Archives de catégorie : Géographie

Inde ou Bharat?

Bharat est le nom de l’Inde en hindi. C’est la dénomination que favorise le gouvernement nationaliste hindou du Bharatiya Janata Party (Parti du peuple indien), dirigé par le premier ministre Narendra Modi.

Le Larousse précise que le terme hindi de l’Ouest regroupe un ensemble de langues indo-européennes, dont le panjabi, le gujarati, le rajasthani, le pahari et le hindi proprement dit.

De prime abord, on pourrait penser que le changement de nom relève d’une volonté de pureté linguistique. Pourtant ce n’est pas le cas. Le gouvernement Modi le fait d’abord et avant tout pour promouvoir la religion hindoue.

J’y reviens plus tard.

Des pays et des villes qui changent de nom

Le plus souvent, quand un État ou une ville change d’appellation, ce sont pour des raisons politiques, même si les autorités essaient de le cacher.

L’Inde a voulu décoloniser la toponymie et c’est pourquoi certains noms de villes indiennes ont changé, il y a une vingtaine d’années. Bombay est devenue Mumbai; Calcutta s’appelle maintenant Kolkatta; Madras se dit Chennai, etc.

Ces appellations se voient régulièrement dans le monde anglophone, mais la francophonie résiste et s’en tient très souvent aux noms traditionnels.

Changer le nom d’un pays

Comme je l’ai déjà indiqué dans un article récent sur la Turquie, certains noms sont immédiatement adoptés dans le monde francophone, la République démocratique du Congo étant un bel exemple. On peut aussi penser à l’Iran anciennement appelée Perse. Par contre, on continue de lire Biélorussie, au lieu de Bélarus. On observe aussi une sorte de flottement pour la Birmanie, que la junte au pouvoir a rebaptisée Myanmar.

Bref, c’est l’anarchie en français.

Bharat ou Inde?

Ce qui amène la question suivante : le nom de Bharat sera-t-il finalement adopté en français? Après tout, le Siam s’appelle depuis belle lurette Thaïlande et personne ne proteste.

Bharat nous force aussi à nous poser une autre question : doit-on désigner les pays par leur nom véritable et jeter à la poubelle tous les exonymes? Nous aurions alors dans nos textes Suomi pour la Finlande; Lao pour le Laos; Mexico pour le Mexique; Eesti pour l’Estonie, etc.

Les Nations unies aimeraient qu’on en vienne à cela, mais c’est loin d’être acquis. Les langues ont naturellement tendance à garder les traductions, qui ont le mérite d’être connues de tous.

Alors Bharat ou Inde?

Nous l’avons mentionné, le gouvernement Modi poursuit un but précis, celui de mettre en valeur la religion hindoue, ce qui est controversé dans le pays de Gandhi. Il faut savoir que l’Inde possède une multiplicité de religions et que les non-hindous ne sont pas nécessairement à l’aise avec Bharat.

Pour l’instant, le changement de nom officiel n’est qu’une intention. Le changement de nom n’a pas été soumis aux Nations unies et il est loin d’être certain qu’il le sera.

Et même si c’est le cas, rien ne dit que les autres États vont emboiter le pas, et ce pour deux raisons : 1) le caractère controversé de ce changement inspiré par la religion; 2) la tradition.

Alors, comme on dit ici, gardons-nous une petite gêne, traduction très libre de wait and see.

Tsunami

Le mot tsunami déferle dans nos écrits avec la force d’un raz de marée. Naguère, le terme japonais était inconnu dans nos contrées, mais on a maintenant l’impression qu’il a supplanté le bon vieux raz de marée, qu’on peut aussi écrire raz-de-marée.

Lequel des deux est bon? S’agit-il de synonymes ou non?

Ce n’en sont pas, mais il faut lire très attentivement les définitions des dictionnaires pour les départager.

D’après le Robert, un tsunami est une « Onde océanique provoquée par un séisme ou une éruption volcanique, provoquant d’énormes vagues sur les côtes. »

Le Larousse : « Raz de marée d’origine tellurique, provoqué par une instabilité brusque du plancher océanique résultant d’un séisme, d’une éruption volcanique ou d’un glissement de terrain. »

On voit donc que le tsunami est d’abord et avant tout océanique; il génère un raz de marée. Celui-ci est, selon le Larousse, un « Envahissement exceptionnel du rivage par la mer, produit par une lame de tempête, un tsunami ou un plissement sous-marin. »

Pour y voir plus clair, il faut se diriger vers le Portail linguistique du Canada, qui fait clairement la distinction entre les deux expressions.

Le raz de marée est un terme plus générique que son cousin nippon. Comme le précise le Portail : « En effet, le raz de marée peut être déclenché par une onde de tempête (ou marée de tempête) à la suite de l’action violente du vent, mais pas le tsunami, qui est plutôt déclenché par un choc violent en haute mer. »

Comme on le voit, les terminologues canadiens sont, dans ce cas-ci, bien plus clairs que les lexicographes français.

