Avent

Petite énigme du dimanche. Quand il est question de cette période de quatre semaines précédant Noël, nous écrivons Avent avec un e. Pourtant, dans tous les autres cas, nous écrivons ce mot avec un a, avant. Pourquoi?

Tout d’abord, il faut être conscient que les deux mots ne jouent pas le même rôle grammatical, avant est en effet un adverbe, tandis qu’Avent est un substantif. Le second a trait à la religion chrétienne et prend la majuscule, contrairement au premier.

Mais pourquoi ces deux déclinaisons dont le son an est écrit de deux manières différentes? La réponse se trouve dans l’étymologie. La période religieuse appelée Avent tire son origine du latin adventus, qui signifie arrivée. L’Avent c’est l’avènement du Christ.

Quant à avant, il brille par sa banalité qui lui vaut la minuscule initiale et provient du latin abante. Il est un adverbe mais aussi un substantif désignant la partie antérieure d’une chose, comme l’avant d’un véhicule ou encore un joueur offensif, au hockey, football, rugby, entre autres.

Les deux mots n’ont donc pas la même racine latine, ce qui explique les deux graphies différentes.

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André Racicot vient de faire paraître un ouvrage Plaidoyer pour une réforme du français.  Ce livre accessible à tous est la somme de ses réflexions sur l’histoire et l’évolution de la langue française. L’auteur y met en lumière les trop nombreuses complexités inutiles du français, qui gagnerait à se simplifier sans pour autant devenir simplet. Un ouvrage stimulant et instructif qui vous surprendra.

On peut le commander sur le site LesLibraires.ca ou encore aux éditions Crescendo.

Docteur

N’est pas docteur qui veut, du moins dans la francophonie canadienne et québécoise. Ce titre est réservé aux détenteurs d’un doctorat en médecine, ce qui inclut les médecins comme tels, les dentistes et les vétérinaires. D’autres professionnels, comme les podiatres, les optométristes, les psychologues peuvent également se faire appeler docteur, mais à la condition d’indiquer après leur nom la discipline pour laquelle ils ont obtenu leur diplôme.

Paul Piébot, docteur en podiatrie.

Ce qui laisse en plan toute une cohorte de détenteurs d’un doctorat qui ne peuvent arborer le titre tant convoité sur leur carte de visite. Les sociologues et autres philosophes et biologistes peuvent se consoler en faisant suivre leur titre de l’auguste abréviation Ph. D.

Paul Pot, Ph. D. (science politique)

Erreurs courantes

Sous l’influence de l’anglais, on écrit parfois Dr. Latendresse. En français, l’abréviation comportant la première et la dernière lettre du mot ne prend pas le point.

Le Dr Prudent-Lafraise est dentiste depuis 25 ans.

L’abréviation n’est pas obligatoire et on peut écrire le titre au long, sans majuscule initiale, toutefois.

Le docteur Prudent-Lafraise fait aussi des chirurgies mineures.

Autre influence de l’anglais :

Dr Latendresse ne prend pas de nouveaux patients.

En français, il faut mettre l’article défini avant le titre :

Le Dr Latendresse ne prend plus de rendez-vous le vendredi.

Autres langues

Dans d’autres langues, l’utilisation du titre de docteur est moins restrictive. En italien, par exemple, on appellera volontiers docteur une personne ayant fait des études universitaires, même si elle est titulaire d’un diplôme de premier cycle.

Lorsque j’apprenais l’italien, il était normal d’appeler l’enseignante dottoressa, alors qu’elle n’avait aucun doctorat.

Au Québec, on appellera souvent docteur(e) une personne dont on respecte le bagage intellectuel, ou qui prétend en avoir. L’appellation est sur le ton de la badinerie, naturellement.

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Ces mots galvaudés qui nous envahissent

Certains mots sont utilisés à toutes les sauces au point d’en devenir vide de sens. Petit tour d’horizon des grands classiques souventes fois dénoncés dans cette chronique.

Historique

J’espère que vous êtes conscient que le 3 décembre 2020 est un jour historique. Vous ne le saviez pas? Qu’importe les médias vous le signaleront dans la journée. Demain aussi. La pandémie de coronavirus est certes historique, mais l’annulation des fêtes de Noël par le gouvernement? La prochaine élection fédérale? La reprise des activités de la Ligue nationale de hockey? Les Olympiques de Tokyo en 2021? Le Byebye 2020? Pourquoi pas? En fait, tout est historique, selon les médias.

