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Choquer

La question du jour : êtes-vous choqué?

Poser la question au Canada et dans la francophonie ne donnera pas nécessairement les mêmes réponses.

La définition classique du verbe choquer est de heurter violemment. On peut aussi choquer des verres en portant un toast. Le germanisme trinquer est souvent employé dans ce contexte.

Le verbe en question a également le sens plus abstrait de blesser moralement, déplaire, scandaliser, offenser. Un film controversé peut choquer le public. Les propos orduriers d’un commentateur choquent les personnes progressistes.

Un humoriste qui s’en prend à un handicapé surprend, étonne et choque.

Selon le Robert : une personne qui est choquée a subi un choc. Elle est traumatisée.

Au Canada 

Les dernières définitions nous rapprochent du sens commun du verbe choquer dans notre pays. Choquer, c’est mettre quelqu’un en colère. Une personne qui se choque est fâchée.

À mon sens, cette acception dérive de celle vue ailleurs de scandalisé. Une personne choquée est en colère.

D’ailleurs, le Multidictionnaire de la langue française accepte cette définition, qui n’est pas un anglicisme. Il s’agit d’un canadianisme de bon aloi, comme on disait jadis.

Shaker les colonnes

La semaine dernière, le ministre québécois Christian Dubé annonçait son intention de chambarder le système de santé de notre État. Il allait shaker les colonnes du temple… faire appel à des top guns.

Autrement dit ébranler les colonnes du temple et faire appel à de grands esprits, à des esprits éclairé, à des francs-tireurs.

Le ministre Dubé s’exprime correctement; il ne nous assène pas une parlure effilochée comme le font bien des humoristes et une bonne partie de la population. Pourtant, il a senti le besoin de ponctuer son discours de deux anglicismes bien gras.

Cette attitude n’est pas nouvelle au Québec. Un discours percutant passe par des expressions anglaises. Un camion c’est un truck; une entreprise c’est une business; magasiner c’est shopper.

Ce phénomène relève du complexe d’infériorité des Québécois. Après plus de deux cents ans de colonialisme, il est compréhensible d’éprouver envers et contre toute logique un sentiment d’infériorité par rapport à la culture anglo-américaine dominante. La langue anglaise domine le monde, par conséquent on ressent le besoin d’employer parfois ses mots, supposément plus porteurs de sens.

Que cette attitude défaitiste soit propagée par un ministre clé du gouvernement Legault est à la fois décourageant et révélateur de notre statut de colonisé. Le français est une langue inférieure semble croire le ministre.

Les défenseurs acharnés du français (top guns) doivent ébranler les colonnes du temple du je-m’en-foutisme généralisé et dénoncer la parlure honteuse du ministre Dubé.

Conversation

Depuis un bon bout de temps, les médias ont aboli les mots débats, discussions, échanges de vues, etc. pour lui substituer le suave conversation. La volonté envahissante de tout atténuer, de ne froisser personne, finit par se répercuter sur le vocabulaire. Que nous le voulions ou non, nous vivons tous dans un safe space médiatique.

Les termes à la mode sont une plaie de la prose journalistique; j’en ai abondamment parlé dans d’autres billets. Dans le cas qui nous occupe, l’influence de la langue américaine est évident.

Le mot conversation n’a pas la même portée que débats ou discussions. Converser, c’est parler de tout et de rien, de manière spontanée, sans nécessairement échanger des points de vue. Dans une conversation, on trottine avec légèreté, on ne court pas le marathon, bien plus exigeant.

Le gouvernement du Québec compte élargir l’accès de l’aide à mourir. Il ne fait nul doute que cette initiative ne suscitera pas l’unanimité et certains s’y opposeront avec véhémence. Le débat pourra être poli, tout en retenue, mais il ne s’agira pas d’une simple conversation.

