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Monsieur

Monsieur est mort, vive Monsieur!

Les recueils de citations de Jacques Parizeau pullulent dans la Grande Toile. Celle qui revient très souvent est la fameuse échappée de rhétorique sur le vote ethnique. Bien peu de médias se donnent la peine de mentionner qu’au lendemain de la défaite référendaire, le premier ministre démissionnaire avait avoué être allé un peu loin. On attendait un acte de contrition, il n’est pas venu. On ne lui a jamais pardonné.

Jacques Parizeau parlait l’anglais avec un accent londonien. Il s’exprimait aussi très bien en français et savait se montrer créatif. Qui a oublié le fameux « s’autopeluredebananiser », ou encore : « Il ne faut pas laisser le Parti québécois s’unionnationaliser. »?

L’un des rares architectes de la Révolution tranquille disait également : « Mon Dieu, je botterais le derrière de quiconque au Québec qui ne saurait parler l’anglais. En effet, à notre époque, un petit peuple comme nous se doit de le parler. »

Mais celle que je préfère me paraît encore d’une actualité indéniable : « La religion des uns ne doit pas devenir la loi des autres. »

À méditer.

 

Une langue québécoise?

Une citation de Ségolène Royal, ministre française de l’Environnement, datant de juin 2015 : « Nous sommes tous comptables de ce qui se passe. Personne ne pourra s’exonérer de sa responsabilité à l’égard du dérèglement climatique. »

On imagine mal pareille éloquence chez un ministre québécois. Nul doute que le mot comptables aurait été remplacé par l’omniprésent imputables, faute de langue déjà dénoncée dans cette chronique. Quant à la deuxième phrase, son lyrisme en aurait fait sourire beaucoup, ceux qui s’élèvent contre le soi-disant purisme des « ayatollahs de la langue ». Ceux qui prétendent parler une langue authentique, une langue « vraie ».

Ce qui est remarquable, voire unique, c’est que tant au Canada qu’au Québec, les élites s’expriment mal. Politiciens, gens d’affaires, avocats, notables en tous genres cherchent leurs mots; leurs phrases sont bancales, truffées d’anglicismes et de fautes de syntaxe.

Encore plus remarquable et inquiétant est le fait de voir certains d’entre eux défendre le charabia qu’ils utilisent dans leurs communications publiques. Eux parlent pour être compris, ils ne sont pas snobs.

Et voilà! Comme disent les Anglais, le chat sort du sac. Un bel exemple de l’anti-intellectualisme qui sévit au Québec et partout en Amérique du Nord. Nous vivons dans un continent de défricheurs. Ceux qui ont ouvert le chemin en colonisant de nouvelles régions, les bâtisseurs qui ont lancé des entreprises tiennent le haut du pavé. Les autres ne sont que des brasseurs de nuages.

Le contraste avec notre glorieuse mère patrie, la France, est saisissant. Sans vouloir idéaliser nos cousins, on peut dire sans risque de se tromper que les intellectuels y sont beaucoup plus prisés qu’ici. On les écoute, on les admire. Tout président français cherche à laisser un héritage culturel, souvent un musée, une salle de spectacle. Chirac a son musée de l’art autochtone, Mitterand a laissé une bibliothèque et un nouvel opéra. Les dignitaires français se targuent de lire des livres, peuvent discourir sur la littérature de leur pays.

Oublions l’épouvantail qu’était le triste premier ministre canadien à ce sujet. Nul doute que les Trudeau, Couillard, Marois, Charest, Bouchard, Landry et autres lisent de la littérature. Mais s’en vantent-ils? Leur a-t-on déjà demandé quels sont leurs auteurs favoris? En fait, cela n’intéresse à peu près personne. Bien plus facile de se moquer des locutions latines de Bernard Landry.

Les élites ayant mauvaise presse, alors pourquoi ne pas compenser toutes ces lacunes en soutenant que le français parlé au Québec est en fait une langue à part entière? On croit rêver : nos ignorances collectives élevés au rang de langue!

