Archives de catégorie : traduction

Administration

La nouvelle administration Biden prend son envol… ou plutôt faudrait-il dire le nouveau gouvernement Biden?

Voilà une expression qu’on n’entend guère. Par le passé, autant les médias que les analystes se sont penchés sur les faits et gestes des administrations Kennedy, Nixon, Obama, etc. Pourtant il s’agissait bel et bien d’un anglicisme, comme le confirment les ouvrages de langues.

Le Petit Larousse :

Aux États-Unis, ensemble formé par le gouvernement proprement dit et par les conseillers engagés par le président pour l’aider à élaborer sa politique.

Car administration ne s’emploie pas pour le gouvernement d’un autre pays que les États-Unis. Imagine-t-on l’administration Macron en France? L’administration Merkel en Allemagne? Non.

En français, le mot administration s’entend de l’ensemble des services de l’État. On désigne souvent par ce mot les fonctionnaires.

Administration est donc un anglicisme passé dans l’usage, bref un américanisme.

Un autre américanisme est le mot convention, au sens de congrès d’un parti politique pour désigner un candidat à la présidence et son colistier.

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André Racicot vient de faire paraître un ouvrage Plaidoyer pour une réforme du français.  Ce livre accessible à tous est la somme de ses réflexions sur l’histoire et l’évolution de la langue française. L’auteur y met en lumière les trop nombreuses complexités inutiles du français, qui gagnerait à se simplifier sans pour autant devenir simplet. Un ouvrage stimulant et instructif qui vous surprendra.

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Mitaine

Je ne pensais jamais écrire un billet sur le mot mitaine. La popularité de la photo prise de Bernie Sanders, bien emmitouflé sur les marches du Capitole, m’a convaincu qu’il valait la peine d’en parler.

Ses mitaines tricotées ont fait le tour de la planète et on ne compte plus les trucages pour le faire apparaitre sur des toiles de grands maitres aussi que dans des scènes de la vie quotidienne.

Les médias français ont parlé des moufles du sénateur américain et ce détail a attiré mon attention, puisqu’au Canada il est question de mitaines. De prime abord, je croyais à un anglicisme, puisque les anglophones parlent de mittens. Pourtant ce n’est pas vraiment le cas. Il s’agit d’un régionalisme courant au Canada, mais aussi en Suisse et dans certaines régions françaises. L’anglais a donc repris un terme qui se fait plus rare en français moderne.

Les Européens emploient donc moufles, un mot que l’on ne voit à peu près jamais sous nos contrées enneigées. Il s’agit bel et bien d’une pièce de vêtement qui couvre entièrement la main, sans séparer les doigts.

Quant à mitaine, il revêt maintenant le sens suivant, selon le Petit Robert : « Gant qui laisse à nu les deux dernières phalanges des doigts. » Cette définition surprendrait n’importe quel Canadien.

Le dictionnaire en question retient toutefois l’expression canadienne à la mitaine, qui signifie faire les choses à la main, sans moyens techniques. Un peu comme cette chronique pleine de doigté.

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Investiture

Les médias francophones du Canada semblent avoir enfin abandonné cet anglicisme détestable inauguration de Joe Biden. Comme je l’ai indiqué dans un billet précédent, le terme exact est assermentation. Cependant, bien des médias parlent de l’investiture du nouveau président des États-Unis.

De multiples sources confirment que l’investiture, c’est le fait pour un parti politique de choisir un candidat à une élection. Par exemple, Kamala Harris a reçu l’investiture démocrate pour briguer un poste de sénatrice en Californie.

On pourrait croire que le terme ne convient pas parfaitement à la prise du pouvoir d’un nouveau président, bien que Joe Biden ait obtenu lui aussi l’investiture du Parti démocrate lors d’un congrès de cette formation tenu l’été dernier.

Mais l’investiture ne concerne pas uniquement un parti politique. Le Larousse donne aussi la définition suivante :

Procédure qui tend, en régime parlementaire, à accorder à un nouveau chef de gouvernement la confiance du Parlement.

