Victorien

Les anglophones du Canada ont fêté hier ce qu’ils appellent la fête de la Reine. Au Canada français, on célèbre la mémoire des Patriotes qui, en 1837, ont déclenché une rébellion contre le pouvoir colonial anglais.

La fête de la Reine

Pendant longtemps, Canadiens et Québécois ont cru que la fête en question était en l’honneur de la reine Élisabeth II, dont le règne a enjambé sept décennies. C’était une erreur, car la défunte reine était née le 21 avril 1926. Elle ne pouvait donc pas être célébrée l’avant-dernier lundi de mai.

Celle qui était à l’honneur, c’était Victoria, dont le règne s’est échelonné de 1837 à 1901, un règne qui a marqué le XIXe siècle. La Grande-Bretagne était au faîte de sa gloire; son empire s’étendait sur les cinq continents et comptait 450 millions de sujets. En 1877, Victoria devenait impératrice des Indes, comme on disait à l’époque.

Victorien

L’adjectif victorien désigne l’époque en question et il a pénétré l’usage, tant en anglais qu’en français. L’époque victorienne se caractérisait par un grand conservatisme social et le triomphe de la Révolution industrielle. Certes, l’Empire britannique a connu une expansion phénoménale, mais la réalité pour ses habitants était loin d’être aussi glorieuse. Lisez Charles Dickens.

On comprend donc que le terme victorien est employé aussi de manière péjorative. On parlera de la pudibonderie victorienne. Des idées rétrogrades peuvent être qualifiées de victoriennes.

Élisabéthain

La reine Victoria n’est pas la seule à avoir prêté son nom à un adjectif. La reine Élisabeth 1ère a donné l’adjectif élisabéthain. Celui-ci est moins entaché de conservatisme que victorien.

Élisabeth 1ère a régné 45 ans, de 1558 à 1603. Comme elle ne s’est jamais mariée, on suppose qu’elle est restée vierge. L’État américain de Virginie tire son nom de cette hypothèse.

L’ère élisabéthaine est prestigieuse. La souveraine a assis la domination de la religion anglicane. La victoire de la marine britannique sur la grande armada espagnole a amené le déclin de l’Empire d’Espagne et établi la domination anglaise sur les mers.

Géorgien

Les quatre rois George ont marqué l’architecture anglaise, de 1714 à 1830. Place au style Renaissance et aux frontons gréco-romains. Le palais de Buckingham en est un bel exemple.

La fête des Patriotes

Les Québécois ne sont pas de fervents monarchistes, c’est le moins que l’on puisse dire. Si la reine Élisabeth II attirait le respect, tout comme le souverain actuel Charles III, on n’entend pas retentir dans les rues le God Save the King.

Depuis environ 25 ans, le Québec honore les Patriotes qui ont tenté de faire du Bas-Canada de l’époque une république indépendante. Le projet était hardi à plusieurs égards : les insurgés voulaient fonder un nouveau pays dans lequel hommes et femmes étaient égaux, une révolution pour l’époque. En outre, le gouvernement serait responsable devant le Parlement, ce qui correspondait à des revendications aussi bien au Canada français qu’au Canada anglais.

Chose certaine, le combat des Patriotes, écrasé dans le sang, continue d’inspirer la population, particulièrement la jeune génération.

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