Les Oscars


La course aux Oscars est amorcée et la quête du précieux trophée fera les manchettes d’ici la remise des prix, lundi prochain.

Une rare unanimité règne dans les médias quant à la graphie d’Oscar. Tout le monde a tendance à l’écrire avec la majuscule et, la plupart du temps, il reçoit la marque du pluriel également. Mais in peutres bien l’écrire au singulier, comme tout nom propre

Pourtant, il y a des questions à se poser, sans vouloir en faire un mélodrame…

Dans la mesure où le mot Oscar est lexicalisé, pourrait-on l’écrire en minuscule? C’est ce que recommandaient les ouvrages de langue, jusqu’à tout récemment. Il aurait fallu écrire La cérémonie des oscars. Denys Arcand a remporté l’oscar du meilleur film étranger.

Ces graphies surprennent quelque peu et sont en marge de l’usage courant. C’est pourtant ce que l’on trouve encore dans le dernier Larousse, tandis que la dernière édition du Robert penche désormais pour la majuscule.

Le Français au bureau signale que les trophées peuvent devenir des noms communs et perdre leur majuscule, la minuscule indiquant la lexicalisation. Mais la tendance lourde, dans les médias, est d’attribuer une majuscule initiale lorsque le nom du trophée provient d’un nom propre. L’ouvrage signale toutefois que l’usage est fluctuant.

Un Félix, un félix

Un Jupiter, un jupiter

La majuscule se justifie parfaitement lorsque le nom d’un trophée vient d’un nom propre. Que l’on pense aux Jutra. La marque du pluriel, comme on le voit, ne fait pas l’unanimité. Habituellement, les noms propres ne prennent pas de s. Pourtant, on voit bel et bien Oscars un peu partout dans les médias.

J’en profite pour signaler encore une fois cette faute largement répandue, soit de parler des mises en nomination, des nominations aux Oscars. Il s’agit d’un anglicisme insidieux, qui vient de nominate. Ce mot n’a pas tout à fait le même sens qu’en français.

En effet, nominate peut signifier à la fois to propose for election que to appoint to an office. En français, une nomination signifie que vous avez été nommé directeur, ou encore que vous avez obtenu un prix. Une nomination aux Oscars veut donc dire que vous avez remporté le prix.

Certains ont tenté de contourner la difficulté en créant nominer, un avorton issu de l’anglais. D’ailleurs ce mot est critiqué et ne règle pas le problème.

Alors que faut-il dire? Sélectionner, qui signifie que vous êtes sur une liste de candidats.

      Nous aimerions que Xavier Dolan soit un jour sélectionné aux Oscars. Il sera intéressant de voir s’il remportera le prix.

 

Référer

Quand on réfère à quelque chose, on y fait référence? Vrai ou faux?

La plupart des gens diraient vrai, car, après tout, référer est un verbe français, n’est-ce pas? Oui, c’est vrai. Mais, il ne s’emploie pas de la même manière dans notre langue.

Une phrase comme « Pierre réfère à l’accident de la semaine dernière. » est incorrecte, malgré les apparences. On pourrait dire, cependant, « Pierre fait référence à l’accident de la semaine dernière. »

Autre phrase que l’on entend souvent : « Le médecin l’a référé à un spécialiste. » Encore une faute. « Le médecin l’a adressé à un spécialiste. »

Comme on le voit, le verbe référer comporte son lot de difficultés. Un petit coup d’œil dans les dictionnaires nous montre que le verbe se construit à la forme réflexive. En effet, se référer a le sens de faire référence à, se rapporter à. Il peut aussi avoir le sens de rendre compte, en appeler à une autorité. Par exemple : « Je vais en référer aux autorités responsables afin d’avoir un avis éclairé. »

Le verbe référer ne se construit plus avec un complément d’objet direct.

En anglais, refer peut avoir le sens plus général de parler de quelqu’un ou de quelque chose. I am not refering to you signifie : « Je ne parle pas de vous. »

Le tandem refer/référer est donc l’un des nombreux faux amis de l’anglais et du français.

Iraq ou Irak?