Suisse

Le premier août marque la fête nationale de la Suisse. Voici quelques expériences que j’ai vécues dans le pays de Guillaume Tell. C’est le récit décousu d’un Québécois dans la vingtaine (à l’époque) qui veut rendre hommage à ce pays aux paysages époustouflants.

Le Musée de la pipe…

À Lausanne, je découvre dans une brochure touristique le Musée de la pipe. Il ne fait pas partie du circuit officiel et les droits d’entrée sont plus élevés qu’ailleurs, mais le jeu en vaut la chandelle. Le collectionneur Jacques Schmied a rassemblé plus de 2 000 pipes ! Il y a de toutes les sortes et certaines sont très originales. Malheureusement, le musée a fermé ses portes en 2010, lorsque M. Schmied est décédé. Je me demande bien où sont rendues toutes ces pipes.

Un drapeau du Québec

Dans une taverne en Suisse romande – je pense que c’était à Fribourg – j’aperçois un drapeau du Québec suspendu au plafond, en compagnie de plusieurs étendards régionaux suisses. Intrigué, je demande à un serveur ce que le drapeau de mon pays fait là. Perplexe, il est incapable de me répondre, n’ayant pas la moindre idée de ce qu’est au juste le Québec.

Toujours dans un restaurant, un client d’une autre table m’adresse la parole en patois local. C’est du français, mais je ne comprends pas un mot de ce qu’il me dit. Il met fin à la conversation, embarrassé.

Mes recherches de science politique m’ont amené à étudier le fédéralisme suisse ainsi que la question des nationalités. Les francophones suisses habitent une région nommée la Romandie. J’écris à l’association des Suisses romans pour obtenir un auto-collant de leur drapeau (les drapeaux me fascinent). L’association m’en envoie cinq par la poste ! Photo ici.

Un contrôleur bougon

Incident malheureux dans un train en direction de la Suisse alémanique. Le contrôleur annonce rapidement que les passagers allant vers telle ville doivent descendre à Olten. Mais je n’entends pas bien le message parce que le bonhomme n’articule pas bien et qu’il passe très vite dans l’allée. Un peu plus tard, je constate que j’aurais dû changer de train et il est trop tard. Je le dis au contrôleur qui est très sec avec moi. « Il fallait changer à Olten ! J’ai dit ! »

Par suite, j’ai eu l’intuition qu’il avait été désagréable avec moi à cause de mon accent québécois, qui pourrait être assimilé à celui d’un germanophone. Or, rivalité il y a entre Suisses romands et Suisses alémaniques. On se croirait au Canada…

Je porte plainte en allemand à la compagnie suisse de chemin de fer, dont le siège est à Berne, en Suisse alémanique. Je reçois un accusé réception en français et, plus tard, une lettre écrite en allemand m’avise que le contrôleur a été réprimandé.

Un couple froid

Des mal embouchés il y en a dans tous les camps.

Voilà quelques années, à Ottawa, cette fois-ci, j’entends un couple parler allemand sur la colline du parlement. Ayant planché des années pour apprendre cette langue, je me fais un plaisir de la parler lorsque les circonstances le permettent.

J’aborde donc le couple dans la langue de Goethe. Ils me disent venir de Suisse. Ils sont très froids et répondent sèchement, comme si je les dérangeais.

Heureusement, les Suisses alémaniques ne sont quand pas tous comme cela. Mais il faut savoir qu’ils parlent un dialecte germanique indéchiffrable; est-ce que le fait d’être abordés en allemand classique les insulte? Je ne sais pas.

Autre incident en Suisse allemande. Une germanophone insiste pour me répondre en anglais alors que je lui parle allemand. De deux choses l’une : elle est fière de pratiquer son anglais ou bien le fait de devoir répondre en allemand classique la dérange. Mystère.

Genève

J’ai visité Genève au début des années 1980. Cette ville internationale est l’une des plus chères d’Europe. Pourtant, j’ai réussi à me loger pour l’équivalent de 20 dollars, dans un hôtel modeste, mais très propre. Ma chambre n’avait cependant pas de fenêtre. Aujourd’hui, ce serait impossible, à ce prix. Même l’auberge de jeunesse exigerait plus !

Une jolie ville plantée sur le bord du lac Léman et à deux pas de la France.

Le décorum

L’un des éléments particuliers de l’Europe est le respect d’un certain décorum. Contrairement à ce que l’on voit en Amérique du Nord, la liberté individuelle et le confort à tout prix ne règnent pas en maitre. La plupart du temps, les gens s’habillent mieux qu’ici.

