Archives de catégorie : traduction

Clash

Clash fait partie du cortège d’anglicismes qui pullulent en Europe francophone. On entend ce mot assez souvent de ce côté-ci de l’Atlantique. D’ailleurs il est entré dans les dictionnaires. On le définit ainsi : un désaccord violent, un conflit, une rupture. Notions qui pourraient être rendues par choc, affrontement.

Mais ce terme est-il un autre intrus en chapeau melon dans notre langue ou bien décrit-il une réalité spécifique?

Le mot clash revient parfois lorsqu’il est question de groupes politiques en conflit et qu’un affrontement violent se prépare. Par ailleurs, l’expression clash des civilisations a pris du galon depuis de nombreuses années. Un livre a d’ailleurs été écrit sur le sujet.

Le titre de l’ouvrage en français : Le choc des civilisations…

Selon l’auteur, Samuel P. Huntington, l’immigration de plus en plus importante dans les pays occidentaux entraînerait une guerre des cultures, dont les actions terroristes de l’islam intégriste seraient une illustration. Les conflits du nouveau siècle ne seraient plus des affrontements militaires traditionnels entre nations, mais des conflits culturels.

Ce qui nous ramène à la question initiale : clash a-t-il sa place en français? On pourrait parler de différend, dispute, comme le propose le Larousse anglais-français (sans d’ailleurs donner l’anglicisme clash…). Mais ces traductions sont quelque peu décevantes; elles n’ont pas la force de frappe de clash.

Affrontement et choc demeurent les plus pertinents lorsqu’on se mesure à clash.

 

Divisif

Notre société est de plus en plus divisée. Les positions bien tranchées défendues avec hargne dans les médias sociaux écorchent les sociétés libres et démocratiques. Au point où certains n’osent plus intervenir.

On parle souvent de questions polarisantes, un faux ami importé de l’anglais, allègrement propagé par tout ce qui gribouille et qui scribouille, comme disait le Général… Voir mon article à ce sujet.

Notre premier ministre, quant à lui, parle des enjeux divisifs… Autre emprunt de l’anglais. Celui-là relève d’une certaine logique : est divisif ce qui divise, n’est-ce pas? Malheureusement le terme ne figure pas dans les dictionnaires. Mais diviseur, lui, existe bel et bien, au sens d’une personne qui sème la division. Alors pourquoi ne pas en faire un adjectif?

La laïcité de l’État est un sujet diviseur.

Mais il y a d’autres moyens d’en sortir.

La meilleure solution consiste à employer l’adjectif clivant, dont le sens est clair, dixit Le Petit Robert :

Qui crée un clivage au sein d’un groupe, qui divise. Les sujets clivants.

On peut aussi s’en sortir par une périphrase :

La position de ce parti sème la division, elle attise les débats, jette de l’huile sur le feu (selon le contexte).

Ce qui sème la division est par définition controversé. Voilà qui est incontestable.

Master

La France et le Canada ont un vocabulaire universitaire semblable, sauf que les mots n’ont pas toujours la même signification.

À commencer par le baccalauréat, le premier grade universitaire au Canada, représentant trois ans d’études. En France, ce diplôme consacre la fin des études secondaires. Les trois premières années d’université mènent à une licence.

Apparaît l’affreux et agaçant master pour les études de deuxième cycle, ce que l’on appelle chez nous une maîtrise. D’ailleurs, ce terme avait cours dans l’Hexagone, naguère.

Le Petit Robert donne comme exemple : « Le master se substitue à la maîtrise suivie du D.E.A (master de recherche) ou du D.E.S.S. (master professionnel).

Cette mutation du vocabulaire s’explique par une volonté européenne de normaliser le nom des grades universitaires, ce que l’on appelle le Processus de Bologne. La séquence baccalauréat-master-doctorat serait adoptée un peut partout sur le Vieux Continent. Hors de l’anglais point de salut.

