Archives de catégorie : traduction

Self identification

Dans la terminologie moderne, le mot sexe a été supplanté par le mot genre, à propos duquel j’ai écrit un article. De nombreuses personnes s’affichant comme progressistes estiment maintenant que les genres traditionnels, homme et femme, sont des notions dépassées. Pour ces personnes, le genre est une construction sociale qui doit être dissociée du genre biologique. Autrement dit, une personne peut naître avec un sexe masculin, mais se considérer comme une femme.

Théorie du genre et auto-identification

Ces idées ne sont pas sans conséquence. Les parlements espagnols et allemands ont rejeté des projets de loi permettant aux individus de décider eux-mêmes de leur genre. Pourtant, la France et l’Irlande ont adopté des lois en ce sens, respectivement en 2016 et en 2015.

En anglais, cette capacité de décider de son propre genre est appelée self identification, ou self-ID. Le français suit la même logique que l’anglais et donne auto-identification. Dans le Lexique sur la diversité sexuelle et de genre du Bureau de la traduction du Canada, cette notion est définie ainsi : « Manière dont une personne choisit de décrire son identité de genre ou son orientation sexuelle. »

Pour être plus précis, il conviendrait de dire auto-identification de genre. Une autre explication tout aussi précise aurait pu être créée : identification personnelle du genre.

Quel avenir?

Beaucoup s’interrogeront sur l’avenir de ce nouveau concept. Je ne crois pas qu’il soit appelé à disparaître avec les feuilles de l’automne. D’autres propositions de loi sont en voie de rédaction en Allemagne, pays où les verts seront probablement appelés à entrer au gouvernement, après les élections de septembre.

En outre, les sociétés sont de plus en sensibles à la situation particulière des personnes qui changent de sexe, ceux qu’on appelle maintenant les transgenres, sans oublier ceux dont l’identité sexuelle (ancienne terminologie!) n’est pas clairement définie.

Que l’on soit d’accord ou non avec ses concepts, il faudra s’habituer à en discuter.

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André Racicot vient de faire paraître un ouvrage Plaidoyer pour une réforme du français.  Ce livre accessible à tous est la somme de ses réflexions sur l’histoire et l’évolution de la langue française. L’auteur y met en lumière les trop nombreuses complexités inutiles du français, qui gagnerait à se simplifier sans pour autant devenir simplet. Un ouvrage stimulant et instructif qui vous surprendra.

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Grammaire oublier

Grammaire oublier

AVERTISSEMENT : Le titre de ce billet comporte une faute volontaire illustrant le propos du texte.

Mon père avait étudié jusqu’en onzième année. Il possédait peu de culture générale, pourtant quand il m’écrivait, lorsque j’étudiais en Europe, ses lettres ne comportaient aucune faute de grammaire. Je me souviens qu’un jour, il m’avait interrogé sur la conjugaison du verbe acquérir : il acquiert ou il acquière?

Ma mère avait étudié jusqu’en huitième année. Elle était une artiste et connaissait bien la musique classique, mais, comme c’était trop souvent le cas dans les années 1940, elle n’avait pas pu continuer ses études. Comme mon père, elle lisait peu et elle aussi, malgré tout, écrivait sans faute.

Combien de gens issus des milieux populaires en 2021 peuvent en dire autant? La réponse serait gênante.

La grammaire à la dure

Je soupçonne mes parents d’avoir appris le français à peu près de la même manière que moi, c’est-à-dire à la dure. Pour maîtriser le français, il faut bûcher, pas moyen d’y arriver autrement. À mon tour, je suis passé par les travaux forcés que sont les dictées. Mais avant, on s’était donné la peine de nous enseigner un art qui semble disparu : l’analyse de phrase. Patiemment, j’ai appris ce que sont un complément d’objet direct, un complément circonstanciel, un adverbe, une préposition, etc.

Bien entendu, tout cela était ardu et jamais les professeurs n’ont essayé par quelque tour de passe-passe de nous faire croire qu’on pouvait assimiler la grammaire française sans effort.

