Pour les Québécois et les autres Canadiens les Français sont des chialeux. Mais allez leur dire pour voir! Il y a fort à parier que nos cousins ne comprendraient pas un traitre mot de ce qu’on leur dit.
Parce que de côté-ci de l’Atlantique, chialer c’est maugréer, se plaindre. Les Québécois diraient donc à leurs cousins revendicateurs : « Arrêtez de chialer ! Mai 68, c’était du gros chialage. »
Incompréhension.
Parce qu’en Europe, chialer… c’est tout simplement pleurer, un terme familier. Et derrière les barricades de Mai 68, on ne chialait pas, on manifestait, on contestait l’ordre établi. Les Français sont un peuple revendicateur, tandis que les Québécois préfèrent la bonne entente.
Comme on dit à Paris, voilà.
Le Québécois de revenir à la charge : « Donc chialer, pour vous autres, c’est brailler en fin de compte. »
Incompréhension.
Brailler, vous voulez dire crier à tue-tête, chanter à haute voix comme le font les ivrognes. Mais non, dira le Québécois. Brailler c’est tout simplement pleurer. En France, nous apprend le dictionnaire québécois Usito, ce sont les enfants qui braillent, ceux quipleurent bruyamment.
Devant le recul du français, les Québécois devraient donc arrêter de brailler et chialer un peu plus.
Choqué
Le Québécois pourrait être choqué de voir que ses amis français, belges, suisses ou africains ne le comprennent pas toujours très bien. L’Européen ou l’Africain comprendront que le Québécois est en état de choc, alors qu’en réalité il est fâché. Fâché? Si, si.
Au Canada, on peut être choqué contre quelqu’un. En fait, c’est ce qu’on comprend généralement. Dire qu’Adrienne était choquée après son accident d’auto se comprend comme suit : elle était en colère contre l’autre conducteur. Si elle était bouleversée, alors on dira qu’elle était en état de choc, et non pas choquée.
Ainsi en va-t-il du français qui est venu planter ses racines en terre d’Amérique; certains mots ont tout simplement pris leur envol…
Autant pour un Français, un Belge ou un Québécois, piocher c’est travailler dur, bref bûcher. Le sens de creuser et de remuer la terre avec une pioche est également commun tant en Europe qu’en Amérique.
Les francophones du Canada sont toutefois surpris de lire qu’une personne a pioché un as de cœur pendant une partie de bridge. Le sens de « Prendre (une carte, un domino…) dans la pioche » est inusité de côté-ci de l’Atlantique. Encore faudrait-il s’entendre sur ce que signifie pour nous une pioche, parce qu’au Canada il est question d’un outil, tout simplement.
Comme on le voit, les francophones érigent parfois entre eux des remparts qui ont pour eux un sens différent En français européen, une pioche est aussi un lot de cartes ou de dominos qui n’ont pas été pigés…
Là, je suis certain que ce sont les Européens qui ne comprennent plus ce que j’écris. Comment peut-on piger une carte?
Au Québec, on ne pioche, on pige une carte. En Europe, on pige quand on comprend quelque chose, ce qui est également vrai au Québec.
Et une personne qui ne veut rien comprendre est une tête de pioche. Ça c’est clair des deux côtés de l’Atlantique.
Ces jours-ci, on rêverait d’assister à un sommet Biden-Poutine sur la sécurité en Europe, après le retrait des troupes russes de l’Ukraine. La neige tardive qui frappe l’Est du Canada en ce 19 avril fait dérailler les esprits les plus équilibrés, semble-t-il…
Je suis sûr que personne n’a tiqué en lisant le mot sommet dans le paragraphe précédent, bien qu’il s’agisse d’une forme raccourcie de conférence au sommet. Cette abréviation s’est répandue à l’époque des sommets du G-5, devenus rapidement les sommets du G-7 avec l’entrée du Canada et de l’Italie dans le cercle des grands dirigeants de la planète. On remarquera la disparition du trait d’union après le grand G. On parle maintenant de sommets du G7.
Effet miroir chez les anglophones. Le Collin’s précise qu’un summit est une rencontre de chefs de gouvernement ou d’autres hauts responsables. L’expression summit conference constitue en anglais un synonyme de summit tout court.
