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Spéculation

Il est des mots que l’on voit et entend si souvent qu’on a l’impression qu’ils ont toujours fait partie du paysage. Personne ne s’en méfie.

Certains sont de purs barbarismes, comme démotion, tandis que d’autres sont bel et bien français, mais avec un sens différent de l’anglais. Or, cette langue influence beaucoup le français, depuis quelques décennies, de sorte que certains mots voient leur définition élargie, sous les coups de boutoir de l’usage.

Et cet usage devient tellement courant, que les dictionnaires finissent par le signaler dans leurs pages.

C’est le cas du mot spéculation, maintenant accepté au sens de supposition, hypothèse… du moins dans le Larousse. Le mot est toutefois péjoratif. Quant au dernier Robert, celui de 2015, il s’en tient à la définition traditionnelle d’étude ou de recherche abstraite, ou encore d’opération financière.

Le terme français exact est conjecture : on se perd en conjectures sur l’identité véritable de l’assassin de John Kennedy. Le substantif a donné le verbe conjecturer.

Avec le Larousse, nous nous trouvons devant un nouveau cas de mots orphelins, car le verbe spéculer n’a pas le sens de faire des spéculations, au sens d’émettre des hypothèses… Le verbe a plutôt le sens de réfléchir à une question, ce qui n’est pas la même chose que de faire des conjectures.

Ainsi va le français… pour l’instant.

 

 

 

Formel et informel

La série mots orphelins se poursuit avec le cas le plus éloquent.

Vous avez une rencontre informelle avec votre supérieur hiérarchique, ce qui signifie que vous devisez à bâtons rompus, sans ordre du jour précis. Le lendemain, ce même supérieur convoque les employés de votre service à une réunion formelle pour discuter des grandes orientations.

Paradoxalement, informelle est correct, tandis que formelle ne l’est pas.

Formel est l’un des anglicismes les plus répandus. Faux ami idéal, il s’insère parfaitement bien dans une conversation et la plupart des gens n’y voient que du feu.

Que signifie formel? « Dont la précision et la netteté excluent toute méprise, toute équivoque. », nous dit le Robert. Opposer un démenti formel est correct; déposer une accusation formelle, aussi.

Mais le mot n’a pas le sens d’officiel, qui vient de l’anglais.

Les emplois suivants sont fautifs : « … un accord formel entre Édimbourg et Londres » — La Presse. « Amir Khadir réclame une enquête formelle du Commissaire au lobbyisme sur les activités de Power Corporation. » — Le Journal de Montréal.

Un exemple d’emploi acceptable : « Le Congrès du travail du Canada est formel — Ottawa ne pense qu’à rembourser la dette. » — Le Devoir.

Il n’échappera à personne que nous sommes devant une contradiction. D’une part, informel qui signifie « non officiel » et, d’autre part, formel qui n’a PAS le sens d’« officiel ».

Car informel vient bel et bien de l’anglais. Son sens véritable en français est « Qui refuse de représenter des formes reconnaissables et classables. », nous dit Le Robert. Le même ouvrage signale l’origine anglaise de ce terme lorsqu’il désigne une chose qui n’est pas officielle.

Ainsi en va-t-il du français qui accepte d’élargir son répertoire pour accueillir un anglicisme, mais qui ferme la porte à son petit frère.

Prochain article : discrimination et discriminer.

Accommoder

L’anglicisme, voilà l’ennemi; tapi dans l’ombre, il nous attend au détour. Et très souvent, on ne le voit pas venir.

Ainsi en est-il du verbe accommoder et de son petit frère, accommodement.

Les Québécois et les autres francophones du Canada sont très accommodants : ils sont toujours prêts à accommoder un voisin dans le pétrin. Par ailleurs, si les nouveaux venus sont prêts à faire quelques efforts d’adaptation, ils sont aussi disposés à leur consentir certains accommodements pour les aider à s’intégrer.

Qu’est-ce qui cloche dans le paragraphe précédent?

Accommoder. Être accommodant, c’est se montrer conciliant, débonnaire. Consentir des accommodements signifie conclure un arrangement convenable. Pourtant, accommoder n’a pas tout à fait le même sens. Le Petit Robert dit : « Accommoder avec : VIEUX, faire s’accorder, concorder. MOD., préparer des aliments pour la consommation. »

Le Petit Larousse donne cependant un sens voisin : mettre en accord, adapter. Accommoder des paroles aux circonstances. Mais nulle part ne voit-on d’exemple plus contemporain, notamment avec des minorités. En fait le sens du verbe est bien limité, surtout quand on regarde la signification du substantif accommodement. Dixit Le Robert : « Règlement à l’amiable (d’un différend, d’une querelle). »

Sans oublier que l’anglicisme nous attend au détour. En effet, selon la Banque de dépannage linguistique de l’Office québécois de la langue française, accommoder n’a pas le sens de « rendre service » ou d’« obliger ».

