Conversation

Il fallait entendre ce citoyen au Téléjournal de l’Outaouais. Un promoteur effronté veut ériger deux tours vertigineuses à côté du Musée de l’histoire, devant la rivière des Outaouais. Les habitants du quartier sont furieux, et avec raison. À croire que les promoteurs définissent maintenant l’urbanisme des villes.

Le pauvre citoyen qui parlait de l’importance d’avoir une «conversation» sur la question. Quand il s’agit de construire des monstruosités dans un quartier résidentiel populaire, l’heure n’est plus à la conversation.

Le problème ne date pas d’hier. Les médias se gargarisent de conversations depuis un certain temps. Steven Guilbeault qui parle de conversation lors de la Conférence des Nations unies sur l’environnement. Les échanges, peut-être?

L’attentat d’Ottawa qui aurait pu virer au drame, pourtant, le Globe and Mail : « In the wake of the Ottawa attack, how will our conversation around terrorism change? »

Les Canadiens ont-ils vraiment une conversation sur le terrorisme?

Autre exemple du même journal : « Follow the conversation on the blog below. »

Le Devoir suit la parade : « L’heure d’une conversation nationale sur l’éthique a sonné. »

De plus en plus, les chroniqueurs politiques saupoudrent leurs textes de conversations… Qu’en est-il vraiment?

Les Canadiens n’ont pas de conversation sur le terrorisme, tout simplement parce que c’est un sujet controversé. Tout échange d’idées à ce sujet devient vite une discussion, voire un débat, car chacun a des opinions bien arrêtées.

Pour les sujets moins controversés, on peut certes parler d’échange de vues.

L’atténuation du mot discussion en soi-disant conversation reflète une tendance de notre époque, celle de chercher des mots moins abrasifs pour parler de sujets délicats.

 

L’attentat du 22 Octobre à Ottawa

On évoque avec horreur le souvenir des attentats du 11 Septembre. Désormais, on parlera au Canada de l’attentat du 22 Octobre. Si on ajoute l’année, cela devient l’attentat du 22 octobre 2014.

Certains médias parlent encore de fusillade, alors qu’il s’agit bel et bien d’un acte motivé par une idéologie spécifique. Rien à voir avec le braquage d’une banque. Un forcené qui pénètre dans un parlement dans le but d’assassiner des gens commet un attentat, que certains qualifieront de terroriste.

Sur le plan linguistique, il importe d’écrire ces expressions correctement, c’est-à-dire en employant la majuscule. Celle-ci désigne un événement clé dans l’histoire. Ne pas l’employer banalise la date et en rabaisse l’importance.

Comparons : les événements du 11 septembre et les événements du 11 Septembre. Lequel retient davantage l’attention?

Les règles quant à l’utilisation ou non du trait d’union dans les dates historiques ne sont pas claires. On voit toutes sortes de graphies. Cependant, l’Office québécois de la langue française préconise l’absence de trait d’union.

D’autres événements historiques comportant un élément de date voient leur nom écrit avec la majuscule. Par exemple, la Crise d’Octobre, la Monarchie de Juillet en France, la Révolution d’Octobre en Russie.

Place

La Place Bell sera bientôt construite à Laval. Ce complexe abritera une patinoire transformable en salle de spectacle. Pourtant, la Place Bell n’est pas une place.

En géographie urbaine, une place est un vaste espace découvert où convergent plusieurs voies de circulation. Pensons à la place de la Concorde à Paris, à la place d’Armes à Montréal ou à la place d’Youville à Québec. Donc rien à voir avec un immeuble public.

Certains feront valoir que des immeubles montréalais portent déjà ce nom : la Place Ville-Marie, la Place Bonaventure. L’ennui, c’est que le mot place est un calque de l’anglais. D’ailleurs, le Canadian Oxford parle de particular building, un sens inconnu en françaisPeu de gens le savent, mais le Complexe Desjardins devait s’appeler Place Desjardins, à l’origine. On a rectifié le tir. Par ignorance ou par manque de volonté, on réédite une vieille erreur avec la Place Bell. On devrait sonner les cloches de la Cité de la culture et du sport de Laval et de la Société québécoise des infrastructures, responsables du projet.

