Dépister

Les gouvernements cherchent à dépister tous les cas de covid-19 (on va finir par l’écrire tout en minuscule). La clé du déconfinement passe par le dépistage. À propos, avez-vous été dépisté?

La dernière phrase accroche, même si on l’entend dans les médias. Au même titre, d’ailleurs, que « Toutes les personnes n’ont pas encore été rencontrées. »

Selon le Robert, dépister signifie « Rechercher systématiquement et découvrir (ce qui est peu apparent, ce qu’on dissimule). Dépister une maladie. Dépister la maltraitance. »

Le dépistage, c’est la recherche d’une maladie. Le dépistage du sida, de la tuberculose.

Pour éviter l’erreur, il suffit de substituer le verbe trouver à dépister.

On trouve un objet perdu. On trouve une maladie à quelqu’un.

Mais une personne peut-elle être trouvée? Pourrait-on dire : « J’ai été trouvée pour la covid-19 »? On voit tout de suite que cette phrase est très bancale.

Seuls le manque de rigueur et une méconnaissance du français peuvent expliquer ce genre de construction. Alors, que dire? Pour paraphraser Lénine…

Bien des personnes n’ont pas été testées, et non dépistées. Le dépistage des personnes asymptomatiques reste à faire; toutes n’ont pas été testées.

Lusophone

Non, ce n’est pas un instrument de musique! Certains se souviendront de cet article dans lequel j’énumérais le nom des locuteurs de telle ou telle langue. On y découvrait, sans doute avec surprise, que les personnes parlant le portugais sont des lusophones.

Ce mot vient de Lusitanie, nom que portait le Portugal au temps des Romains.

Le Portugal a été jadis une grande puissance coloniale. Des pays comme le Brésil et l’Angola sont lusophones. Bien sûr, le portugais qu’on y parle s’est affranchi de la mère patrie, de la même manière que l’espagnol des Argentins est différent de celui de l’Espagne.

Le portugais est une langue latine, tout comme l’espagnol ou l’italien. Ces deux dernières langues ont eu une influence considérable sur le français, mais le portugais a aussi laissé son empreinte chez nous.

Marmelade

Vous mangez de la marmelade? Vous êtes lusophone d’adoption! Le mot vient en effet du portugais marmelada, qui n’est rien d’autre qu’une confiture de coings. Pourtant, en français, la marmelade est une confiture à base de m’importe quel fruit, tandis qu’en anglais il s’agit d’une confiture d’oranges…

Le plus étonnant est que le marmelada portugais dérive du latin melimelum, qui désigne une sorte de pomme douce…

On voit donc, encore une fois, que les emprunts à d’autres langues s’acclimatent de manière surprenante et voient leur signification changer.

Les emprunts au portugais

Le Portugal n’a pas seulement donné une variété de tartelettes au Nouveau Monde… (Les Québécois comprendront l’allusion.) Quelques emprunts viennent du monde maritime : caravelle, sargasses, vigie. D’autres touchent la gastronomie : curaçao, pintade, porto et, si vous en mangez, cobra et zèbre.

Notre ignorance de l’apport du portugais est embarrassante (mot d’origine lusitanienne).

Impliquer

Impliquer est un verbe courant qui a connu une mutation intéressante au fil des siècles. Il est passé d’un sens péjoratif à un sens positif, revêtant même la cape du verbe réflexif pour se donner plus d’éclat.

Ce qui est le plus étonnant, c’est que les deux sens cohabitent dans une relative harmonie. Pourtant, le verbe continue de faire grincer les dents de bien des langagiers.

Sens traditionnel

Au départ, c’était clair, impliquer signifiait – et signifie toujours – être engagé dans une affaire fâcheuse, souvent judiciaire.

Être impliqué dans un scandale de corruption.

Balzac l’employait dans ce sens, comme le signale Le trésor de la langue française. L’usage allait évoluer.

Avoir comme conséquence

Le verbe a pris une tournure beaucoup plus neutre, puisqu’il peut marquer une conséquence logique.

Entrer en politique implique de faire de nombreux sacrifices personnels.

