Archives de catégorie : traduction

S’empirer

Les changements climatiques s’intensifient, la situation s’empire.

Certains crieront immédiatement à l’erreur en faisant valoir que le verbe empirer est intransitif. Donc s’empirer serait aussi pire (!) que se divorcer.

De fait, empirer est maintenant un verbe intransitif, mais il ne l’a pas toujours été. Jadis, on pouvait empirer une affaire, un mauvais remède pouvait empirer le mal. De nos jours, le mode transitif est considéré comme vieilli.

Ainsi en est-il de la forme pronominale. On en trouve un bel exemple daté de 1823 dans le Trésor de la langue française : « Il était impossible que notre situation s’empirât. »

Toujours est-il qu’au Canada français la forme pronominale est encore fréquente. D’après l’Office québécois de la langue française, elle n’est pas nécessairement à éviter :

Aujourd’hui, ces emplois sont considérés comme vieillis dans la plupart des ouvrages de référence, mais ils semblent survivre davantage au Québec. Il n’est pas nécessaire d’éviter ces emplois, qui sont corrects; toutefois, puisqu’ils sont moins courants dans le reste de la francophonie, on peut leur préférer la construction intransitive ou encore un synonyme d’empirer.

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Insécure

Insécure est un anglicisme fréquemment employé au Canada. Et il l’est probablement parce que les traductions habituelles semblent marquer un léger glissement de sens par rapport à la langue originale.

Une personne insécure est inquiète, anxieuse. C’est ce que nous disent les dictionnaires de traduction. Mais quand on consulte les ouvrages anglais, on apprend aussi qu’elle manque de confiance en elle, qu’elle a des appréhensions. Bref, elle a peur.

Pour éviter insécure, on pourrait recourir à une périphrase comme « Elle se sent en état d’insécurité. Elle a des appréhensions. »

Bien sûr, il serait facile de dire qu’elle est tout simplement anxieuse, l’anxiété étant la crainte d’un danger imminent.

La popularité de l’anglicisme insécure s’explique probablement par la transparence de cet emprunt, qui renvoie à insécurité. Or, une personne souffrant d’insécurité est forcément anxieuse et nerveuse.

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Woke

Le mot est sulfureux et suscite la controverse. Je me contenterai d’en faire l’analyse linguistique.

Le dictionnaire en ligne Collins le définit ainsi : « Someone who is woke is very aware of social and political unfairness. » Le Robert me parait plus précis « Qui est conscient et offensé des injustices et des discriminations subies par les minorités et se mobilise pour les combattre, parfois de manière intransigeante. »

Le mot dérive du verbe wake qui signifie s’éveiller. Les wokes prétendent posséder un degré de conscience supérieur à celui de la population; ils sont donc éveillés. Le prétérit de wake est woke et le passé composé est woken, comme dans « He has woken up early. »

On voit tout de suite que c’est le prétérit woke qui a généré un nouveau substantif, et non pas l’infinitif, ce qui est assez surprenant. Mais les langues n’empruntent pas toujours des chemins très logiques.

Amusant aussi de voir le sort réservé au passé composé woken, qui s’emploie régulièrement… contrairement à awoken, considéré comme dépassé. On dira plutôt qu’une personne est awake, de sorte que l’infinitif s’est transformé en adjectif ou en une nouvelle forme de participe passé. Tout le monde est bien éveillé?

Taliban

Les talibans ont repris le pouvoir en Afghanistan il y a un an. Pour tous les esprits libres, et surtout les femmes, le retour de ces fanatiques religieux est une catastrophe dont les effets néfastes se font sentir de plus en plus.

Mais d’où vient au juste le mot taliban ?

Taliban, le mode d’emploi

Le mot taliban est une importation de l’arabe talib, qui signifie « étudiant ». Le pluriel taliban a été adopté par les langues occidentales, ce qui n’est pas exceptionnel puisque d’autres formes plurielles étrangères sont passées en français et anglais. Pensons à spaghetti, pluriel de spaghetto et Touareg, pluriel de Targui.

