Tous les articles par Andre Racicot

Exfiltrer

L’enlèvement de Nicolás Maduro par les États-Unis défraie la manchette, pour toutes sortes de raisons. L’une d’entre elles, linguistique, fait l’objet de cette chronique.

Certains médias ont parlé d’exfiltration, ce qui est inexact. Un simple coup d’œil au Petit Robert aurait permis d’éviter l’erreur. Voyons ce que dit le dictionnaire.

« Assurer le rapatriement de (un agent secret) au terme de sa mission. Organiser clandestinement la fuite de (qqn qui se trouve en milieu hostile). Exfiltrer des dissidents. »

On voit tout de suite que ça ne colle pas. Il aurait été plus juste de parler d’extradition, procédé qui consiste à se faire livrer un individu condamné. Par exemple, la France peut demander au Portugal l’extradition d’un trafiquant de drogues coupable de plusieurs crimes dans l’Hexagone.

Venezuela

Un petit mot sur ce toponyme espagnol, qui s’écrit sans accent, alors que le gentilé Vénézuélien en prend deux. Un autre illogisme du français? Pas vraiment, car Vénézuélien est bel et bien un mot français, et non espagnol. Dans la langue de Cervantès, on dit Venezolano.

Dans une autre chronique, j’ai déjà exprimé le vœu que certains toponymes étrangers soient écrits avec les accents du français. Matière à réflexion.

Fast fashion

La langue française a beau être fastueuse – quand elle n’est pas fastidieuse –, mais la tentation de tout angliciser semble irrépressible.

Un concept récemment apparu, la fast fashion, en est un bel exemple. Définition qui nous vient d’Oxfam France : « … cette mode rapide et jetable qui a inondé les marchés de ses multiples collections depuis les années 1990. » La même source nous parle aussi de l’ultra fast-fashion, dont le renouvellement des collections est quotidien. Oui, vous avez bien lu.

Un beau pied de nez à l’environnement. On imagine le gaspillage des ressources causée par ces marques de consommation rapide, sans parler de la qualité médiocre, grâce à laquelle certaines chaines offrent des prix sans équivalent.

On comprend rapidement que les acheteurs se lassent rapidement de leurs achats, d’autant plus qu’ils risquent de se détériorer à vitesse grand V.

Les médias français nous parlent aussi de la Fashion Week, qui se déroule à Paris, mais aussi à Londres, Milan et à New York.

Traduire

On peut comprendre que la Fashion Week conserve son appellation anglaise, puisqu’il s’agit d’une manifestation internationale. Cependant, le concept de fast fashion peut aisément être traduit en français. Voici quelques suggestions :

  • Mode éphémère
  • Mode rapide
  • Mode instantanée
  • Mode de courte durée
  • Mode jetable
  • Mode à bas prix

Mais, comme d’habitude, la volonté de traduire semble complètement disparue de l’autre côté de l’Atlantique.

Fast-food

On peut tracer un parallèle avec l’expression indigeste fast-food. Celle-ci habite le français depuis 1972, précise Le Petit Robert.

Certaines traductions se sont frayé un chemin dans l’usage, bien que fast-food soit très répandu. Pensons à restauration rapide et à malbouffe.

Fin de cette chronique rapide et indigeste.

Cul

Une chronique cul par-dessus tête qui demande un certain CULot. Un mot innocent de trois lettres qui oscille entre vulgarité et acceptabilité. Car on peut parler de cul sans nécessairement être vulgaire et ceux qui souhaiteraient être dyslexiques pour éviter bassesse et trivialité seront confondus. Ils en resteront sur le cul.

Un mot comme un autre

On aurait tort de penser que cul rime sans cesse avec trivialité. Les automobilistes qui s’engagent dans un cul-de-sac pourront en témoigner, de même que les culs-de-jatte et toutes les personnes qui parlent avec la bouche en cul-de-poule. Celles qui pètent plus haut que le cul, bref. Au Québec, on est plus poli et on pète plus haut que le trou. L’honneur est sauf.