On se rappellera avec nostalgie les sommets Reagan-Gorbatchev, à l’époque où les deux superpuissances arrivaient encore à se parler.
Ces derniers temps, il est question de génocide, celui des Ukrainiens. Ce terme est chargé de sens et il convient d’être prudent avant de l’employer. Pourtant, le président Biden a accusé son vis-à-vis Poutine de perpétrer un génocide. On sait que le chef d’État américain est gaffeur – d’ailleurs il en rit lui-même. Pourtant il en a remis, répétant son accusation à l’endroit du président russe (j’allais écrire « soviétique »).
Les sources lexicographiques aussi bien que politiques s’entendent pour définir un génocide comme étant la destruction systématique d’un groupe ethnique, d’une nation. Il s’agit d’un crime contre l’humanité qui peut aussi viser un groupe racial ou religieux.
Les exemples ne manquent pas dans l’histoire : le génocide des Arméniens pendant la Grande Guerre, celui des Juifs, qu’on appelle Holocauste ou Shoah. Pensons aussi au triste sort des Tibétains que le gouvernement chinois cherche à anéantir en organisant une migration massive de Chinois au Tibet.
L’expression s’est frayé un chemin jusqu’aux Nations unies, qui la définit comme suit dans la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide :
« Le génocide s’entend de l’un quelconque des actes ci-après, commis dans l’intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux. »,
Selon l’ONU, le génocide comprend le meurtre des membres du groupe visé; des atteintes graves à son intégrité physique ou mentale; la soumission à des conditions d’existence pouvant entrainer sa destruction physique totale ou partielle; des mesures visant à entraver la naissance au sein du groupe; le transfert forcé des enfants du groupe à un autre groupe.
En outre, le crime de génocide peut être commis dans le contexte d’un conflit armé.
Inutile d’en rajouter. N’est-ce pas exactement ce que font les Russes en Ukraine?
Un génocide russe
Les images vues à la télévision sont éloquentes. Mais elles font oublier les intentions clairement énoncées l’été dernier par le président russe, qui affirme en substance que la nation ukrainienne n’existe pas et que le pays devrait être rattaché à la Russie. Imaginons les Espagnols disant aux Portugais : « Votre peuple n’existe pas vraiment, vous êtes des Espagnols comme nous. Vous devez disparaitre en tant que nation. »
L’impérialisme russe n’a rien de nouveau, comme je l’ai évoqué dans un autre article. La brutalité des soldats russes n’est pas nouvelle non plus, les hordes soviétiques venues libérer l’Europe du nazisme violaient les femmes et commettaient les pires exactions.
La volonté du président Poutine de restaurer l’empire soviétique n’a rien de rassurant. En 1945, le président Truman avait vu clair dans le jeu de Staline, dont la volonté était d’étendre le communisme jusqu’aux rives de l’Atlantique, comme l’ont révélé les archives de l’Union soviétique, rendues publiques en 1991. C’est sous sa houlette que l’Organisation du traité de l’Atlantique a été mise sur pied pour empêcher Staline de réaliser ses desseins. Le plan Marshall a permis à l’Europe de se reconstruire. Plus tard, Truman a élaboré la doctrine qui porte son nom pour endiguer l’expansion du communisme, notamment en Corée.
Le monde a besoin de leaders de la trempe de Harry Truman. Un génocide en Europe, ça suffit.
Les journalistes couvrant la guerre en Ukraine doivent traverser plusieurs points de contrôle pour arriver au théâtre des combats. Des points de contrôle, il y en avait pendant la Guerre froide, notamment à la frontière entre Berlin-Ouest et Berlin-Est.
Je m’en souviens, j’y suis allé jadis. Hallucinant de voir la rame de métro prise à la station de la Friedrichstrasse ralentir aussitôt arrivée dans le territoire est-allemand. Des soldats nous observaient à travers une meurtrière, comme si nous représentions un danger mortel pour la République démocratique allemande. En partant de ce pays, il fallait à nouveau franchir un point de contrôle pour prouver que nous n’étions pas des fuyards.
Je suis sûr que tout le monde a compris les deux paragraphes précédents, sans tiquer devant l’expression française point de contrôle. Pourtant, dans une publication française on aurait parlé de check-point, terme entré dans Le Robert et relancé par l’invasion russe de l’Ukraine.
