Monthly Archives: janvier 2021

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Une couple

« Il fut convenu qu’il se reposerait seulement une couple d’heures sur un canapé. »

Cette phrase d’Émile Zola, puisée dans La débâcle, étonne. Les langagiers canadiens y verront immédiatement un calque syntaxique de l’anglais. La fascination pour la langue anglaise, en France et ailleurs, remonte justement à la fin du XIXe siècle, époque à laquelle Zola écrivait son œuvre magistrale sur les Rougon-Macquart. Toutefois, les emprunts à l’anglais étaient surtout lexicaux; par exemple, Jules Verne parlait des steamers, les bateaux à vapeur.

Mais les calques syntaxiques étaient bien rares et ils le sont encore aujourd’hui, quoique plus fréquents. De fait, la tournure employée par Zola était correcte. Non seulement elle figure dans le Trésor de la langue française, mais aussi dans le Petit Robert.

Le Trésor cite plusieurs exemples : une couple d’œufs, une couple de cents œufs (Verlaine), une couple d’heures (Barres). Ce dernier exemple figure d’ailleurs dans Le Robert, avec la mention régionalisme. Le dictionnaire de l’Académie, quant à lui, donne la définition suivante :

Ensemble de deux choses réunies occasionnellement et, par ext., un petit nombre.

Canadiens et Québécois connaissent bien l’expression que l’on entend couramment dans la langue quotidienne.

Encore une fois nous voyons que ce qui peut sembler un anglicisme n’est parfois rien d’autre que du vieux français.  

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André Racicot vient de faire paraître un ouvrage Plaidoyer pour une réforme du français.  Ce livre accessible à tous est la somme de ses réflexions sur l’histoire et l’évolution de la langue française. L’auteur y met en lumière les trop nombreuses complexités inutiles du français, qui gagnerait à se simplifier sans pour autant devenir simplet. Un ouvrage stimulant et instructif qui vous surprendra.

On peut le commander sur le site LesLibraires.ca ou encore aux éditions Crescendo.

Administration

La nouvelle administration Biden prend son envol… ou plutôt faudrait-il dire le nouveau gouvernement Biden?

Voilà une expression qu’on n’entend guère. Par le passé, autant les médias que les analystes se sont penchés sur les faits et gestes des administrations Kennedy, Nixon, Obama, etc. Pourtant il s’agissait bel et bien d’un anglicisme, comme le confirment les ouvrages de langues.

Le Petit Larousse :

Aux États-Unis, ensemble formé par le gouvernement proprement dit et par les conseillers engagés par le président pour l’aider à élaborer sa politique.

Car administration ne s’emploie pas pour le gouvernement d’un autre pays que les États-Unis. Imagine-t-on l’administration Macron en France? L’administration Merkel en Allemagne? Non.

En français, le mot administration s’entend de l’ensemble des services de l’État. On désigne souvent par ce mot les fonctionnaires.

Administration est donc un anglicisme passé dans l’usage, bref un américanisme.

Un autre américanisme est le mot convention, au sens de congrès d’un parti politique pour désigner un candidat à la présidence et son colistier.

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Mitaine

Je ne pensais jamais écrire un billet sur le mot mitaine. La popularité de la photo prise de Bernie Sanders, bien emmitouflé sur les marches du Capitole, m’a convaincu qu’il valait la peine d’en parler.

Ses mitaines tricotées ont fait le tour de la planète et on ne compte plus les trucages pour le faire apparaitre sur des toiles de grands maitres aussi que dans des scènes de la vie quotidienne.

Les médias français ont parlé des moufles du sénateur américain et ce détail a attiré mon attention, puisqu’au Canada il est question de mitaines. De prime abord, je croyais à un anglicisme, puisque les anglophones parlent de mittens. Pourtant ce n’est pas vraiment le cas. Il s’agit d’un régionalisme courant au Canada, mais aussi en Suisse et dans certaines régions françaises. L’anglais a donc repris un terme qui se fait plus rare en français moderne.