Lorsque tout le monde dit la même chose sur un sujet, il faut parfois s’interroger. Ce qui est trop évident peut être faux, et ce n’est pas parce la quasi-totalité des rédacteurs préfère une graphie qu’elle est exacte. Pensons à nénufar, conspué par les amants de la langue française. Tout le monde sait qu’on écrit nénuphar, c’est dans tous les dictionnaires, après tout. Eh bien non. Cette graphie avec le ph est une faute de transcription qui s’est incrustée dans l’usage. Habituellement, le ph signale un mot venant du grec; or, nénuphar vient de l’arabe nînufâr…

L’ensemble des médias et dictionnaires écrivent Irak. Donc, c’est une bonne graphie, attestée par Le Petit Robert des noms propres, Le Monde, Le Figaro, L’Express, Le Devoir et La Presse.

Le langagier curieux ne peut manquer d’être décontenancé par celle figurant dans Le Petit Larousse : Iraq, le gentilé étant Iraquien.

S’agit-il d’une fantaisie? Pas du tout. Non, nous avons tout simplement devant nous la vraie graphie de cet État du Proche-Orient.

En arabe, le nom en question se prononce approximativement ainsi : « Éraarr », la lettre q en finale étant un raclement léger dans le haut de la gorge. Comme ce son n’existe pas en français, on le symbolise par la lettre q. D’ailleurs, les anglophones, plus précis, écrivent Iraq.

De plus, bon nombre de graphies de villes et de régions dans les pays arabes sont orthographiées avec la même lettre q, non suivie du u. Que l’on pense à Qatar, Al Qaiyah, Shaqra et bien d’autres. Ces noms sont des transcriptions graphiques en français et en anglais.

Bien entendu, les non-arabophones ne prononceront pas Qatar correctement, pas plus d’ailleurs qu’ils ne prononcent Iraq selon les règles. Toutefois, la translittération des langues non écrites en caractères latins pose de graves problèmes. Les transcriptions dans les langues occidentales sont souvent approximatives. On n’a qu’à penser au russe.

Iraq amène un autre problème, celui du gentilé. Logiquement, on devrait écrire Iraqien, puisqu’il ne s’agit pas d’un qu authentique. Mais cette graphie fait vraiment bande à part. Le Larousse, quant à lui, écrit Iraquien.

La graphie Irak découle d’une normalisation de la prononciation arabe. Comme à peu près personne ne sait comment prononcer le nom correctement, on s’est rabattu sur une prononciation approximative. On peut donc comprendre que la graphie ait suivi.

Donc, difficile de condamner Irak, malgré les erreurs que cette graphie comporte.

 

Priorité

Si un mot mérite bien de remporter la palme du mot le plus galvaudé, c’est bien priorité.

Les exemples abondent : priorité absolue accordée à un projet. La première priorité, déjà dénoncée par Antoine Robitaille, dans un article paru dans Le Devoir. En anglais, ce n’est guère mieux : top, utmost priority.

Je me souviens même d’un texte vu à l’Agence canadienne de développement international dans lequel l’auteur énumérait des dizaines de priorities, divisées en sub-priorities. Quand on écrit n’importe quoi.

Et qui n’a pas oublié la soixantaine de priorités de l’ancien premier ministre Paul Martin?

Quand un mot est vidé de son sens.

Car la définition du Larousse est claire :

Fait pour quelque chose d’être considéré comme plus important que quelque chose d’autre, de passer avant toute autre chose : Priorité donnée à la lutte contre l’inflation.

Dire qu’une chose est une priorité absolue relève du pléonasme le plus pur. De même, une première priorité laisse entendre qu’il en existe une deuxième, une troisième. Or, difficile de comprendre comment une chose qui passe avant toute autre peut se voir reléguer au second rang, et encore moins en troisième position.

Priorité n’est que la dernière victime des mots à la mode employés sans discernement. Il vient rejoindre les rangs d’expressions comme impact, problématique et bien d’autres.

Un peu plus de rigueur ne ferait pas de tort en 2015. Sur ce, bonne année!

Collecter

Voici un nouveau chapitre de mon article précédent, C’est français, sur ces mots et expressions que partagent l’anglais et le français.

Les francophones du Canada ne ménagent pas les anglicismes. Bien des mots et des expressions courantes viennent de l’anglais et la plupart des gens n’en ont que vaguement conscience. Certains s’en fichent.