En réunissant tous ces éléments, il devenait relativement facile d’accorder ou de ne pas accorder un participe passé et d’écrire à peu près sans faute.

L’imparfait du subjonctif

Je ne sais pas si les étudiants et diplômés d’aujourd’hui ont la moindre idée de ce qu’est un imparfait du subjonctif. Le croiriez-vous, je l’ai appris en quatrième année du secondaire. La clé était de comprendre qu’il était formé à partir du passé simple.

Le passé simple? Vous dites? En Europe, on se demande si ce temps n’est pas appelé à disparaître pour être remplacé par le passé composé.

On voit bien que quelque chose s’est perdu en chemin. Déjà que mes parents trouvaient dommage qu’on n’enseigne plus le grec et le latin, comme jadis dans le cours classique. Néanmoins, rendu au collège et à l’université, j’écrivais le français sans faute.

Le français d’aujourd’hui

Des collèges au Québec offrent des cours de rattrapage en français parce que les étudiants sont incapables d’écrire correctement. Pire encore, leurs textes sont confus, voire incompréhensibles, parce qu’ils n’ont pas appris à organiser leurs idées. Bien des étudiants universitaires font encore des fautes. Ce sont pourtant des privilégiés possédant une éducation supérieure à la moyenne.

La question se pose : comment en sommes-nous arrivés là, après avoir dépensé autant d’argent pour instruire ces étudiants alors que le niveau d’instruction général de la population est supérieur à celui des années 1940?

Depuis plusieurs décennies, les élèves des écoles secondaires au Québec servent de cobayes à toutes sortes de réformes et d’expériences pédagogiques dont nous mesurons bien les résultats catastrophiques quant à la maîtrise du français. Le système d’éducation québécois a formé des cohortes d’incompétents transversaux qui écrivent au son.

On n’a qu’à lire la prose infecte des médias sociaux. Dans cette maison de fou, la déraison s’exprime dans une langue en haillons. Grammaire et orthographe massacrées qui témoignent d’un autre problème : l’indifférence à l’égard de la qualité du français.

Pourtant, le problème n’est pas nouveau. Il existait dans les années 1980 quand Claude Ryan était ministre de l’Éducation. Ses successeurs Pauline Marois et François Legault, aujourd’hui premier ministre, n’ont rien fait et l’amnésie collective se poursuit encore et encore.

Le déclin dramatique du français au Québec ainsi que l’indifférence des jeunes et des moins jeunes devant l’effritement de notre langue ne me rendent guère optimiste. Aurons-nous un jour un ministre qui aura le courage de tirer la ligne sur les élucubrations pédagogiques des technocrates et de restaurer des méthodes, certes moins séduisantes que les compétences transversales, mais qui, au moins, ont largement prouvé leur efficacité.

Des méthodes qui font passer mes parents peu instruits pour de grands érudits.

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Spot

Spot est un anglicisme couramment employé au Canada français. Il peut désigner un endroit précis ou une tache. Parfois, il est question d’un projecteur.

Le casse-croûte s’est trouvé un bon spot près de la route régionale.

Il y avait un gros spot de graisse sur sa robe.

Un spot est tombé sur la scène pendant le concert.

Les gens d’ici pourraient croire que cet emprunt leur est propre, alors qu’il a fait sa place en français depuis plus d’un siècle. Le Petit Robert répertorie quatre sens différents, dont celui de « Petit projecteur à faisceau lumineux assez étroit destiné à éclairer un acteur ou une partie du décor. » L’ouvrage donne comme synonyme projecteur directif. On entend parfois réflecteur, une impropriété, car le réflecteur réfléchit la lumière; il n’est pas un appareil d’éclairage comme tel.

Un autre sens courant est celui de bref message publicitaire, que l’on voit aussi dans nos contrées.

Les émissions télé de Radio-Canada et de TVA sont truffées de spots publicitaires qui en brisent le rythme.