Les Européens emploient donc moufles, un mot que l’on ne voit à peu près jamais sous nos contrées enneigées. Il s’agit bel et bien d’une pièce de vêtement qui couvre entièrement la main, sans séparer les doigts.

Quant à mitaine, il revêt maintenant le sens suivant, selon le Petit Robert : « Gant qui laisse à nu les deux dernières phalanges des doigts. » Cette définition surprendrait n’importe quel Canadien.

Le dictionnaire en question retient toutefois l’expression canadienne à la mitaine, qui signifie faire les choses à la main, sans moyens techniques. Un peu comme cette chronique pleine de doigté.

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Investiture

Les médias francophones du Canada semblent avoir enfin abandonné cet anglicisme détestable inauguration de Joe Biden. Comme je l’ai indiqué dans un billet précédent, le terme exact est assermentation. Cependant, bien des médias parlent de l’investiture du nouveau président des États-Unis.

De multiples sources confirment que l’investiture, c’est le fait pour un parti politique de choisir un candidat à une élection. Par exemple, Kamala Harris a reçu l’investiture démocrate pour briguer un poste de sénatrice en Californie.

On pourrait croire que le terme ne convient pas parfaitement à la prise du pouvoir d’un nouveau président, bien que Joe Biden ait obtenu lui aussi l’investiture du Parti démocrate lors d’un congrès de cette formation tenu l’été dernier.

Mais l’investiture ne concerne pas uniquement un parti politique. Le Larousse donne aussi la définition suivante :

Procédure qui tend, en régime parlementaire, à accorder à un nouveau chef de gouvernement la confiance du Parlement.

On y est presque.

Dans le cas des États-Unis, c’est le vote du Collège électoral qui détermine l’élection du président. Ce Collège ne fait pas à proprement parler partie du Congrès; il s’agit plutôt d’une instance temporaire qui vote pour l’un des candidats, dans chaque État de la fédération américaine. Ce collège cesse d’exister dès qu’il a voté.

En étant très puriste, on pourrait crier à l’impropriété.

Investir

Investiture et investir forme un tandem imparfait en ce sens que le substantif et le verbe ne concordent pas parfaitement. C’est ce que j’appelle des mots orphelins ou encore des demi-frères.

Parce que le verbe investir possède un sens moins précis que le substantif. Dixit le Larousse :

Charger solennellement, officiellement, d’un pouvoir, d’un droit, d’une dignité.

Voilà exactement la teneur de la cérémonie d’assermentation du 20 janvier : investir Joe Biden des pouvoirs du président des États-Unis.

Les médias du Canada français ont remplacé inauguration par assermentation ou investiture. D’ailleurs, les médias français parlent eux aussi d’investiture. Ce dernier suit parfaitement la logique du verbe investir et il serait vraiment abusif de crier à l’erreur. Et ce pour deux raisons.

  1. Le sens des mots évolue et ils prennent parfois des significations nouvelles. C’est ce qu’on appelle l’évolution de la langue. Dans le cas présent, cette évolution n’est pas un anglicisme.
  2. L’emploi d’investiture ne débouche pas sur une absurdité linguistique, comme c’était le cas pour inauguration.

Comme c’est presque toujours le cas en français, il faudra attendre plusieurs années avant que les ouvrages de langue finissent par faire concorder investiture et investir. Malheureusement, il est bien possible que les dictionnaires ne confirment jamais cette évolution pourtant facile à recenser. Les lexicographes sont très conservateurs.

Entretemps, réjouissons-nous de l’investiture du président Biden et souhaitons-lui bonne chance. Il en aura besoin.

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Pennsylvania Avenue

Le président des États-Unis loge à la Maison-Blanche, située au 1600 Pennsylvania Avenue. C’est ce que vous dira tout moteur de recherche.

Peut-on traduire cette adresse?

Il semble bien que non, puisque les recherches « avenue de (la) Pennsylvanie » ne donnent pas de résultats probants, le langagier étant ramené à des sites en anglais qui parlent, évidemment, du 1600 Pennsylvania Avenue. Cette recherche, faussement candide de la part de l’auteur de ces lignes, conduit à un résultat qui n’a rien de très surprenant. Sauf pour Wikipédia qui, dans son article sur 1600 Pennsylvania Avenue, donne entre parenthèses la traduction avenue de Pennsylvanie.