Une conversation peut cependant aller plus loin qu’un simple entretien. Le terme peut être utilisé comme synonyme de pourparlers. Par exemple, un syndicat peut avoir des conversations avec la partie patronale au sujet de la gestion des horaires. Cependant, si les choses s’enveniment, il ne sera plus question d’une simple conversation mais de discussions voire de débats.

Par conséquent, même si les termes énumérés ci-dessus sont voisins, ils ne sont pas de parfaits synonymes. Une conversation, un bavardage ou un entretien ne sera jamais une vraie discussion.

Virgule

La virgule est le signe de ponctuation le plus délicat à employer à bon escient, nous dit Albert Doppagne, auteur d’un livre sur la bonne ponctuation. La virgule est apparue au cours du XVIIIe siècle pour rendre le discours plus clair.

Un exemple révélateur qui circule dans Internet nous en démontre le caractère indispensable :

On mange les enfants.

Sans le mignon petit hameçon, la phrase prend un sens radicalement différent.

La virgule n’est pas toujours de mise. Dans une phrase courte et bien construite, elle peut même devenir encombrante.

Le magasin de jouets est ouvert du mardi au samedi.

Le magasin de jouets est ouvert, du mardi au samedi.

En revanche, les phrases longues gagnent à être fragmentées.

Le magasin de jouets fondé en 1871 et immensément populaire dans le quartier a ouvert ses portes rue des Hirondelles avant de déménager sur le boulevard Gilles-Vigneault.

Le magasin de jouets, fondé en 1871 et immensément populaire dans le quartier, a ouvert ses portes rue des Hirondelles, avant de déménager sur le boulevard Gilles-Vigneault.

Dans la dernière phrase, deux virgules suffisent pour assurer la fluidité du discours; la proposition se lisait et se comprenait aisément. Une troisième virgule aurait un peu trop haché la phrase.

Incises et inversions

L’incise est un art; il faut savoir la doser pour éviter de perdre le lecteur. Une bonne incise n’est jamais trop longue et elle apparait le plus souvent dans le milieu de la proposition. À moins de chercher un effet de style, il n’est pas toujours heureux de lancer la phrase avec une incise.

L’incise peut être amenée par une virgule, des tirets ou des parenthèses. L’effet est différent selon le cas.

Balzac (auteur de la Comédie humaine) est né à Tours en 1799.

Balzac, auteur de la Comédie humaine, est né à Tours en 1799.

Balzac – auteur de la Comédie humaine – est né à Tours en 1799.

Dans les exemples qui précèdent, le tiret est le signe le plus expressif : il interrompt le discours pour mettre en relief l’œuvre de Balzac, la Comédie humaine. La virgule, pour sa part, donne une information intéressante, mais sans trop insister, tandis que la parenthèse signale un détail en passant.

Par ailleurs, une inversion suivie d’une virgule peut attirer l’attention du lecteur sur un élément.

Aviateur de renom, St-Exupéry est disparu dans la Méditerranée en 1944. 

Ce livre, je le connais par cœur.

Quelques questions sur la virgule

Et – faut-il le faire précéder d’une virgule?

Habituellement ce n’est pas nécessaire.

Mon voyage aux États-Unis m’a amené à Chicago, Détroit et Cleveland.

Le et pourra être précédé d’une virgule s’il signale une conséquence.

L’armée russe a envahi l’Ukraine, et cela a attisé la haine des Ukrainiens contre le peuple russe.

Pour ce qui est de la locution latine et cetera, elle est précédée d’une virgule.

Elle a acheté le vin, le fromage, le pain, etc.

Ni – virgule ou pas?

Il n’est pas nécessaire de glisser une virgule dans une double négation amenée par un ni.

L’entreprise ne veut ni diminuer sa production ni mettre des employés à pied.

Mais – virgule ou pas?

Dans le cas d’une nouvelle proposition introduite par un mais, il est préférable de le faire précéder d’une virgule.