On y est presque.

Dans le cas des États-Unis, c’est le vote du Collège électoral qui détermine l’élection du président. Ce Collège ne fait pas à proprement parler partie du Congrès; il s’agit plutôt d’une instance temporaire qui vote pour l’un des candidats, dans chaque État de la fédération américaine. Ce collège cesse d’exister dès qu’il a voté.

En étant très puriste, on pourrait crier à l’impropriété.

Investir

Investiture et investir forme un tandem imparfait en ce sens que le substantif et le verbe ne concordent pas parfaitement. C’est ce que j’appelle des mots orphelins ou encore des demi-frères.

Parce que le verbe investir possède un sens moins précis que le substantif. Dixit le Larousse :

Charger solennellement, officiellement, d’un pouvoir, d’un droit, d’une dignité.

Voilà exactement la teneur de la cérémonie d’assermentation du 20 janvier : investir Joe Biden des pouvoirs du président des États-Unis.

Les médias du Canada français ont remplacé inauguration par assermentation ou investiture. D’ailleurs, les médias français parlent eux aussi d’investiture. Ce dernier suit parfaitement la logique du verbe investir et il serait vraiment abusif de crier à l’erreur. Et ce pour deux raisons.

  1. Le sens des mots évolue et ils prennent parfois des significations nouvelles. C’est ce qu’on appelle l’évolution de la langue. Dans le cas présent, cette évolution n’est pas un anglicisme.
  2. L’emploi d’investiture ne débouche pas sur une absurdité linguistique, comme c’était le cas pour inauguration.

Comme c’est presque toujours le cas en français, il faudra attendre plusieurs années avant que les ouvrages de langue finissent par faire concorder investiture et investir. Malheureusement, il est bien possible que les dictionnaires ne confirment jamais cette évolution pourtant facile à recenser. Les lexicographes sont très conservateurs.

Entretemps, réjouissons-nous de l’investiture du président Biden et souhaitons-lui bonne chance. Il en aura besoin.

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Pennsylvania Avenue

Le président des États-Unis loge à la Maison-Blanche, située au 1600 Pennsylvania Avenue. C’est ce que vous dira tout moteur de recherche.

Peut-on traduire cette adresse?

Il semble bien que non, puisque les recherches « avenue de (la) Pennsylvanie » ne donnent pas de résultats probants, le langagier étant ramené à des sites en anglais qui parlent, évidemment, du 1600 Pennsylvania Avenue. Cette recherche, faussement candide de la part de l’auteur de ces lignes, conduit à un résultat qui n’a rien de très surprenant. Sauf pour Wikipédia qui, dans son article sur 1600 Pennsylvania Avenue, donne entre parenthèses la traduction avenue de Pennsylvanie.

Un tout petit doute s’installe. Toute personne ayant voyagé à New York constate que les guides en français parlent bel et bien de la Cinquième Avenue, de la 125e Rue. Alors pourquoi ces traductions soudaines? Alors que l’on dit Park Avenue, Madison Avenue, au lieu de l’avenue du Parc et de l’avenue Madison, ce qui serait pourtant très logique. Illogisme et incohérence sont les marques de commerce de l’usage.

De retour dans la capitale américaine. Bien d’autres artères portent des noms d’États et leur nom n’est jamais traduit. Et que penser des rues dont le nom se résume à une lettre de l’alphabet, comme K Street? La rue K?

Notre volonté de traduire dans la mesure du possible se heurte à un usage à la fois têtu et illogique. Ce qui est acceptable dans la métropole ne l’est plus dans la capitale et, au fond, dans les autres villes états-uniennes. Par exemple, on ne parle pas du boulevard du Crépuscule pour traduire Sunset Boulevard à Los Angeles. New York demeure donc l’exception qui confirme la règle. Dommage.