J’étais dans la vingtaine à cette époque et je me foutais pas mal d’être bien mis. Après tout, j’étais étudiant et je portais fièrement ma veste en denim. J’entre dans un beau restaurant à Zurich et le serveur me regarde d’un drôle d’air. Il me dit que j’ai une heure pour manger… Autrement dit, fous le camp. Certains auraient plié bagage, mais je suis resté quand même, car le menu était intéressant. Le service a été rapide…

Un monstre

Histoire épouvantable à Lugano, histoire que plusieurs croiront inventée. J’escalade le mont San Salvatore qui offre une vue splendide sur les alentours. J’aperçois soudain une abeille semble-t-il jaillie d’un film de science-fiction. Elle a la grosseur d’un petit chien, butine autour des fleurs; ses yeux sont très visibles ainsi que ses antennes. Une vision horrifiante.

J’ai une peau qui attire les insectes et je n’ai absolument pas envie que cet insecte monstrueux commence à tourner autour de moi… Je prends donc la fuite, sans même faire une photo, ce que je regrette amèrement aujourd’hui.

Évidemment, mon récit a fait sourire mes compagnons de travail, quelques années plus tard. Pourtant, on a retrouvé un rat géant mort dans la même région de Lugano, une dizaine d’années après ma visite et les scientifiques se perdaient en conjectures. Je ne serais pas surpris qu’une fuite radioactive dans une centrale nucléaire ait causé ces mutations surprenantes.

Les langues de la Suisse

Le canton des Grisons est une particularité dans le paysage contrasté de la Suisse. Le rhéto-romanche est la langue officielle de ce canton atypique. Cette langue est un mélange assez déroutant d’allemand et d’italien, qui confond tout être normalement constitué. J’ai beau parler allemand et italien, mais je ne comprends pas grand-chose de ce qui est écrit. Le rhéto-romanche est parlé par environ 60 000 personnes et se décline en cinq variétés.

Le rhéto-romanche, a un statut officiel en Suisse, avec l’allemand, le français et l’italien. Comme je parle ces trois langues, je me disais que j’étais bien armé pour visiter les Grisons. De petites surprises m’attendaient cependant.

Une question se posait : quelle langue utiliser avec les habitants?

Je trouve une petite auberge et, prudent, réserve ma chambre en allemand, la langue la plus parlée en Suisse. Je vais ensuite à l’Office du tourisme et on me répond en français. À l’heure du midi, je décide d’aller casser la croûte dans un bistro. Une jeune serveuse se plante devant moi et attend que je lui passe ma commande, sans me donner le temps de consulter le menu. Elle est unilingue italienne…

Soit dit en passant, l’italien est la langue officielle du canton du Tessin, une des plus belles parties de la Suisse.

La politique linguistique de l’Helvétie est très particulière. C’est l’unilinguisme cantonal qui prévaut. Autrement dit, un germanophone qui s’établit à Locarno, dans le Tessin, doit envoyer ses enfants à l’école italienne. Un Suisse roman qui part vivre à Zurich devra utiliser l’allemand avec l’administration cantonale. Un modèle assez différent de celui adopté au Canada.

Un État fédéral centralisé

La Confédération helvétique, son surnom, est souvent citée en exemple pour son système politique fédéral. On croit à tort que la Suisse est le pays le plus décentralisé du monde et que les cantons ont des pouvoirs élargis. C’est faux. Jusqu’en 1874, le pays était effectivement une confédération, c’est-à-dire une union d’États souverains. L’essentiel des pouvoirs était dans les cantons.

En 1874, la Suisse a adopté une constitution octroyant au gouvernement fédéral de Berne l’essentiel des pouvoirs législatifs. Les cantons disposent cependant d’une certaine marge de manœuvre, puisqu’ils administrent les lois fédérales.

La Suisse est donc une fédération, comme le Canada, pays qui se prend lui aussi pour une confédération…

Taïwan

La présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, se rendra à Taïwan en visite officielle. Cette visite soulève l’ire du gouvernement de Pékin.

Ce qui devrait soulever l’ire des langagiers, c’est le fait que le nom de l’ile rebelle prend le tréma, tandis que sa capitale, Taipei, n’en prend pas.

À maintes reprises dans cette tribune j’ai discuté de l’incohérence des graphies de lieux étrangers en français. Le tandem précité vient enrichir mon argumentation. Pourquoi n’écrit-on pas Taïpei?

Pourquoi Taïwan?

Taïwan est l’ile sur laquelle les nationalistes chinois se sont réfugiés après la révolution maoïste de 1949. Elle était autrefois appelée Formose. Le gouvernement de Pékin soutient que Taïwan fait partie de la Chine continentale et qu’elle devra tôt ou tard être réintégrée, comme ce fut le cas de Hong Kong.

Les puissances occidentales ont mis du temps à reconnaitre le gouvernement communiste de Pékin et ont longtemps considéré que Taïwan représentait la Chine entière. Elles ont finalement mis fin à cette position absurde.

Entretemps, les Taïwanais ont érigé une démocratie et ne veulent pas subir le sort des Hongkongais. On les comprend.