Check-point est de la même eau que sniper, autre anglicisme inutile qui remplace franc-tireur ou tireur embusqué, le seul problème de ces deux expressions étant d’être françaises.
Il est clair que l’anglicisme a été popularisé par le fameux Check Point Charlie, point de passage en surface entre les deux Berlin. Il est devenu un musée depuis l’unification de l’Allemagne. Ainsi en devrait-il être de tous les check-points dans les textes français.
Sommes-nous au seuil d’unetroisième guerre mondiale? Certains le pensent, d’autres le nient. Pour ma part, j’ai l’impression que nous sommes déjà dans une sorte de troisième guerre mondiale.
Qu’on y pense un peu : le déclenchement des hostilités en Ukraine a suscité une réprobation presque universelle; la Russie est condamnée de toutes parts et des représailles internationales ont été adoptées en un temps record. Ce qui revient à dire que le conflit a déjà pris une dimension mondiale. Certes, les pays de l’OTAN ne sont pas officiellement en guerre contre la Russie : ils se battent par Ukrainiens interposés.
Tant et aussi longtemps que les troupes de l’Otan ne se battront pas contre celles de la Russie (en plus des tueurs tchétchènes et syriens recrutés par Poutine), nous ne serons pas officiellement en guerre mondiale. Mais sitôt que des combats directs seront engagés ce ne sera plus le cas.
Majuscule?
Il faudra alors parler de Troisième Guerre mondiale, avec majuscule, comme il sied à toute appellation reconnue. C’est pourquoi on écrit Première Guerre et Deuxième Guerre mondiale, bien que certaines publications adoptent une orthographe sans majuscule, ce qui est à mon avis insensé.
Pour l’instant on parle d’unetroisième guerre mondiale, qui ne fait pas encore officiellement partie de la réalité. La minuscule est donc correcte d’autant plus qu’on utilise l’article indéfini. Le fait d’employer une expression dérivée, mais non reconnue, entraine également l’emploi de la minuscule.
Quelques exemples :
Le deuxième conflit mondial
La guerre civile américaine (au lieu de Guerre de Sécession – j’assume les majuscules)
Les guerres balkaniques
Souhaitons que le terme troisième guerre mondiale continue de s’écrire en minuscules.
Le président russe a frappé un mur en envahissant l’Ukraine. En essayant d’aider un ami, j’ai frappé un mur. Convaincre un complotiste de changer d’idée c’est aller frapperun mur. Le Canadien a frappé un mur en tentant de percer la muraille défensive des Bruins.
Ce sont là des formulations qui n’étonneront personne au Canada mais qui risquent de faire froncer les sourcils d’un Européen ou d’un Africain. Au sens propre, frapper signifie donner un coup à quelqu’un; il y a donc une intention agressive au départ. Un boxeur frappe son adversaire, il lui cogne dessus.
Au Canada, le verbe en question a pris le sens de heurter, comme je l’ai précisé dans un article précédent. L’expression frapper un mur est l’équivalent de frapper un nœud, bref de faire face à une difficulté imprévue et peut-être insurmontable. Au Canada, l’expression tomber sur un os a été martyrisée : frapper un os.
Il est clair que dans l’expression frapper un mur, le verbe frapper est employé au sens de heurter, quoiqu’il soit concevable qu’une personne rageuse ait donné un coup de poing dans un mur. Mais là, on s’éloigne quelque peu du sens de frapper un nœud.
Le fait de frapper un mur peut être porteur de sagesse nous dira peut-être un jour le président russe. Ou peut-être pas.
Tchernobyl. Ce nom résonne comme un glas dans ma tête.
J’y étais presque, en 1986, étudiant de science politique à l’Université de Bonn, en Allemagne. Horreur de lire les titres dans les journaux, un matin d’avril; un accident à la centrale de Tchernobyl. Un nuage radioactif dans la stratosphère, poussé par les vents vers l’Europe de l’Ouest.
Pendant quelque temps, j’ai songé à prendre le premier avion pour rentrer au Canada. Mais, finalement, il semble que le nuage n’a fait que survoler l’Allemagne… Mais des militants verts se promenaient dans la vieille ville avec des compteurs Geiger… Évidemment, il y avait de la radioactivité au sol, il y en a toujours de toute façon.
