Le Canada étant menacé d’annexion par les États-Unis, je fais une petite pause linguistique pour vous alerter de la situation alarmante que vit notre pays.
Le Canada menacé par un président délirant et dangereux
Le Canada vit actuellement une crise existentielle majeure et personne à l’étranger n’en parle. Le Canada, jadis un État très respecté, a perdu son lustre depuis le début des années 2000. La presse étrangère ne s’y intéresse pas, sauf lorsqu’il y a des élections, et encore.
Le président Trump a insulté copieusement l’ancien premier ministre Trudeau en l’appelant « gouverneur » et en clamant sa volonté d’annexer le Canada pour en faire le cinquante-et-unième État. L’onde de choc ici est immense et même les partisans de l’indépendance du Québec se rallient aux Canadiens anglais, qui sont totalement furieux.
Que diraient les Français si le chancelier de l’Allemagne appelait Macron le ministre-président du Land de Frankreich?
Aux États-Unis, il va sans dire, on est inconscient de cette commotion. Sauf pour le cas d’une minorité, ce peuple est d’une insondable ignorance en ce qui a trait aux réalités étrangères. Ce pays-continent se suffit à lui-même par son territoire, sa culture qui a envahi la planète, pour le meilleur, mais surtout pour le pire. Ses habitants ne connaissent rien de ce qui n’est pas américain; ils n’apprennent pas de langue étrangère et s’imaginent ne rien avoir à apprendre des autres peuples. Des peuples dont la qualité de vie est souvent bien supérieure à la leur.
Le Canada est le parfait contre-exemple des États-Unis. Voilà une société humaine, compatissante, sans armes à feu et avec des hôpitaux gratuits; nos voisins l’ignorent complètement. C’est cette société que Trump veut conquérir.
Annexer le Canada
Le peuple états-unien commence à peine à mesurer les torts immenses que son président dément est en train d’infliger à son pays et de la commotion qu’il inflige à son voisin pacifique. Lors d’une entrevue donnée au réseau CNN, l’animatrice était bouche bée d’entendre la ministre des Affaires étrangères canadienne, Mélanie Joly, expliquer à quel point les Canadiens sont outrés par les délires du fou furieux de la Maison-Blanche. Et pourtant, l’intervieweuse était une journaliste chevronnée, et elle semblait ignorer tout du Canada, le pays voisin, un ami fidèle des USA. Aux États-Unis, même les élites sont d’une ignorance stupéfiante.
Bien sûr, on pourrait penser que cette idée d’annexer le Canada est une autre lubie du président américain, visiblement en train de perdre la raison. Il va peut-être changer d’idée, mais peut-être pas. Et la question se pose : qui va l’arrêter s’il décide d’envoyer ses troupes au Canada? Les chiffes molles du Congrès américain prêtes à avaler toutes les couleuvres? Son entourage composé de tarés et de sinistres incompétents? Le caniche J.D Vance, ignorant comme une poignée de porte, qui a jappé après Zelensky? En tout cas, les boys n’ont rien à craindre de l’armée canadienne, sous-dotée et sous-financée.
Les États-Unis poutiniens
Pour le premier ministre démissionnaire Justin Trudeau, Trump est vraiment sérieux : il veut mettre la main sur les métaux rares et surtout les immenses réserves d’eau du Canada. Il cherche à affaiblir le Canada en imposant des droits de douane absurdes qui nuisent aussi à l’économie de nos voisins du sud.
Pire encore, la Maison-Blanche suit le patron de jeu de Vladimir Poutine : elle remet en question les frontières entre les deux pays; le président soutient que le Canada et le Mexique sont un axe du mal complice des barons de la drogue, un grossier mensonge. Mais quand on en est rendu à dire que l’Ukraine est responsable de la guerre avec la Russie, plus rien ne devrait nous surprendre.
Les mensonges du Kremlin sont devenus ceux des États-Unis. Pour paraphraser Stephen King, les fous ont pris le contrôle de l’asile. Et pendant ce temps, le Canada est devenu l’Ukraine de l’Amérique.
