Je l’ai dit souvent, les anglicismes utilisés en France et en Europe ne sont pas toujours les mêmes qu’au Québec, ce qui est tout à fait normal.
Très jeune, en deuxième année du primaire, j’ai été confronté à ce phénomène lorsqu’une jeune fille d’origine française s’est jointe à notre classe. L’enseignante lui a demandé de parler au groupe et j’ai immédiatement perçu un accent très différent du nôtre. Mais c’est surtout un mot qu’elle a employé qui a retenu mon attention.
Elle portait un pull. Ce que nous appelons couramment un chandail, ici. Le terme m’est apparu étrange et il continue de l’être puisque les Québécois portent des chandails quand il fait froid (souvent) et jamais des pulls, un anglicisme surprenant pour nous.
Un pull, c’est un vêtement tricoté, généralement en laine que l’on enfile en le passant par-dessus la tête. Mais, au fond, n’est-ce pas un chandail? Un gros tricot qu’on enfile par la tête? Non?
La similarité, sinon la concordance des deux termes, explique que l’anglicisme n’a jamais percé chez nous, malgré notre expérience… vivifiante avec le froid. (Entendre les journalistes français parler d’un froid « glacial » quand il fait moins deux à Paris nous faire sourire.)
Alors pourquoi le mot pull? Probablement parce que tous ces tricots viennent souvent de ces contrées quelque peu frisquettes que sont l’Irlande ou l’Écosse. D’où le carambolage de consonnes dans leurs idiomes, les voyelles étant frigorifiées par l’air fortifiant de la mer (explication non scientifique).
Bref, Français et Québécois continuent d’être deux peuples séparés par la même langue. Souhaitons qu’ils ne soient pas en froid.