Les amateurs de vins aiment faire cul sec et boivent leur élixir jusqu’au fond de la bouteille. Ce fond de bouteille s’appelle le cul de la bouteille et jamais ne pourra-t-on accuser un œnologue de vulgarité lorsqu’il en parle. Eh oui, cul revêt parfois ses habits de gala et se glisse dans les conversations les plus innocentes. De quoi tomber sur le cul, diront les loustics, surtout si ladite bouteille nous coûte la peau du cul.

Un mot pas comme les autres

Il m’a fallu me botter le cul pour écrire ce texte, car le mot cul est le plus souvent employé dans un contexte de vulgarité. Qu’on en juge par les quelques expressions suivantes :

  • En avoir plein le cul : en avoir assez.
  • Se bouger le cul : se grouiller, réagir.
  • Lécher le cul : flatter quelqu’un.
  • Avoir le feu au cul : être en colère.

En Europe

Il y a prolifération d’expressions avec le mot cul, dont un certain nombre sont plutôt inusitées de ce côté-ci de l’Atlantique.

L’expression très imagée avoir le cul bordé de nouilles, c’est-à-dire être veinard, ne se voit pas au Canada français. Elle pourrait même susciter l’étonnement. Avoir du pot serait mieux compris.

Un peu de porno? Allons voir un film de cul, ou, de façon plus moderne, pourquoi ne pas le regarder sur son ordinateur, bien assis sur son cul. Tant qu’à y être, consultons les sites de rencontre pour se trouver un plan cul avec une gentille partenaire, généreuse de sa personne.

Un plan cul, vous dites? Jamais entendu cela ici. S’offrir une bonne baise, peut-être.

Autre expression étrange pour nous. Renaud chantait que les Français sont une bande de faux-culs, donc des hypocrites. Ce terme étonne.

Et que dire de cul-terreux? Une façon péjorative de décrire les paysans. Là encore, inusité au Québec et au Canada.

Icitte

Dans nos contrées enneigées, où des températures négatives, qualifiées de polaires en Europe, ne sont que rafraichissantes, on ne se pogne pas le cul. Non, on se grouille le cul… Et, s’il le faut, on se donne des coups de pied au cul pour affronter un froid polaire, soit en bas de vingt sous zéro.

Pourtant l’expression se pogner le cul est entrée dans le Robert. Signification? Ne rien faire tout simplement, comme on dit icitte (ici). On en reste sur le cul, n’est-ce pas?

Clause grand-père

Dans cette chronique, j’ai souvent déploré le français parfois raboteux des médias et leur peu d’ouverture à l’idée de se corriger. Il ne faudrait cependant pas imaginer que tous les journalistes sont des rustauds qui se fichent de notre langue. Beaucoup ont à cœur sa bonne santé et son épanouissement.

Le dernier projet de loi présenté par le gouvernement du Québec sur la laïcité nous rappelle l’existence de ce que l’on appelait jadis la clause grand-père. Il s’agissait bien sûr d’un calque de l’anglais grand father clause.

Mais les journalistes semblent avoir adopté l’expression clause des droits acquis. En clair, les personnes qui portaient le voile ou tout autre signe religieux dans leur milieu de travail pourront continuer de le faire, tandis que les nouveaux employés devront le retirer.

Grand-papa a cédé la place à d’autres traductions possibles : clause d’antériorité, clause des droits acquis, clause de protection des droits acquis.

Cette évolution vers une langue française plus naturelle est rafraichissante.

On peut ici tracer un parallèle avec l’affreuse clause nonobstant devenue la disposition de dérogation. Comme quoi, les médias arrivent à se corriger, quand ils le veulent bien.

Technologie en français

Lorsqu’on lit des publications européennes, on a l’impression que toute la technologie ne peut être exprimée qu’en anglais. Or c’est faux. Force est de constater que la volonté de traduire a disparu en Europe.

Pourtant, des traductions françaises se sont imposées dès les débuts de l’informatique.

Ordinateur

Commençons par le mot ordinateur. Dans d’autres langues, comme l’allemand ou l’italien, on dit computer. L’anglicisme aurait pu s’imposer en français, mais l’idée de computer quelque chose sonnait drôle à l’oreille, pour des raisons qui n’échappent à personne.