En fait, historique est un mot très fort que l’on devrait employer avec circonspection. Mon billet.

Impact

Voilà un bon bout de temps que je dénonce cet anglicisme (si, si!) envahissant qui remplace des mots plus nuancés comme effet, conséquences etc. Cette fixation tenace sur impact conduit à un appauvrissement du vocabulaire, parce que ce mot, pris au sens propre, est costaud. Mon billet.

Priorité

Nos leaders ont beaucoup de priorités… tellement qu’on peut se demander si la dixième priorité énoncée est encore une priorité. Une priorité est-elle absolue? Réflexion prioritaire dans ce texte.

Partager

La propagation de ce mot dans le vocabulaire informatique a ensuite débordé sur le reste du français à un point tel qu’on pourrait presque parler de pandémie linguistique. On partage tout, des impressions, un appartement, des photos, un document, etc.

Le sens véritable de ce verbe s’est perdu dans le délire le plus complet.

Pourtant, on peut facilement s’exprimer d’une manière plus exacte avec quelques verbes comme dire, informer, diffuser, en parler, mentionner…

Mais on se partage également toutes ces choses, car la formulation réflexive envahit également la langue parlée. Mon billet.

Communauté

Ceux qui vivent en région anglophone comprendront. Dans l’Outaouais fortement anglicisé, tout et n’importe quoi devient une communauté. Mais qu’est-ce qu’une communauté au juste? Texte.

Un incendie éclate dans un village? La communauté s’est mobilisée… pas le village, la communauté. Mais la communauté peut également désigner les habitants d’un quartier du même village, les personnes habitant une rue inondée, à moins que ce soit la région englobant ledit village. Tout est possible.

Le souci de précision le plus élémentaire amènera le langagier à remplacer ce mot très vague. Mon billet.

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Assumer

S’assumer, c’est important dans la vie, même si ce n’est pas toujours facile. On peut aussi assumer des responsabilités, assumer les conséquences d’une erreur. Assumer, c’est prendre en charge quelque chose. On assume les fonctions de superviseur dans une usine.

Voilà pour le sens français du verbe.

Lorsqu’on traverse du côté anglais de la force, on pénètre dans le vaste royaume des suppositions. On assume que notre ami sera ponctuel; il ne s’est pas présenté, on assume qu’il a eu un accident.

En anglais, to assumepeut avoir le même sens qu’en français. Toutefois, ce n’est pas toujours le cas. Comme le précise le Collins Dictionary.

If you assume that something is true, you imagine that it is true, sometimes wrongly.

Une bonne façon de traduire le assume anglais serait de le remplacer par tenir pour acquis ou encore par présumer, considérer

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Numéro civique

Vous habitez au 215, avenue des Pins. Mais si vous dites tout simplement que vous habitez avenue des Pins, il est probable qu’on vous demande votre numéro civique… du moins en anglais. Mais cette expression est vite passée dans le français canadien… comme une lettre à la poste.

Votre interlocuteur pourrait vous demander votre numéro de porte, numéro d’immeuble, ou plus simplement votre numéro tout court. Numéro civique est un anglicisme.

La virgule

Poste Canada ainsi que les guides de rédaction prescrivent la virgule entre le numéro de porte et l’élément générique. Cette virgule est une absurdité syntaxique; elle ne joue aucun rôle utile dans la phrase, puisque son omission n’amène aucune ambigüité. Que vous écriviez 215, avenue des Pins ou 215 avenue des Pins, le résultat est le même.

D’ailleurs, une petite promenade sur Internet montre que les Européens omettent très souvent la fameuse virgule dans leurs adresses.

La minuscule au générique

J’ai déjà écrit un billet sur les règles capricieuses régissant l’emploi de la majuscule en français. Je faisais mention de ce jeu de bascule étourdissant qui fait passer la majuscule de l’élément générique à l’élément déterminatif dans de nombreuses appellations, notamment celles s’appliquant aux toponymes.