Certains rédacteurs francophones préfèrent la forme plurielle sans s : les taliban. Mais il s’agit plutôt de cas exceptionnels. En effet, les mots étrangers acclimatés dans notre langue et mis au pluriel prennent habituellement le s final. On dit bel et bien des spaghettis et des Touaregs.

En français, taliban s’écrit sans majuscule, contrairement à ce qui se voit en anglais.

Le mot en question s’est tellement bien acclimaté à notre langue qu’il en existe une forme adjectivale : la politique talibane. L’anglais se sert aussi du terme comme adjectif.

Les médias anglophones comme le New York Times, le Washington Post, le Guardian de Londres et le Globe and Mail de Toronto écrivent Taliban sans jamais mettre le pluriel anglais, avec s.

L’arabe n’est pas la langue parlée en Afghanistan, mais c’est la langue du Coran; les habitants parlent le dari, dérivé du persan, le pachto, le turkmène et l’ouzbek. Il semble que l’appellation talibans, pour désigner ces étudiants en religion, soit passée dans les langues nationales.

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Engagement policy

En anglais, on appelle engagement policy le fait de maintenir des relations harmonieuses avec un pays qui ne respecte pas les conventions internationales; il peut s’agir dans certains cas d’un État voyou (voir l’article précédent).

En français, les traductions penchent souvent en direction du simple calque politique d’engagement ou encore engagement tout court, ce qui, à mon avis, est imprécis.

Au ministère des Affaires étrangères du Canada, le service de traduction avait retenu l’expression engagement constructif. Au sens de contrat, de pacte, le mot engagement se rapproche de la notion décrite, mais ne l’atteint pas tout à fait. Politique d’engagement est moins clair qu’engagement constructif.

Un exemple d’engagement constructif

Prenons l’exemple de la République islamique d’Iran. Sous le précédent gouvernement conservateur, le Canada a décidé de rompre les relations diplomatiques avec Téhéran, notamment à cause du non-respect des droits de la personne. Précisons que l’Irano-Canadienne Zahra Kazemi avait été assassinée en prison par le régime des ayatollahs.

Beaucoup ont salué la fermeté du Canada. La rupture des relations diplomatiques avec Téhéran complique cependant beaucoup le règlement des questions consulaires et Ottawa peut difficilement venir en aide aux Canadiens qui ont des problèmes avec le gouvernement iranien, car il n’a plus de légation diplomatique en Iran. Le gouvernement doit donc faire appel à des pays tiers.

D’aucuns estiment que ce genre d’approche radicale est contre-productif. Ils font valoir qu’il est plus judicieux pour les démocraties occidentales de maintenir des relations harmonieuses avec des régimes dictatoriaux pour mieux faire passer leurs messages.

Bien entendu, une dictature demeure une dictature, mais une politique d’engagement constructif, une attitude stratégique ou le maintien de relations de coopération (autres traductions possibles) peut donner plus de résultats que la dénonciation systématique d’un régime honni et la rupture complète des relations.

Les démocraties occidentales sont continuellement confrontées à ce genre de dilemme. Adopter une attitude intransigeante à l’égard de tous les régimes politiques contestables qui bafouent les droits de la personne reviendrait à entretenir des relations avec une poignée de pays, ce qui mènerait à une impasse.

De plus, les démocraties occidentales ont toujours eu du mal à gérer leurs relations avec des régimes abusifs, comme le démontre le retour au pouvoir des talibans en Afghanistan et l’indécision des chancelleries occidentales.

Rogue state

La notion de rogue state en anglais désigne des pays qui ne se conforment pas au droit international et ont des pratiques répréhensibles. Ces pays ne tiennent pas compte des protestations de la communauté internationale et poursuivent leurs activités comme si de rien n’était. Les rogue states soutiennent souvent le terrorisme.