Une langue est un système organisé doté d’un vocabulaire répertorié dans des ouvrages et d’une grammaire appliquée par ses locuteurs. Si on a recensé les québécismes un peu partout – certains sont maintenant intégrés dans les grands dictionnaires français, on chercherait vainement une grammaire du québécois. Et où sont les ouvrages sur les règles de syntaxe de ce prétendu idiome?

De fait, le québécois n’est pas une langue véritable. Il a certes un vocabulaire pittoresque fleurant le terroir : batture, ouananiche, érablière, etc. Il a aussi ses expressions amusantes : grimper dans les rideaux, se faire passer un sapin.

Mais cela ne fait pas de notre français une langue à part entière. Les Suisses romans ont aussi leurs expressions régionales, tout comme les Sénégalais et les Belges. Or, jamais ne penserait-on à élever le wallon au rang de langue.

Le québécois est un dialecte français composé d’un enchevêtrement de régionalismes savoureux, certes, mais aussi de faux sens (imputabilité), de solécismes (débuter un projet) et d’anglicismes de toutes sortes (les témoins ont été rencontrés). Le tout dans une syntaxe souvent calquée sur l’anglais. Bref une langue déconstruite.

Faut-il s’en étonner? Bien sûr que non. J’aimerais bien voir les Français d’aujourd’hui baigner dans un océan anglophone. Eux aussi y perdraient leur latin et tous les repères essentiels pour parler une langue correcte.

À cause de la conquête de 1760, le français du Canada a été coupé des évolutions successives de la langue de la mère patrie. Nous avons gardé des accents et des prononciations de l’Ancien Régime. Sous les coups de boutoir de l’anglais, présenté par nos conquérants comme une langue supérieure émanant d’une civilisation supérieure, notre propre idiome s’est étiolé. Privé d’oxygène, quoi.

Mais il a survécu. Pour les Québécois et les autres francophones du Canada, parler français c’est exister. Et pour continuer d’exister, il ne faut pas que la langue d’ici devienne une sorte de créole, que certains essaient de faire passer pour une langue à part entière.

 

La Scandinavie

Combien de pays font partie de la Scandinavie? La question est toute simple, la réponse tout autre. Si vous pensez que la réponse est cinq, vous allez voir qu’on peut facilement perdre le nord… en tentant de définir la Scandinavie.

Le Larousse : « Région du nord de l’Europe qui englobe le Danemark, la Norvège, la Suède, la Finlande et parfois l’Islande. » Quatre pays et non cinq.

L’Islande ne fait pas partie de la masse continentale européenne, ce qui peut expliquer cette exclusion. Pourtant, le Petit Robert retranche non seulement l’Islande, mais aussi la Finlande. Pourquoi?

La Finlande est d’origine ethnique finno-ougrienne et a des racines communes avec les Hongrois et les Estoniens. Les Finlandais ne parlent pas une langue germanique, contrairement aux Norvégiens, Suédois et Danois.

Nous voilà maintenant avec une Scandinavie singulièrement rétrécie. Trois pays au lieu de cinq. Pourtant, beaucoup de sources ne s’embarrassent pas de toutes ces nuances et incluent les cinq États précités.

On appelle souvent la Scandinavie l’Europe du Nord.

Mais là encore, l’inspecteur Wallander y perdrait son suédois.

La notion d’Europe du Nord n’est pas définie dans nos dictionnaires, comme cela arrive souvent pour les régions géographiques. Mais cette notion désigne souvent la Scandinavie.

Il y a toutefois un danger à employer une expression aussi générique, car, au sens propre, l’Europe du Nord peut englober non seulement la Scandinavie, mais aussi la Grande-Bretagne, les pays baltes et le littoral nord de l’Europe. On voit tout de suite que le sens attribué à ce découpage est arbitraire et dépend des individus.

Harry Hole vient dépanner Wallander, épuisé, et poursuit l’enquête.

Tiens! Pourquoi pas les pays nordiques? Suivons la piste…

Curieusement, cette dénomination semble davantage faire l’unanimité. Le Petit Robert définit nordique ainsi : « Qui est relatif, qui appartient aux pays du nord de l’Europe (spécialement à la Scandinavie) ; qui en est originaire. ».

En outre, l’ouvrage donne la liste des langues nordiques : suédois, danois, norvégien et islandais. Le Larousse va dans le même sens.

