Halte

Halt! Le commandement est sans équivoque et claque comme un coup de fouet. Ou comme le jappement d’une sentinelle quand vous vous aventurez en territoire interdit. Il vous dira peut-être halte-là!

(Petite parenthèse, la chanson-thème des Canadiens de Montréal, équipe mythique du hockey nord-américain, contient justement cette locution : « Halte-là! Halte-là! Halte-là, les Canadiens sont là).

Comme on peut le voir, le germanisme a vu sa graphie francisée par l’ajout d’un e final.

Halte conserve aussi sa force de frappe lors des manifestations. Halte à la guerre, halte aux féminicides, etc.

Un mot allemand francisé

Le mot vient de l’allemand et signifie « arrêt ». Comme d’autres germanismes, il s’est acclimaté en français et a commencé à voler de ses propres ailes. De fait, il est plus souvent employé dans un sens moins impératif qu’un commandement, un peu comme s’il avait été délavé après un trempage dans la langue française.

Quelques exemples.

On fera un halte lors d’une randonnée. Les automobilistes du Québec connaissent bien les haltes routières où ils font une pause pendant un long trajet, afin de se délier les jambes et de prendre parfois une collation.

On peut aussi faire une halte pendant une excursion en montagne ou dans un parc, par exemple pour faire un pique-nique. Et quant à faire une pause, on pourrait aussi trinquer, autre mot allemand acclimaté en français.

2 réflexions sur « Halte »

  1. Bonjour André Racicot
    Le phonosymbolisme du mot « Halte ! » sur lequel vous ouvrez l’article est développé de même dans le roman L’art français de la guerre, dans lequel A. Jenni développe quant à lui la comparaison avec une torpille (de mémoire), et insiste sur le rôle du -t final en V.O., puisque c’est alors d’une rencontre mortelle avec des sentinelles du Reich qu’il s’agit…

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