En clair, on navigue dans Internet, on a vu un article dans le Web, on se promène dans le site Web d’Air Canada. Vous lisez mon article dans mon blogue. Dans toutes les phrases qui précèdent, on peut aussi employer la préposition sur.

L’Office justifie l’utilisation de la préposition sur en faisant valoir qu’on surfe sur quelque chose. Dixit l’OQLF :

Lorsqu’on utilise sur, on se représente le cyberespace comme une surface sur laquelle on se déplace, un peu comme avec un bateau. Le verbe naviguer, dont le sens premier est « voyager sur l’eau », peut d’ailleurs renforcer cette conception. Ainsi, on évoque la navigation maritime au lieu de la navigation aérienne.

On surfe donc sur le Net, on se promène sur les réseaux sociaux. Sur mon blogue, vous trouverez des articles de fond et des conseils linguistiques.

J’ai encore du mal à digérer cette prise de position des linguistes de l’Office. En fait, je la trouve plutôt déroutante. Elle sème une dangereuse confusion. Une seule chose est claire : le verbe surfer appelle la préposition sur.

Personnellement, je surfe sur le Web du New York Times, mais j’ai découvert une information dans les réseaux sociaux et vous trouverez des centaines d’articles instructifs dans mon blogue.

Sur ou dans? Un petit coup d’œil aussi bien dans la littérature que dans la Toile permet de constater que l’usage est très diversifié.

Fast fashion

La langue française a beau être fastueuse – quand elle n’est pas fastidieuse –, mais la tentation de tout angliciser semble irrépressible.

Un concept récemment apparu, la fast fashion, en est un bel exemple. Définition qui nous vient d’Oxfam France : « … cette mode rapide et jetable qui a inondé les marchés de ses multiples collections depuis les années 1990. » La même source nous parle aussi de l’ultra fast-fashion, dont le renouvellement des collections est quotidien. Oui, vous avez bien lu.

Un beau pied de nez à l’environnement. On imagine le gaspillage des ressources causée par ces marques de consommation rapide, sans parler de la qualité médiocre, grâce à laquelle certaines chaines offrent des prix sans équivalent.

On comprend rapidement que les acheteurs se lassent rapidement de leurs achats, d’autant plus qu’ils risquent de se détériorer à vitesse grand V.

Les médias français nous parlent aussi de la Fashion Week, qui se déroule à Paris, mais aussi à Londres, Milan et à New York.

Traduire

On peut comprendre que la Fashion Week conserve son appellation anglaise, puisqu’il s’agit d’une manifestation internationale. Cependant, le concept de fast fashion peut aisément être traduit en français. Voici quelques suggestions :

  • Mode éphémère
  • Mode rapide
  • Mode instantanée
  • Mode de courte durée
  • Mode jetable
  • Mode à bas prix

Mais, comme d’habitude, la volonté de traduire semble complètement disparue de l’autre côté de l’Atlantique.

Fast-food

On peut tracer un parallèle avec l’expression indigeste fast-food. Celle-ci habite le français depuis 1972, précise Le Petit Robert.

Certaines traductions se sont frayé un chemin dans l’usage, bien que fast-food soit très répandu. Pensons à restauration rapide et à malbouffe.

Fin de cette chronique rapide et indigeste.

Clause grand-père

Dans cette chronique, j’ai souvent déploré le français parfois raboteux des médias et leur peu d’ouverture à l’idée de se corriger. Il ne faudrait cependant pas imaginer que tous les journalistes sont des rustauds qui se fichent de notre langue. Beaucoup ont à cœur sa bonne santé et son épanouissement.

Le dernier projet de loi présenté par le gouvernement du Québec sur la laïcité nous rappelle l’existence de ce que l’on appelait jadis la clause grand-père. Il s’agissait bien sûr d’un calque de l’anglais grand father clause.

Mais les journalistes semblent avoir adopté l’expression clause des droits acquis. En clair, les personnes qui portaient le voile ou tout autre signe religieux dans leur milieu de travail pourront continuer de le faire, tandis que les nouveaux employés devront le retirer.

Grand-papa a cédé la place à d’autres traductions possibles : clause d’antériorité, clause des droits acquis, clause de protection des droits acquis.

Cette évolution vers une langue française plus naturelle est rafraichissante.

On peut ici tracer un parallèle avec l’affreuse clause nonobstant devenue la disposition de dérogation. Comme quoi, les médias arrivent à se corriger, quand ils le veulent bien.