Signalons que l’expression accommodement raisonnable est entrée dans le Robert : « Au Canada, compromis visant à concilier les droits fondamentaux et les particularités culturelles et religieuses d’un individu, d’une communauté. ».

Toutefois, ce que bien peu de gens savent, c’est que l’expression vient tout droit de l’anglais reasonable accommodation, qui figurait dans un jugement de la Cour suprême, en 1985. Les médias ont plus tard récupéré le calque et l’ont propagé (surprise!).

Mais soyons honnête, ce hiatus met en lumière une faute de concordance typique du français : un verbe et un substantif dont le sens n’est pas tout à fait le même. Si nous consentons des accommodements à des gens, pourquoi ne peut-on pas les accommoder aussi?

C’est ce que j’appelle des mots orphelins, à défaut de mieux. C’est un phénomène que je compte étudier dans mes prochains articles.

Un autre exemple éloquent : formel et informel. À lire bientôt.

Fenêtre d’opportunité

Après le dépôt de son prochain budget, le gouvernement disposera d’une belle fenêtre d’opportunité pour déclencher des élections. On imagine la même expression dans les pages sportives pour parler de la possibilité d’échanger un joueur.

Expression absente du registre français, sauf ces dernières années. Et pour cause : ce n’est pas du français. De quoi parle-t-on au juste? Du moment propice, de l’occasion rêvée de déclencher des élections. Rien de plus.

La fameuse fenêtre d’opportunité sent le caoutchouc brûlé, elle est artificielle, elle relève d’une autre logique, celle de l’anglais.

Les correcteurs du journal Le Monde ont répertorié quelques tournures au fumet irrésistible avec le mot fenêtre.

Une fenêtre de tir pourrait avantageusement remplacer la hideuse fenêtre opportunité. Il s’agit du très bref moment pendant lequel on peut lancer une fusée dans l’espace pour qu’elle se place correctement en orbite. Par extension, cette fenêtre désigne une possibilité favorable pour prendre une décision politique.

La politique et l’amour partagent aussi une fenêtre de rencontre. En diplomatie, on réservera une fenêtre de rencontre entre deux chefs d’État.

Enfin, le monde des vignobles possède une fenêtre de maturité.

Quant au mot opportunité, il nous réserve encore de longs et vigoureux débats sur son sens véritable : le caractère opportun d’une chose, ou encore une possibilité, une occasion.

Je profite de cette belle opportunité pour vous signaler que cette dernière acception vient de l’anglais opportunity; à cela, j’ajouterais que l’Académie française accepte ce nouveau sens.

Certains y voient une belle occasion d’enrichir le français, tandis que d’autres préfèrent s’en tenir au sens traditionnel. À vous de choisir.

Envoyer un manuscrit

Bon, puisque vous y tenez vraiment, semblent dire les éditeurs.

Jadis, soumettre votre roman était la chose la plus simple. Il suffisait de vous présenter chez l’éditeur ou encore de l’envoyer par la poste. C’est cette solution que la plupart des auteurs choisissent.

Mais là, les choses ne sont plus ce qu’elles étaient. Les directives de l’Union des écrivains et écrivaines du Québec nous laissent croire que les éditeurs ont tous les mêmes exigences. Plus maintenant.

Certains souhaitent même que vous leur soumettiez par courriel un synopsis, afin de voir si votre histoire les intéresse ou non. À ce sujet, l’auteur qui ne veut pas perdre son temps et ses sous à envoyer des manuscrits à tout vent aurait intérêt à consulter la page Web de l’éditeur visé. Dressez la liste de ceux qui publient votre genre de prose. Oubliez les autres.

La plupart des maisons d’édition vont dans le sens de l’Union en exigeant un manuscrit tapé à double interligne avec des marges généreuses pour laisser place aux commentaires. Ensuite, les pages doivent être imprimées d’un seul côté. Pourtant, je suis tombé sur des éditeurs qui souhaitaient plutôt un interligne et demi, voire simple interligne; l’un d’entre eux voulait une impression recto-verso.

Ce n’est pas tout d’envoyer le manuscrit. Il faut y joindre vos coordonnées et une présentation de votre roman. Certains veulent même un CV, signe encourageant qu’ils voudraient mieux vous connaître.

La lettre de présentation de votre roman est cruciale. Il ne suffit pas de raconter platement votre histoire. Non, c’est bien plus cela : vous devez expliquer à l’éditeur pourquoi votre roman pourrait séduire le public. Vos personnages ont du gabarit : dites-le! Votre plume fait du patinage artistique : dites-le aussi. Essayez de mettre en lumière ce en quoi votre futur livre se distinguera des autres.

En fait, il s’agit d’une première pub et c’est vous qui la signez. Donc ne manquez pas votre coup!