Beaucoup l’ignorent, mais l’anglicisme vient du français… computer, lui-même issu du latin computare, qui signifie calculer. Citation de Châteaubriand : « On compute encore par les ères julienne, grégorienne, ibérienne et actienne. »

Quant au mot ordinateur, il a été imposé par le général de Gaulle.

Logiciel

Traduction de software. Je ne suis pas certain que le terme serait traduit aujourd’hui. Malheureusement, les anglicismes prennent maintenant toute la place.

E-mail

Ce mot très répandu semble impossible à rattraper. On reçoit un mail, on mail une autre personne. Au Québec, nous utilisons à peu près uniquement le mot courriel, un mot valise combinant courrier et électronique. Une belle trouvaille, à un point tel que le Larousse donne une définition lapidaire d’e-mail : courriel.

Smartphone

Traduit par téléphone intelligent par les irréductibles Québécois. Mais, dans la vie courante, cette traduction n’est plus aussi employée qu’auparavant. Pourquoi? Parce que la plupart des gens possèdent un téléphone intelligent; par conséquent, on parle de téléphone tout court  

Podcast

Autre terme répandu et inscrit dans les dictionnaires, dont le Robert : « Fichier audio ou vidéo diffusé par Internet, destiné à être téléchargé. » L’ouvrage mentionne cependant qu’au Québec on dit balado. Il s’agit d’un raccourci pour baladodiffusion, terme que l’on entend couramment à Radio-Canada.

Ransomware

On ne souhaite à personne de se faire pirater son ordinateur et de recevoir par la suite une demande de rançon. Ce sont souvent les grandes entreprises qui en sont victimes.

L’expression a été rendue par le très inélégant rançongiciel.

Hacker

On peut certes parler de pirate informatique, mais force est de reconnaître que l’anglicisme s’est frayé un chemin dans notre langue. Lisez mon article à ce sujet.

Web

« Système hypermédia permettant d’accéder aux ressources du réseau Internet », nous dit le Larousse. On parle parfois de la Toile. L’anglicisme est largement utilisé.

Liker

Certes, on pourrait dire aimer, mais le terme est plus général. Une vidéo peut être aimée… mais combien de likes a-t-elle reçus? Dire que l’on a aimé un post de son ami est assez vague. On peut l’avoir lu tout simplement, tandis que si on l’a liké, il devient clair qu’on a cliqué sur le petit cœur.

Là encore, le substantif aussi bien que le verbe sont entrés en français.

Hypertrucage

De plus en plus, il est difficile de faire la différence entre réalité et trucage. Il est maintenant aisé de copier une personne réelle et de lui faire dire toutes les conneries que l’on veut. En anglais, il est question de deepfake : hypertrucage. La traduction est ici très réussie.

Morale de cette histoire : avec un peu de volonté il est toujours possible de trouver une traduction, mais celle-ci n’est pas nécessairement inspirée et convaincante. Même avec toute la bonne volonté du monde, certains termes anglais s’immiscent dans notre langue, ce qui n’est pas nécessairement un mal.

Compte rendu

L’usage du trait d’union demeure l’un des grands mystères de la langue française. J’en ai parlé dans une chronique précédente. L’Académie française a bien tenté d’amener un peu plus de logique en préconisant la soudure de certains termes commençant par des préfixes précis.

Mais des mots comme compte rendu y échappent.

Hélas, le palmarès des illogismes continue de parader, ce qui fait le bonheur des mandarins de la langue.

En toute logique, lorsqu’une expression représente un concept exprimé en deux ou plusieurs mots, elle devrait s’écrire avec le trait d’union. Quelques exemples avec le mot compte.

  • Compte-fil
  • Compte-goutte
  • Compte-pas
  • Compte-tour

Jusqu’à maintenant, tout va bien.

Arrive l’expression compte rendu qui, comme on le voit, ne prend pas de trait d’union. On observe donc une rupture de logique, puisque compte rendu est un bel et bien un concept, tout comme un compte-tour, par exemple.