Comme on le voit, d’autres génériques que place sont possibles. Pensons à tour, immeuble, édifice, galerie.

Bien entendu, il est maintenant impensable de débaptiser la Place Ville-Marie, la Place-des-Arts. Ces noms sont gravés dans le paysage urbain; ils sont traités comme des éléments spécifiques et prennent la majuscule et le trait d’union. C’est un peu comme si on disait l’immeuble Place-Ville-Marie, mais en faisant une ellipse. Néanmoins, l’anglicisme est toujours là.

Trop tard pour la grande tour cruciforme, mais il est encore temps de trouver un autre nom pour la soi-disant Place Bell.

Ajouter l’insulte à l’injure

On entend beaucoup l’expression imagée ajouter l’insulte à l’injure. Reconnaissons-le, elle a de la gueule, elle en impose. Cette faconde nous fait oublier son origine anglaise et le pléonasme qu’elle dissimule sous sa cape enflammée.

L’expression en question n’est rien d’autre qu’un calque de la locution anglaise to add insult to injury. Ce calque est d’autant plus condamnable que le mot injury ne signifie pas « injure », mais bien « blessure ». Il en résulte un pléonasme, puisque les mots insulte et injure signifient sensiblement la même chose.

Alors par quoi peut-on remplacer l’expression?

Commençons par les insultes : comble d’insulte; redoubler d’insultes.

Un petit tour dans les combles : pour comble; comble de tout; et le comble; pour comble d’insulte.

Autres expressions : dépasser la mesure; aller trop loin; doubler ses torts d’un affront; pour couronner le tout; comme si cela ne suffisait pas.

Une expression courante comme par-dessus le marché peut aussi nous dépanner. Et que diriez-vous de la cerise sur le gâteau, et pour en rajouter?

Il y en a sûrement d’autres.

 

Disposer d’un adversaire

Les Giants disposent des Pirates… Le lanceur Madison Bumgarner (quel nom!) a disposé de dix frappeurs des Pirates… Ce verbe en apparence très correct foisonne dans  les textes du merveilleux monde du sport. Il apparaît sans cesse dans les dépêches traduites de la Presse Canadienne, dans les textes rédigés par des journalistes de La Presse et du Devoir.

Dans un article précédent, j’expliquais que disposer n’a pas du tout le sens de vaincre, défaire, l’emporter sur.

Donc : les Giants battent ou défont les Pirates; les Giants l’emportent sur les Pirates.

De fait, disposer signifie « avoir à sa disposition ». Il n’a nullement le sens de défaire, de se débarrasser de.

Longtemps, il existait au gouvernement fédéral un monstre linguistique appelé Corporation de disposition des biens de la Couronne. Deux anglicismes pour le prix d’un; c’est ce qui arrive quand des fonctionnaires s’imaginent qu’ils n’ont pas besoin de traducteurs professionnels.

Malheureusement, cette erreur est bien implantée au Canada. On peut toujours tenter de la signaler à ceux qui la commettent, mais beaucoup d’entre eux font la sourde oreille.

L’État islamique

Le groupe qui se fait appeler l’État islamique constitue non seulement un problème politique, mais aussi un problème terminologique.

Au départ, cette organisation terroriste se faisait appeler État islamique en Iraq et au Levant, avant de raccourcir son nom. Elle contrôle une vaste portion de territoire en dans le nord de l’Iraq et en Syrie et se finance généreusement en vendant du pétrole sur le marché noir.

Les djihadistes, ces combattants musulmans, veulent fonder un califat, soit un territoire soumis à un calife, un souverain musulman qui se dit successeur de Mahomet, aussi appelé Muhammad.

Bien entendu, cette entité territoriale n’est pas reconnue à l’échelle internationale, de sorte qu’on peut difficilement parler d’État, car elle ne possède aucun véritable gouvernement ni de frontières clairement délimitées. De fait, le groupe tente plutôt d’élargir ces frontières aux dépens des pays voisins.

