Engagement policy

En anglais, on appelle engagement policy le fait de maintenir des relations harmonieuses avec un pays qui ne respecte pas les conventions internationales; il peut s’agir dans certains cas d’un État voyou (voir l’article précédent).

En français, les traductions penchent souvent en direction du simple calque politique d’engagement ou encore engagement tout court, ce qui, à mon avis, est imprécis.

Au ministère des Affaires étrangères du Canada, le service de traduction avait retenu l’expression engagement constructif. Au sens de contrat, de pacte, le mot engagement se rapproche de la notion décrite, mais ne l’atteint pas tout à fait. Politique d’engagement est moins clair qu’engagement constructif.

Un exemple d’engagement constructif

Prenons l’exemple de la République islamique d’Iran. Sous le précédent gouvernement conservateur, le Canada a décidé de rompre les relations diplomatiques avec Téhéran, notamment à cause du non-respect des droits de la personne. Précisons que l’Irano-Canadienne Zahra Kazemi avait été assassinée en prison par le régime des ayatollahs.

Beaucoup ont salué la fermeté du Canada. La rupture des relations diplomatiques avec Téhéran complique cependant beaucoup le règlement des questions consulaires et Ottawa peut difficilement venir en aide aux Canadiens qui ont des problèmes avec le gouvernement iranien, car il n’a plus de légation diplomatique en Iran. Le gouvernement doit donc faire appel à des pays tiers.

D’aucuns estiment que ce genre d’approche radicale est contre-productif. Ils font valoir qu’il est plus judicieux pour les démocraties occidentales de maintenir des relations harmonieuses avec des régimes dictatoriaux pour mieux faire passer leurs messages.

Bien entendu, une dictature demeure une dictature, mais une politique d’engagement constructif, une attitude stratégique ou le maintien de relations de coopération (autres traductions possibles) peut donner plus de résultats que la dénonciation systématique d’un régime honni et la rupture complète des relations.

Les démocraties occidentales sont continuellement confrontées à ce genre de dilemme. Adopter une attitude intransigeante à l’égard de tous les régimes politiques contestables qui bafouent les droits de la personne reviendrait à entretenir des relations avec une poignée de pays, ce qui mènerait à une impasse.

De plus, les démocraties occidentales ont toujours eu du mal à gérer leurs relations avec des régimes abusifs, comme le démontre le retour au pouvoir des talibans en Afghanistan et l’indécision des chancelleries occidentales.

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