Quant à moi, je serais fort tenté d’utiliser avenue de la Pennsylvanie, dans un texte, ne serait-ce qu’à titre d’exception. Mais mes disciples ne seront pas légion, je le devine.

Washington DC

Cette appellation est pertinente en anglais, car on pourrait confondre la capitale avec l’État du nord-ouest des États-Unis. Elle l’est cependant beaucoup moins dans la langue de Molière.

Quand on dit que John habite à Washington, tout le monde comprend. Jane, elle, habite dans l’État de Washington (ou le Washington, comme on dit parfois). Le DC est donc parfaitement inutile en français.

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Centers for Disease Control and Prevention

En cette période de pandémie, il est souvent question des Centers for Disease Control and Prevention des États-Unis. Les rédacteurs ont tendance à laisser cette appellation en anglais, tandis que d’autres y vont d’une traduction logique, les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies.

Les appellations américaines suscitent la confusion. Le premier réflexe est de les garder telles quelles, comme pour l’Office of Management and Budget. Pourtant, bien d’autres institutions états-uniennes se déclinent en français : la Réserve fédérale américaine, le département d’État, etc.

Dans le cas présent, il n’y a tout simplement pas de règle, seulement des exceptions. Les piliers de la démocratie étasunienne (cette graphie est correcte) ont vu leur nom traduit : la Maison-Blanche, le Congrès, la Chambre des représentants, etc. Quant aux organismes, eh bien c’est l’anarchie tyrannique de l’usage. Pour compliquer les choses, certains organismes sont mieux connus par leur sigle : le FBI, la CIA. Les traductions Bureau fédéral des enquêtes, police fédérale, Agence spatiale américaines se voient parfois.

Dans ce contexte, on peut très bien décider de traduire les Centers for Disease Control and Prevention, car aucune règle ne s’y oppose. En outre, l’actualité a mis en vedette ces centres et il n’y a aucune raison de garder à tout prix l’appellation anglaise.

Traductions

L’Office of Management and Budget précité se traduit par le Bureau de la gestion et du budget. Cette traduction coule de source et devrait nous inspirer.

Je propose la ligne de conduite suivante :

  • Lorsqu’un organisme jouit d’une certaine notoriété, il faut essayer d’en traduire le nom. – L’Agence de protection de l’environnement
  • Les noms d’organismes moins connus qui se traduisent facilement en français devraient être traduits. – Les Services postaux américains
  • Les appellations plus compliquées, comme la Commodity Futures Trading Commission, et peu connues peuvent rester en anglais.

Dès qu’on s’écarte des organismes connus, la tendance lourde est de tout garder en anglais. Les francs-tireurs comme moi dérangent et franciser n’est pas toujours une tâche facile.

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Possiblement

Au Canada, on entend et on lit souvent l’adverbe possiblement. Dans nos contrées enneigées, il passe comme une lettre à la poste. En Europe, il est beaucoup plus rare. S’agit-il d’une erreur?

Pas vraiment. Le mot est bien construit et il suit la logique du français. Le Trésor de la langue française le répertorie, mais les exemples donnés datent de l’époque où le cinéma parlant était encore un rêve…

Le Petit Robert l’accueille dans ses pages et le désigne comme une rareté ou un régionalisme canadien… Bien que le terme date de 1337, les lexicographes indiquent qu’il dérive de l’anglais possibly. En clair, le mot est français mais sa popularité au Canada s’explique par l’omniprésence de l’anglais.

Ce n’est toutefois pas un mot à bannir, puisqu’il est clairement français.

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Hygge

Des chroniqueurs et des institutions comme Le Robert dressent leur liste des mots clés de 2020, ceux qui ont fait leur entrée dans les ouvrages de langue. Le québécisme niaisage fait partie du lot, aux côtés de cyberharcèlement, infox (calqué sur intox, et qui emplace fake news), sans oublier l’incournable covidiot, enfant trisomique de la covid.  