Cette notion peut être traduite de plusieurs manières :

  • État voyou
  • État dévoyé
  • État hors-la-loi
  • État paria
  • État renégat
  • État sans-foi-ni-loi
  • État délinquant
  • État rebelle
  • Sans scrupules
  • Qui se livre à des opérations illicites

La première traduction de la liste revient le plus souvent. L’idée de les percevoir comme des parias de la communauté internationale est également courante. Les autres traductions se défendent, mais avouons que la dernière, une périphrase, ne gagnera pas un concours de popularité auprès des langagiers…

Une notion subjective

Bien entendu, le fait de qualifier un pays d’État voyou ne relève pas d’un jugement objectif; il s’agit d’un acte politique, car aucun État ne reconnaît candidement en être un. Ce qualificatif est généralement appliqué à des puissances moyennes ou à des petits pays, rarement aux grandes puissances, bien que chacune d’entre elles considère sûrement les autres comme des États voyous.

Dans le passé, les États-Unis ont déclaré que la Libye, l’Iran et l’Iraq étaient des États voyous.

Tout dépend du point de vue. Par exemple, les pays arabes pourraient considérer Israël comme un État voyou, notamment à cause de l’occupation illégale de la Cisjordanie et des colonies de peuplement qu’il y installe. Pourtant Washington ne voit pas les choses sous le même jour et ne dénonce pas vertement ces colonies, condamnées par des résolutions des Nations unies.

À l’heure actuelle, le Bélarus est perçu comme un État paria, puisque le président Loukachenko a été réélu de manière frauduleuse et que l’opposition est persécutée, même à l’étranger.

Le gouvernement de la République populaire de Chine se comporte indubitablement en État voyou. La violente répression contre les Tibétains et les Ouïghours, ainsi que l’écrasement du mouvement démocratique à Hong Kong viennent étayer cette thèse, sans compter la persécution dont sont victimes les dissidents chinois installés à l’étranger.

Comble de tout, le régime communiste de Pékin retient en otage deux Canadiens pour faire pression sur le gouvernement canadien dans une affaire judiciaire, ce qui est contraire à toutes les lois internationales. Si le Zimbabwe avait agi ainsi, il y a longtemps que le Conseil de sécurité en aurait été saisi et qu’il aurait été condamné par la communauté internationale. Mais, comme je le disais plus haut, on ne traite une grande puissance d’État voyou, même si son gouvernement est exécrable.

DEMAIN : ENGAGEMENT POLICY

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Pass sanitaire

En France, il est de plus en plus question d’un nouveau document électronique appelé le pass sanitaire. Il permettrait à son détenteur d’entrer dans les restaurants, les cinémas, entre autres, en prouvant qu’il ou elle a reçu deux injections du vaccin contre la covid-19.

L’expression a été estampillée du sceau présidentiel lorsque Emmanuel Macron l’a employée dans une allocution télévisée. Il faut dire que le président français n’en est pas à un anglicisme près, mais, malgré tout, le village gaulois du Québec a (encore) sourcillé. Bien entendu, cette nouvelle expression a rapidement envahi les médias français, sans que personne ne songe à la traduire…

Chez nous, le le pass sanitaire n’est rien d’autre qu’un passeport sanitaire. L’anglicisme est absolument inusité au Québec et au Canada. Les irréductibles québécois ne sont pas les seuls à tiquer, puisque l’Académie française s’est prononcée sur la question. Les Immortels suggèrent l’emploi du mot féminin passe qui peut désigner un laissez-passer, ce qu’est au fond le fameux pass sanitaire.

L’Académie fait observer que le mot passe, au Québec, s’emploie pour un titre de transport et une carte d’abonnement. Une passe d’autobus.

Tiens! Pour une fois que l’auguste institution parle du Québec… Toutefois, elle suggère de remplacer le féminin par le masculin et de dire le passe sanitaire. Ainsi, on s’inspirerait du terme passe-partout, qui est masculin.

Nous voilà bien avancés. À l’oral, ce tour de passe-passe passerait inaperçu (désolé, c’était trop tentant). En outre, je doute beaucoup que le e final vienne orner les textes journalistiques. Après tout, on écrit toujours blog dans l’Hexagone, alors qu’il serait facile de l’orthographier à la française : un blogue.