Le Trésor mentionne aussi un emploi pronominal au sens de s’entrainer logiquement.

Toutefois, la forme pronominale contemporaine a pris une autre signification.  

S’impliquer

Votre voisin s’implique dans le scoutisme. Est-ce une faute? Pour bien des gens, oui. À leurs yeux, le sens d’impliquer est détourné et il serait préférable de dire s’investir.

Cette tournure a pénétré l’usage à un point tel que le Multidictionnaire du français l’accepte sans restriction. Il en va de même pour le dictionnaire québécois Usito. En outre, la Banque de dépannage linguistique de l’Office québécois de la langue française ne le condamne pas non plus. Elle affiche l’exemple suivant :

Marie-Noëlle compte s’impliquer dans l’association étudiante de son école.

Même le Larousse y met du sien :

Mettre beaucoup de soi-même dans ce qu’on fait : S’impliquer dans son travail.

Une forme fautive

Lorsque le verbe signifie « être concerné par quelque chose », dans un sens non péjoratif, il doit être remplacé par toucher, intéresser, concerné.

Les personnes touchées par cette décision peuvent s’adresser au directeur.

Emphase

Tout le monde connait la tirade de Cyrano de Bergerac dans laquelle il décrit son nez comme un roc, un pic, un cap! Tous les acteurs ayant déclamé cette célèbre réplique parlaient avec emphase.

L’emphase, c’est une exagération pompeuse. Certains députés prononcent des discours avec emphase dans ce théâtre qu’est le Parlement. Derrière leurs paroles se cache une insistance, voire une exagération.

L’expression mettre l’emphase sur apparait donc tout à fait légitime. Pourtant, elle ne l’est pas. Mettre l’emphase sur quelque chose équivaut à faire une promenade dans Hyde Park… C’est une expression qui vient tout droit de l’anglais.

Heureusement, il est facile de l’éviter : insister sur, mettre l’accent sur, souligner, faire ressortir, mettre en évidence font très bien l’affaire.

Évitons que cet anglicisme courant ne devienne un pic, une péninsule, un continent…

Charabiamédia

Les journalistes dictent l’usage. Constatation lapidaire mais en grande partie fondée. Les mots qu’ils choisissent se répercutent chez les auditeurs; leurs tics langagiers se propagent comme des graines de pissenlit; les impropriétés, les mots non vérifiés et mal employés essaiment dans la société. Le charabiamédia finit par affliger toute la population.

S’exprimer devant des millions de spectateurs comporte des responsabilités et beaucoup ne veulent pas les assumer. Même pas vérifier dans un dictionnaire le sens des mots qu’ils emploient, le comble de la paresse.

Mais cette paresse, ce laisser-aller, n’est-il pas, au fond, collectif?

Palmarès

Certaines erreurs sont comme des taches de graisse qui ne veulent plus partir.

État des lieux en ce début 2020.

Sur la base de…

Les journalistes ont oublié l’existence d’adverbes comme quotidiennement, annuellement, volontairement, etc. Cette locution inspirée de l’anglais est omniprésente dans les reportages. Article plus détaillé.

Des problématiques partout

Ici, ignorance totale du sens des mots. Une problématique est UN ENSEMBLE DE PROBLÈMES, une situation complexe. De la même manière, une thématique est UN ENSEMBLE DE THÈMES. Article plus détaillé.

L’envahissant problématique signale aussi la disparition du mot problème, dont j’ai parlé récemment. Les problèmes sont maintenant devenus des défis, des enjeux. Or, un enjeu n’est pas un problème.

Délai

L’exemple le plus frappant de cette paresse d’aller consulter un dictionnaire. La confusion avec l’anglais est totale. Un délai EST UNE ÉCHÉANCE À RESPECTER, PAS UN RETARD. Article plus détaillé.

Délai au sens de retard est un anglicisme. Un anglicisme. UN ANGLICISME. La preuve : si votre vol a un délai, est-ce qu’on peut dire qu’il a été délayé?