Le cœur gonflé d’espoir (cliché pratique), vous mettez votre manuscrit à la poste. Quelques éditeurs acceptent maintenant un simple courriel et une pièce jointe. Vous êtes déjà impatient de recevoir une réponse. Justement…

Là où les conditions varient sensiblement d’une maison à l’autre, c’est le délai de réponse. Généralement, on nous promet une réponse écrite dans les trois mois. Certains éditeurs, toutefois, nous préviennent qu’il ne faut rien espérer avant… six mois. L’un d’entre eux m’a dit carrément qu’après ce délai, il fallait tout simplement l’oublier : il n’enverra même pas de lettre de refus. Insultant pour le pauvre auteur qui a investi des années dans son œuvre. Nous en sommes rendus là.

Que s’est-il passé?

Apparemment, les éditeurs sont inondés de manuscrits. Cette constatation surprend, en cette époque numérique; pourtant, oui, les gens écrivent encore des histoires et veulent les faire publier sur papier. Non, tout n’est pas dans le Web. Cela vous rassure? Moi oui.

Comme nous l’avons vu dans mon premier article, il est hélas fort probable que votre chef-d’œuvre ne sera pas reconnu à sa juste valeur. L’éditeur vous en avise par une lettre stéréotypée, vous disant que malheureusement votre roman ne pourra faire partie de son programme de publication de l’an prochain. Cette lettre prend parfois la forme d’un simple courriel. Chose certaine, elle est rarement motivée et on ne vous fournit pas les commentaires du comité de lecture. Bien dommage.

Magnanime, la maison d’édition vous proposera de vous renvoyer le manuscrit pour une modique somme. Certaines d’entre elles ne retourent plus les manuscrits.

Vous savez maintenant à quoi vous en tenir. Bon courage.

Noms de pays francisés

La plupart des noms de pays viennent de langues étrangères et conservent leur graphie originale.

Quelques-uns sont des traductions : Autriche (Österreich), République dominicaine (República Dominicana), Japon (日本).

Habituellement, les noms sont translittérés d’une manière assez fidèle dans les langues occidentales, pour que la graphie reflète la prononciation originale du toponyme.

Les noms de pays comportant un E prononcé comme un É peuvent représenter une difficulté. Le Monténégro, nom issu de l’italien, prend deux accents et fait figure d’exception. Le nom des autres pays concernés s’écrit sans accent : Belarus, Guatemala, Liberia, Nigeria, Venezuela.

On remarquera que le nom de leurs habitants comporte un É. Bélarussien, Guatémaltèque, Libérien, Nigérian, Vénézuélien. Pourquoi? Parce qu’il s’agit de noms français et que, par conséquent, ils prennent les caractéristiques orthographiques de notre langue.

Depuis 2013, le dictionnaire Larousse francise certaines graphies, comme Détroit et Saint-Louis, auparavant écrites à l’anglaise. Rappelons que ces deux villes ont été fondées par les Français. Le même ouvrage donne maintenant deux graphies pour les pays précités, une avec accent aigu et une autre sans accent, celle qu’on voyait dans les éditions précédentes.

Les États dont la graphie a été francisée voient leur nom écrit ainsi : Bélarus (entrée principale à Biélorussie), Guatémala, Libéria, Nigéria, Vénézuéla. Notons que ces graphies sont données comme deuxième choix, mais elles n’en acquièrent pas moins une certaine crédibilité en étant publiées dans le Larousse.

Il me semble que c’est la voie à suivre.

Intoxiqué

L’erreur est trop fréquente pour ne pas en parler. Un party d’adolescents tourne mal : plusieurs d’entre eux sont intoxiqués et doivent être soignés dans un hôpital.

Que veut-on dire au juste? Tout dépend dans quelle langue on pense, car « intoxiqué » est un redoutable faux ami. En français, vous êtes intoxiqué si vous avez mangé des huîtres qui n’étaient pas fraîches. Une intoxication est un empoisonnement.

En anglais, toutefois, intoxicated signifie que vous avez trop bu; vous êtes ivre, grisé, saoul.

Bien entendu, une personne qui dépasse six fois la limite permise pour la consommation d’alcool est saoule, mais on peut dire, dans ce cas précis, qu’elle est aussi intoxiquée, parce qu’elle est dans un coma éthylique qui met sa vie en danger.

Comme pour l’alcool, l’emploi du mot intoxiqué est une question de mesure. Sauf dans les cas d’empoisonnement, il est préférable de parler d’ivresse plutôt que d’intoxication.

À l’effet que

La Presse : « Les commentaires du maire Jean Tremblay à leffet que le député péquiste Sylvain Gaudreault aurait eu de meilleures chances de se tirer de… » .