Ceux qui défendent la graphie anglaise auront beau jeu de faire valoir que passeport n’a pas tout à fait le sens qu’on lui attribue dans passeport sanitaire. Mais cette expression me parait plus favorable à l’introduction d’un autre anglicisme dans la langue française.

En ligne

En ligne

Tout le monde le dit au point d’oublier qu’il s’agit d’un anglicisme, qu’il est un peu tard de vouloir remplacer… En fait, pas toujours un anglicisme, car dans un monde qui apparait aujourd’hui paléolithique, être en ligne signifiait être branché téléphoniquement avec quelqu’un…

À ce sujet, le dictionnaire de l’Académie française, toujours à la fine pointe des avancées technologiques, définit en ligne comme suit :

Qualifie un type de fonctionnement d’un ensemble terminal dans lequel le transfert des données passe par une ligne de transmission.

La définition date de 1972… Juste pour s’amuser : celle de logiciel remonte à 1982. Les mots imprimante et smartphone sont absents.

Plus sérieusement, le Robert donne la définition suivante :

            Actif, connecté à un autre appareil.

Ligne droite

Le mot ligne fait partie d’un bon nombre d’expressions en français. Il se trouve aussi dans la traduction correcte de l’anglais the last straight.En français, le mot droit n’a pas le sens de ligne ou de trajet. On dira plutôt la dernière ligne droite, le dernier droit étant à condamner.

Ligne dure

Autre calque de l’anglais : adopter la ligne dure. On peut parler d’approche musclée, de sévérité, de mesures énergiques, d’une attitude ferme, voire d’intransigeance.

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Automobiles

Pour bien démarrer la semaine sur les chapeaux de roue.

Pendant longtemps au Québec les dénominations utilisées dans le monde de l’automobile ont été largement influencées par l’anglais.

Une berline était un sedan; une décapotable, une convertible; un coupé, un hardtop; une familiale, une station wagon. Heureusement, ces termes sont aujourd’hui archaïques.

Les efforts de francisation au Québec et dans le reste du Canada ont porté fruit, car ce n’étaient pas seulement le nom des véhicules qui étaient déclinés en anglais, mais aussi toutes les pièces et tous les accessoires. Et là, le travail est loin d’être terminé. On entend couramment des mots comme bumper, windshield, flasher, etc. Toutefois, les équivalents français sont connus et également utilisés.

Même si le vocabulaire a été francisé, certaines différences terminologiques avec les pays européens peuvent étonner de ce côté-ci de l’Atlantique.

SUV

L’anglicisme SUV s’est frayé un chemin des deux côtés de l’océan, sauf que chez nous on emploie aussi VUS, pour véhicule utilitaire sport. De fait, cette traduction est courante, alors qu’en Europe le sigle SUV domine.

Ce sont des véhicules monocoques, qui s’apparentent aux voitures familiales de jadis, mais avec une allure différente. Les VUS sont surélevés, ce qui procure un faux sentiment de sécurité puisqu’ils peuvent capoter plus facilement, leur centre de gravité étant plus élevé.

Soit dit en passant, la terminologie utilisée m’apparait fautive, car ces véhicules au lourd gabarit, avec une garde au sol élevée sont tout sauf des voitures sports. Le plus souvent, ils manquent d’entrain et sont même poussifs, pour rester poli. En fait, il s’agit de petits camions, utilitaires, certes, mais des camions quand même. Il serait plus exact de les appeler véhicules utilitaires tout simplement.

L’engouement pour les VUS a donné naissance à une autre catégorie de véhicules, plus près de l’automobile, sans être nécessairement à traction intégrale : les crossovers.  Ce sont des véhicules hybrides, mi-auto, mi-camion, mais sans les capacités hors route des VUS. En français on les appelle multisegment.

Car et autocar

Dans les années 1970 et 1980, Renault avait lancé un nouveau modèle appelé Le Car, ce qui n’avait pas manqué d’irriter les Québécois, pourtant massivement anglicisés derrière le volant.  Comme on dit chez nous, les Français avaient pris le champ!