C’est ce qui explique que la France a décidé de ne plus parler d’État islamique; elle recourt plutôt à l’acronyme Daech, qui signifie État islamique en Iraq et au Levant. Cet acronyme rend furieux le groupe terroriste puisqu’il gomme les mots clés « État » et « islamique ». La graphie anglaise Daesh adoptée par le gouvernement français rend furieux tout ceux qui ont à cœur l’épanouissement du français.

Certains médias ont emboité le pas, sans nécessairement utiliser l’acronyme. Le Devoir et La Presse parlent du groupe État islamique; Radio-Canada parle du groupe armé État islamique. En France, Le Monde, Le Monde Diplomatique, Le Figaro semblent s’accrocher à l’appellation État islamique.

Le terme djihadiste figure dans les dictionnaires, parfois orthographié jihadiste. Je ne recommande pas cette graphie, inspirée de l’anglais. Qu’est-ce que le djihad? Une guerre sainte, bien sûr, menée par des musulmans. Mais le mot a aussi un autre sens, méconnu, celui-là. Dixit Le Larousse : « Combat intérieur que tout musulman doit mener contre ses passions. » Le djihad n’est donc pas toujours une guerre sainte.

Ceux qui luttent contre le groupe État islamique forment une coalition, souvent appelée coalition antidjihadiste; certains l’écrivent au pluriel : coalition antidjihadistes. On peut voir la chose sous deux angles : une coalition que l’on qualifie d’antidjihadiste, ou encore une coalition contre les djihadistes, ce qui explique probablement le pluriel.

Le terme antidjihadiste ne figure pas encore dans les dictionnaires, mais cela viendra. Ce n’est pas une raison pour ne pas l’employer.

 

Écrire à la plume?

L’idée apparaît saugrenue, surannée, hors propos, pourtant elle séduit l’écrivain que je suis, enfin que je tente de devenir. Comment imaginer un seul instant saisir un stylo pour écrire sa prose, en cette époque fulgurante zébrée par les connections instantanées sur nos écrans, qu’ils soient menus comme celui d’un téléphone (qui n’a plus grand-chose d’un téléphone), ou grand format comme celui d’une tablette; sans parler de celui d’un ordinateur de table.

Pourtant.

Les écrivains du début du siècle dernier ne noircissaient-ils pas des rames de papier pour raconter leurs histoires? Quitte à s’astreindre au remplissage de leur stylo-plume toujours assoiffé. Certains le délaissèrent pour la brutale machine à écrire, venue ponctuer leurs débordements d’imagination en les martelant sur le papier. Tac! Tac! Tac!

Peut-on imaginer aujourd’hui un seul écrivain se servir d’une plume, alors que la magie de l’ordinateur permet de faire disparaître une phrase, un paragraphe, écrits avec un peu trop d’impétuosité? Finies les ratures.

Pourtant.

Le doux grattement de la plume sur le papier revêche vaut presqu’à lui seul le plaisir d’écrire. Non, j’exagère un peu. Que l’on songe à Tolstoï, à Jules Verne et à tous les autres hérauts du dix-neuvième siècle qui écrivaient tout à la main. Ce n’est pas pour rien que l’on parlait de la crampe de l’écrivain.

Vous savez quand les mots se bousculent dans votre tête, que votre muse s’emballe et débite les phrases à un rythme d’enfer, au point de vous étourdir, de vous faire perdre le fil, car les idées se télescopent dans votre tête dans un carambolage cacophonique. Douce euphorie. Alors, écrire à la plume, vous n’y pensez pas! Seul un ordi peut permettre de soutenir un tel rythme.

Bien entendu, j’écris sur mon portable pour une multitude de raisons d’ordre pratique : vitesse, corrections aisées, recherche d’un nom oublié dans le manuscrit, substitution d’un terme plus littéraire à un mot trop banal. La liste des avantages s’allonge à l’infini. Mais le portable fouette l’écrivain comme le galérien qu’il devient; il impose un rythme. Son curseur clignote d’impatience quand l’auteur tente de souffler, rassemble ses idées, cherche le filon de l’inspiration. L’ordi est muet, certes, mais il observe l’écrivain d’un oeil critique, l’asperge d’une lueur blanche menaçante qui doit être criblée au plus vite de petits caractères noirs.