Le Devoir : « Peu de temps après, des informations ont circulé à leffet que Mme Normandeau aurait eu des échanges avec le Parti conservateur. »

La locution à l’effet que fait tellement partie de notre parler quotidien qu’elle en devient transparente. Elle s’immisce même dans le monde de la justice, comme en témoigne ce bel exemple du français atroce de certains magistrats :

« Un procureur des poursuites pénales :«  M. X a présenté ses excuses au corps policier et il rencontrait les éléments prévus par la jurisprudence à l’effet que c’était dans son intérêt véritable d’obtenir une telle mesure et que cette mesure-là n’allait pas à l’encontre de l’intérêt de la société. »

Ouf! C’est tellement mauvais qu’il faudrait recomposer la phrase.

À l’effet que est un calque de l’anglais to the effect that, qui signifie selon lequel.

Voici quelques exemples où l’on peut remplacer à l’effet que :

 

Les rumeurs (à l’effet que) selon lesquelles des élections seraient déclenchées au printemps sont plausibles.

La nouvelle (à l’effet que) voulant qu’il soit échangé aux Maple Leafs a causé (toute une commotion) tout un choc.          

Soulignons que la locution à l’effet de est correcte dans un contexte juridique, lorsqu’elle signifie « dans le but de », « dans l’intention de ».

 

Prévaloir

Lu dans une dépêche de l’Agence France Presse : «Même si la situation n’est en rien comparable à celle qui prévalait au milieu des années 60.» Le reporter est en poste à Washington et, comme le font les Canadiens depuis des décennies, il a été victime d’un faux ami.

Voici des exemples d’utilisation correcte de prévaloir :

«L’Allemagne est un pays où prévaut la stabilité économique et politique.»  «La meilleure éducation du monde ne prévalait pas contre les mauvais instincts » ( Gide ).

Prévaloir a le sens de l’emporter sur, avoir le dessus.

Pourtant, le verbe est souvent mal utilisé.

« Les habitudes qui prévalent dans les médias. » « La situation qui prévaut au Proche-Orient est inquiétante. » « Le pessimisme prévaut chez les économistes américains. » « Il faut  revoir la stratégie économique qui prévaut au Québec. »

Lorsque prévaloir remplace règne, il y a anglicisme. Dans les cas qui précèdent, la situation au Proche-Orient ne l’emporte pas; le pessimisme n’a pas le dessus; la stratégie économique ne gagne rien du tout.

Parfois, il suffit d’un peu d’imagination pour éviter prévaut.

« Les habitudes qui ont cours dans les médias. » « La situation au Proche-Orient est inquiétante. » « Le pessimisme affiché par les économistes américains. » « Il faut revoir la stratégie économique mise de l’avant au Québec. »

L’expression s’est immiscée dans la langue du sport.

« Les Canadiens ont prévalu contre les Rangers… »

On flaire tout de suite l’anglicisme, car le même verbe est employé en anglais. Pourtant, il est utilisé dans le sens de l’emporter sur. Cependant, je ne vois aucun exemple dans les dictionnaires français dans lesquels prévaloir est utilisé dans un tel contexte.

Je recommanderais la prudence dans ce cas.

 

Conversation

Il fallait entendre ce citoyen au Téléjournal de l’Outaouais. Un promoteur effronté veut ériger deux tours vertigineuses à côté du Musée de l’histoire, devant la rivière des Outaouais. Les habitants du quartier sont furieux, et avec raison. À croire que les promoteurs définissent maintenant l’urbanisme des villes.

Le pauvre citoyen qui parlait de l’importance d’avoir une «conversation» sur la question. Quand il s’agit de construire des monstruosités dans un quartier résidentiel populaire, l’heure n’est plus à la conversation.

Le problème ne date pas d’hier. Les médias se gargarisent de conversations depuis un certain temps. Steven Guilbeault qui parle de conversation lors de la Conférence des Nations unies sur l’environnement. Les échanges, peut-être?

L’attentat d’Ottawa qui aurait pu virer au drame, pourtant, le Globe and Mail : « In the wake of the Ottawa attack, how will our conversation around terrorism change? »

Les Canadiens ont-ils vraiment une conversation sur le terrorisme?

Autre exemple du même journal : « Follow the conversation on the blog below. »

Le Devoir suit la parade : « L’heure d’une conversation nationale sur l’éthique a sonné. »

De plus en plus, les chroniqueurs politiques saupoudrent leurs textes de conversations… Qu’en est-il vraiment?

Les Canadiens n’ont pas de conversation sur le terrorisme, tout simplement parce que c’est un sujet controversé. Tout échange d’idées à ce sujet devient vite une discussion, voire un débat, car chacun a des opinions bien arrêtées.

Pour les sujets moins controversés, on peut certes parler d’échange de vues.

L’atténuation du mot discussion en soi-disant conversation reflète une tendance de notre époque, celle de chercher des mots moins abrasifs pour parler de sujets délicats.