Certes, le mot n’était pas correctement employé. Il s’agissait d’un diminutif d’autocar, terme peu fréquent au Québec. Chez nous, il y a des autobus partout, même pour les liaisons interurbaines. Autocar, inspiré de l’anglais, permet de faire une distinction entre les autobus de ville, comme on dit ici, et ceux qui nous amènent à Québec ou à Gaspé.

Le mot a aussi donné naissance à une autre expression, le car de reportage : « véhicule équipé à la manière d’une régie de studio, et qui permet la transmission télévisée en direct des événements se déroulant à l’extérieur. », nous dit le dictionnaire québécois Usito. Une définition semblable figure dans le Trésor de la langue française, définition qui n’est pourtant pas reprise dans le Robert et le Larousse.

Van

Le mot circule des deux côtés de l’Atlantique, au sens de « Fourgonnette ou minibus servant au transport de personnes. » – Le Petit Robert. La seule différence, c’est le genre grammatical, masculin en Europe et féminin au Canada.

Break

Pour les Canadiens, un break est une petite pause : un break syndical. Rien à voir avec un véhicule qui, en Europe, désigne une petite camionnette, une voiture pouvant servir de fourgonnette. Ce qui s’appelle chez nous une voiture familiale. Collision frontale entre un anglicisme étonnant et une traduction française.

Je m’interroge sur l’origine de ce mot en français, car les dictionnaires anglais actuels n’en recensent pas du tout le sens qui lui est attribué dans notre langue. Un dérapage surprenant.

Monospace

Autre terme inconnu au Québec, synonyme de monocorps. Il s’agit d’un véhicule où le coffre n’est pas séparé de l’espace passager. Une voiture familiale, un multisegment et un VUS sont des véhicules monospace.

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Assurer

Assurer, voilà un verbe très courant dont je voudrais traiter certains aspects qui intéresseront les lecteurs francophones du Canada.

Assurer, verbe intransitif

Tournure entendue dans des émissions françaises, mais qui est moins répandue ici. Celui ou celle qui assure gère une situation, est à la hauteur

            Lorsque la covid s’est répandue, les responsables de ce centre de santé ont assuré.

Précision : au Canada on dit « la covid », puisqu’il s’agit d’une maladie. D’ailleurs l’acronyme anglais désigne une maladie et non le virus; le d est pour disease, maladie. Le substantif covid devrait s’écrire en minuscule, puisqu’il est lexicalisé, tout comme sida.

Assurer que

Voilà une belle tournure anglaise. Un calque de l’anglais make sure that. Cette construction est fautive lorsqu’elle signifie faire en sorte que, une locution quelque peu envahissante, comme je l’ai signalé dans un article précédent. Remplacer assurer que par s’assurer que n’est pas une bonne solution non plus.

S’assurer que

Comme le signale l’Office québécois de la langue française, il est contestable d’escamoter le sens de « vérifier » de cette locution pour lui donner le sens exclusif de « faire en sorte ». D’autant plus que l’on recourt au subjonctif.

L’opposition a proposé une motion pour s’assurer qu’il n’y ait pas de débat.

J’ai débranché le téléphone pour m’assurer que Maurice ne puisse me joindre.

Qu’il soit clair que cette locution s’emploie couramment en français avec le sens de vérifier quelque chose. Un premier écueil est de décider si elle appelle l’indicatif ou le subjonctif.  Comme cette locution évoque un fait établi, une certitude, l’indicatif est justifié. Le subjonctif, qui exprime souvent une hypothèse, est à éviter ici.

            Il fait toujours le tour de la maison pour s’assurer que toutes les portes sont verrouillées.

Certains langagiers ont contesté cette acception au sens de vérifier, argüant qu’elle s’inspirait de l’anglais. Il ne semble pas que c’est le cas. Toutefois, le fait est qu’assurer que n’est pas répertorié dans les dictionnaires français courants, bien qu’il figure dans le Trésor de la langue française, avec le sens de vérifier.

Pour un tour d’horizon plus complet, on lira avec intérêt l’article de mon ancien collègue Jacques Desrosiers sur assurer que.

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