Les ventes de livres ont augmenté durant la pandémie, mais elles ont recommencé à chuter cette année.

Car ?

Lorsqu’il coordonne deux propositions assez longues, car est précédé d’une virgule.

Le président Theodore Roosevelt, né en New York, a connu une immense popularité, car il a tour à tour remporté le prix Nobel de la paix et fondé les grands parcs nationaux américains.

Un énoncé plus court ne requiert pas la virgule.

Le professeur n’a pu donner son cours car il était grippé.

Voilà, point à la ligne.

***

Pour en savoir plus, veuillez consulter les deux ouvrages suivants :

Albert Doppagne, La bonne ponctuation.

Bernard Tanguay, L’art de ponctuer.

Pour faire une histoire courte

Les personnes disertes n’en finissent plus de parler. Elles racontent toutes sortes d’histoires et adorent être le centre d’attention. D’ailleurs, une histoire peut être un récit long et ennuyeux…

Pour faire une histoire courte, ces personnes au verbe luxuriant peuvent parfois être envahissantes, pour rester poli.

Certains d’entre vous ont peut-être sursauté en lisant l’amorce de la phrase précédente. Pour faire une histoire courte… to make a long story short.

Des ouvrages comme le Dictionnaire des anglicismes de Colpron et le Multidictionnaire de la langue française, de Marie-Eva De Villers mettent les lecteurs en garde contre cette expression, qui est un anglicisme. Le calque est tellement naturel qu’on peut n’y voir que du feu.

Heureusement, on peut y remédier facilement :

En résumé, bref, pour couper court, pour résumer, sans vouloir tout vous raconter, pour faire court, pour faire vite, allons droit au but, pour abréger, pour abréger mon récit/mon histoire, en deux mots, somme toute, etc.

Bref, allez droit au but, comme dans ce billet.

À la fin de la journée

L’expression « à la fin de la journée » s’entend partout au Canada français et il n’échappe à personne qu’elle n’est rien d’autre qu’un calque de l’anglais At the end of the day.

Mais l’expression anglaise est tellement collée sur la réalité qu’elle est souvent reprise en français.

Des tournures plus longues peuvent aussi être envisagées. Pour faire une histoire courte, si on résume le tout; une conclusion s’impose, etc. Et pourquoi pas ultimement ?

On se rend compte que les possibilités offertes par le français sont nettement plus abstraites, ce qui peut expliquer la popularité de la version anglaise.

Ce phénomène anglais concret/imaginé et français plus abstrait n’est pas nouveau. En fin de compte, nous sommes condamnés à nous exprimer en bon français et à délaisser l’anglais, à moins qu’une personne puisse suggérer une expression française aussi imagée que l’anglais.

À la fin du jour? Voilà qui ressemble à l’anglais.

Bât qui blesse

Bât

« C’est ici que le bât blesse. » Combien de fois entend-on cette phrase, sans vraiment connaitre le sens du mot bât ?

 On peut bien sûr se reporter au dictionnaire et apprendre qu’il s’agit d’un dispositif que l’on place sur le dos des bêtes pour qu’elles puissent transporter leur charge. Un bât qui blesse, c’est un point sensible.

D’autres expressions sont entrées dans l’usage courant sans que l’on connaisse la signification exacte de tous les mots qui composent ces expressions. En voici quelques-unes.

Férule

« Être sous la férule d’un chef d’équipe intransigeant. » La férule est une petite palette de bois ou de cuir avec laquelle les enseignants frappaient la main des écoliers en faute.

Inutile de préciser que cela ne se voit plus tellement en Occident. À présent, ce sont plutôt les enseignants qui sont sous la férule des élèves et des étudiants lorsqu’ils prononcent un mot de trop.

Égide

L’égide est le bouclier de Zeus. Être sous l’égide de quelqu’un signifie que vous êtes sous sa protection.