Un tout petit doute s’installe. Toute personne ayant voyagé à New York constate que les guides en français parlent bel et bien de la Cinquième Avenue, de la 125e Rue. Alors pourquoi ces traductions soudaines? Alors que l’on dit Park Avenue, Madison Avenue, au lieu de l’avenue du Parc et de l’avenue Madison, ce qui serait pourtant très logique. Illogisme et incohérence sont les marques de commerce de l’usage.

De retour dans la capitale américaine. Bien d’autres artères portent des noms d’États et leur nom n’est jamais traduit. Et que penser des rues dont le nom se résume à une lettre de l’alphabet, comme K Street? La rue K?

Notre volonté de traduire dans la mesure du possible se heurte à un usage à la fois têtu et illogique. Ce qui est acceptable dans la métropole ne l’est plus dans la capitale et, au fond, dans les autres villes états-uniennes. Par exemple, on ne parle pas du boulevard du Crépuscule pour traduire Sunset Boulevard à Los Angeles. New York demeure donc l’exception qui confirme la règle. Dommage.

Quant à moi, je serais fort tenté d’utiliser avenue de la Pennsylvanie, dans un texte, ne serait-ce qu’à titre d’exception. Mais mes disciples ne seront pas légion, je le devine.

Washington DC

Cette appellation est pertinente en anglais, car on pourrait confondre la capitale avec l’État du nord-ouest des États-Unis. Elle l’est cependant beaucoup moins dans la langue de Molière.

Quand on dit que John habite à Washington, tout le monde comprend. Jane, elle, habite dans l’État de Washington (ou le Washington, comme on dit parfois). Le DC est donc parfaitement inutile en français.

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Insurrection

Êtes-vous vraiment surpris de ce qui se passe aux États-Unis? Moi pas, bien que ce serait présomptueux de ma part de prétendre que j’avais prévu les événements d’aujourd’hui. Comme tout le monde, je suis un peu dépassé par ce cirque carnavalesque qu’est devenue la présidence de Donald Trump.

Annoncer avant même la tenue du scrutin que s’il perd, c’est parce que l’élection sera truquée. Ensuite refuser de reconnaître sa défaite malgré les évidences qui s’accumulent. S’accrocher tant qu’il peut, encourager ses partisans à la violence, etc. Vous êtes étonné des résultats? En fait, j’étais surpris que des milices armées qui ont tenté d’intimider le personnel de certains bureaux électoraux ne soient pas allées plus loin le jour du scrutin. Je me disais qu’on s’était énervé pour rien. Pourtant…

Un coup d’État

La prise d’assaut du Congrès par les partisans de Trump est une première. Pour une fois, les journalistes auront raison d’employer le mot «historique».

C’est une insurrection en vue de perpétrer un coup d’État, soit de reverser le résultat des élections, résultat reconnu autant par les autorités politiques un peu partout aux États-Unis que par divers tribunaux. De plus un nombre croissant de républicains a reconnu la défaite du président sortant. Mais un nombre considérable a continué de fermer les yeux sur les frasques du psychopathe de la Maison-Blanche, par lâcheté et par aveuglement volontaire.

Ce n’est pas rien, les insurgés voulaient s’attaquer au vice-président Pence ainsi qu’à la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi. En fait, c’est aux institutions de la démocratie américaine que les insurgés trumpistes s’en prenaient.

Les républicains

Lorsque le fou furieux de la Maison-Blanche a pris le pouvoir, l’ancien président George Bush fils a déclaré que le Parti républicain pourrait disparaître. Cette prophétie n’est pas dénuée de fondement. Les républicains devront se demander comment ils ont pu laisser leur parti être infiltré par des militants d’extrême droite du Tea Party, avant de tomber sous la coupe d’un sociopathe dangereux en la personne de Donald Trump.

Il est quelque peu risible de voir ce dernier et son vice-président Pence lancer des appels au calme après avoir toléré pendant quatre ans des illuminés fascisants, armés jusqu’aux dents, dans leur propre parti. Comme on dit, qui sème le vent récolte la tempête.