De nos jours, aussi incroyable que cela puisse paraitre, le site maudit est devenu une attraction touristique… Et aussi inconcevable que cela puisse paraitre, il est devenu aussi une cible militaire, à cause de l’invasion sauvage et honteuse de l’Ukraine par la Russie.
Un nom
Tchernobyl refait la manchette, mais dans un contexte très différent.
Sur le plan linguistique, l’agression russe a fait prendre conscience au reste du monde de l’existence d’une langue ukrainienne et aussi de l’aberration d’employer des noms russes pour désigner des villes et régions ukrainiennes.
Les médias occidentaux ont commencé à rectifier et c’est ainsi que Kyïv ou Kyiv, Kharkiv, Lviv, etc. ont fait leur apparition.
La question se pose également pour Tchernobyl, nom russe de la ville qui se décline Tchornobyl en ukrainien. Doit-on garder l’ancienne appellation, étant donné qu’elle est très connue? Ce serait tentant, mais tout est ici une question de logique et d’uniformité. À quoi bon parler de Kyïv si on revient bêtement à Tchernobyl?
Si les gens se sont habitués à Kyïv ils s’habitueront bien à Tchornobyl.
Départager la langue ukrainienne de la langue russe n’est pas une mince tâche, d’autant plus que bien des Ukrainiens russophones défendent l’ukrainien par patriotisme… ukrainien.
Les deux langues sont très semblables; les deux s’écrivant en caractères cyrilliques, et non en caractères latins comme le français et l’anglais.
Les personnes venant de l’extérieur de la sphère des langues slaves ont malheureusement tendance à les confondre. Ce qui explique que bon nombre de toponymes ukrainiens étaient, jusqu’à tout récemment, orthographiés à la russe.
La décision prise par la plupart des médias francophones connus d’adopter le nom ukrainien Kyïv, au lieu du russe Kiev, est une belle illustration de ce problème. Il est en effet absurde d’employer les noms ukrainiens pour Kharkiv et Lviv et d’écrire ensuite Kiev à la russe.
Cohabitation
Tout comme le Bélarus, l’Ukraine est un pays russifié et la cohabitation des deux langues n’est pas toujours facile. Ainsi, le gouvernement ukrainien a fait adopter une loi en 2019 pour renforcer la présence de l’ukrainien dans la vie publique.
Quelques faits intéressants :
60 pour 100 des Ukrainiens considèrent l’ukrainien comme leur langue maternelle.
15 pour 100 considèrent le russe comme leur langue maternelle.
22 pour 100 considèrent les deux langues comme leur langue maternelle.
Certains utilisent un mélange des deux langues appelé le Sourjik, sans toujours être conscients de ce qui vient du russe ou de l’ukrainien.
Un peu d’histoire
L’ukrainien tire ses origines de l’ancienne principauté slave orientale Rous de Kyïv qui, au IXe siècle, regroupait le Bélarus, la Russie et l’Ukraine modernes. Existe à cette époque une forme de bilinguisme entre langue écrite, le slavon, et langue parlée, l’ukrainien. On peut comparer ce bilinguisme à celui entre le latin du Moyen Âge et les langues vernaculaires.
Plus tard, l’Ukraine sera divisée entre la Pologne et la Russie. Les tsars Pierre le Grand et Catherine interdiront l’utilisation de l’ukrainien littéraire, de sorte que les populations seront russifiées.
Comme le précise la professeure de russe et d’ukrainien Natalia Chevtchenko de l’Université de Lyon :
L’usage du russe comme seule langue de communication dans les organismes officiels, le passage au russe de l’intelligentsia ukrainienne et de la majorité des dirigeants cosaques produisent leur effet très rapidement : déjà à la fin du XVIIIe siècle, l’ukrainien disparaît de l’usage officiel sur le territoire russe de l’Ukraine.
L’ukrainien est peu à peu étouffé et, sous le tsar Alexandre II, le gouvernement russe affirmera :
Il n’y a jamais eu de langue ukrainienne, il n’y en a pas maintenant et il n’y en aura jamais.
La Révolution russe de 1917 vient changer les choses. Le gouvernement de Moscou tolère les langues nationales, comme l’ukrainien, mais la langue nationale est le russe. Cependant, la défense de la langue ukrainienne deviendra rapidement suspecte; les autorités la traitent de « nationalisme bourgeois » …
En outre, la similitude entre russe et ukrainien vient compliquer les choses. Le même phénomène est observé au Bélarus, dont la langue ressemble elle aussi au russe.