On imagine bien la jubilation du milieu universitaire français d’avoir réussi à introduire un flamboyant anglicisme dans sa nomenclature. Avoir un master, cela fait tellement Oxford, tellement New York. Imaginez, avoir un master sans parler un mot d’anglais. C’est formidable!

Alors que reste-t-il de la maîtrise, cette appellation issue de l’ancien français encore parlé par ces pittoresques Canadiens? Ne craignez rien, il s’agit toujours d’un grade universitaire; mais il est délivré en enseignement « après la première année de validation du master », nous explique fièrement le Petit Robert.

On peut maintenant se demander combien de temps l’appellation archaïque licence va survivre avant d’être remplacée par un triomphant bachelor, tant qu’à y être.Bref, le français en prend pour son grade.

Le 11 novembre 1918

Le 11 novembre prochain marquera le centième anniversaire de la fin de la Première Guerre mondiale, cette effroyable boucherie dont toute l’horreur a été décrite dans l’extraordinaire série Apocalypse.

À l’aube de ce triste anniversaire, il convient de signaler quelques erreurs linguistiques qui ne manqueront pas de pulluler dans les prochains jours.

Tout d’abord il est déplacé de commémorer l’anniversaire de l’armistice. En français on commémore un évènement, pas une date, pas un anniversaire. En temps normal, on célèbre, on fête un anniversaire; dans ce cas-ci, il est difficile de manifester quelque joie que ce soit, sinon d’observer le silence, de se recueillir. On marquera, soulignera cet anniversaire.

Le 11 novembre de chaque année est appelé le jour du Souvenir. On notera l’économie de majuscule : il s’agit d’un jour dont le nom est Souvenir. La double majuscule serait impensable, selon les grammairiens. Le français continue de s’inscrire en faux contre la logique naturelle qui voudrait qu’une appellation aussi solennelle comporte deux majuscules, et non pas une seule. Les autres langues opèrent différemment.

Le 11 novembre est aussi l’Armistice, que l’on écrit avec la majuscule, en toute logique, puisqu’il s’agit d’un évènement historique. À propos, le mot armistice est de genre masculin : un armistice.

La date en question est le 11 novembre 1918. La forme elliptique s’écrit le 11-Novembre, la majuscule indiquant qu’il ne s’agit pas de n’importe quel 11 novembre, mais bien de ce qui marque la fin des hostilités de la Grande Guerre. Ce genre de raccourci existe pour d’autres dates historiques, comme le 11-Septembre ou le 14-Juillet. On remarquera le trait d’union – qui peut être omis – et surtout la majuscule inhabituelle au nom du mois.

La boucherie effroyable de 14-18 est appelée de différentes façons. À l’époque, on parle de la Grande Guerre, celle qui devait être la « der des ders ». C’était oublier l’incommensurable bêtise humaine, toujours aussi prégnante.

Après l’autre boucherie, celle de 1939-1945, on parla de la Première Guerre mondiale.

Momentum

Errare humanum est nous dit l’adage. Le latin a laissé son empreinte dans les langues occidentales, mais celles-ci en ont gardé un souvenir différent. De sorte qu’un latinisme dans une langue n’est pas nécessairement reconduit dans une autre.

Un bel exemple est momentum.

En anglais, le terme peut être traduit de diverses manières, selon le contexte. Ainsi, le Larousse anglais-français nous parle d’une vitesse de croisière; en cas de décélération, il faudrait dire « perdre de la vitesse, s’essouffler ».

Comme le signalent les Clefs du français pratique :

Le nom monentum est employé abusivement, surtout dans la langue du journalisme.

Le site nous propose d’ailleurs toute une pléthore de traductions : cadence, conjoncture favorable, dynamisme, élan, essor, impulsion, lancée, mouvement, rythme, tempo, etc.

Au risque de me répéter, la langue française possède suffisamment de richesse pour se dispenser de suivre l’anglais.

Le monde du sport raffole du momentum. On dira qu’une équipe a le momentum en ce moment et qu’elle devrait essayer de le conserver. Eh bien qu’elle continue sur sa lancée!