Cet appétit cybernétique me dérange parfois. Je me sens bousculé, obligé de noircir mes pages, quitte à sacrifier un peu le style, pour gagner un temps précieux. La relecture se chargera du reste…

Mais il existe une autre façon d’écrire, aujourd’hui oubliée.

Lorsque je me sens particulièrement détendu, que j’ai le goût de tutoyer à nouveau mon récit, de le faire mijoter à feu doux, de le humer, de laisser ses effluves titiller mon inspiration, eh bien je saisis ma plume.

Le choix de l’instrument a son importance. Prendre un de ces bâtonnets de plastique que l’on voit à la caisse de tous les dépanneurs relève de l’hérésie. Même ces plumes plus coûteuses, parfois hors de prix, qui laissent un trait gras comme une vomissure sont indignes d’un écrivain sérieux. Non, ce qu’il lui faut c’est le stylo-plume, que l’on appelle faussement plume-fontaine, autre calque de l’anglais. Le grattement inimitable de sa pointe métallique fait gémir le papier et laisse un trait noble derrière lui. Une banale description devient tout à coup une fresque; un dialogue prend tout son sens lorsque la plume ne tyrannise pas son auteur, qu’elle lui laisse tout le temps de réfléchir. Les mots hystériques qu’il aurait tapés à toute vitesse sur son clavier s’apaisent, tirent parfois leur révérence pour laisser entrer de lointains cousins, absents depuis de longues années. L’auteur respire au rythme de sa plume. Il n’efface plus rageusement les trois dernières phrases pondues trop vite, crachées, que dis-je.

Non. Avec son stylo-plume, il tisse son histoire avec d’élégantes arabesques. Son imagination devient de somptueuses volutes azur qui ensorcèlent le papier. Là, toutes les cabrioles sont permises, et le texte s’anime doucement, au chant du papier.

La plume nous réapprend à écrire.

Focusser

Focusser est l’un des anglicismes les plus irritants que l’on puisse imaginer. D’autant plus irritant que la majorité de ceux qui l’utilisent sont conscients qu’il s’agit d’une faute. Une variante que l’on entend parfois : mettre le focus sur quelque chose. 

Le terme exact est focaliser, qui signifie se concentrer sur un point précis. On pourrait y voir un habile stratagème pour éviter l’erreur, mais c’est tout le contraire, puisque l’on perpétue l’anglicisme d’une autre manière. En fait, la question qu’il faut se poser est la suivante : un francophone non influencé par l’anglais utiliserait-il ce verbe? Pas toujours.

Bien sûr, on pourrait focaliser son attention sur un point. Mais un individu se focalise-t-il sur une question? Quelle serait la formulation la plus naturelle, sinon de dire qu’il se concentre, met toute son attention sur une question? 

Substituer focaliser à focus revient souvent à faire de la littéralité. Focus est l’une des expressions passe-partout dont raffole l’anglais. Employée à toutes les sauces, elle ne peut se rendre d’une seule manière en français.

Par exemple : This meeting focusses on security se rendra par : Cette réunion porte principalement sur la sécurité.

Le traducteur n’est pas au bout de ses peines. En effet, certains rédacteurs manquant de rigueur en viennent à faire coïncider focus avec deal with. Par exemple : This book focusses on the Great War. Habituellement, un livre traite d’un seul sujet; on peut donc raisonnablement penser que le livre est entièrement consacré à la Grande Guerre. Donc : Ce livre traite de la Grande Guerre.

Le même genre d’abus frappe le proliférant include qui, tantôt, englobe tous les éléments et, tantôt, seulement une partie.

Certains auteurs devraient focaliser leur attention sur l’achat d’un bon dictionnaire.

 

Pourquoi sauver Le Devoir?

Le seul quotidien indépendant du Québec est en difficulté financière. Cette triste nouvelle a suscité une vague de réactions partout et dans les médias sociaux. Un fil de discussion sur Twitter est même apparu : #PourquoiLeDevoir.