Dans le cas qui nous occupe, le générique avenue ne s’écrit pas avec la majuscule; c’est plutôt l’élément suivant qui la reçoit. Ainsi en va-t-il avec les toponymes. La page de l’Office québécois de la langue française explique clairement l’énonciation des adresses en français.

Pourtant, dans les autres langues latines, comme l’espagnol ou l’italien, on n’hésite pas à mettre la majuscule à l’élément générique qui, il faut le préciser, est placé au tout début de l’adresse, alors que le numéro de porte vient à la toute fin.

Via Antonio Gramsci 14

Pisa

Dans mon ouvrage Plaidoyer pour une réforme du français, je propose de simplifier l’écriture des odonymes en adoptant la majuscule initiale pour les génériques avenue, rue, boulevard, place, etc. Ce qui nous éviterait des acrobaties du genre :

Catherine habite au bois de Boulogne, mais Damien habite rue du Bois-de-Boulogne.  

On écrirait Bois de Boulogne et Rue du Bois-de-Boulogne (l’élément spécifique requiert le trait d’union, autre finesse du français.)

Conclusion

Le retrait de la virgule dans les adresses n’a aucune conséquence fâcheuse et se voit déjà ailleurs. L’adoption de la majuscule à l’élément générique serait également plus simple. Ainsi nous aurions :

215 Avenue des Pins

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Les Américains et le français

Le nouveau président américain (y en a-t-il eu un après Obama?) vient de faire connaitre quelques-uns des membres de son futur cabinet. Certains journalistes ont mis en évidence le caractère polyglotte de ces nouvelles personnes tellement rafraichissantes.

À commencer par le secrétaire d’État Anthony Blinken, qui a étudié à Paris et parle français couramment. Il est en bonne compagnie avec John Kerry, ancien secrétaire d’État, nommé représentant spécial pour le climat. M. Kerry parle aussi le français. Pour compléter le tableau francophone, soulignons que la vice-présidente Kamala Harris étudié à Montréal lorsqu’elle était plus jeune et qu’elle a une connaissance de notre langue.

Le responsable de la sécurité nationale, Alejandro Mayorkas est hispanophone.

Présidents francophones

Petite colle pour vous tous. Qui est le dernier président américain francophone?

  1. Richard Nixon
  2. Ronald Reagan
  3. Franklin Roosevelt
  4. John Kennedy

RÉPONSE…

Franklin Delano Roosevelt (1933-1945). Ça fait un bail. Le président Roosevelt a d’ailleurs prononcé un discours partiellement en français à Québec en 1936. M. Roosevelt parlait aussi allemand.

Son oncle, Theodore Roosevelt parlait lui aussi le français ainsi que l’allemand. Il lisait aussi l’italien.

On sera surpris d’apprendre que quelques présidents américains d’un passé plus lointain parlaient notre langue : John Adams, Thomas Jefferson, James Monroe et John Quincy Adams.

Pourtant, la langue française a connu quelques déboires aux États-Unis. Rappelons-nous également que lorsque la France a refusé d’entrer en guerre contre l’Iraq, en 2003, le candidat démocrate à la présidentielle de l’année suivante a dû cacher le fait qu’il parlait français. Il s’agissait de… John Kerry.

Oui, parler français peut parfois être mal vu aux États-Unis. Parlez-en à Mitt Romney, candidat républicain en 2012 et francophone. Certains trouvaient remettaient en question son allégeance américaine et trouvaient qu’il était trop français…

Une méfiance envers les langues étrangères

Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’apprentissage des langues étrangères suscite peu d’intérêt aux États-Unis. Cela peut être attribuable à une tradition bien implantée d’anti-intellectualisme, mais aussi au caractère dominant de la culture américaine dans le monde. Pourquoi se casser la tête à maitriser l’espagnol, puisque les hispanophones qui s’installent aux États-Unis doivent apprendre l’anglais? Pourquoi se mettre à l’italien et à l’allemand? On parle l’anglais en Italie et en Allemagne. On reconnait cette arrogance des grandes nations qui refusent de s’incliner devant la culture des autres pays.

Pourtant, certains présidents de notre époque ont appris des langues étrangères.