Quoi de mieux qu’un peu de prosecco, pour nous faire oublier 2020 ?

Personnellement, je retiendrais hygge, qui n’est tout à fait un néologisme, puisqu’on en parlait déjà depuis quelques années. Ce mot danois d’origine norvégienne pourrait se traduire en allemand par Gemûtlichkeit, même si le sens n’est pas exactement identique.

Le hygge traduit un art de vivre que l’on retrouve dans les pays scandinaves; il se caractérise par la quête de petits bonheurs quotidiens, de ces joies simples qui sont synonymes de confort, de relaxation. Bref rien d’extravagant, juste le plaisir d’être pleinement conscient de son bien-être. En français, on serait tenté d’utiliser convivialité, mais, là encore, la concordance n’est pas parfaite.

Pourquoi ce choix?

La pandémie de covid-19 nous a cloitrés dans nos quartiers. Certains perdant même leur emploi, tandis que d’autres étaient forcés de travailler à la maison. Malgré ces déboires, beaucoup ont redécouvert le plaisir d’être ensemble, en famille, sans obligation de se précipiter au boulot. Au fil des mois, les bricoleurs se sont lancés dans les rénovations, d’autres ont appris à se détendre davantage, à lire un bon livre, à écouter de la musique, à jouer à des jeux de société, etc. On a découvert ce que la vie pouvait être sans consommation frénétique dans les centres commerciaux. Faire une longue marche est bien moins stressant…

Le hygge est un des rares effets bénéfiques de la covid. Se redécouvrir, c’est précieux.

Un autre mot…

Celui-là est moins positif. C’est ce cri scandé partout au Québec par les anti-masques et les anti-vaccins, libarté. Il est très symbolique. C’est le cri de ralliement de tous les forcenés du je, me, moi que l’on voit trop souvent dans les sociétés anglo-saxonnes comme le Canada centrées sur l’individualisme. Cette incapacité d’une frange bruyante de la population de penser en termes collectifs, la société étant une juxtaposition d’individus aux droits souverains garantis par les chartes…

Mais toute la publicité que l’on donne aux anti-masques est un miroir aux alouettes. Il faut certes en parler, car ces gens finissent par faire beaucoup de tort, particulièrement quand ils vont festoyer dans le Sud et reviennent chez nous pour profiter de notre système de santé.

Je me réjouis cependant en voyant que la majorité des gens observent les règles sanitaires, même de façon imparfaite. Ces gens-là font leur effort de guerre. On en parle beaucoup moins dans les médias. Pour une écervelée comme Lucie Laurier, il y en cinq, dix, je ne sais pas, qui pensent un peu aux autres.

Pour terminer cette dernière chronique de l’année, je ne vous souhaite rien d’autre que beaucoup de hygge.

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Bahreïn

Le toponyme Bahreïn pose plusieurs difficultés aux francophones. En effet, cet archipel de 33 iles dans le golfe Persique est de genre masculin, ce qui ne saute pas aux yeux. On a tendance à croire que le genre grammatical des noms d’iles est féminin, ce qui se vérifie pour Cuba, par exemple, mais pas pour Haïti.

Le nom arabe de cet État est al-Bahrayn, le h étant prononcé dans le fond de la gorge. L’article al est assez troublant pour un étranger, car il donne à penser que l’article défini est de mise. Pourtant, aussi bien en français qu’en anglais, on dit Bahreïn/Bahrayn tout court.

C’est une incongruité, puisque d’autres États environnants s’énoncent avec l’article; par exemple le Qatar. Pourtant, on dit : « Bahreïn est situé au Moyen-Orient », alors qu’il serait logique de dire en français le Bahreïn et en anglais the Bahrain.

Autre problème (ce défunt mot de la langue française) : le tréma. Celui-ci s’explique facilement par la prononciation. Il y a bel et bien diphtongue e-i. Bahreïn ne se prononce pas avec une nasale en in.