Éventuellement

Ce mot évoque une possibilité, pas un fait accompli. Il est un synonyme de peut-être. Dire que Sidney Crosby a éventuellement gagné la coupe Stanley signifie qu’il l’a peut-être remportée. En anglais, le fameux eventually équivaut à par la suite. Article plus détaillé.

Étudiants internationaux

Un étudiant ne peut pas être international, il est ÉTRANGER. Les Français qui viennent étudier à Montréal ou à Ottawa ne sont pas internationaux. C’est un non-sens. Pourtant, cet anglicisme fleurit dans les institutions universitaires comme des pissenlits au printemps. Même la très francophone Université Laval de Québec l’emploie.

Dommage collatéral : des chercheurs internationaux veulent élaborer un vaccin contre vous savez quoi. Les chercheurs belges, sénégalais, chinois ne possèdent pas plusieurs nationalités qui pourraient justifier – du moins en partie – le qualificatif d’international. Ils sont étrangers.

Au lieu de calquer platement l’anglais, il suffit de parler de chercheurs étrangers, de chercheurs partout dans le monde. Article plus détaillé.

Partager

Tout a été dit : article.

Communauté

Ce mot envahissant sévit partout en anglais, où il désigne tout et n’importe quoi. Article; comment le remplacer?

Récemment, la tuerie de Nouvelle-Écosse a commencé dans la communauté rurale de Portapique qui est en fait un hameau, mot quasi inexistant dans les médias. Les hameaux, les villages et les villes sont devenus des communautés.

Mentions honorables

Il paraît que les pandémies finissent par s’essouffler, même si une deuxième vague est toujours à craindre. Nomenclature de certains termes qui semblent effectuer un repli stratégique, c’est-à-dire qu’ils sont un peu moins envahissants qu’il y a quelques mois, mais toujours présents.

Historique

Son emploi me semble moins compulsif qu’avant. Avec la pandémie chinoise, on voit clairement ce qu’est un fait historique. Un tournoi de hockey n’en est pas un.

Impact

Il est toujours là, certes, mais j’ai lu et entendu à quelques reprises le très joli mot contrecoup. Mais une hirondelle ne fait pas le printemps. Article.

Incontournable

Moins omniprésent. On peut le remplacer par inévitable, central, majeur, crucial, traditionnel, etc. selon le contexte.

Bien sûr, cette liste est incomplète.

Enjeu

Dans un billet précédent, je faisais état de la mort par strangulation du mot problème. Mot auquel a succédé défi, petite mutation jovialiste d’un terme vraiment trop négatif en cette époque de javellisation du vocabulaire.

Mais nous assistons à la relève de la garde. Les défis s’étant multipliés comme de petits virus malfaisants, les voilà soudain remplacés par des enjeux.

Quelques exemples récents glanés dans La Presse.

« Mais j’espère que l’on va se souvenir en abordant ces enjeux que l’on parle d’humains. » – Rima Elkouri

« Cette incohérence empêche la tenue d’un débat équilibré sur les grands enjeux de notre collectivité. » – Lettre publiée dans le journal

 « Me Smitiuch croit que l’enjeu des débats sera la question des normes de soins pendant une pandémie. » – Dépêche de la Presse Canadienne

« Ce guide devrait traiter notamment de ces enjeux » – Cabinet du ministre de l’Éducation

Le vrai sens d’enjeu diverge de celui de problème. Un enjeu est l’argent que l’on mise au début d’une partie; ce que l’on peut gagner ou perdre dans une entreprise. Un enjeu n’a donc rien à voir avec un problème.

Certains y verront une métaphore que l’on peut s’autoriser par licence poétique. Ce point de vue est évidemment discutable et je ne suis pas du tout convaincu que les scribes de tout acabit versent dans le lyrisme…

Dans le monde actuel, il est de plus en plus difficile d’appeler les choses par leur nom. Cette obsession collective de ne pas froisser qui que ce soit, de ne pas se faire invectiver par la meute déchaînée qui sévit dans les réseaux sociaux, explique cette lâcheté collective qu’on finit par oublier.

Mais, au bout du compte, un problème demeure un problème.