La réticence à utiliser collecter et collecte dans la langue courante est paradoxale. On craint le calque, semble-t-il. Pourtant, ces deux mots sont corrects.

Le Petit Robert définit collecter comme suit : Réunir par une collecte. Collecter des fonds, des dons, des signatures.

Collecte : Action de recueillir des dons. Faire une collecte pour, au profit d’une œuvre. Collecte de vêtements. Le produit d’une collecte.

On peut collecter autre chose que des dons ou des signatures. Le terme peut s’employer parréunir, de recueillir (des produits, des éléments) en vue d’un traitement. Pensons à la collecte des données pour une enquête, sans oublier la collecte des déchets ménagers.

Combien de fois entend-on le ramassage des ordures?

Une expression semblable, souvent condamnée, est la levée de fondsLa menace de l’anglicisme se profile : fund raising.

Pourtant, le verbe lever est associé à des fonds, dans les dictionnaires. Un premier exemple : lever des impôts, avec renvoi à  collecter, percevoir et recueillir. Un des exemples est justement lever des fonds

En terminant, Joyeux Noël à tout le monde! Et parlons notre langue avec fierté, elle le mérite bien.

 

 

Vocabulaire de Twitter

Aimez-vous gazouiller? Vous arrive-t-il de partager des gazouillis? Avec vos followers? Postez-vous souvent des tweets dans Twitter?

Devant pareille cacophonie, le langagier ne peut que pousser des cris d’orfraie.

Encore une fois, deux mentalités entrent en collision de part et d’autre de l’Atlantique : la volonté de tout traduire, que l’on observe au Canada, et cette pulsion européenne d’aligner les mots anglais dans le discours, comme on enfile les perles.

En informatique, le contraste entre Canadiens et Français, Belges et Suisses est frappant. Des termes comme email, spyware, spam sont traduits de ce côté-ci de l’Atlantique, tandis qu’ils demeurent comme tels en Europe. En français : courriel, espiogiciel, polluriel.

Devant cette domination de l’anglais, on pouvait s’attendre à ce que le vocabulaire de Twitter soit massivement anglais. Il l’est. En même temps, les efforts de francisation montrent leur limite.

Bien sûr, l’Office québécois de la langue française et d’autres instances linguistiques suggèrent le terme gazouillis pour remplacer tweet. La traduction donne de l’urticaire à bien des langagiers nord-américains, pourtant dévoués à la défense du français.

Les choses se corsent lorsqu’on tente de traduire to tweet par gazouiller. Par exemple : « Il a gazouillé une bonne partie de l’après-midi. » Pour beaucoup, ce genre de traduction à tout prix sonne le glas de la traduction tout court. Après tout, a-t-on traduit hamburger et spaghetti? Bien des mots anglais sont passés en français parce qu’ils comblaient un vide ou étaient plus faciles à employer.

La fonction Retweet pose également un sérieux problème. Nul n’oserait dire qu’il a regazouillé un gazouillis. Bien entendu, on peut le redistribuer, voire le partager.

Mais nous venons de trébucher sur un autre anglicisme, partager n’ayant pas le sens de communiquer, diffuser, faire connaître en français. Toutefois, l’emploi généralisé de ce verbe dans de nombreux sites, comme Facebook, amènera tôt ou tard un infléchissement de son sens français. Comme pour réaliser, dans le sens de se rendre compte de quelque chose, d’une réalité. Cette évolution est fatale.

Les Québécois et autres Canadiens de langue française emploient également hashtag, ce mot-clic que les Français appellent parfois mot-clé diésé. Là encore, la brièveté de l’anglais fait des adeptes et le hashtag est fort populaire, au point de faire son entrée dans Le Petit Robert, où il rejoindra… tweet.

On peut donc dire qu’Européens et Canadiens emploient finalement le même vocabulaire pour Twitter, bien que ces derniers fassent davantage d’efforts pour franciser les termes de microblogage.

Notons quand même deux exceptions : follower, qui se dit abonné chez nous, et poster un tweet, qui est rendu par afficher, publier un tweet.

Si vous tweetez, vous faites partie de la  Twittosphère (la majuscule est volontaire). Quelle belle trouvaille! Et si vous bloguez, vous faites partie de la blogosphère. Curieusement, le premier terme n’est pas encore entré dans le Robert, mais le second l’attend patiemment…

Lois de Murphy de l’écrivain

Vous rédigez un plan détaillé. Vous ne le suivrez plus dès le troisième chapitre.

