Je lis un bon polar de Henning Mankel, traduit en France par Anna Gibson. Habituellement, rien à redire pour les traductions. C’est bien rédigé, avec les expressions que l’on rencontre dans tous les romans policiers publiés en France.
Mais, là, au détour d’une phrase, apparaît l’affreux scooter des neiges. Il s’agit de cette merveilleuse invention québécoise, la motoneige. Rebaptisée scooter des neiges en Europe pour des raisons incompréhensibles. Nous inventons l’engin, nous le baptisons et ils le rebaptisent, avec un anglicisme en prime. J’écume.
Je veux bien croire que le suédois disait Snöskoter, mais est-ce une raison pour employer un anglicisme injustifiable? Personne au Canada ne parle de scooter des neiges. En fait, personne ne comprendrait cette expression.
Cela me rappelle Vanessa Paradis qui, lors d’une entrevue après un voyage au Canada, parlait elle aussi de ces fameux scooters des neiges. Impossible qu’elle n’ait pas entendu l’expression exacte, motoneige. Elle a probablement considéré qu’il s’agissait d’une autre tournure amusante du patois local.
Il me semble que ne pas tenir compte de la terminologie d’origine, surtout quand elle est bien inspirée, a quelque chose de méprisant, voire de colonialiste.