Houlette

La houlette est un bâton de berger. Le Larousse : « Bâton de berger terminé soit par un crochet pour attraper les animaux par une patte, soit par une lame de fer pour leur lancer des mottes de terre. »

Par conséquent, être sous la houlette de quelqu’un veut dire que vous êtes sous sa conduite.

Tutelle

Nous savons tous que la tutelle est un régime de protection de l’État pour les mineurs et les personnes majeures incapables d’administrer leurs biens. La tutelle est donc une protection vigilante.

L’expression peut être utilisée en dehors du contexte administratif ou juridique. Par exemple, un jeune employé peut être sous la tutelle de son supérieur.

Auspices

À l’origine, on appelait « auspices » l’étude du comportement du vol, de l’appétit ou du chant des oiseaux. Les Romains de l’Antiquité y voyaient un présage.

« Sous les auspices de… » signifie que l’on reçoit l’appui d’une personne ou une organisation.

Imaginons un bal des finissants organisé sous les auspices d’une chaîne d’alimentation. Mais l’organisation de ce bal peut aussi être de mauvais augure…

Augure

Toujours en Antiquité, un augure était un prêtre chargé d’observer les signes avant-coureurs.  Les augures étaient le présage qui découlaient de cette observation.

Par exemple, on pourrait dire que la tenue du bal des finissants pouvait être de mauvais augure, car les météorologistes annonçaient des averses.  

Intéressant de voir comment de vieilles expressions survivent dans le français moderne. Une petite dernière?

Le coup de l’étrier. Lorsque les messagers s’arrêtaient dans une auberge pour se restaurer et, avant de partir, buvaient un dernier verre. C’était le coup de l’étrier, avant de monter à cheval pour aller vers sa destination.

Sergueï

Le prénom Serge, qu’il soit décliné en russe ou en ukrainien, en voit de toutes les couleurs. On l’écrit de toutes sortes de manières, le plus souvent de façon erronée.

Qu’on en juge :

  • Pour le russe : Sergei, Sergey, Serghei, Serguei, Sergueï
  • Pour l’ukrainien : Serhii, Serhiy

Mais pourquoi autant de versions? Ceux et celles qui connaissent la problématique de la translittération peuvent sauter les deux prochains paragraphes.

Encore la translittération

Ces variantes existent parce ces deux langues slaves s’écrivent en caractères cyrilliques et que les sons doivent être transcrits dans les langues qui s’écrivent en caractères latins, le problème étant que l’anglais, le français ou l’allemand n’écrivent pas les sons de la même manière. Voir mon article à ce sujet.

Les médias canadiens, et parfois européens, continuent de multiplier les fautes de transcription des noms slaves. Va pour les noms connus de personnalité comme Poutine ou Zelensky. Toutefois le nom de personnes moins connues, comme un général de brigade ou un obscur porte-parole, est trop souvent écrit à l’anglaise, une faute inaperçue.

Sergueï

Le ministre des Affaires étrangères de Russie s’appelle Sergueï Lavrov. En cyrillique : Сергей Лавров. Ceux qui lisent le russe voient tout de suite deux choses : le p cyrillique représente le son G et le й un I allongé. Écrire Sergei est une erreur grossière, car le G devant un E se prononce comme un J en français. Nous aurions donc Ser-Jè. En français, on met un U après le G pour le « durcir », comme dans guerre. Et ei se prononce è, comme dans seigneur.

Écrire Sergey n’est pas mieux, car le G continue d’être prononcé comme un J. D’ailleurs, cette graphie vient de l’anglais.

Sergey

En anglais, le G devant un E peut être prononcé de deux manières. Un G dur comme dans geek ou un G « mou », comme dans generous. Dans le cas de Sergey le G est dur. Le Y marque le I allongé.

Conclusion : il faudrait écrire Sergueï pour obtenir la même prononciation qu’en russe.

Serhiy

Le prénom Serge en ukrainien peut s’écrire de deux façons.