Bien des raisons ont été avancées pour soutenir Le Devoir. La mienne se résume en peu de mots : c’est un journal qui fait appel à l’intelligence. Quand je le lis, je me renseigne et je réfléchis.

Quelques signes qui montrent que le journal fait bande à part : il n’a jamais publié d’astrologie; il se tient loin des nouvelles dites insolites (orignal dans une piscine, par. ex.); sa page frontispice n’est jamais masquée par une pub vantant le nouveau Dodge Ram; les nouvelles ne sont pas noyées sous un fatras d’annonces; l’information internationale est traitée décemment et analysée.

La disparition du Devoir serait une tragédie, parce qu’il est unique.

Ses concurrents font partie de puissants conglomérats financiers qui pratiquent ce qu’ils appellent la « convergence ». Tel journal populaire fait mousser les émissions et les vedettes de la chaîne de télévision du propriétaire. Elle n’est guère tendre pour le réseau de télévision d’État, lui-même officieusement associé à l’autre grand quotidien.

Bien entendu, ni un ni l’autre de ses concurrents ne parle de l’intégration verticale des médias, alors que Le Devoir en discute librement.

Contrairement à un grand quotidien du quartier financier, il n’a pas d’opinion préconçue au sujet du statut politique du Québec. Un hypothétique règlement du contentieux constitutionnel en faveur du Québec pourrait recevoir son appui, alors que ledit grand quotidien n’appuiera jamais l’indépendance du Québec.

Je lis Le Devoir aussi parce qu’il ne publie pas des inepties comme : le français ne s’est jamais mieux porté à Montréal.

Je lis Le Devoir pour la qualité de la langue. Bien sûr on y trouve des fautes. Ses journalistes succombent à certaines modes linguistiques, certes. Mais, grosso modo, le français qu’on y lit est un cran supérieur.

Enfin, Le Devoir publie tous les samedis un cahier littéraire à part. La rentrée littéraire fait l’objet d’articles fouillés.

Si nous ne voulons pas voir ce quotidien disparaître, il faut s’abonner et inciter nos amis à en faire autant.

Vous n’avez pas assez de temps pour le lire tous les jours? Achetez au moins le numéro du samedi, vous en aurez pour la semaine!

Pour vous abonner.

Drastique

On l’entend partout, au point où à peu près personne ne voit l’erreur. Des mesures drastiques, des coupures drastiques (sic).

Le mot est un bel exemple d’un terme français dont le sens a été infléchi par l’anglais. Deux articles à ce sujet (ici et ici) ont paru dans ce blogue. L’anglicisation de certains mots français constitue une pomme de discorde chez les langagiers, dont le degré d’ouverture est à géométrie variable.

Certains diront que drastique au sens d’énergique est passé dans la langue depuis plusieurs décennies et qu’il serait vain de vouloir revenir en arrière. À l’origine, drastique désigne un purgatif puissant. Mais plus personne (ou à peu près) ne l’emploie en ce sens. Un petit tour sur la Toile saura vous convaincre. D’ailleurs, le Larousse considère cette définition comme vieillie.

Un autre exemple : alternative. On peut bien sûr critiquer l’emploi d’alternative pour désigner chacune des options d’une… alternative. Une alternative, c’est justement le choix entre deux possibilités. Mais il est beaucoup plus difficile de revenir sur l’adjectif alternatif lorsqu’il est question de courants parallèles, marginaux : la musique alternative; les groupes politiques alternatifs.

Le substantif alternative, dans le sens d’une solution de rechange est également bien implanté dans la langue, même s’il est critiqué.

Une certaine lucidité s’impose que l’on aborde des termes dont le sens est infléchi par l’anglais. On peut bien sûr mener une guerre de tranchées contre eux, mais les esprits plus permissifs brandiront les dictionnaires, qui ne font que confirmer l’usage.

Alors que faire? S’incliner piteusement? Accepter une évolution de la langue? Éviter ces mots controversés? Le choix vous appartient.

Blogue destiné à tous ceux qui ont à cœur l'épanouissement de la langue française.