Le président Clinton a appris l’allemand et l’a utilisé lors d’un discours devant la porte de Brandebourg, après la chute du Mur. Un autre démocrate avant lui, Jimmy Carter pouvait s’exprimer en espagnol, tout comme George W. Bush. Détail navrant, certains commentateurs – probablement unilingues – s’étaient amusés des erreurs de Bush dans la langue de Cervantès, au lieu de saluer ses efforts.

On comprend que plus tard Barack Obama a déploré le fait que les Américains n’apprenaient à peu près jamais de langue étrangère. De fait, moins d’un Américain sur cinq parle une langue étrangère, alors que la population états-unienne est très diversifiée.

Un voyage dans l’univers

Je parle à des convertis. Toute personne qui s’investit dans une autre langue fait une incursion – que dis-je, un voyage – dans une autre culture. Lorsque je parle en anglais, en allemand ou en italien, je deviens une autre personne. En allemand, par exemple, je deviens plus affirmatif, je décide de l’ordre d’importance des éléments d’une phrase. En italien, j’ai tendance à être plus emphatique.

On reproche souvent aux Américains d’être insensibles aux réalités étrangères. Nul doute que des études linguistiques plus soutenues seraient porteuses de changements hautement désirables dans leur mentalité.

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Derrière les portes closes

L’expression « derrière les portes closes » est abondamment employée un peu partout et personne ne semble y trouver du mal. Les journalistes l’emploient continuellement; un ouvrage de Martine Tremblay porte ce titre; un autre livre, celui- ci de Care Santos, a le même titre, qui est d’ailleurs une traduction.

La popularité de l’expression s’explique en bonne partie par sa limpidité. et par le fait que derrière les portes closes s’inspire de l’anglais behind closed doors. Et comme la frontière entre anglais et français est très ténue au Canada, le calque est rapidement passé dans notre langue, d’autant plus qu’il est clair comme de l’eau de roche.

L’expression française consacrée est à huis clos, parfois écrite à huis-clos. D’ailleurs, les concordanciers bilingues ne s’y trompent pas et proposent cette jolie tournure du français. Le huis, c’est la porte d’une maison, qui a donné naissance à cette locution moderne à huis clos, locution qui a inspiré une pièce de Jean-Paul Sartre. Siéger à huis clos c’est délibérer toutes portes fermées.

On trouvera d’ailleurs la traduction derrière les portes fermées pour behing closed doors. Lorsqu’on tente de cacher quelque chose, on pourra dire qu’on en a discuté en catimini.

Faut-il sortir de ses gonds et claquer la porte au calque derrière les portes closes ? Beaucoup, comme moi, s’en tiendront à huis clos, bel et bien français.

Des périphrases comme « sans en parler à personne », « en toute discrétion », « en cachette », etc. pourront avantageusement remplacer les portes closes devenues autant de portes tournantes vers l’anglais.

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À l’index

Depuis la création de ce blogue, en 2013, j’ai publié quelque 500 articles et beaucoup d’entre eux se sont perdus dans la nuit des temps. Dans la page Index de ce blogue, vous pouvez facilement trouver le sujet qui vous intéresse.

Voici un aperçu des articles qui n’ont pas pris une ride et sont toujours d’actualité.

La liberté académique a fait beaucoup jaser ces derniers temps. Retour sur le mot académique.

Peut-on Accommoder quelqu’un?

Bâdrer vient de l’ancien français. Pas vraiment

L’ineffable Bon matin

Chevals avec un S est maintenant accepté en français… Vrai ou faux?

Collecter est un autre anglicisme. Pas sûr.

L’écriture des dates en anglais est vraiment illogique et peut mener à la confusion.

Le problème avec démotion.

Détroit prend-il l’accent aigu ou pas?

Digital ou numérique?

Et/ou, c’est correct ou pas?

La locution faire en sorte que est parfaitement correcte, sauf qu’elle devient agaçante quand répétée à tout bout de champ. Elle peut même alourdir le style.

Emblématique, ce n’est pas ma tasse de thé… Anglicismes ou pas?

Éventuellement ne veut pas dire ce que vous pensez.

À écouter les médias, tout est historique.

À écouter les médias, il n’y a que des Impacts partout. Désolant tic langagier qui mène à un appauvrissement du vocabulaire. 

Imputabilité. Qu’est-ce que ça mange en hiver?

Une personne saoule est-elle intoxiquée?

La langue japonaise a influencé un tout petit peur le français.

