Fournaise

Au sens propre, une fournaise est un endroit où il fait très chaud. Une pièce orientée vers le sud peut devenir une fournaise en été. Montréal est une fournaise pendant la saison estivale à cause de l’humidité du fleuve Saint-Laurent.

Ce mot a toutefois une signification particulière au Canada, celui d’appareil de chauffage. D’ailleurs, cette acception est consignée dans Le Petit Larousse. En Europe, on parlerait plutôt de chaudière. Comme je l’ai expliqué dans un autre billet, une chaudière au Canada est un seau d’eau et n’a rien à voir avec le chauffage.

Alors où les Canadiens sont-ils donc allés pêcher leur fournaise?

En anglais évidemment. On parle d’une pièce ou d’une structure produisant de la chaleur, ce qui définit un appareil de chauffage, le plus souvent. Soit dit en passant, les anglophones retiennent également la définition d’un lieu chaud, comme en français.

Le terme anglais tire son origine du vieux français fornais, qui signifiait four. Lui-même vient du latin furnus. Donc, comme cela arrive souvent, cet anglicisme canadien vient de l’ancien français qui, en quelque sorte, nous revient comme un boomerang.

Au Canada se pose la question de son emploi. L’ennui était que l’expression est bien incrustée dans l’usage et que personne, ou à peu près, ne comprend le véritable sens français du mot chaudière. L’immense majorité des francophones du Canada ne comprennent pas cette phrase : « Ma chaudière est défectueuse, elle a une fuite de mazout. »

De toute façon, diront certains, l’acception canadienne de fournaise figure dans un dictionnaire français. Alors?

One Thought on “Fournaise

  1. C’est quand même un peu paradoxal d’utiliser le dictionnaire comme justification et par ailleurs d’affirmer que, au Canada, « personne ne comprend le véritable sens français du mot chaudière ». Tant qu’à utiliser le dictionnaire, autant l’utiliser pour apprendre le « véritable sens français » du mot chaudière, non? Est-il vraiment impensable qu’un même mot puisse avoir plus d’un sens, selon le contexte?

    Ce qui m’épate le plus au Canada, c’est que, d’une part, on utilise les dictionnaires de façon tordue pour justifier des anglicismes sous prétexte que les mots ont pu avoir un autre sens à une certaine époque et que, d’autre part, on semble refuser d’utiliser ces mêmes dictionnaires pour S’INSTRUIRE soi-même ou adopter une plus grande ouverture d’esprit vis-à-vis de la langue telle qu’elle existe aujourd’hui. Les dicos sont quand même aussi faits pour ça, non?

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