Spot est aussi un acronyme : Système pour l’observation de la Terre. Avouons-le, une belle trouvaille.

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Enregistrer

Le verbe enregistrer peut paraitre parfaitement innocent, mais il peut parfois devenir un anglicisme. C’est notamment le cas lorsqu’on vous demande si vous vous êtes enregistré à l’hôtel. Inscrire est le verbe que nous cherchons. De la même manière, un colis enregistré est un colis recommandé.

Le sens initial d’enregistrer est de consigner dans un registre. Le sens plus courant, de nos jours, est de transcrire une image ou un son sur un support matériel. Par exemple, enregistrer une chanson, une entrevue.

Un bel exemple, aussi, est l’assistant vocal Google qui peut enregistrer ses utilisateurs par erreur. L’iPhone également, car Siri peut démarrer une recherche en entendant un seul mot lorsque vous parlez à quelqu’un; cela m’est arrivé. Nous oublions un peu vite que ces belles innovations techniques peuvent se retourner contre nous et servir à nous espionner. J’en ai discuté l’autre fois avec ma télé intelligente.

Un autre sens du verbe en question est de consigner par écrit. Le Robertdonne comme exemple : « enregistrer un mot, une locution dans un dictionnaire. »

Autre définition intéressante de notre verbe : prendre note de… Quelques exemples :

Le Québec enregistre un nombre de contaminations inférieur à l’Ontario et à l’Alberta.

Statistique Canada enregistre une hausse du cout de la vie.

En somme, enregistrer peut être utilisé sans crainte de se tromper dans la plupart des cas.

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Newsletter

Il est presque impossible de consulter un site Web franco-européen sans y voir annoncé une newsletter, c’est-à-dire un bulletin d’information qui vous tient au courant des activités de l’entreprise.

Ce que l’on pourrait appeler de manière plus française un bulletin d’information, une lettre d’information ou encore une infolettre.

D’ailleurs, la recommandation officielle en France est lettre d’information. Mais on pourrait dire aussi : lettre de diffusion, bulletin de liaison et même note d’information, comme le suggère la linguiste Marie-Éva de Villers. Certains feront valoir, cependant, qu’une note d’information est plus courte qu’une lettre d’information.

Toujours est-il qu’une newsletter s’envoie surtout par courriel, pardon par e-mail, de sorte que, comme c’est souvent le cas avec tout ce qui relève de l’électronique, la formulation est en anglais.

Malheureusement, tout ce qui est électronique rime avec anglais, la langue de la modernité. Les Européens n’en démordent pas.

Même le site larousse.fr n’est pas épargné : vous pouvez vous abonner à sa newsletter. Ironiquement, le dictionnaire papier indique que le terme se dit en français lettre d’information.

J’espère qu’elle est rédigée en français.

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Fournaise

Au sens propre, une fournaise est un endroit où il fait très chaud. Une pièce orientée vers le sud peut devenir une fournaise en été. Montréal est une fournaise pendant la saison estivale à cause de l’humidité du fleuve Saint-Laurent.

Ce mot a toutefois une signification particulière au Canada, celui d’appareil de chauffage. D’ailleurs, cette acception est consignée dans Le Petit Larousse. En Europe, on parlerait plutôt de chaudière. Comme je l’ai expliqué dans un autre billet, une chaudière au Canada est un seau d’eau et n’a rien à voir avec le chauffage.

Alors où les Canadiens sont-ils donc allés pêcher leur fournaise?

En anglais évidemment. On parle d’une pièce ou d’une structure produisant de la chaleur, ce qui définit un appareil de chauffage, le plus souvent. Soit dit en passant, les anglophones retiennent également la définition d’un lieu chaud, comme en français.

Le terme anglais tire son origine du vieux français fornais, qui signifiait four. Lui-même vient du latin furnus. Donc, comme cela arrive souvent, cet anglicisme canadien vient de l’ancien français qui, en quelque sorte, nous revient comme un boomerang.

