C’est clair : l’Iran est en train de gagner la guerre.
L’objectif d’Israël et des États-Unis était de renverser le régime islamique; ils n’y sont pas parvenus. Échec total. Benyamin Nétanyahou, le fanatique de Tel Aviv, veut poursuivre les combats à tout prix, tandis que le cancre de Washington essaie de s’extirper du marécage dans lequel il a plongé sans réfléchir.
Contre toute attente, l’Iran a résisté aux bombardements et à l’élimination d’un grand nombre de ses dirigeants, dont l’ayatollah Khamenei. Tel une hydre à huit têtes, le régime a trouvé d’autres leaders. Le roseau plie mais ne rompt pas.
Un régime plus fort à Téhéran
On peut même affirmer que la République islamique sort renforcée par cette confrontation. Les Gardiens de la Révolution, cette élite militaire radicale du régime, a remplacé les ayatollahs, dont le chef spirituel est introuvable et gravement blessé, s’il vit toujours. L’Iran est maintenant une dictature militaire.
Quelle belle réalisation, Monsieur le Président.
Cette mutation ne fait que renforcer la volonté du régime d’écraser toute velléité de révolte. De toute façon, l’opposition iranienne est sans leader et désarmée. L’aide promise par le président Trump n’est jamais venue et les Iraniens ont été bernés. Pensez-vous qu’ils ont le goût de recommencer? Quelque 30 000 personnes ont été massacrées par les Gardiens de la Révolution. La répression, plus féroce que jamais, se poursuit, à l’abri des caméras. Merci de votre aide, Monsieur le Président.
L’Iran joue bien ses cartes
Non, la République islamique est plus forte que jamais. Elle s’est même enhardie à recourir à un moyen de pression inédit : le blocus du détroit d’Hormuz, un puissant levier de négociation. Jamais la République islamique n’avait osé bloquer cette voie maritime cruciale. Voilà maintenant que toute la planète est en émoi; l’économie internationale en sera affectée pendant des mois, même si on met un terme au conflit. Une grande victoire pour l’Amérique, n’est-ce pas, Monsieur le président?
Pire encore, Téhéran songe maintenant à lever des taxes sur les navires qui y circulent, chose qu’il n’avait jamais osé faire. Loin de perdre la partie, les dirigeants iraniens découvrent de nouveaux atouts dans leur jeu.
Astucieux, ils ont aussi bombardé les États du Golfe les amenant ainsi à faire pression sur Washington. Un accord de paix, ça presse! Bien joué, Téhéran. Paradoxalement, toute la pression est sur le président américain : les pays occidentaux, la Chine, les États du Golfe… et sa base MAGA qui se sent trahie.
Disons-le franchement, les Iraniens sont bien plus intelligents que les dirigeants américains : ils jouent admirablement bien leurs cartes. Contrairement aux hurluberlus en poste à Washington, ils avaient prévu le scénario d’une attaque américaine. Eux n’improvisent pas : ils étaient prêts. Les dirigeants iraniens sont peut-être des fanatiques religieux, mais eux ne sont pas de purs idiots.
Des négociations humiliantes
L’humiliation est de taille pour le président américain qui a refusé d’écouter les mises en garde de son vice-président et des quelques personnes un peu plus éclairées dans ce gouvernement ubuesque.
Des rumeurs circulent sur des négociations de paix en cours entre les belligérants. Pour paraphraser Trump, les États-Unis n’ont pas de cartes dans leur jeu. Reprendre les combats sera catastrophique, car les stocks de missiles et de drones iraniens sont intacts à 70 pour 100 (sources : le New York Times et le Figaro). Cela signifie que la guerre pourrait s’étaler sur de longs mois, sans aucune garantie que la République islamique finira par tomber.
Pourquoi? Parce que ce n’est pas dans l’intérêt des Chinois de voir le chaos s’installer dans la Perse moderne. La Chine achète son pétrole aux Iraniens. C’est probablement ce que Xi Jinping a expliqué au président américain.
À présent, la République islamique est en position de force. Elle tient la planète et les États-Unis en otage. Elle réclame maintenant le dégel de ses avoirs aux États-Unis; elle veut aussi que le dossier nucléaire soit exclu d’un éventuel accord de paix. Bref, elle est en position de force. Et vous prétendez être le vainqueur, Monsieur le Président?
Un recul considérable par rapport à l’entente sur le nucléaire négociée jadis par Barack Obama, entente déchirée par Donald Trump. Le roi du deal devra en conclure une autre à rabais.
Comme le disait Mark Twain, Dieu a créé la guerre afin que les Américains apprennent la géographie. Eh bien ils savent maintenant que Téhéran est à 7 123 milles d’Oklahoma City.
Je pense que vos informations sont partielles.
Voir https://www.marketscreener.com/news/oil-slips-to-2-week-low-as-us-iran-seen-moving-closer-to-peace-deal-ce7f5adcd18bf423?utm_source=copy&utm_medium=social&utm_campaign=share