Une insurrection salutaire?

L’assaut donné au Congrès est peut-être l’électrochoc dont les Américains avaient besoin pour s’ouvrir les yeux. Le président Trump a fait énormément de tort à la démocratie américaine. Son dénigrement du processus électoral n’est que la dernière infamie. Tout au long de sa présidence, il a bafoué le système constitutionnel subtil des États-Unis. Il en a dénigré les institutions, a agi comme s’il était un empereur élu, a insulté ses adversaires, ses alliés, les leaders étrangers, craché sur l’OTAN qui empêché l’Union soviétique de mettre l’Europe sous sa coupe. Comme le disait le président Obama, il n’a jamais été capable de s’élever au niveau de sa fonction.

Et les Américains l’auraient réélu, n’eût été la covid.

Il y aura beaucoup de questions à se poser dans les prochains mois, tant chez les Américains que chez les républicains. Et je serais bien en peine d’essayer d’y répondre. Mais je dois dire que je commence à me demander si les États-Unis ne sont pas en train de glisser dans une guerre civile.

Centers for Disease Control and Prevention

En cette période de pandémie, il est souvent question des Centers for Disease Control and Prevention des États-Unis. Les rédacteurs ont tendance à laisser cette appellation en anglais, tandis que d’autres y vont d’une traduction logique, les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies.

Les appellations américaines suscitent la confusion. Le premier réflexe est de les garder telles quelles, comme pour l’Office of Management and Budget. Pourtant, bien d’autres institutions états-uniennes se déclinent en français : la Réserve fédérale américaine, le département d’État, etc.

Dans le cas présent, il n’y a tout simplement pas de règle, seulement des exceptions. Les piliers de la démocratie étasunienne (cette graphie est correcte) ont vu leur nom traduit : la Maison-Blanche, le Congrès, la Chambre des représentants, etc. Quant aux organismes, eh bien c’est l’anarchie tyrannique de l’usage. Pour compliquer les choses, certains organismes sont mieux connus par leur sigle : le FBI, la CIA. Les traductions Bureau fédéral des enquêtes, police fédérale, Agence spatiale américaines se voient parfois.

Dans ce contexte, on peut très bien décider de traduire les Centers for Disease Control and Prevention, car aucune règle ne s’y oppose. En outre, l’actualité a mis en vedette ces centres et il n’y a aucune raison de garder à tout prix l’appellation anglaise.

Traductions

L’Office of Management and Budget précité se traduit par le Bureau de la gestion et du budget. Cette traduction coule de source et devrait nous inspirer.

Je propose la ligne de conduite suivante :

  • Lorsqu’un organisme jouit d’une certaine notoriété, il faut essayer d’en traduire le nom. – L’Agence de protection de l’environnement
  • Les noms d’organismes moins connus qui se traduisent facilement en français devraient être traduits. – Les Services postaux américains
  • Les appellations plus compliquées, comme la Commodity Futures Trading Commission, et peu connues peuvent rester en anglais.

Dès qu’on s’écarte des organismes connus, la tendance lourde est de tout garder en anglais. Les francs-tireurs comme moi dérangent et franciser n’est pas toujours une tâche facile.

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Possiblement

Au Canada, on entend et on lit souvent l’adverbe possiblement. Dans nos contrées enneigées, il passe comme une lettre à la poste. En Europe, il est beaucoup plus rare. S’agit-il d’une erreur?

Pas vraiment. Le mot est bien construit et il suit la logique du français. Le Trésor de la langue française le répertorie, mais les exemples donnés datent de l’époque où le cinéma parlant était encore un rêve…

Le Petit Robert l’accueille dans ses pages et le désigne comme une rareté ou un régionalisme canadien… Bien que le terme date de 1337, les lexicographes indiquent qu’il dérive de l’anglais possibly. En clair, le mot est français mais sa popularité au Canada s’explique par l’omniprésence de l’anglais.

Ce n’est toutefois pas un mot à bannir, puisqu’il est clairement français.

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