Quand la politique vient brouiller les cartes de la toponymie

Les Occidentaux font sans cesse le grand écart entre la Chine continentale et l’ile rebelle. Elles essaient de soutenir Taïpei du mieux qu’elles peuvent sans offenser Pékin. Cette situation absurde a pu être observée à l’Organisation mondiale du commerce où Taïwan est considérée comme une économie, et non comme un pays… L’organisation a même rebaptisé Taïwan de la manière la plus absurde qui soit : le Taipei chinois.

Un peu comme si on disait « le Budapest hongrois » pour éviter de parler de la Hongrie.

Comme on le voit les découpages politiques et la toponymie ne font pas bon ménage.

Accent aigu

Francisons, bon sang !

La préparation d’une série de conférences sur la Russie soviétique m’a amené à constater les disparités dans les sources francophones quant à l’orthographe de certains noms russes.

Certains d’entre eux sont francisés, comme Lénine, qui prend l’accent aigu. Pour d’autres, comme Grigory Ordjonikidze, on omet l’accent aigu, pourtant plus précis, bien que l’on voie de temps à autre Ordjonikidzé. Autre personnage du régime bolchévique, Nikolaï Iejov, parfois écrit Iéjov.

Prenons ce dernier cas. Le prénom est bien translittéré : Nikol est le juste reflet de la prononciation russe; le A et le I sont deux lettres distinctes qui se prononcent aïe et non è. Pourtant, le nom de famille Iéjov reçoit souvent un E, que l’on pourrait prononcer comme un E, un É ou un È. Imprécision agaçante.

J’ai déjà discuté de Saint-Pétersbourg, appelée Petrograd (sans accent), avant de devenir Leningrad, toujours sans accent. Illogisme manifeste d’autant plus qu’on a francisé Lénine en le coiffant d’un accent aigu.

Soit dit en passant, l’ancienne capitale impériale est située sur la Neva, qui devrait s’écrire Néva. Francisons ! Bon sang !

Dans un autre article, j’ai parlé des finales en I allongé, que l’on symbolise en français par un Y… Enfin pas toujours. Le flottement le plus évident touche Lev Bronstein, connu sous le nom de Léon Trotsky… du moins chez certains auteurs, car le compagnon de Lénine voit son nom simplifié en Trotski, notamment dans le Larousse.

On observe la même omission pour le maréchal Toukhatchevski. Comme pour Trotsky, son nom russe comporte I allongé en finale : Тухачевский. On devrait donc écrire Toukhatchevsky. Ce que font d’ailleurs les anglophones : Tukhachevsky.

De fait, les noms russes comportant cette finale en I allongé devraient s’écrire avec le Y en français. On aurait donc Dostoïevsky et non Dostoïevski.

Bolchevik

Les communistes radicaux de Russie étaient appelés les bolcheviks. Cette graphie choc, rude comme un coup de canon en 1812… Un peu à l’écart du français, elle a mis du temps à être francisée… jusqu’à un certain point. On a vu apparaitre bolchevique, toujours sans accent. La réforme orthographique de 1990, conspuée par bien des traditionnalistes, nous a donné bolchévique et bolchévisme. Mais une simple consultation des ouvrages et des textes en ligne sur cette idéologie montre clairement que l’usage reste fluctuant, quelque cent ans après la Révolution russe.

Encore plus d’accents aigus!

La problématique de la non-utilisation de l’accent aigu pour les noms étrangers touche bien d’autres toponymes et gentilés, comme je l’ai relaté dans d’autres articles parus dans ce blogue.

Des noms de pays comme Bélarus ou Guatémala gagneraient à être francisés.

Détroit, ville fondée par les Français, mais écrite encore trop souvent à l’anglaise dans les textes de l’Hexagone.

Le nom d’États étasuniens comme la Géorgie et le Névada, peut s’écrire en français

Tous ces flottements illogiques nuisent à l’uniformité du français. Francisons ! Francisons ! Vive l’accent aigu !

Saint-Pétersbourg

Pour bien des gens, orthographier les noms russes est aussi agréable que d’avaler du bortch…

Nous commencerons notre voyage par Saint-Pétersbourg, mais en passant brièvement par Kyïv avant de nous perdre dans la steppe des graphies contradictoires…

J’ai écrit de nombreux billets sur l’écriture en français des noms russes et slaves, sujet rébarbatif sur lequel les médias ont dû se pencher récemment, à cause de l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

L’article que j’avais écrit l’an dernier sur Kyïv et Kiev est soudainement devenu très populaire, au point que j’ai même donné une entrevue sur la question à une émission humoristique québécoise, l’Infoman.

Je planche sur une conférence portant sur la Russie soviétique et celle de Poutine, qui commencent à se ressembler étrangement. Mes passionnantes recherches sur le pays des tsars m’amènent à me frotter à des noms de lieux et de personnes translittérés en français.