Le gentilé

Selon les ouvrages, les habitants de Bahreïn sont soit des Bahreïniens, soit des Bahreïnites. Mais un autre gentilé d’inspiration arabe se voit aussi. Il s’agit de Bahreïni, que l’on trouve dans l’Encyclopaedia Universalis et parfois dans la presse française.

Ce nom côtoie les Émirati, Qatari, Baghdadi, etc. qui pullulent dans les médias. Ces appellations se veulent plus « authentiques » que les versions françaises que sont Qatarien, Émirien, Baghdadien.

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Compétitionner

Compétitionner vient de l’anglais to competition, certes, mais il s’est bien intégré dans la langue française au point de figurer à la fois dans le Larousse et le Robert. Il a pris le sens de « participer à une épreuve sportive » mais aussi celui de se faire concurrence. Le Petit Larousse :

Être en compétition avec une personne, une entreprise; se faire concurrence : journaux qui compétitionnent.

Compétition

Ce qui nous amène à compétition. Lui aussi pourrait être soupçonné d’anglicisme, particulièrement lorsqu’il est question de concurrence commerciale. D’ailleurs, le Dictionnaire des anglicismes de Colpron le condamne comme tel de même que le dictionnaire en ligne québécois Usito.

Il faut reconnaitre que compétition et concurrence ressemblent à des frères jumeaux, sur le plan sémantique. La Banque de dépannage de l’Office québécois de la langue française donne une série d’exemples où les deux mots sont interchangeables.

La concurrence était forte entre les participants à cette épreuve.

Tous les deux étaient en compétition pour obtenir le poste.

L’Office signale que certains auteurs considèrent compétition comme un anglicisme, car les dictionnaires traditionnels – y compris celui de l’Académie française – ne donnent pas d’exemple où ce mot est employé pour parler de la concurrence. On parle de la compétition que se livrent deux entreprises, chacune étant la rivale de l’autre. Mais cette autre entreprise n’est jamais appelée compétition dans les ouvrages.

Il semblerait donc que cette acception vient davantage de l’anglais. C’est pourquoi, beaucoup trouveront plus prudent de s’en tenir à concurrence dans ce contexte.

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Base

La « locution sur la base de » est devenue particulièrement envahissante, au point d’éclipser des manières plus naturelles et plus simples de s’exprimer. Quelques exemples :

Le reporter rédige un reportage sur une base quotidienne.

Sur une base hebdomadaire, on recense 3000 nouveaux cas.

Le taux d’inflation dans ce pays frise les 30 pour 100, sur une base annuelle.

L’agent de sécurité vérifie la fermeture des portes sur une base régulière.

Ces formulations paraissent tout ce qu’il y a de plus naturelles, sauf si on les reformule en français.

Le reporter rédige un article par jour.

Toutes les semaines, on recense 3000 nouveaux cas.

Le taux d’inflation annuel dans ce pays frise les 30 pour 100.

L’agent de sécurité vérifie régulièrement la fermeture des portes.

Première constatation : le texte est moins lourd et surtout plus naturel. Deuxième constatation : les expressions de remplacement vont dans la logique du français, elles n’écorchent pas les oreilles.

On se demande alors pourquoi les rédacteurs ne les emploient pas. La réponse est simple : parce qu’ils pensent en anglais.

Basé

« Êtes-vous basé en Outaouais? », me demandait récemment un journaliste. Cette question m’a fait froncer les sourcils. Le lévrier parfois congestionné que je suis parfois flairait l’anglicisme. Avais-je tort?

D’emblée, cette expression me paraissait relever du vocabulaire militaire, ce qui est tout à fait exact. Être basé quelque part signifie avoir pour base. Par extension, on peut dire qu’une entreprise, un diplomate ou un journaliste est basé à Abidjan.

Mais il serait plus juste et plus élégant d’affirmer qu’une entreprise est implantée à Abidjan, qu’un diplomate ou un journaliste est en poste dans la même ville.

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