Prenons le cas de Serhiy Jadan, qui s’écrit ainsi en ukrainien : Сергій Жадан. Comme on le voit, le prénom comporte un double I, un I court et le I allongé, qui ressemble à un N à l’envers. En français, cet I allongé est souvent transcrit par la lettre y, d’où la graphie Serhiy.

On voit parfois Serhii, ce qui est une autre manière de représenter le I allongé. Il me semble plus traditionnel d’utiliser le Y.

***

Vous lirez avec intérêt les articles suivants :

L’écriture des noms russes en français

Écrire les noms ukrainiens en français

L’ukrainien et le russe

Kiev ou Kyïv?

Diktat

Le mot sonne comme un coup de poing sur la table et c’est probablement ce qu’ont éprouvé les représentants allemands devant les conditions de paix imposées à leur pays par le traité de Versailles, après la Grande Guerre.

Ce sont eux, les politiciens allemands, qui ont imposé le mot , dont le sens ne laisse aucune place à l’ambigüité, et celui-ci s’est propagé en français et dans d’autres langues. En français, il a pris deux sens :

1. Traité imposé par le vainqueur au vaincu.

2. Exigence absolue imposée à un groupe ou à une autre personne.

Employé dans un contexte politique, Diktat a un sens très fort et il n’est pas très courant. Il semble qu’on préfère le réserver à la situation de l’après Grande Guerre. Le deuxième sens a percé dans l’usage, mais il a un concurrent : oukase.

Lui aussi vient du vocabulaire politique et historique. Un oukase est un édit du tsar. Mais lui aussi peut prendre le sens d’ordre impératif.

Dans le contexte politique actuel, il serait certainement pertinent de parler des diktats des mollahs iraniens quant au port du voile islamique et des oukases de Vladimir Poutine à l’Ukraine.

Célébrer

 Peut-on célébrer la Journée internationale des personnes en situation de handicap? C’est ce que m’a demandé un lecteur la semaine dernière.

De prime abord, la formulation ne me parait pas erronée, mais en tant que langagier, ne suis-pas une personne qui doute sans arrêt?

Il faut dire que la formulation naturelle serait de souligner, de marquer une journée. Certes oui, et une petite consultation aux dictionnaires semble le confirmer. Célébrer peut signifier : « Marquer (un évènement) par une cérémonie, une démonstration », nous dit le Robert. Il ajoute : « Faire publiquement la louange de. »

On peut célébrer un mariage, une victoire ou encore les mérites de quelqu’un. L’ennui étant ici que l’ouvrage ne donne pas journée comme cooccurent. Faut-il en conclure que c’est une faute? Pas du tout, car les dictionnaires courants n’énumèrent pas systématiquement toutes les constructions possibles avec un mot. Absence n’est pas erreur.

Une recension dans la Toile permet de découvrir que l’expression « célébrer une journée » se voit surtout au Canada. Cause entendue? Ce qui est canadien est forcément faux? Pantoute!

L’Organisation des Nations unies a une page web sur les diverses journées soulignées dans le monde. En bas de la photo, on remarquera le texte suivant « Des femmes de la Côte d’Ivoire se sont réunies pour célébrer la Journée internationale de la femme… »

La rubrique en-dessous de la photo s’intitule Célébrations.

Mon lecteur curieux, qui voulait en avoir le cœur net, m’envoya ensuite une citation de Racine, dans Athalie : « Je viens, selon l’usage antique et solennel, célébrer la fameuse journée… »

La question était quand même pertinente, car les formulations maladroites s’entendent un peu partout et qu’il faut être vigilant.

En situation de handicap?

Je reviens sur la formulation étonnante mentionnée en début de texte. « Personnes en situation de handicap »? En cette période d’extrême sensibilité, il aurait été risqué de parler des handicapés tout simplement. Même la tournure « personnes handicapées » en aurait choqué quelques-uns. Dure journée…