Un peuple aliéné
Il est temps qu’on en revienne de ces sophismes souvent entendus : Trump ne représente pas vraiment le peuple états-unien, ils sont gentils et nous aiment bien. La moitié des Américains ont voté démocrate…
Je m’excuse, mais la majorité des États-uniens sont bornés et très mal informés. Pensez au dossier des armes à feu… des enfants se font tuer à coups d’armes semi-automatiques dans les écoles, et ce depuis des décennies. Et que font les parlementaires? Rien. Pour eux, le Deuxième Amendement sur les armes à feu est un commandement biblique…
Et qui vote pour ces parlementaires? Le peuple américain.
C’est en toute connaissance de cause que les États-uniens ont réélu Donald Trump, malgré tout ce que l’on sait de lui. Filou, menteur compulsif, criminel, prédateur sexuel, pas grave, il va arranger l’économie, c’est ce qui compte. Le prix des œufs va enfin baisser, c’était intolérable.
Le fait que leur président soit compromis avec la Russie depuis 2007, qu’il épouse le discours de Poutine, les laisse indifférents. Fake news. C’est où déjà l’Ukraine? En Afrique ont répondu certains (voir YouTube).
Un début de réaction
La solution ne peut venir que du peuple américain, encore bien enfoncé dans le brouillard. Tant qu’il ne sera pas dérangé dans ses habitudes, il ne bronchera pas. Mais on entend des craquements inquiétants pour les républicains. Le vice-président Vance a été conspué alors qu’il allait skier au Vermont. Des responsables républicains commencent à dire à des membres du Congrès de ne pas se présenter à des assemblées publiques, parce qu’ils commencent à se faire prendre à partie par des gens en colère. Pourquoi est-ce que les prix montent? Pourquoi tel service de l’État n’existe plus? Pourquoi mon entreprise a-t-elle perdu sa subvention? Pourquoi mon frère a-t-il perdu son emploi? Etc.
Des bornes de recharge Tesla, propriété d’Elon « Sieg Heil » Musk ont été incendiées. Les propriétaires de Tesla se font insulter dans la rue. Et pour cause, personne n’avait vu venir l’ange des ténèbres Musk qui saccage en toute impunité les services publics, sans rendre de compte au Congrès. Au fait, il a fait quoi le Congrès ces derniers temps?
Autre signe, ceux qui ont perdu leur emploi à cause de la purge ouverte menée contre la fonction publique états-unienne commencent à déchanter; beaucoup avaient voté pour Trump, persuadés que leur situation économique s’améliorerait.
Ce ne sont que les premiers soubresauts, mais ce n’est pas suffisant, il faudra attendre une dégradation marquée des services publics, l’inévitable inflation qu’entrainera la guerre tarifaire, la hausse du chômage, etc. Et surtout la hausse de 9000 dollars du prix des VUS – comment les rednecks du Kentucky et du Texas vont-ils réagir? Là ça pourrait brasser. Ces gens sont armés…
La suite?
D’autres acteurs commencent à donner leur pleine mesure, notamment les milieux financiers éberlués par les volte-face de Trump. Les marchés n’aiment pas l’incertitude. Il y a aussi la presse éclairée, comme CNN, le New York Times, l’excellente revue The Atlantic qui dénoncent vertement ce qui se passe à Washington. Et tous ces Américains épris de démocratie qui assistent à la destruction de celle-ci. J’attends avec impatience une prise de parole solennelle des anciens présidents Bush, Clinton et Obama pour dénoncer le régime autocratique qui s’est installé à la Maison-Blanche. Ils ont intérêt à se réveiller vite.
Mais comment faire des prédictions alors que nous vivons une dystopie stupéfiante? Entretemps, le Canada est toujours l’Ukraine de l’Amérique. Je remercie Dieu à chaque jour de ne pas être un Américain, mais je me demande si mes prières suffiront.