Pourtant, le mot nordique semble au départ plus vaste. Mais il a acquis un sens précis en Europe ne correspondant pas à celui retenu ici en Amérique. Il serait absurde pour nous de dire que le Canada n’est pas un pays nordique; même chose pour la Russie.

Il est donc clair que, pour nous, ce mot est relatif aux régions les plus au nord.

Conclusion : la Scandinavie est une intrigue dont il est encore plus difficile de démêler les fils que celle de Millenium. Le commun des mortels a une compréhension plus simple de cette notion que les lexicographes, qui lisent peut-être un peu trop de romans policiers… scandinaves.

Peut-être la réponse se trouve-t-elle dans Millenium V ?

La Norvège possède deux versions de sa langue nationale. Le saviez-vous?

 

Item

Que veut vraiment dire le mot item? Si vous êtes comme la majorité des francophones du Canada, vous allez dire un article, un objet, un point à l’ordre du jour, que certains d’entre vous appellerez agenda.

En bon français canadien, vous êtes dans le champ gauche, pire, dans les patates… Bref, vous êtes à côté de la plaque.

Le sens que l’on attribue généralement à item est issu de l’anglais (surprise!). Au sens propre, ce mot signifie en outre. Il n’a pas du tout le même sens que dans la langue de Shakespeare, comme on a pu le voir ci-dessus.

Pour ce qui est de son sens français, le Larousse précise qu’il s’emploie dans les comptes et les énumérations. En psychologie, il s’agit des chacun des éléments d’un test.

Donc, rien à voir avec l’emploi généralisé au Canada français.

Ainsi, on parlera d’un article d’un contrat, et non d’un item. Un magasin vend tel article, tel produit, et non pas tel item. Une question à débattre, un point à l’ordre du jour, et non un item.

Il faut donc éviter ce mot dont l’emploi est très rare en français normatif.

 

Pompom girl

L’expression pompom girl est le genre d’anglicisme qui fait rugir les Canadiens, qui disent plutôt meneuse de claque. Probablement que cette traduction fait sourire les Européens…

Moi aussi d’ailleurs.

Pompom girl est absente des dictionnaires anglais les plus courants, que ce soit l’Oxford, le Collins ou le Webster. De fait, je ne me souviens pas d’avoir entendu cette expression de la bouche d’un anglophone.

Il y a donc anguille sous roche.

La seule source anglophone où je l’ai trouvée est l’Urban Dictionary, ouvrage quelque peu délinquant dans lequel les lecteurs peuvent voter pour ou contre un mot ou une expression qui y figure.

Les ouvrages traditionnels, eux, affichent le terme cheerleader. Le mot pompom est certes répertorié, mais il désigne un… pompon, ou encore un genre de fleur. L’exemple donné est pompom dahlia.

Quand on consulte les dictionnaires bilingues, on constate que pompom girl est absent du répertoire anglais. L’anglais cheerleader est cependant traduit par pompom girl.

Que faut-il conclure? Que l’expression a probablement existé mais qu’elle est aujourd’hui désuète. Sa présence dans le dictionnaire en ligne Urban Dictionary ne suffit pas à lui donner ses lettres de créance.

Il apparait donc que ce sont les Français qui maintiennent en vie une expression quasiment disparue en anglais.

Édifiant.

Édifice ou immeuble?

Édifice ou immeuble? À moins que ce ne soit une bâtisse? Quelle est la différence?

On croit à tort que ces trois mots sont synonymes. Ce n’est pas le cas.

Le Robert définit édifice comme « un bâtiment important »; le Larousse parle d’un « Ouvrage d’architecture de proportions importantes, pouvant comporter plusieurs corps de bâtiments. »; enfin, le Multidictionnaire de la langue française définit le terme ainsi : « Grand bâtiment ayant une valeur architecturale. »

N’est pas édifice qui le veut.

Au Canada, le mot est employé de manière abusive. On voit souvent édifice à bureaux, que le Multidictionnaire signale comme impropriété pour immeuble à bureaux. D’ailleurs, le Robert classe l’expression à la rubrique Régionalisme Canada, en citant Victor Lévy-Beaulieu!