Réouvrir

On parle ces jours-ci de déconfinement et de la réouverture de certains commerces. Ce qui signifie que les commerces vont… rouvrir… réouvrir?

Beaucoup hésiteront, certains corrigeront.

Question fondamentale : le verbe réouvrir existe-t-il? Selon le Robert, il ne semble pas; selon le Larousse si. Le Multidictionnaire le considère comme une impropriété, tandis que l’Usito signale cet emploi critiqué.

Les contempteurs de réouvrir ne semblent pas avoir consulté le Trésor de la langue française, qui le définit ainsi : « Ouvrir de nouveau. Synon. Rouvrir. »  L’Académie cite Gaston Leroux… vous savez le Fantôme de l’opéra?

Condamner réouvrir c’est imposer l’illogisme suivant : on rouvre un commerce, dont on annonce la réouverture dans les journaux. Le mot rouverture, étant banni, même si on rouvre…

Certains voudront maintenir ce petit illogisme, d’autres s’appuieront sur l’usage et citeront le Trésor tout comme le Larousse pour soutenir qu’en français il faut quand même faire preuve d’une certaine rouverture d’esprit. Je sais, c’était facile.

Le sigle COVID-19

L’appellation COVID-19 s’est imposée dans les médias et l’usage populaire. Cet acronyme vient de l’anglais, le d étant l’abréviation de disease.

Petit rappel : un acronyme est un sigle qui se prononce comme un mot. OTAN, UNESCO, UNICEF sont des acronymes, tandis que FAO est un sigle, parce qu’on prononce chaque lettre séparément.

Le ou la?

On peut observer quelques différences entre l’usage canadien et celui de l’Europe. Comme le d indique qu’il s’agit d’une maladie, il est logique de parler de « la COVID-19 ». Il semble qu’en Europe, on désigne le virus par l’acronyme en question, d’où « le COVID-19 ». Pourtant, d du sigle renvoie à l’anglais disease, qui signifie «maladie».

Or, le vrai nom du virus est SARS-CoV-2. Pour des raisons évidentes, personne, ou à peu près, n’emploie cette expression. On s’est donc rabattu sur le premier acronyme, qui devient, par la force des choses, polysémique.

Majuscule ou pas?

Au Canada, les sigles comme les acronymes s’écrivent intégralement en majuscule. L’Europe a développé un usage différent pour les acronymes. Ainsi, des appellations comme Otan, Unesco et Unicef sont traitées comme des mots courants. On met la majuscule initiale parce qu’il s’agit de noms d’organisations.

Les acronymes lexicalisés abondent dans notre langue, comme en anglais. Ils se fondent dans le paysage et passent inaperçus. Pensons à radar, qui signifie « radio detection and ranging ». La majuscule a disparu. Idem pour sida, que l’on écrivait au début en majuscule : SIDA. Cette graphie a pratiquement disparu.

L’Académie française recommande non seulement de dire la covid-19, mais elle l’écrit en minuscule. C’est d’ailleurs ce que fait l’hebdomadaire britannique The Economist de Londres, dont les rédacteurs écrivent covid-19. Pour l’instant, ils font bande à part. Mais. On peut penser que, dans quelques années, après le Grand Déconfinement, lorsque cette pandémie chinoise sera enfin terminée, on écrira le grinçant acronyme tout en minuscules, pour mieux l’oublier.

Problème

Je ne pensais jamais écrire une chronique sur le mot problème. Son sens est évident et ne pose pas… problème (cette expression est controversée, je sais; voir ci-dessous).

Pendant des siècles, on a utilisé cet hellénisme sans se poser de question. Il a traversé les langues pour s’installer confortablement dans les langues occidentales. Qu’on en juge :

  • Néerlandais : probleem
  • Norvégien : problem
  • Suédois : problem
  • Italien : problema
  • Espagnol : problema

No problemo?

Cette expression est apparue voilà quelques années en slang américain. Elle témoigne de l’ignorance honteuse d’une majorité d’Américains envers les langues étrangères – en fait, pas si étrangères que cela. Les États-Unis ne sont-ils pas un melting pot? Le contact avec l’espagnol est étroit dans bien des États. Alors comment se fait-il que personne ne semble se rendre compte que no problemo est une grossière faute d’espagnol?