En politique, on pourrait parler de dynamique. Maintenir la dynamique de la Conférence de Paris pour lutter contre les changements climatiques est essentiel.

Avoir le momentum, cela peut aussi vouloir dire avoir une longueur d’avance. Les traductrices (féminin générique qui couvre le masculin) savent que le contexte dicte souvent la traduction.

Les mots latins venus par l’anglais ne sont pas rares.

Pensons à item, souvent décrié, à bon droit d’ailleurs. Certes, le mot existe dans notre langue, mais il n’a pas le sens commun d’article, d’objet, que lui prête l’anglais.

Dixit le Larousse :

Tout élément d’un ensemble (lexical, grammatical, etc.) considéré en tant que terme particulier. Élément ou question d’un test.

Le cas de canceller est intéressant. Le mot vient du latin cancellare; mot qui a engendré la descendance suivante :

Espagnol et portugais : cancelar

Italien : cancelare

Le terme a connu une courte carrière en français, sous la forme de canceller, employé dans le domaine juridique. Mais il a disparu de la carte depuis belle lurette. On aurait pu le conserver : Espagnols, Italiens et Portugais parlent-ils moins bien que nous?

Toujours est-il que canceller est réapparu au Canada, grâce à une intrusion par le biais de l’anglais. Mais notre langue ne fait pas tout à fait bande à part en boudant le cancellare latin, puisque le roumain nous imite avec anulare.

Anulare humanum est.

Les adresses en folie


Le saviez-vous? La succursale des stylos Montblanc à Paris est située au 152 avenue des Champs Élysées. Celle de Montréal est quant à elle située au 1289, boulevard de Maisonneuve Ouest.

Les lecteurs à l’œil averti auront noté une légère différence d’énonciation : l’adresse parisienne se construit sans la virgule, tandis que celle de Montréal en prend une. L’adresse montréalaise suit les prescriptions de la Norme d’adressage de Postes Canada et de l’Office québécois de la langue française.

La virgule

Que vient donc faire cette virgule intempestive? Nul ne le sait. Pourtant, on la recommande dans tous les ouvrages canadiens de typographie; le Multidictionnaire la prescrit aussi.

Pourtant, ce signe de ponctuation ne joue absolument aucun rôle syntaxique. Si on l’omet, comme on le fait en France, il n’y a aucune conséquence. L’adresse se lit tout aussi bien avec elle que sans elle.

Le trait d’union

Un autre élément manque à l’appel dans l’adresse française : le trait d’union. De notre côté de l’Atlantique, il sépare les éléments du spécifique (aussi appelé déterminatif).

Prenons un exemple : une agence immobilière a pignon sur rue au 3 avenue Victor Hugo, à Paris. La même agence, à Québec, verrait son adresse déclinée ainsi : 3, avenue Victor-Hugo. L’adresse dans notre pays est plus compliquée. Le trait d’union sert à indiquer que l’élément déterminatif Victor-Hugo forme un tout; en outre, il s’agit d’une appellation administrative.

Et alors? Est-ce que l’adresse parisienne prête à confusion? Pas du tout. Le lecteur est assez intelligent pour distinguer l’odonyme avenue du déterminatif Victor Hugo.

La préposition de

Lorsque le spécifique est composé de plusieurs éléments, ils sont reliés par trait d’union, ce qui inclut aussi la préposition de.

1993, avenue-des-Canadiens-de-Montréal

Mais les choses se compliquent singulièrement au Canada lorsque le spécifique est un nom de personne contenant une préposition ou un article. Tenez-vous bien, ces éléments ne doivent PAS être suivis d’un trait d’union. Ce qui était assez simple devient déroutant. Regardez ce qui arrive à monseigneur de Laval :

45, rue Monseigneur-De Laval

La préposition est adoubée : la voilà avec la majuscule! Comble de tout, l’appellation composée perd un de ses traits d’union unificateur. On dirait que monseigneur a perdu son Laval en chemin. C’est comme si un cerveau fiévreux s’était ingénié à brouiller les cartes, juste pour entendre les hurlements des usagers de la langue.