Deux langues distinctes
Malgré tout, ukrainien et russe sont deux langues distinctes. Les deux tirent leur origine du proto-slave, mais l’ukrainien est davantage basé sur le dialecte vernaculaire, tandis que le russe est plus influencé par l’Église orthodoxe.
Le russe et l’ukrainien ont une similarité lexicale de 62 pour 100 alors qu’elle atteint 84 pour 100 avec le biélorusse et 70 pour 100 avec le polonais.
Cela n’empêche pas les divergences de vocabulaire.
Mot
Ukrainien
Russe
Papier
Papir
Bumaga
Sucre
Tsoukor
Sakhar
Argent
Grochi
Denghi
Matin
Ranok
Outro
Bouteille
Plyachka
Boutylka
Comme c’est souvent le cas avec deux langues voisines, il y a de faux amis.
Mot
Ukrainien et russe
Signification en russe
Temps
Tchas
Heure
Citrouille
Harbous
Melon
Dimanche
Nedilya
Semaine
Confondre le russe et l’ukrainien est une grave erreur. On trouve facilement dans la Grande Toile tout un lot d’articles sur l’ukrainien, son alphabet, sa grammaire. C’est pourquoi il importe d’écrire correctement en français les noms ukrainiens.
L’invasion russe en Ukraine pose la question de l’orthographe des noms ukrainiens en français.
Comme le russe, l’ukrainien s’écrit en caractère cyrilliques, ce qui signifie qu’il faut transposer les sons originaux dans notre alphabet pour arriver à lire les noms. Ce procédé s’appelle la translittération. J’ai déjà abordé cette question pour la langue russe dans d’autres billets.
Petit rappel…
Deux exemples très simples : le nom du président russe est Влади́мир Влади́мирович Пу́тин. Bien entendu, c’est illisible dans notre langue. Il faut donc transposer les sons russes en français, ce qui donne Vladimir Vladimirovitch Poutine.
Toutefois, la translittération en anglais donne Vladimir Vladimirovich Putin, qui se prononce exactement de la même façon. On voit tout de suite qu’on ne peut adopter une graphie anglaise en français sans être quelque peu ridicule…
Second exemple : Dmitri Chostakovitch qui, en anglais, s’écrit Dmitri Shostakovich.
Noms ukrainiens en français
Les mêmes principes s’appliquent en ukrainien.
Pensons à Marioupol, orthographiée Mariupol en anglais.
On l’a vu récemment avec le nom de la centrale nucléaire attaquée par les Russes. Là encore, l’orthographe en français est différente de celle en anglais : Zaporijjiaen français mais Zaporizhzhia en anglais.
Pour éviter d’écrire les noms ukrainiens avec une graphie anglaise, il suffit de surveiller les lettres ou groupes de lettres suivants qui se trouvent dans les noms écrits à l’anglaise :
CH en anglais devient TCH en français
Les finales en IN devraient s’écrire INE en français
SH en anglais devient CH en français
SHCH en anglais devient CHTCH en français
U en anglais devient souvent OU en français
ZH en anglais devient J en français
Quelques exemples :
Chornobyl –> Tchornobyl (vrai nom de la centrale nucléaire)
Cherkassy –> Tcherkassy
Irpin –> Irpine
Jakchiv –> Jatchiv
Kiev –> Kyïv
Lvov –> Lviv
Lugansk –> Louhansk
Lutsk –> Loutsk
Mariupol –> Marioupol
Sebastopol –> Sévastopol
Shevchenko –> Chevtchenko
Zaporizhzhia –> Zaporijjia
Zhytomyr –> Jytomyr
Le president
Le nom du président ukrainien s’écrit de la même façon en anglais et en français : Volodymyr Oleksandrovytch Zelensky. En effet, aucun des groupes de lettres susmentionnés ne se retrouvent dans ce nom.
Certains s’interrogeront sur le Y; pourquoi ne pas écrire tout simplement un I ? L’ukrainien, à l’instar du russe, possède un I allongé que l’on symbolise par un Y. En fait, il faudrait prononcer Zelensky à peu près de la manière suivante : Zé-lenne-skille.