Un immeuble est beaucoup plus banal qu’un édifice. C’est un bâtiment urbain à plusieurs étages, qui n’a pas d’importance particulière.

Un building, quoi. Voilà un bel exemple d’emprunt inutile à l’anglais, puisqu’il s’agit aussi d’un bâtiment de plusieurs étages.

Le mot bâtiment est générique et désigne toute construction de grande dimension. Une usine est un bâtiment, aussi bien qu’une tour à bureaux.

Il faut se méfier du mot bâtisse. Certes, il s’agit d’un bâtiment, mais s’y greffe parfois l’idée de laideur. Par exemple, les détracteurs du stade olympique de Montréal diront que cette bâtisse défigure les alentours du jardin botanique. Ceux qui au contraire l’admirent parleront d’un édifice, en faisant valoir son attrait architectural unique.

La balance du pouvoir

Les élections en Grande-Bretagne pourraient permettre au Parti national écossais de jouer un rôle inattendu au Parlement de Westminster. Le SNP, de son petit nom, pourrait en effet détenir ce que nos anglicisants appellent « la balance du pouvoir ».

On voit tout de suite le calque avec balance of power, que l’Oxford Dictionary définit ainsi :

The power held by a small group when larger groups are of equal strength.

Dans ce cas, le mot balance est un faux ami. En bon français, on pourrait dire que le parti indépendantiste pourrait faire pencher la balance, qu’il détient l’équilibre du pouvoir.

Voici une traduction trouvée dans le Hansard du Parlement canadien :

Some people believe that the workers of this country have the balance of power.

Selon certains, les travailleurs de ce pays ont le haut du pavé.

Une traduction créative; le traducteur a voulu éviter de marcher dans les ornières de l’anglais.

Toutefois, une petite surprise attend le langagier qui consulte les dictionnaires français. Le mot balance au sens figuré est défini ainsi : État d’équilibre. Les exemples ont de quoi surprendre : La balance des pouvoirs, la balance des forces.

Mais le contexte est différent dans ce cas-ci, car l’Oxford donne une autre définition du terme :

A situation in which the chief nations of the world would have equal power.

On remarquera en passant la définition beaucoup plus explicite en anglais. Si on veut éviter la balance des pouvoirs, on peut certainement parler de l’équilibre des forces, des puissances. Tout aussi pertinent : le rapport de force.

Si on parle de balance of power dans un groupe, le rapport de force pourrait être une bonne traduction.

Chose certaine, le parti écossais ne détiendra jamais la balance du pouvoir, mais peut-être l’équilibre du pouvoir. Nous le saurons bientôt.

Guatemala City

Cette ville n’existe pas. Elle n’a jamais existé et n’existera jamais. Sauf peut-être dans la tête de rédacteurs francophones anglicisés.

La capitale du Guatémala s’appelle en espagnol Guatemala Ciudad. L’ennui, c’est que le nom se confond avec celui du pays dans la langue de Molière. Nous avons donc deux Guatémala pour le prix d’un, ce qui peut engendrer une certaine confusion dans certains cas. Mais pas toujours.

La principale façon de différencier les deux noms est l’emploi de la préposition. Une personne vient DU Guatémala, elle vit AU Guatémala. Celle qui habite dans la capitale est À Guatémala. Même chose pour LE Panama, dont la capitale… est Panama, et non Panama City.

Le même phénomène touche la capitale du Koweït. Récemment, Radio-Canada nous a ressorti le monstre linguistique de Koweit City, autre nom imaginaire. La capitale de l’émirat n’est pas plus anglophone que celle du Guatémala. Là encore, sous l’influence de l’anglais, on cherche à régler un problème inexistant en français, car, le jeu des prépositions vole de nouveau à notre secours.

Les deux morts-vivants linguistiques ont fait une brève incursion dans le Petit Larousse au cours des années 1990, si je me souviens bien. Il y a belle lurette qu’ils ont été radiés des éditions récentes pour cause d’illogisme et de mode passagère.

Ceux qui tiennent à les utiliser devraient se poser la question suivante : faut-il écrire en français Quebec City pour bien faire la différence avec Québec, nom d’une province canadienne? Si Québec (ville) et Québec (province) se côtoient allègrement dans notre langue, pourquoi faut-il l’encombrer d’horreurs comme Guatemala City et Koweit City?