Retour en Hexagone. Trouvons une adresse avec préposition ou particule. Le Grand Charles va nous aider.

Vous avez envie de vous évader? Pourquoi ne pas faire un saut à Paris et aller boire un verre au Bar de la Mer (sic)? Son adresse est le 18 avenue Charles de Gaulle. Tout simplement.

À Montréal, la même adresse serait libellée ainsi :

18, avenue Charles-De Gaulle

Conclusion

Les adresses au Canada ont de quoi nous faire perdre le nord. Les boussoles s’affolent en comparant nos graphies avec celles d’outre-Atlantique. Et elles n’ont pas tort, les boussoles.

Tenir pour acquis

Dans un article précédent, j’abordais le problème posé par l’expression « prendre pour acquis », présentée par l’Office québécois de la langue française et d’autres autorités comme un anglicisme. Une traduction bancale de take for granted. La cause était entendue.

D’ailleurs, tant le Robert-Collins que le Harrap’s donnent comme traduction tenir pour acquis. Là encore, la cause est entendue.

Un petit hic, toutefois, cette traduction ne figure pas dans les dictionnaires français courants. Comble de tout, elle n’existe carrément pas dans le Trésor de la langue française. Troublant.

Toutefois, une lectrice me fait observer que l’expression est répertoriée par le Centre national de ressources textuelles et lexicales : ici.

Ce n’est certes pas la première fois qu’une expression assez répandue est absente de nos augustes ouvrages. Mais on ne peut que s’étonner de la dissonance entre, d’une part le Robert-Collins et, d’autre part, le Petit Robert, comme si les deux ouvrages ne se parlaient pas.

L’autre problème est plus grave : comment une expression assez courante, comme je le disais, n’est-elle pas répertoriée dans les dictionnaires français ? Contraste entre le zèle à intégrer des anglicismes à la mode et la résistance passive, obstinée devant l’évolution de la langue.

Que l’on songe à « lors de », largement employée dans un sens intemporel et même futur. Les dictionnaires s’entêtent à donner des exemples au passé. Et aussi le verbe « discriminer » : aucun exemple clair pour attester son utilisation courante. « Cette entreprise discrimine les Noirs. » serait tellement clair.

Le problème n’est pas nouveau mais il jette un doute sur « tenir pour acquis ». Il y a vingt ans, mon ancien collègue Jacques Desrosiers le signalait dans son article sur « Prendre pour acquis », paru dans L’actualité terminologique.

Si prendre pour acquis et tenir pour acquis continuent à se regarder en chiens de faïence, leur face à face risque de durer longtemps. Personne n’a l’autorité pour décider seul; c’est l’usage qui tranchera, et ce qu’en feront les grands dictionnaires : ou bien ils accueilleront prendre pour acquis, ou bien ils l’écarteront pour de bon au profit de tenir pour acquis. Peut-être les deux tournures disparaîtront-elles pour laisser la place à des formulations traditionnelles comme considérer comme acquis.

Force est de constater que cela ne s’est pas avéré.

D’ailleurs, il faut savoir que «prendre pour acquis » est bel et bien répertorié dans le Trésor de langue française. Ce n’est donc pas un anglicisme. Je me risque à une hypothèse qui vaut bien ce qu’elle vaut. « Prendre pour acquis » pourrait être une forme ancienne en français, forme reprise ensuite par l’anglais. On le sait, le français a été langue officielle de la Couronne britannique pendant trois cents ans. L’anglais a calqué des milliers de mots et d’expressions de notre langue.

Peut-être que « Prendre pour acquis » est tombée en désuétude depuis longtemps; notre « Tenir pour acquis » ne serait qu’une traduction forcée, voire boiteuse, d’une vieille expression française.

Hypothèse hardie, je sais. Peut-être serait-il temps que les lexicographes français sortent de leur torpeur et accueillent « Tenir pour acquis ». Ou bien réhabilitent «prendre pour acquis».

