Certaines formulations anglaises sont tellement percutantes qu’elles se sont imposées en français. Ce n’est pas toujours une mauvaise chose.
On le sait, les langues s’empruntent des mots et des expressions, phénomène normal et le plus souvent enrichissant, malgré certains excès dénoncés dans cette chronique.
L’anglais est une langue expressive; il parle souvent par images. Le français, en comparaison, est plus abstrait, et donc plus terne. D’où certains emprunts.
Le chat est sorti du sac.
On a connu le fin mot de l’histoire. La vérité est apparue au grand jour. Voilà ce qu’on pourrait dire dans notre langue. Le sens est maintenu, tout est clair. Mais l’image de l’anglais frappe davantage l’imagination.
Le diable est dans les détails.
Votre police d’assurance ne couvre pas les tornades. Bien entendu, votre assureur ne le claironne pas vous devez lire les petits caractères du contrat.
En français? Il faut faire attention aux détails. Ce sont les détails qui posent un problème. Il faut être vigilant. Il faut bien lire le contrat. Attention aux clauses dissimulées/cachées.
On n’est pas sorti du bois.
Locution très canadienne, cent fois plus expressive que l’expression consacrée : on n’est pas sorti de l’auberge.
Les forêts canadiennes sont immenses. Parler d’une auberge n’interpelle pas du tout la population canadienne.
L’éléphant dans la pièce, aux États-Unis, c’est la santé mentale du président.
Le sujet tabou, le sujet dont personne n’ose parler. Le français dit bien ce qu’il a à dire, mais l’anglais est nettement plus imagé. Comme le disait bien un sénateur français, Trump est le seul éléphant à se promener avec son magasin de porcelaine…
Les mathématiques, ce n’est pas ma tasse de thé.
Très britannique indeed. Les mœurs britanniques nous fascinent à un point tel que nous avons calqué cette délicieuse expression.
Ce n’est pas à mon goût, ce n’est pas mon truc. Les mathématiques, ça ne m’excite pas… aussi vrai que un et un font trois.
Conclusion
Les expressions empruntées respectent la syntaxe du français, c’est pourquoi elles sont parfaitement admissibles. Ce qui explique que l’emprunt passe le plus souvent inaperçu.