La réponse est brutale : parce les gens s’en foutent complètement. Leur ignorance des autres cultures est honteuse; ils ne voient aucune utilité à apprendre d’autres langues. Quelle perte de temps!

Problème : RIP

Le charabia des communicateurs est en train d’emmurer vivant le mot en l’objet. Tant les porte-parole que les journalistes se tiennent à deux mètres de distance des problèmes, qui, à leurs yeux myopes, sont frappés du virus de la banalité.

Un peu partout dans les communications publiques, on observe une enflure de vocabulaire, voie royale vers les faux sens. Le mot problème n’y échappe pas, puisque nos alchimistes de la langue l’ont transmuté en problématique, mot qui n’a pas la même signification.

Voir mon article à ce sujet.

Ce qui est en jeu, ici, ce n’est pas uniquement l’ignorance de la langue, la phobie du dictionnaire et l’indifférence. Il y a aussi ce lessivage en règle qu’opère la rectitude politique pour éviter les appellations trop brutales. Dans bien des cas, une rectification s’imposait, certes, mais force est de constater qu’on est allé beaucoup trop loin.

Pour toutes ces raisons, les problèmes sont devenus des défis. Voilà une façon de rendre positive une situation difficile. Plus récemment est apparu le magnifique enjeu, employé à toutes les sauces, sans aucune rigueur. Je serais curieux de savoir combien de communicateurs savent au juste ce que veut dire exactement enjeu.

Cette mise à l’écart de problème est injustifiable. Une situation problématique est un obstacle, une épreuve, qu’on le veuille ou non. Nous sommes en train de perdre collectivement la capacité d’appeler les choses par leur nom et cela me parait très grave.

Pourtant, les synonymes abondent, à commencer par la crise que nous subissons actuellement. Une crise porteuse de difficultés, de contretemps (autre mot chassé par les médias), de péripéties, d’imprévus, de mésaventures, de rebondissements, etc. Bref, la pandémie a ses avatars.

Bien sûr, ces mots ne conviennent pas toujours, mais il y en a bien d’autres.

Poser problème

Cette locution est controversée. Certains estiment qu’elle n’a pas sa place dans notre langue. Ce qui dérange, c’est l’absence du de : « Cela ne pose pas de problème. »

Pourtant, la Banque de dépannage linguistique de l’Office québécois de la langue française ne voit pas… de problème. Elle appartiendrait au registre familier et s’inspirerait d’une autre locution, faire problème.

L’Office considère que poser problème est suffisamment claire pour être acceptée en français. Pas de problème, en ce qui me concerne.  

Courrier

Publier un blogue comporte ses petites joies, la principale étant le contact avec les lecteurs et lectrices. Le courrier est malheureusement aussi une certaine source de désagrément.

Askimet

Le blogueur qui acquiert une certaine notoriété est vite submergé par des trombes de pourriels, couramment appelés spams. Au début, il n’y en a que quelques-uns, mais ils se multiplient comme des virus. Bientôt c’est une centaine par jour qu’il faut effacer….

Principalement de la pornographie; mais aussi des médicaments à acheter en ligne, souvent le Viagra (un édulcorant pour le café…). Des textes incohérents aussi, sans compter les messages en russe ou en chinois… Tout récemment, une Québécoise m’écrit un texte délirant à la gloire de Trump, bourré de fautes de grammaire, comme c’est courant dans les médias sociaux.

Mais ce qui revient sans cesse, ce sont des textes en anglais saluant l’excellence de mon blogue en termes génériques, ce qui démontre que les auteurs ne l’ont pas lu. Ils proposent des méthodes (payantes) pour augmenter de façon exponentielle mon lectorat.

Devant pareille déferlante, le blogueur n’a d’autre choix que de s’abonner à une application qui ratisse cet égout et en élimine le contenu. Depuis mars 2013, Askimet a éliminé des milliers de pourriels de mon blogue. Des milliers.