Balance du pouvoir


L’élection au Nouveau-Brunswick amène une situation quasi-inédite dans cette province : l’arrivée d’un gouvernement minoritaire. Du jamais vu depuis un siècle.

Peu importe le parti qui formera le gouvernement, il devra partager le pouvoir avec un ou des tiers partis. Ces derniers détiendront ce que l’on appelle couramment la balance du pouvoir.

Cette expression, employée au Parlement du Canada, est pourtant un calque de l’anglais balance of power.

Comme il est signalé dans les Clefs du français pratique :

Un parti influe sur l’équilibre des partis lorsqu’il peut mettre le gouvernement en minorité en votant avec un autre parti.

Un tiers parti devient donc l’arbitre de la situation, mieux, il détient la clef ou les clefs du pouvoir. Il est en quelque sorte le maître du jeu. On pourrait presque se permettre cette métaphore médiévale : il est un faiseur de roi !

L’expression détenir les clefs du pouvoir est nettement plus française et élégante que son équivalente anglaise avoir la balance du pouvoir.

À mettre dans la balance lorsque vous rédigerez.

 

Question de l’urne en 2025

Le Canada vient de plonger dans une élection cruciale pour l’avenir du pays et il ne fait pas de doute que le point central de la campagne sera les relations avec les États-Unis.

Cela dit, le calque est certes moins choquant que bien d’autres, mais c’est un calque quand même.

Si on s’éloigne un peu de l’anglais, il est facile d’exprimer cette notion en français idiomatique.

Les rapports avec l’innommable président états-unien pourraient être la question déterminante, la question décisive ou dominante. Le quotidien Le Droit y allait d’une suggestion intéressante en 2018 : la principale question de l’élection. Tiens? Pourquoi pas?

On peut aussi reformuler : « L’élection de 2025 portera principalement sur les relations avec les États-Unis.  » Ou encore : « Les relations canado-américaines seront au centre des préoccupations des électeurs. »

Qu’en pensez-vous?

L’anglais imagé

L’anglais est une langue imagée, souvent plus que le français. Et parfois, ses expressions frappent tellement l’imagination qu’on les importe dans notre langue.

En voici deux que j’aimerais aborder.

Ce n’est pas ma tasse de thé

Nous sommes en fin d’après-midi, les sandwichs aux concombres sont servis et nous papotons autour de la table en sirotant notre boisson chaude. Deux sucres et un nuage de lait, dit-on…

Les mœurs douçâtres de la sympathique Albion ont traversé la Manche pour s’infiltrer dans notre langue… Ne dit-on pas qu’une chose n’est pas notre tasse de thé ?

Rendre cette expression suave de ce côté-ci de la Manche et de l’Atlantique est certes possible, mais à quel prix ?

Ce n’est pas mon truc, mon genre ; pas une chose que je fais ; cela ne fait pas partie de mon répertoire ; habituellement, je ne fais pas cela…

Autant de traductions qui apparaissent comme un troupeau de buffles se jetant du haut d’une falaise.

On comprend peut-être mieux pourquoi l’expression a percé notre carapace francophone et figure dans Le Petit Robert.

Soit dit en passant le high tea n’est pas un haut thé, mais bien un « goûter dinatoire », nous signale Luc Labelle dans son merveilleux ouvrage Les mots pour le traduire. 

Le diable est dans les détails

On entend souvent cette expression anglaise, même au Parlement européen. Comment la traduire ? Des concordanciers bilingues comme Linguee nous proposent :

Le problème réside dans les détails ; tout est dans les détails ; tout réside dans le détail

Mais encore ?

Quand on y regarde bien, les choses s’embrouillent, se compliquent. Tout bien pensé, il n’y a rien de simple. Les détails viennent tout compliquer.

Un peu laborieux, mais le sens est là.

Toutefois, l’expression étudiée possède le double avantage d’être courte et percutante. Voilà sans doute pourquoi on l’entend si souvent.