Au bout de quelques mois de travail, vous ne savez plus très où vous en êtes avec cette histoire.

Le livre ne finit jamais comme prévu.

Le personnage le plus vilain gagne votre sympathie. Le héros est fade.

Inévitablement, vous allez assassiner des personnages. D’autres vont naître en cours de rédaction.

Vous allez tout recommencer au moins deux ou trois fois.

Les corrections pour régler certains problèmes agaçants vont générer de nouveaux problèmes agaçants.

Le superbe néologisme qui vous avait foudroyé en pleine nuit sera refusé par l’éditeur.

Le terme élégant que vous chérissez ne veut pas dire ce que vous pensiez.

Vous allez vous contredire sur des détails qui vous échapperont à la relecture… mais pas à vos éventuels lecteurs.

Malgré toutes les vérifications, relectures et passages à tabac dans Antidote, votre manuscrit comportera quelques coquilles et fautes de grammaire.

Les correcteurs ne voient pas toujours les fautes de logique dans l’emploi : le personnage s’écrit : « Zut! ». S’écrie.

Le correcteur s’entête à vous suggérer d’écrire « français » avec la majuscule, alors que vous parlez de la langue portant ce nom.

Si votre action se situe dans le passé, vous allez inévitablement commettre un anachronisme.

Il va sans dire que Paul est appelé David à quelques reprises.

Remplacement de David par Paul. Mais un personnage secondaire, entrevu au milieu du roman, s’appelait David… Devinez ce qui est arrivé.

Vous ne pensiez pas qu’une histoire si simple au départ deviendrait aussi compliquée.

Vous ne vous souvenez plus du nom d’un de vos personnages et il est introuvable dans vos notes.

Vos notes sont une nouvelle forme de cacophonie.

Vous pensiez avoir inséré un passage important à tel endroit… Ben non.

Votre histoire n’a plus à rien voir avec celle que vous avez élaborée avec enthousiasme sur un napperon, au restaurant.

Traductions boiteuses des panneaux publics

Les panneaux publics traduits de l’anglais offrent de beaux exemples de littéralité. En voici un, aperçu près d’une piste de ski de fond.

To comply with the Quebec Highway Safety Code, and for your own safety, use in-line skates or roller skis on the roads in Gatineau Park only when the roads are closed to motor vehicule traffic.

Otherwise, do not practice in-line skating or roller skiing on the roads of Gatineau Park.

Traduit ainsi :

Afin de vous conformer au Code de sécurité routière du Québec, et pour votre propre sécurité, veuillez pratiquer le patin à roues alignées ou le ski à roulettes sur les routes du parc de la Gatineau seulement lorsque les routes sont fermées à la circulation de véhicules motorisés.

Autrement, ne pas pratiquer le patin à roues alignées ou le ski à roulettes sur les routes du parc de la Gatineau.

Un beau cas de traduction littérale qui ne correspond pas à l’esprit de notre langue. Certes, le message est le même en anglais et en français. Sauf que le deuxième paragraphe est répétitif. En fait, il ne correspond pas à la démarche du français, qui évite de répéter ce qui vient tout juste d’être dit.

Voici quelques formulations que l’on aurait pu utiliser, au lieu de répéter « le patin à roues alignées » et « le ski à roulettes ».

  • Autrement, s’abstenir de pratiquer ces activités.
  • Autrement, ne pas faire de patin ou de ski.
  • Autrement, s’abstenir.

En général, le français évite de répéter des évidences. En outre, il ne se sent pas obligé de reprendre intégralement ce qui vient d’être dit, mais cherche plutôt à le sous-entendre. En pareil cas, la démarche stylistique est très différente de l’anglais.

Dans l’exemple précédent, « ces activités » renvoient clairement à celles énoncées dans le paragraphe précédent. Il n’est pas nécessaire de les répéter. Un autre procédé consiste à raccourcir « le patin à roues alignées » et « le ski à roulettes », avec patin et ski. Le lecteur va tout de suite comprendre.

La troisième solution est radicale, certes, mais elle fait appel à l’intelligence du lecteur. On comprend que si les routes ne sont pas fermées, il ne faut pas pratiquer les activités mentionnées.