Messages encourageants

De temps à autre, je reçois de gentils messages qui m’encouragent à continuer. Exemple : « Je vous lis avec intérêt depuis plusieurs années déjà et je connais votre désir d’être publié. J’ai bien hâte de lire votre livre. » D’autres personnes disent consulter mon blogue régulièrement. Des étudiantes à l’Université d’Ottawa, ainsi que d’anciens collègues, font des recherches dans mes écrits pour éclaircir certains points.

Ces réactions me font chaud au cœur, car écrire un blogue est un exercice solitaire. J’ai parfois l’impression de diffuser mes opinions dans l’espace intersidéral. Toutefois, le compteur de WordPress vient me rassurer quand je vois le nombre de personnes qui lisent mes articles.

Les articles populaires

Évidemment, tous les articles ne reçoivent pas le même accueil. Je suis parfois surpris de voir certains sujets caracoler en tête du palmarès tandis que d’autres ne sont presque pas lus. Par exemple, ma série d’articles sur la réforme du français a suscité peu d’écho. Par contre, celui sur le français au Québec et en France a retenu l’attention.

La crise sanitaire actuelle, quant à elle, a suscité un vaste intérêt sur le vocabulaire de la COVID-19. L’article sur la distanciation sociale est encore lu parce que cette expression est controversée. Les échanges entre lecteurs se poursuivent dans la page des commentaires. Beaucoup pensent que je me suis planté. Aucun problème avec cela, il n’y a pas de démocratie sans discussion.

Les articles Iraq ou Irak? Finnois ou Finlandais? États-Unis : pluriel ou singulier? Seconde ou Deuxième Guerre mondiale? reviennent continuellement au tableau des plus lus.

La Catalogne

L’article qui a suscité le plus de réactions est celui sur la Catalogne, écrit à l’époque du référendum sur la souveraineté de cette région espagnole. Dans mon texte, je ne prenais pas position sur cette question délicate. Je soulignais seulement qu’en vertu de la Charte des Nations unies, la Catalogne avait le droit de se prononcer sur son avenir politique, comme l’ont fait le Québec et l’Écosse.

J’ai toujours recouru aux médias sociaux que sont Facebook et Twitter pour faire connaitre mes articles. L’utilisation judicieuse des mots-clics permet d’atteindre le public cible. J’ai donc fait connaitre mon article en insérant des hashtags comme #catalogne, #catalunya, etc.

J’ai reçu des dizaines de courriels en espagnol, en catalan, mais aussi beaucoup en français, écrits par des Catalans et des Espagnols. Cette déferlante m’a complètement pris par surprise. Émouvant de voir des Catalans me remercier chaleureusement pour mon article… Surprenant de lire des Espagnols outrés par mes propos. Cette raideur castillane m’a surpris. Une correspondante espagnole m’a écrit ce message lapidaire : « Taisez-vous. »

Des réactions positives et d’autres négatives

Écrire sur la langue attire forcément toutes sortes de commentaires. Difficile de ne pas écharper la mère patrie pour son insouciance vis-à-vis des anglicismes, ce qui m’a valu, bien sûr, quelques réactions outrées. Il a fallu que j’écrive un texte pour expliquer la situation particulière du français au Canada. Néanmoins, j’ai reçu la semaine dernière une lettre d’une Française agacée par le fait que je décrivais l’expression distanciation sociale comme un calque de l’anglais, ce qui est la réalité. D’après elle, l’anglais et le français sont des langues sœurs et devraient converger pour ne plus former qu’une seule langue…

Les réactions les plus intéressantes viennent de Français établis au Canada. Ils sont les mieux placés pour faire la part des choses. D’une part, ils voient bien la position précaire de notre langue en terre d’Amérique; d’autre part, ils peuvent tempérer notre exaspération de voir l’invasion des termes anglais en français.

Écrivez-moi!

Comme vous le voyez, je suis toujours intéressé par vos courriels et vos commentaires dans mon blogue. Ils alimentent mes réflexions.

Au plaisir de vous lire.

Blogue destiné à tous ceux qui ont à cœur l'épanouissement de la langue française.