Un phénomène m’a immédiatement frappé : les noms écrits en français ne prennent pas toujours l’accent aigu, alors qu’ils le devraient; ensuite les finales en SKI ne sont pas bien écrites.

Les personnes aimant aller au fond des choses poursuivront leur lecture…

L’accent aigu aléatoire

Saint-Pétersbourg est l’ancienne capitale russe bâtie par Pierre le Grand. Pendant la Première Guerre mondiale, elle a été rebaptisée Petrograd. On remarquera tout de suite que le premier nom est correctement francisé, tandis que le second a perdu l’accent aigu qu’il devrait avoir.

La magnifique ville, théâtre de la Révolution russe de 1917, a repris son nom d’origine après la chute du communisme en 1991. Pour ceux qui se le demandent, le nom des habitants est Pétersbourgeois.

Une autre ville marquante de l’histoire de la Russie est Iékatérinbourg, que j’écris avec des accents, alors que dans le Larousse il n’en prend pas. L’encyclopédie nous apprend que la famille impériale a été exécutée à Iekaterinbourg, sans aucun accent. Voilà une curieuse incohérence.

Incohérence il y également avec Boris Ieltsine, que les ouvrages s’entêtent trop souvent à écrire Eltsine. L’anglais est plus près du russe : Yeltsin.

Lénine (avec accent aigu) a été le leader de la Révolution bolchévique. Le nom du révolutionnaire a été francisé un peu partout… Lenine? Niet!

Mais si on écrit Lénine, pourquoi trouve-t-on Tchekhov? Le nom en cyrillique est bien Чехов, le E se prononçant IÉ. On devrait donc écrire Tchiékhov, ou à tout le moins Tchékhov. En anglais : Chekhov.

Force est donc de constater que la transcription en français des noms russes est souvent approximative et ne reflète pas fidèlement la prononciation en langue originale.

Un autre exemple en ce sens est l’adjectif bolchevique, parfois bizarrement écrit bolchevik. La graphie en russe comporte bel et bien un E, prononcé IÉ, ce qui ne semble pas suffire pour lui attribuer un accent aigu dans notre langue. Est-ce que bolchevik et bolchevique font plus exotiques?

Les finales en SKI ET SKY

Les langues slaves comportent une forme de I allongé et mouillé qui s’écrit en russe avec un double I : ий.

Prenons l’exemple connu de Fiodor Mikhaïlovitch Dostoïevski.

En russe : Фёдор Михайлович Достоевский. Ceux qui lisent le cyrillique voient tout de en finale est le fameux I allongé. On devrait donc écrire Dostoïevsky, le Y servant à illustrer ce I allongé qui n’existe ni en français ni en anglais.

D’ailleurs, les anglophones nous livrent une orthographe bien plus précise du nom de l’écrivain russe : Fyodor Dostoyevsky.

On remarquera que le Y remplace le Ï français dans le prénom, mais que la finale du nom de famille comporte le Y du I allongé.

On observe le même phénomène avec le nom d’un ancien oligarque russe : Михаил Борисович Ходорковский,

Mikhaïl Khordorkovski en français et Mikhail Khordorkovsky en anglais.

Là encore deux graphies légèrement différentes et celle de l’anglais est plus précise.

Conclusion

Il semble que les lexicographes et rédacteurs francophones ont adopté un système graphique s’écartant légèrement de la prononciation du russe. Néanmoins, les Européens francophones se donnent la peine de translittérer vers le français, au lieu d’adopter platement les graphies de l’anglais, comme cela se voit trop souvent au Canada français.

Pour ceux et celles qui veulent éviter de s’embrouiller…

Écrire les noms russes en français

Écrire les noms ukrainiens en français

Türkiye

Le saviez-vous, la Turquie ne s’appelle plus la Turquie. Non, elle a officiellement changé de nom et a demandé à la communauté internationale de l’appeler Türkiye.

La raison tient à de multiples facteurs. Le président Erdoğan a annoncé la décision en décembre 2021, faisant valoir que l’appellation originale en langue turque « reflète davantage les valeurs turques. » (Devrait-on dire España pour respecter la culture espagnole?)

Il semblerait aussi que le président Erdoğan verse dans la surenchère nationaliste pour favoriser sa réélection à l’automne 2022. Enfin, l’appellation Türkiye serait plus attirante, plus exotique, sur le plan touristique.

Mais le plus troublant est que l’une des raisons invoquées est le fait qu’en anglais Turkey désigne aussi bien le pays d’Atatürk qu’une simple dinde… En effet, croyez-le ou non, la Turquie part en guerre contre toutes ces étiquettes de vêtement « Made in Turkey » qui, en anglais sèment un peu la confusion. Sans parler de ces sublimes traductions neuronales : « Fait en dinde ».