Et, quant à y être, que diriez-vous de Luxembourg City?

Genre

Une personne peut avoir beau genre. Le genre peut qualifier une variété d’espèce animale. Il peut aussi être attribué à une série de mots : le français a deux genres, l’allemand trois.

Depuis quelques années, le monde du développement international utilise le mot genre pour qualifier les deux sexes. Dans ce contexte, le genre renvoie aux relations entre les femmes et les hommes et aux rôles que la société attribue à chacun d’entre eux. Ces rôles découlent des forces telles que la culture, la tradition et la politique.

Traduire systématiquement gender par sexe ou sexuel peut entraîner des situations cocasses, comme nous le verrons ci-dessous.

Pourtant, certains s’opposent quand même à cette appellation qui vient de l’anglais gender. Qu’on l’aime ou pas, il faut reconnaître que cette extension sémantique répond à un certain besoin.

Les dictionnaires

Voyons la définition qu’en donne le Merriam Webster : « Behavioral, cultural, or psychological traits typically associated with one sex. »

Les dictionnaires français sont entrés dans la danse. Le Robert : « Construction sociale de l’identité sexuelle. » Le Larousse est encore plus précis : « Dimension identitaire, historique, culturelle et symbolique de l’appartenance biologique au sexe masculin ou féminin. »

Cet ouvrage affiche aussi l’expression études de genre, calque parfait de gender studies. Définition : « Domaine des sciences sociales consacré à l’étude du genre. »

Traduction de gender

On pourrait penser que l’adoption de gender correspond à un certain puritanisme typique des Anglo-Saxons, qui voudraient éviter le mot sex. Peut-être, mais on ne peut s’en tenir à cette explication simpliste.

Tant en anglais qu’en français, l’arrivée du tandem gender/genre répond à un besoin.

Pensons à un spécialiste des relations entre les deux sexes. Allons-nous dire sexual specialist? Traduit par spécialiste sexuel? On aura donc un gender specialist, qu’on pourrait aisément traduire par spécialiste des genres, sans provoquer l’hilarité générale.

Bien entendu, beaucoup renâcleront devant pareille traduction. L’anglais se contente souvent d’appositions, alors que le français aime expliciter les rapports entre deux mots, soit au moyen d’une préposition soit par une périphrase. Les traductions de gender sont parfois laborieuses, il faut le reconnaître.

Ainsi, gender advisor, conseiller en genre? Non, conseiller en matière d’égalité des sexes. Ouf! Mais la solution peut être courte, voire lapidaire : gender biased, sexiste. Gender focussed? Qui tient compte des sexes ou des genres. Les traductions proposées viennent de Termium.

Une expression surprenante marquant la distinction que fait l’anglais entre les deux mots : sex and gender : sexe biologique et sexe social. Et que penser de gender training? Formation sexuelle? Non, formation au genre, formation sur l’égalité des sexes.

Le mot genre n’est pas une panacée. On l’emploie couramment en développement international, mais son acclimatation en français n’est pas terminée.

Charger

Un sénateur avide a chargé des dépenses personnelles à son employeur, argüant qu’il avait le droit de le faire. Le Sénat a défrayé les dépenses dudit sénateur sans poser de question.

Voilà deux exemples parfaits du mauvais usage de ces deux verbes au Canada.

Charger n’a pas le sens de facturer. Le sens réel de ce verbe est plutôt : faire porter un poids; donner une responsabilité à quelqu’un. Charger, c’est aussi mettre quelque chose dans un appareil : charger un appareil-photo, charger un révolver, si vous êtes aux États-Unis…

Notre sénateur goinfre a été défrayé de ses dépenses. On ne peut pas dire, cependant, que le Sénat a défrayé ses dépenses. La Chambre haute l’a remboursé, indemnisé, payé.

Les dictionnaires sont clairs à ce sujet. Dixit le Petit Larousse : « Payer à quelqu’un la dépense de quelque chose. On l’a défrayé de ses frais de voyage.»

Comme vous l’avez sans doute deviné, les deux exemples donnés en début de billet sont des calques de l’anglais.