Au Canada se pose la question de son emploi. L’ennui était que l’expression est bien incrustée dans l’usage et que personne, ou à peu près, ne comprend le véritable sens français du mot chaudière. L’immense majorité des francophones du Canada ne comprennent pas cette phrase : « Ma chaudière est défectueuse, elle a une fuite de mazout. »

De toute façon, diront certains, l’acception canadienne de fournaise figure dans un dictionnaire français. Alors?

À la fin de la journée

Chantal Hébert, dont le français est pratiquement impeccable, le dit; certains commentateurs en laissent échapper un de temps en temps. « À la fin de la journée », pour amorcer une conclusion.

Cette locution est un calque de l’anglais At the end of the day. Elle marque l’aboutissement d’un raisonnement, un élément que l’on veut mettre en conclusion. Par exemple :

À la fin de la journée, le gouvernement devra s’attaquer au problème du harcèlement sexuel dans les forces armées canadiennes.

En français, on serait porté à dire : en fin de compte, pour finir, finalement, somme toute, etc.

Des tournures plus longues peuvent aussi être envisagées. Si on résume le tout; une conclusion s’impose, etc. Attention à Pour faire une histoire courte, qui est un autre anglicisme.

Bonne journée à tout le monde.

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Tréma

Dans un article paru dans Le Devoir en 2020, le journaliste Jean-François Nadeau décrivait la prolifération du tréma dans les raisons sociales au Québec et à l’étranger. Cette tendance vient, quant à moi, d’un mimétisme maladroit par rapport à certaines langues scandinaves, comme le suédois et le finnois. (Le danois et le norvégien n’utilisent pas le tréma.)

Le suédois et le finnois utilisent régulièrement le tréma pour infléchir la prononciation de certaines voyelles, bien que le finnois ne soit pas une langue germanique comme le suédois.

Toujours est-il que la Scandinavie est associée, à tort ou à raison, à un certain art de vivre, moderne, dépouillé et tout ce que vous voudrez, qui fait tendance, comme on dit. Insuffler un certain exotisme à des noms de marques est irrésistible. Voici quelques exemples que relevait Nadeau :

  • NüBerri
  • Le projet domiciliaire Fridöm
  • Kabïnn
  • Les appartements Blü
  • Förena, une « cité thermale »
  • La crème glacée Häagen-Dazs, un autre de ces faux noms danois, celui-ci patenté de toutes pièces par un Polonais du Bronx, et qui ne veut strictement rien dire, lui non plus, dans aucune langue.
  • Iögo, votre yougourt.
  • Motörhead
  • Humör, votre slip à bas prix bien québécois de la maison Simons.

Le tréma dans les autres langues

Le tréma n’est pas l’apanage des langues scandinaves. On le voit en allemand comme en turc, aussi en hongrois, entre autres. Dans la langue de Goethe, par exemple, placer un tréma sur le o a une incidence : il se prononce eu et non plus o.

Le tréma n’est donc pas un accessoire décoratif sans effet, comme semblent le croire les agents de publicité. D’ailleurs la question de la prononciation se pose dans les marques précitées. Quelqu’un peut m’expliquer comment le tréma dans Häagen-Dazs doit être prononcé? Et le zs final? Doit-on dire Frideum quand on lit Fridöm? Et que peut bien signifier le ï dans Kabïnn? Vacuité? Insignifiance?

Le tréma en français

En français le tréma indique que la voyelle qui précède doit être prononcée séparément. Par exemple ambiguë.

Or l’Académie française a changé son fusil d’épaule et précise que le tréma doit être placé sur la voyelle qui doit être prononcée avec son timbre propre : aigüe, ambigüe, ambigüité, cigüe, exigüe, etc.

En outre, signale Joseph Hanse, « Elle a (…) décidé de mettre un tréma sur u dans certains mots pour lutter contre une prononciation défectueuse: argüer, gageüre, mangeüre, rougeüre, vergeüre. » Fort bien, mais bilinguisme a été laissé de côté. On devrait écrire bilingüisme.