Ces derniers arguments sont inquiétants. Ils signifient que l’hégémonie de l’anglais est tellement prégnante sur notre planète réchauffée qu’elle finit par influencer des langues aussi lointaines que le turc.

Maintenant, la question est de savoir si cette exigence anatolienne passera dans l’usage.

Exemples passés

Comme je l’ai indiqué à plusieurs reprises dans cette tribune, certains pays ont changé de nom aux Nations unies sans que la pratique du français n’en soit modifiée.

La Biélorussie se fait appeler Bélarus depuis 30 ans; la Birmanie est devenue le Myanmar. Récemment, la République tchèque a troqué cette appellation pour l’abominable Tchéquie, qui a des relents d’occupation nazie de la Bohème-Moravie.

Le Bélarus ne s’est pas imposé dans les médias francophones, pas tellement plus que Myanmar, d’autant plus que ce nom a été choisi par une junte militaire impopulaire.

Quant à la Tchéquie, eh bien tout peut arriver. Pour l’instant, le terme ne semble pas s’imposer dans les médias français. Une recherche dans le Larousse en ligne nous mène… à Turquie. Le Robert électronique ne recense pas la Tchéquie. À mon avis, celle-ci risque d’être mise sur la touche pour tenir compagnie au Bélarus.

Pourtant, on est passé sans problème du Zaïre à la République démocratique du Congo, mais ressemble plus à une exception qu’à autre chose. Le changement s’est peut-être opéré plus facilement parce que l’ancien Congo belge est un pays francophone.

Pour ce qui est de la Turquie, la situation est très différente. Voilà une appellation qui date d’une centaine d’années et, à mon sens, le conservatisme français devrait prévaloir, d’autant plus que le changement est proposé par un président qui n’a pas tellement la cote en Occident.

***

Remerciement à Bronson Whitford de m’avoir signalé cette nouvelle appellation.

Translittération

Le sujet est rébarbatif; j’en ai parlé dans plusieurs chroniques. Mais la cruauté de l’actualité politique internationale l’a ramené sur le tapis.

L’agression sauvage de l’Ukraine par la Russie post-soviétique a mis en lumière la russification du pays de Zelensky. Dès lors, la question de l’écriture en français des noms ukrainiens s’est posée.

Le cas de la capitale nous a sauté aux yeux. Kiev est le nom russe de Kyïv. Pourquoi au juste nomme-t-on la capitale ukrainienne en russe? Et pourquoi Kharkov, Lvov et bien d’autres villes déclamées en russe?

La tragédie ukrainienne a ouvert les yeux de bien des gens et les noms ukrainiens Kharkiv, Lviv, etc. ont maintenant droit de cité. Cependant, bien des médias s’en tiennent à Kiev.

La question épineuse de la translittération

Les nombreux articles que j’ai écrits sur la translittération des noms slaves en français m’ont conféré une certaine autorité. Pendant de longues années, j’ai énoncé certains principes d’écriture en français, principes consignés nulle part ailleurs que dans mes cahiers de cours. Bien entendu, tout ouvrage sur la langue russe nous indique que tel caractère donne tel son en français. Mais aucun n’indique aux traducteurs comment passer d’une translittération à l’anglaise à une translittération à la française

Le cas le plus flagrant est Vladimir Poutine, écrit Putin en anglais. Comme je dis souvent, s’il n’existait pas, il faudrait l’inventer. Un exemple percutant. Reprendre intégralement les graphies anglaises en français peut s’avérer catastrophique.

Les médias

Cette question épineuse était de la sorcelletie aux yeux des médias, qui ont bien des chats à fouetter. Pourtant, une observation attentive de la presse française montre que les noms russes sont francisés. Par exemple Youri Loujkov, ancien maire de Moscou que les médias francophones canadiens écrivaient Yuri Luzhkov, dans l’indifférence générale.

La guerre en Ukraine a éveillé certains esprits. Du moins sur la nécessité d’utiliser les noms ukrainiens pour les toponymes ukrainiens. Certains noms obscurs comme Zaporijjia sont même translittérés correctement.

Les médias se sont interrogés sur l’orthographe exacte de Kyïv. Le Journal de Montréal a consulté l’auteur de ces lignes et a adopté la graphie ukrainienne Kyïv; TVA Nouvelle a enchainé. Les correcteurs du journal Le Monde ont eux aussi consulté mon blogue, sans nécessairement adopter mes suggestions. Par ailleurs, certains médias français comme Libération écrivent Kyiv, sans tréma.

La réflexion est donc amorcée. Le journal montréalais Le Devoir m’a indiqué qu’il était délicat de changer la graphie de Kiev en plein milieu d’un conflit. C’est un point de vue que je respecte.

Malheureusement, le service des nouvelles de Radio-Canada ne m’a jamais répondu, et ce n’est pas la première fois. Il y a plusieurs années, j’avais envoyé à la chef d’antenne un dossier étoffé expliquant la nécessité d’adopter des graphies françaises pour les noms russes. Je n’ai jamais eu de réponse, même pas un accusé réception.