Voici quelques autres exemples de traductions serviles observées dans l’Outaouais et dans l’Est de l’Ontario.

Lorsque vous entrez en Ontario, on vous avertit immédiatement que les excès de vitesse font l’objet d’amendes. Les speed fines deviennent des amendes de vitesse. Pourtant, le panneau précise les amendes associées à telle ou telle vitesse. Le titre générique Amendes aurait bien suffi.

Les orignaux traversent parfois l’autoroute 417. Des panneaux les représentent avec la mention Night Danger : danger de nuit. Il va de soi que l’orignal présente un danger. Le français ne ressent pas le besoin de préciser une évidence. Heurter un orignal présente un danger. Donc : La nuit aurait été suffisant.

Certains panneaux sont explicites; par exemple No Exit. On aurait pu dire Dead End. En tout cas, la traduction suit la démarche de l’anglais : Pas de sortie. En français : Impasse.

Lu dans un parking : Reserved for permits holders only : réservé aux détenteurs de permis seulement. Il me semble qu’il y a pléonasme dans les deux langues. Le verbe réserver est assez clair sans l’étoffer par un adverbe. Réservé aux détenteurs de permis aurait bien suffi.

L’anglais est une langue plus imagée que le français, ce qui la rend très vivante. Le français, lui, recourt moins à l’image; il est plus abstrait.

On verra les inscriptions suivantes un peu partout au Canada. Elles sont un calque parfait de l’anglais.

Les adeptes du cône orange sont habitués à lire Construction partout, alors qu’il faudrait parler de Travaux à moins que l’on érige un immeuble en hauteur. Et il y a travaux parce que des ouvriers s’activent. Donc, Men at Work devient Hommes au travail, alors qu’en français correct on dirait Travaux, encore une fois.

Dans les immeubles commerciaux, on voit souvent Space to let rendu par Espace à louer. Généralement, il s’agit de Bureaux à louer ou, éventuellement, de Magasin à louer.

En terminant, les bacs de recyclage ontariens portent l’inscription We recycle traduite, si on peut dire, par Nous recyclons. Le français de bonne tenue se contenterait d’un simple mot : Recyclage.

C’est peut-être ce qu’il faudrait faire avec tous ces panneaux mal foutus.

C’est français!

Quand on a le souci de la langue, on finit par voir des anglicismes partout… même là où il n’y en a pas. Le français et l’anglais se sont échangé quantité de mots et d’expressions au fil des siècles, et bien malin qui pourrait s’y retrouver!

Les amants de la langue française sont à l’affût de l’anglicisme comme le chat chasse la souris. Mais, dans bon nombre de cas, il n’y a pas de souris.

Les attentats du 11 Septembre ont suscité toute une commotion aux États-Unis.

C’est ce que l’on dirait en anglais. Le premier sens de commotion en français est un ébranlement violent de l’organisme, comme dans le cas d’une commotion cérébrale. Mais le terme revêt un second sens, figuré, de violente émotion. Donc, pas de faute ici.

Le regretté Jean Béliveau était une figure emblématique des Canadiens de Montréal.

Là encore, c’est correct. Le sens premier est « Qui représente un emblème, se rapporte à un emblème. », selon le Petit Robert. « Qui représente (quelque chose, une idée) de manière forte. » L’exemple donné est justement Une figure emblématique du sport.

Deux autres expressions dans lesquelles l’anglais et le français s’expriment de la même manière.

Les dés sont jetés, il ne reste plus qu’à attendre. Le jeu en vaut-il la chandelle? Nous le saurons bientôt.

Peut-on donner le feu vert à quelqu’un? Là encore, ça sent l’anglais… Pourtant, l’expression est bel et bien dans le Robert, sans aucune mention d’anglicisme.

Mais voici une authentique importation anglaise : le thé.

Le bridge et le cricket, ce n’est vraiment pas sa tasse de thé.

L’image est savoureuse… on se croirait dans un roman d’Agatha Christie, et on y est! L’expression vient bel et bien de l’anglais, mais on la retrouve tant dans le Robert que dans le Larousse!

Le pouvoir évocateur de l’anglais, qui s’exprime beaucoup par images, séduit parfois les francophones.

 

 

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