Ai-je besoin de préciser que ces changements, pourtant très logiques, n’ont pas pénétré l’usage?

Qu’on le mette sur une voyelle ou sur une autre, le tréma a son utilité la plupart du temps. Dans certains cas, toutefois, son inutilité est flagrante, comme dans Noël. On pourrait lui emprunter son tréma et le transférer à arguer, que beaucoup d’érudits prononcent (logiquement) ar-gué, et non ar-gu-é. Le saviez-vous?

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Futur

Le futur constitue la temporalité majeure du Pour-Soi, dans la philosophie de Jean-Paul Sartre. Je vous laisse le soin de spéculer sur le sens profond de cette affirmation.

Le mot futur y est employé au sens d’« avenir » et certains condamnent cet usage. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il est bien établi. Le Robert signale que l’utilisation de futur est abusive et influencée par l’anglais, dans une locution comme « Le passé, le présent et le futur. »

Je suis d’accord pour dire que l’influence de l’anglais est ici palpable, si ce n’est que le sens demeure clair et qu’il correspond à la définition que donne le même ouvrage du mot en question :

Partie du temps qui vient après le présent.

Plus jeune, je lisais des livres dans la collection Présence du futur, aux éditions Gallimard. Il s’agissait d’ouvrages de science-fiction, autre anglicisme bien implanté. Il serait possible de parler de romans d’anticipation, mais cette expression n’a pas la cote et pourrait être considérée comme appartenant au passé… Rien à voir avec le futur, bref.

Tout cela pour dire que l’on peut discerner une certaine influence de l’anglais dans l’emploi du mot futur, mais qu’il me parait difficile de le condamner, malgré tout. Quant à cette lorgnette grossissante vers le futur qu’est la science-fiction, il serait bien malaisé de tenter de l’éradiquer, même dans un futur, pardon, un avenir lointain.

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Binge watching

La crise sanitaire engendrée par la covid-19 et tous les (re)confinements qui se sont ensuivis nous ont transformés en reclus involontaires. Cette interminable hibernation a changé nos habitudes, le moins qu’on puisse dire.

Comme bien des gens, j’ai davantage exploré Netflix, cette caverne d’Ali Baba de séries étrangères souvent passionnantes. Comme bien d’autres je me suis attelé aux Peaky Blinders, Enquêtes internes et, plus récemment, Le serpent, des émissions regardées en rafale, c’est-à-dire en quelques soirées seulement, à coups de plusieurs épisodes à la fois.

C’est ce qu’on appelle en anglais le binge watching. Le terme a été repris dans le bulletin français de Netflix, avec en prime le verbe binge watcher. Je vous laisse deviner dans quel pays ce bulletin « français » est rédigé…

Au Canada on a fait l’effort de traduire et les idées ne manquent pas.  Cette façon de regarder la télé s’apparente à un gavage, une boulimie. Il y a quelque chose de compulsif. D’où les expressions de gavage télévisuel, visionnage boulimique, glouton, excessif, compulsif. On voit tout de suite que ces traductions sont quelque peu péjoratives, alors que visionnage en rafale est plus neutre.

En espagnol, on dit « maratón de series ». Ça me plaît… Et il semble que cette formulation est passée en français : se lancer dans un marathon de séries.

Quant à y être, pourquoi pas « se souler d’une série », sur le modèle de binge drinking?

Mais d’autres pistes peuvent être explorées. Si on disait que j’ai dévoré la série Enquêtes internes, une des meilleures jamais produites sur le monde de la police britannique, il me semble que tout le monde comprendrait. Quand on dévore, on mange à toute vitesse.

Dans la même veine : avaler une série, la visionner sans pouvoir s’arrêter, y être accroché, ne pas pouvoir en décrocher. Être accro à une série, ça vous arrive?

Quelles sont vos recommandations? Pour les bonnes séries et la traduction de cette expression.

Merci à certains de mes abonnés (et non followers) dans Twitter pour leurs suggestions.

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