Quelle ne fut donc pas ma surprise (totale) de voir la recherchiste de l’émission satirique Infoman m’inviter à faire un topo sur Kiev/Kyïv dans une prochaine émission. Il est quand même curieux de voir une émission de variété manifester plus d’intérêt envers cette question très particulière que les gens de l’information. Comprenne qui pourra.

Le problème est-il réglé?

Pas du tout. Ce qui est évident avec Poutine l’est beaucoup moins pour un obscur général russe dont il y a toutes les chances que le nom sera écrit à l’anglaise.

Le monde des sports n’aide pas. L’uniformisation du nom des athlètes est constante. Pensons à l’ancienne championne de tennis Maria Sharapova, qu’à une autre époque on aurait écrit Charapova. Au hockey, nous avons Alexander Ovechkin, qui devrait être orthographié Aleksandr Ovetchkine.

À la défense des journalistes nord-américains, il faut admettre que l’environnement hautement anglicisé laisse peu de place à la francisation. Dans un lointain passé, le journal La Presse de Montréal avait commencé à écrire Kroutov au lieu de Krutov, mais cet effort n’a duré que le temps des roses.

Il est également bien difficile de demander à de courageux reporters comme Tamara Altéresco de se pencher sur la francisation d’Irpin, entre deux bombardements russes. Mais les chefs de pupitre, eux, pourraient le faire à sa place.

S’il y a eu prise conscience de toute cette problématique dans les salles de rédaction, force est de constater que la volonté d’être plus rigoureux est encore absente. Pour l’instant, elle se limite à remplacer les noms russes en Ukraine par les toponymes ukrainiens. C’est déjà un progrès.

***

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Kiev ou Kyïv?

Génocide

Ces derniers temps, il est question de génocide, celui des Ukrainiens. Ce terme est chargé de sens et il convient d’être prudent avant de l’employer. Pourtant, le président Biden a accusé son vis-à-vis Poutine de perpétrer un génocide. On sait que le chef d’État américain est gaffeur – d’ailleurs il en rit lui-même. Pourtant il en a remis, répétant son accusation à l’endroit du président russe (j’allais écrire « soviétique »).

Les sources lexicographiques aussi bien que politiques s’entendent pour définir un génocide comme étant la destruction systématique d’un groupe ethnique, d’une nation. Il s’agit d’un crime contre l’humanité qui peut aussi viser un groupe racial ou religieux.

Les exemples ne manquent pas dans l’histoire : le génocide des Arméniens pendant la Grande Guerre, celui des Juifs, qu’on appelle Holocauste ou Shoah. Pensons aussi au triste sort des Tibétains que le gouvernement chinois cherche à anéantir en organisant une migration massive de Chinois au Tibet.

L’expression s’est frayé un chemin jusqu’aux Nations unies, qui la définit comme suit dans la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide :

« Le génocide s’entend de l’un quelconque des actes ci-après, commis dans l’intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux. »,

Selon l’ONU, le génocide comprend le meurtre des membres du groupe visé; des atteintes graves à son intégrité physique ou mentale; la soumission à des conditions d’existence pouvant entrainer sa destruction physique totale ou partielle; des mesures visant à entraver la naissance au sein du groupe; le transfert forcé des enfants du groupe à un autre groupe.

En outre, le crime de génocide peut être commis dans le contexte d’un conflit armé.

Inutile d’en rajouter. N’est-ce pas exactement ce que font les Russes en Ukraine?

Un génocide russe

Les images vues à la télévision sont éloquentes. Mais elles font oublier les intentions clairement énoncées l’été dernier par le président russe, qui affirme en substance que la nation ukrainienne n’existe pas et que le pays devrait être rattaché à la Russie. Imaginons les Espagnols disant aux Portugais : « Votre peuple n’existe pas vraiment, vous êtes des Espagnols comme nous. Vous devez disparaitre en tant que nation. »

L’impérialisme russe n’a rien de nouveau, comme je l’ai évoqué dans un autre article. La brutalité des soldats russes n’est pas nouvelle non plus, les hordes soviétiques venues libérer l’Europe du nazisme violaient les femmes et commettaient les pires exactions.

La volonté du président Poutine de restaurer l’empire soviétique n’a rien de rassurant. En 1945, le président Truman avait vu clair dans le jeu de Staline, dont la volonté était d’étendre le communisme jusqu’aux rives de l’Atlantique, comme l’ont révélé les archives de l’Union soviétique, rendues publiques en 1991. C’est sous sa houlette que l’Organisation du traité de l’Atlantique a été mise sur pied pour empêcher Staline de réaliser ses desseins. Le plan Marshall a permis à l’Europe de se reconstruire. Plus tard, Truman a élaboré la doctrine qui porte son nom pour endiguer l’expansion du communisme, notamment en Corée.