Une loi et une législation sont deux choses différentes. Eh oui…

Ces êtres étranges qui écoutent de la musique étrange et comprennent l’informatique… Les milléniaux.

La nouvelle orthographe est-elle la révolution que l’on imagine?

Opportunité est-il toujours un anglicisme?

Partager, un verbe passe-partout dont le sens s’inspire de l’anglais.

Pays-Bas et Hollande sont deux choses différentes.

Renverser une décision. Un autre anglicisme.

Sur une base régulière, sur une base quotidienne, gros, GROS anglicisme repris en chœur par nos chers médias.

La grande question : Pékin ou Beijing?

N’oubliez pas que vous pouvez utiliser la boite de recherche en tout temps pour repérer un terme qui vous intéresse.

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Développer

Il y a une trentaine d’années, lorsque je commençai à travailler dans le domaine de la traduction, le verbe développer, et son substantif développement, constituaient une nitro et une glycérine susceptibles de nous exploser en pleine figure.

Je m’explique. Le sens classique de développer était de « Faire croître, donner de l’ampleur… » comme l’explique le Petit Robert. Autrement dit, on ne pouvait développer qu’une chose qui existait déjà. Employer développer au sens d’élaborer, de concevoir constituait un anglicisme.

Il est intéressant de constater que le Multidictionnaire de la langue française et le Colpron des anglicismes défendent encore cette position.

Car les grands dictionnaires ont évolué. Les deux ouvrages donnent la définition traditionnelle du verbe, dixit le Petit Larousse :

Augmenter l’ampleur, assurer la croissance, l’extension de quelque chose; agrandir : Chercher à développer son usine.

Mais le même ouvrage donne aussi la définition suivante :

Assurer la production et la commercialisation d’un produit.

Développement

C’est dans ce contexte que le terme développement a vu lui aussi son sens s’infléchir pour rejoindre celui de la conception d’un produit. Par exemple, on peut dire qu’en cette triste époque de pandémie, les grands laboratoires pharmaceutiques ont développé des vaccins pour combattre la covid-19.

On a aussi vu apparaitre ces dernières années la notion de recherche-développement, qui s’inscrit en droite ligne avec cette acception de développer et de développement. La recherche-développement, c’est la conception et la mise au point d’un produit.

À mes débuts en traduction, on se méfiait également du mot développement dans le sens de l’évolution d’une chose. Parler des derniers développements était suspect. Pourtant, ce sens est bel et bien entré dans le Robert, qui donne l’exemple suivant : « Les nouveaux développements d’une affaire. »

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Campagne

La campagne de Donald Le-mot-en-T refuse de concéder la victoire à l’élection présidentielle. Cette phrase parait correcte et pourtant elle ne l’est pas.

Le mot « campagne » possède deux sens précis, le premier étant une région rurale, une vaste étendue de pays plat et vallonné.  On vit à la campagne et non en campagne, puisque dans cette deuxième expression on se réfère à un contexte d’ordre militaire et électoral.

En effet, des soldats sont en campagne lorsqu’ils mènent des actions militaires. Les historiens racontent la campagne d’Égypte de Napoléon Bonaparte.

Au Canada, on pourrait dire : « Du haut de ces bancs de neige quatre cents ans d’anglicismes vous contemplent. »

Car la campagne d’un candidat à une élection est l’ensemble des opérations menées pour se faire élire. Le candidat et son équipe sont alors en campagne électorale. Cependant, le mot « campagne employé seul ne peut désigner tout le personnel qui entoure le candidat. Il faut plutôt parler de l’équipe de campagne.

Imagine-t-on la phrase suivante : « La campagne de Napoléon a décidé de battre en retraite et de quitter la Russie » ?

Dans le cas du président déchu on pourrait donc dire :

L’équipe de campagne de T*** refuse de concéder la victoire; les partisans du président sortant refusent de concéder l’élection, bien que ce terme soit moins précis. Tout dépend de qui on parle.

Chose certaine, il faut éviter cet autre calque grossier de l’anglais. Une campagne ne décide de rien, une campagne n’est pas un ensemble de personnes.

On lira avec intérêt mon article sur le trumpisme.

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Blogue destiné à tous ceux qui ont à cœur l'épanouissement de la langue française.