Petite surprise dans le Larousse, cependant. Voilà qu’apparait compte-rendu, avec son trait d’union manquant.

Et pour cause. Il suffit de penser que son petit cousin, procès-verbal, prend bel et bien le fameux trait d’union.

Singulier ou pluriel?

Il va de soi qu’un compte-goutte ne compte pas une seule goutte; idem pour un compte-tour. D’où l’idée d’apposer la marque du pluriel dès le départ, de sorte que les ouvrages de langue signalent une seconde orthographe, avec le S du pluriel : compte-gouttes.

Les noms composés sont truffés de chausse-trapes (admirez le pluriel!). On ne sait pas toujours très bien où mettre la marque du pluriel; c’est parfois au premier mot, parfois au second. L’explication se perd dans la nuit des temps et les Immortels ont résolu en 1990 de sonner la fin de cette récréation méphistophélique. Le S est apposé au second terme… la plupart du temps.

Dans les exemples énoncés précédemment, le mot initial compte ne prend pas la marque du pluriel. Nous aurons donc un singulier et un pluriel qui se confondent : un compte-tours et des compte-tours.

Un agent de la langue ne pourra donc pas dresser un procès-verbal contre vous.

Trappe

Il faut se méfier des faux amis, surtout des faux-faux-amis. Méfiance peut être porteuse d’erreur. En effet, l’inlassable chasse à l’erreur incite des langagiers à se méfier de tout… même de ce qui est correct.

Le mot trappe en est un bel exemple. Il m’apparaissait évident que des expressions comme « trappe à touristes » ou « trappe à souris » étaient un calque de l’anglais.

Pantoute. (En québécois, signifie « pas du tout ».)

Une trappe est un piège, nous disent les ouvrages de langue, un piège pour attraper des animaux en couvrant un trou avec des branchages.

Une trappe, c’est aussi une ouverture pour accéder à une cave ou à un grenier.

Au Canada

Les Canadiens donnent un autre sens au mot étudié. Ils en ont fait un synonyme de « gueule ». Par exemple, on dira que Jérôme est une grande trappe. Rien à voir avec un piège ou une ouverture. Il a tout simplement une grande gueule, il parle trop.

Selon le Multidictionnaire de la langue française, le mot a pris également le sens de chasse. Faire de la trappe, c’est pratiquer un type de chasse à l’aide de pièges. Les Amérindiens sont des trappeurs, par exemple.

Comme quoi, il faut parfois faire passer à la trappe notre méfiance légendaire de langagier.

Frankenstein

Un petit saut dans le monde de la littérature et du cinéma.

Un mythe

Tout le monde connait l’histoire de Frankenstein, le monstre créé par un sombre docteur à partir de morceaux de cadavres à qui il redonne la vie. Eh bien ce n’est pas tout à fait vrai.

Tout d’abord Frankenstein n’est pas le nom du monstre mais celui de son créateur, le Dr Victor Frankenstein. Le monstre n’a pas de nom.

Autre mythe, le monstre a l’air… d’un monstre. Là encore, on s’éloigne de la vérité. En réalité, le soi-disant monstre avait plutôt l’allure d’un humanoïde géant, et il faisait peur, c’est vrai.

La créature du Dr Frankenstein n’a rien à voir avec la caricature grossière inventée par Hollywood. Comme toujours, les Américains gâchent tout ce qu’ils touchent. En 1931, il était beaucoup plus spectaculaire de donner à la créature une peau verte et des traits outranciers. Malheureusement, c’est le portrait qui est resté.

Le roman

Mary Shelley, née en 1797 à Londres, fait paraitre en 1818 son œuvre maitresse Frankenstein ou le Prométhée moderne. Il s’agit d’un roman gothique qui a peu retenu l’attention. L’autrice serait sûrement abasourdie de voir le retentissement de son roman, deux cents ans plus tard.

Un film

Un nouveau film de Guillermo del Toro relate la vraie histoire de la créature de Victor Frankenstein.