Le monde a besoin de leaders de la trempe de Harry Truman. Un génocide en Europe, ça suffit.

L’ukrainien et le russe

Départager la langue ukrainienne de la langue russe n’est pas une mince tâche, d’autant plus que bien des Ukrainiens russophones défendent l’ukrainien par patriotisme… ukrainien.

Les deux langues sont très semblables; les deux s’écrivant en caractères cyrilliques, et non en caractères latins comme le français et l’anglais.

Les personnes venant de l’extérieur de la sphère des langues slaves ont malheureusement tendance à les confondre. Ce qui explique que bon nombre de toponymes ukrainiens étaient, jusqu’à tout récemment, orthographiés à la russe.

La décision prise par la plupart des médias francophones connus d’adopter le nom ukrainien Kyïv, au lieu du russe Kiev, est une belle illustration de ce problème. Il est en effet absurde d’employer les noms ukrainiens pour Kharkiv et Lviv et d’écrire ensuite Kiev à la russe.

Cohabitation

Tout comme le Bélarus, l’Ukraine est un pays russifié et la cohabitation des deux langues n’est pas toujours facile. Ainsi, le gouvernement ukrainien a fait adopter une loi en 2019 pour renforcer la présence de l’ukrainien dans la vie publique.

Quelques faits intéressants :

  • 60 pour 100 des Ukrainiens considèrent l’ukrainien comme leur langue maternelle.
  • 15 pour 100 considèrent le russe comme leur langue maternelle.
  • 22 pour 100 considèrent les deux langues comme leur langue maternelle.

Certains utilisent un mélange des deux langues appelé le Sourjik, sans toujours être conscients de ce qui vient du russe ou de l’ukrainien.

Un peu d’histoire

L’ukrainien tire ses origines de l’ancienne principauté slave orientale Rous de Kyïv qui, au IXe siècle, regroupait le Bélarus, la Russie et l’Ukraine modernes. Existe à cette époque une forme de bilinguisme entre langue écrite, le slavon, et langue parlée, l’ukrainien. On peut comparer ce bilinguisme à celui entre le latin du Moyen Âge et les langues vernaculaires.

Plus tard, l’Ukraine sera divisée entre la Pologne et la Russie. Les tsars Pierre le Grand et Catherine interdiront l’utilisation de l’ukrainien littéraire, de sorte que les populations seront russifiées.

Comme le précise la professeure de russe et d’ukrainien Natalia Chevtchenko de l’Université de Lyon :

L’usage du russe comme seule langue de communication dans les organismes officiels, le passage au russe de l’intelligentsia ukrainienne et de la majorité des dirigeants cosaques produisent leur effet très rapidement : déjà à la fin du XVIIIe siècle, l’ukrainien disparaît de l’usage officiel sur le territoire russe de l’Ukraine.

L’ukrainien est peu à peu étouffé et, sous le tsar Alexandre II, le gouvernement russe affirmera :

Il n’y a jamais eu de langue ukrainienne, il n’y en a pas maintenant et il n’y en aura jamais.

La Révolution russe de 1917 vient changer les choses. Le gouvernement de Moscou tolère les langues nationales, comme l’ukrainien, mais la langue nationale est le russe. Cependant, la défense de la langue ukrainienne deviendra rapidement suspecte; les autorités la traitent de « nationalisme bourgeois » …

En outre, la similitude entre russe et ukrainien vient compliquer les choses. Le même phénomène est observé au Bélarus, dont la langue ressemble elle aussi au russe.

Deux langues distinctes

Malgré tout, ukrainien et russe sont deux langues distinctes. Les deux tirent leur origine du proto-slave, mais l’ukrainien est davantage basé sur le dialecte vernaculaire, tandis que le russe est plus influencé par l’Église orthodoxe.

Le russe et l’ukrainien ont une similarité lexicale de 62 pour 100 alors qu’elle atteint 84 pour 100 avec le biélorusse et 70 pour 100 avec le polonais.

Cela n’empêche pas les divergences de vocabulaire.

MotUkrainienRusse
PapierPapirBumaga
SucreTsoukorSakhar
ArgentGrochiDenghi
MatinRanokOutro
BouteillePlyachkaBoutylka

Comme c’est souvent le cas avec deux langues voisines, il y a de faux amis.

MotUkrainien et russeSignification en russe
TempsTchasHeure
CitrouilleHarbousMelon
DimancheNedilyaSemaine

Confondre le russe et l’ukrainien est une grave erreur. On trouve facilement dans la Grande Toile tout un lot d’articles sur l’ukrainien, son alphabet, sa grammaire. C’est pourquoi il importe d’écrire correctement en français les noms ukrainiens.

Voir mon article à ce sujet.

SLAVA UKRAÏNI ! GLOIRE À L’UKRAINE !