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Disgrâce

Depuis quelques années déjà, l’ancien prince Andrew est en disgrâce en Grande-Bretagne pour avoir fréquenté le pédophile Jeffrey Epstein. Or, il vient tout juste d’être arrêté parce qu’il aurait révélé des secrets d’État à des entreprises étrangères.

Certains diront que les agissements de Andrew Mountbatten sont une véritable disgrâce.

C’est aussi dans ces termes que s’exprime le président des États-Unis après le jugement de la Cour suprême qui statue que les droits tarifaires imposés à plusieurs autres pays sont illégaux.

« Ce jugement est une disgrâce », s’est exclamé le grand homme, outré.

Un autre faux ami?

Employer le mot disgrâce en français c’est comme marcher sur un fil de fer. Un faux pas et c’est l’anglicisme insidieux qui nous guette.

Dans le cas du président étasunien, il faudrait dire que le jugement est une honte, qu’il est scandaleux. En effet, le terme anglais disgrace peut se traduire ainsi. Autrement dit, les juges du tribunal suprême ont pris une décision inacceptable, une très mauvaise décision.

Là où le français rejoint l’anglais, c’est lorsque l’on dit qu’une personne est en disgrâce à cause des actes répréhensibles qu’elle a commis. C’est le cas de Andrew Mountbatten Windsor.

Disgrâce en français

Dans notre langue, une perte de faveur est une disgrâce. On dira que l’ancien prince britannique est tombé en disgrâce, parce qu’il a eu des rapports sexuels avec des personnes mineures.

Ce scandale secoue la Grande-Bretagne et ébranle la monarchie britannique. C’est une honte, mais non pas une disgrâce, au sens strict du français.

Tag

On en voit partout, sur les murs, sur les portes et même sur les viaducs. Que d’acrobaties pour laisser sa trace dans les lieux publics.

Les tags pullulent. Ils sont une forme de graffiti apposée un peu partout qui composent une sorte de signature. Le tag se veut décoratif.

Ceux qui tracent des tags sont des tagueurs.

Plusieurs se demanderont quelle est la différence avec un graffiti, terme le plus souvent employé au Québec et dans le reste du Canada. Les grands dictionnaires y voient un dessin ou une inscription sur un mur ou sur un monument. Le mot en question est donc plus générique. On avouera que la nuance est assez mince.

Ceux qui tracent des graffitis sont des graffiteurs.

Graffiti est le pluriel italien de graffito. On pourrait conserver le pluriel italien en français et écrire graffiti, mais le mot est bien acclimaté dans notre langue, de sorte qu’on peut écrire graffitis avec le pluriel français, un peu comme on le fait avec spaghettis, un autre pluriel italien qui s’écrit sans S dans la langue de Dante.

Les Européens emploient aussi le terme graff pour désigner une fresque murale, plus élaborée que le tag. Voilà bien des nuances pour tous ces barbouillages, parfois réussis, mais pas toujours.

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Checker

Au Québec les emprunts de toutes sortes à l’anglais sont légion et intégrés à la langue sans grand effort. On peut par exemple checker ses wipers qui égratignent le windshield.

Il y a belle lurette que l’anglicisme checker (tchéquer) est employé couramment en terre boréale québécoise. Je fus cependant étonné de l’entendre dans une série policière française, Balthazar.

Le terme en question n’est répertorié ni dans le Robert ni dans le Larousse. On trouve quelques définitions dans le web.

L’Internaute : « Verbe d’origine anglophone (sic) qui signifie « vérifier », « contrôler attentivement »… (Il) est souvent associé à l’idée de tri et d’objectif de résultat. »

Sur le site Je-parle-quebecois.com, on propose les traductions suivantes : vérifier, regarder et écouter.

C’est curieux, j’ai un peu l’impression les Français viennent puiser dans l’intimité de notre patrimoine linguistique. Avant, on pouvait dire à un cousin de « tchéquer ses claques. » avec l’assurance qu’il ne comprendrait rien. À présent, il peut saisir le début de la phrase, mais sûrement pas la fin…

QR code

Bonjour, comment vont vos code-barres bidimensionnels?

Vous savez, ces gribouillis labyrinthiques en forme de carré. Vous les balayez avec votre téléphone et hop! accès direct à un site web.

Vous avez sans doute reconnu les fameux QR code, comme on dit en Europe, appelés ici au Québec code QR. Que signifie au juste l’initiale QR? Quick response, donc un code de réponse rapide. Je ne pousserai pas le purisme jusqu’à proposer cette traduction; il me semble que code QR est suffisant.

Bien sûr, il ne scintille pas de mille feux comme l’anglicisme, parfaitement inutile d’ailleurs. Le QR code est le parfait exemple d’un terme anglais facilement traduisible en français.

L’OQLF

Les code-barres bidimensionnels précités sont une proposition de l’Office québécois de la langue française. Proposition qui fera certes des gorges chaudes outre-Atlantique, où l’on a perdu l’habitude de traduire dès que ça vient de l’Amérique.

Néanmoins, il faut reconnaitre que la traduction de l’OQLF demeure obscure et quelque peu pompeuse. C’est pourquoi il ne me semble pas avisé de l’adopter.