D’après la critique, le film cherche à comprendre les motivations du scientifique et décrit son entourage, ce que ne faisait pas le film avec Boris Karloff. Del Toro rend hommage à l’œuvre de l’écrivaine Mary Shelley et lui rend justice.

Je ne puis m’empêcher de faire un parallèle avec le chef-d’œuvre de Stanley Kubrick, 2001 l’odyssée de l’espace, dans lequel l’ordinateur l’ordinateur d’une station spatiale s’empare des commandes de celle-ci et s’attaque à l’équipage. S’ensuit un affrontement féroce qui apparait de plus en plus prémonitoire.

En effet, comment ne pas faire aussi le parallèle avec l’intelligence artificielle qui ressemble beaucoup à un mauvais génie échappé d’une bouteille? Des scientifiques, dont le professeur Yoshua Bengio de l’Université de Montréal, nous mettent en garde contre une perte de contrôle possible dans un proche avenir. Paranoïa?

Chose certaine, on a observé un phénomène inquiétant : des ordinateurs ont déjà lancé une conversation cryptée entre eux, sans que les informaticiens ne comprennent ce qu’ils disaient. Le vrai monstre se trouve peut-être par là.

Shutdown en français

Nouvel affrontement entre le gouvernement états-unien et le Congrès, qui conduit à une crise budgétaire et à la paralysie des activités de l’État.

Comme il s’agit d’un problème américain, pour ne pas dire trumpien, on est tenté de reprendre l’anglicisme shutdown.

On peut facilement traduire cette notion, pourtant.

Les premiers termes qui nous viennent à l’esprit sont la fermeture ou la paralysie du gouvernement.

On peut aussi étoffer : la paralysie de l’administration fédérale. Également : l’arrêt des opérations du gouvernement fédéral. On peut aussi parler d’interruption.

Bref, il est très simple de traduire shutdown. Pourquoi s’en priver?

Les personnes en situation d’itinérance

De plus en plus, on entend des expressions comme « personne en situation d’itinérance ». Cette tournure se veut plus respectueuse que de dire simplement « itinérant ». On peut l’observer aussi dans le cas des handicapés, rebaptisés « personnes en situation de handicap ».

Certains y verront un abus, à tort ou à raison. Il est clair que l’utilisation d’une périphrase vient alourdir le discours, ce qui, dans des textes plus longs, peut devenir encombrant. D’autant plus que les mots itinérant ou handicapé existent déjà.

Atténuer le discours

Ces formulations viennent de la volonté de respecter les personnes visées. Depuis quelques années, il est question de malentendants, au lieu de sourds; de malvoyants, au lieu d’aveugles.

Le but poursuivi est de ne pas ramener une personne au seul fait qu’elle est sourde, par exemple. L’ennui, dans tout cela, est que l’expression malentendant peut porter à confusion. Par exemple, est-ce que Robert est un peu dur d’oreille ou complètement sourd? On introduit ici une ambiguïté.

En outre, il n’est pas toujours possible d’introduire la périphrase. Pensons aux réfugiés : « les personnes en situation de refuge »? Et jusqu’où poussera-t-on la volonté d’atténuer le discours?

« Les personnes en situation de criminalité ». « Les personnes en situation d’incarcération ».

Voilà qui mérite réflexion.

Genre grammatical

La tournure en question peut être épicène, ce qui est fort pratique. Quand on dit « Les personnes en situation d’itinérance », on couvre les deux sexes, ce qui simplifie la phrase sur le plan du genre grammatical. Nous évitons ainsi le doublet « Les itinérants et les itinérantes. »

Par ailleurs, la forme raccourcie « les personnes itinérantes » résout également le problème.

Maladies

Cette volonté d’atténuer touche aussi les maladies. Bien sûr, il est un peu raide de dire que Juliette est une cancéreuse. Traditionnellement, on pouvait avancer que « Juliette souffre du cancer. » Ce qui est rigoureusement exact : avoir un cancer n’est pas un partie de plaisir.

À présent, il sera plus délicat de dire que « Juliette vit avec le cancer. » Là encore on peut s’interroger sur la pertinence de cette circonlocution.

Et vous, qu’en pensez-vous?