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Livraison de services

Politiciens, journalistes et tout ce qui scribouille, barbouille, bref, bien des gens parlent de la livraison de services. Par exemple, tel organisme livre des services à la population.

Toute personne ayant une connaissance raisonnable du français ne peut que tiquer. Depuis quand (bordel) livre-t-on des services? Prennent-ils les commandes à l’auto, tant qu’à y être?

Dans les traductions courantes, deliver services est souvent rendu par : offrir des services, assurer des services, fournir des services, et même par rendre des services. Tout dépend du contexte, bien entendu.

On a tous compris que livrer des services est un gros calque de l’anglais. Par conséquent, la livraison de services est tout aussi absurde. En bon français, on parlera de la prestation de services, à la rigueur de l’offre de services ou encore de la fourniture de services, bien que cette dernière expression ne me paraisse guère élégante.

Autre calque hideux : livrer des programmes. Le Dictionnaire des cooccurrences de Beauchesne serait tellement utile ici au lieu de suivre bêtement la démarche de l’anglais. La solution qui s’impose est exécuter un programme. On peut aussi accomplir, appliquer, dresser, élaborer, instaurer, lancer, mettre sur pied, monter, suivre, tracer un programme.

Soupir.

Il me semble que parler français correctement, ce n’est pas si compliqué.

Ognon

La graphie surprend et choque. Pourtant elle est tout ce qu’il y a de plus logique. Alors pourquoi écrit-on oignon?

Jadis, le son gn s’écrivait ign. Il était donc logique d’écrire oignon et de prononcer o-gnon. Par conséquent oignon est une ancienne graphie qui a survécu. Elle est en bonne compagnie… ne pensons qu’à piqûre.

Les rectifications orthographiques de 1990 proposent ognon, plus logique et conforme aux règles d’écriture modernes.

Mais ognon survit mal dans le terreau de conservatisme langagier qui règne un peu partout. Oignon a encore de belles années devant lui…

Répétitions

La langue française n’est guère friande de répétitions, qui sont considérées depuis le XVIIe siècle comme des fautes de style. Toute personne qui traduit de l’anglais au français a déjà constaté que les anglophones ne s’embarrassent pas de cette considération stylistique. Ils répètent à qui mieux mieux et ça ne leur fait pas un pli.

Les deux langues ont des optiques narratives bien différentes. L’anglais décrit tout ce qu’il voit de sorte que le texte peut être comparé à un film dans lequel on vous raconte tout du début à la fin. S’ensuivent bien sûr bon nombre de répétitions. Des syntagmes entiers sont repris sans jamais être abrégés, le recours aux pronoms étant rare. Mais pour un anglophone, son texte est ultra précis. Le fait que certains éléments contextuels sont rappelés sans cesse ne l’embarrasse pas du tout.

Cette liberté (qui fait sans doute rêver bien des francophones) a au moins une conséquence : la multiplication des évidences.

Évidences

La phrase qui suit paraît bien naturelle.

Le ministre a demandé et obtenu l’ouverture d’une enquête.

Un bel exemple de cette cinématographie dont je parlais plus tôt; on voit l’action se dérouler devant nous. Un peu de popcorn? Cette phrase contient pourtant une évidence : si une enquête a été ouverte, c’est que le ministre l’a demandé. Un autre exemple encore plus éloquent :

Le rapport a été reçu, lu, analysé et commenté.

Il y a ici une espèce de crescendo créant un bel effet, comme dans un opéra de Puccini. Magnifique. Mais, quand on y pense, si le rapport a été commenté, c’est sûrement qu’il a été reçu, que des experts l’ont lu, qu’ils en ont fait l’analyse et ont ensuite formulé leurs commentaires. Ne serait-il pas plus simple de dire :

Le rapport a été commenté par les experts.

Évidemment, c’est sec, mais la phrase est raccourcie sans perte de sens.

L’anglais n’étant pas corseté par les exigences stylistiques du français, il peut s’en donner à cœur joie en reprenant continuellement les mêmes termes.

Par exemple, un texte portant sur l’immigration parlera ad nauseam des immigration officers. En français, on aura tendance à parler des agents, tout court. C’est ce qu’on appelle l’économie par évidence. Dans le même contexte, il sera question d’un immigration report, terme qui pourrait revenir des dizaines de fois dans le texte. Le traducteur consciencieux cherchera des formules rechange, tout d’abord en abrégeant avec le mot rapport. Il emploiera aussi des synonymes comme étude, document, etc. Enfin, il pourra recourir au pronom il.  

Parfois, le traducteur fera tout simplement sauter un élément qui va de soi.

Voici un exemple authentique tiré d’un texte du gouvernement fédéral.

Budget 2010 commits the government to engage with public sector bargaining agents on bargaining issues.

Rendu par : … Le budget de 2010 engage le gouvernement à traiter avec les agents négociateurs du secteur public.

Il est évident que les questions traitées avec des agents négociateurs porteront sur les négociations et pas sur autre chose.

En fait, le traducteur dispose de plusieurs moyens pour éviter les répétitions :

  • Un synonyme.
  • Un pronom personnel.
  • Un pronom démonstratif (celui-ci, ce dernier).
  • Un pronom relatif.
  • Les pronoms adverbiaux y et en.

Il peut aussi restructurer la phrase, comme dans le précédent exemple.

La prolifération

Éliminer répétitions et évidences peut contribuer à raccourcir le texte.

Ce qui veut dire que notre langue peut parfois être plus concise que celle de Shakespeare. Si, si, vous avez bien lu.

Dans le monde de la traduction, il est souvent question d’un taux de prolifération de 15 pour 100 et même plus lorsqu’un texte est traduit de l’anglais au français. Ce que bien peu de gens savent, c’est qu’un texte faisant le chemin inverse va lui aussi enfler et sera parfois plus long en anglais!

Conclusion

Vinay et Dalbernet résument bien la question.

Prise séparément, la phrase française en dit moins long que la phrase anglaise sur la situation dont elles ont à rendre compte. Mais il serait contraire au génie de la langue française d’entrer dans ce genre de détail, puisqu’elle se situe sur le plan de l’entendement.

Évidemment, loin de moi l’idée de prétendre que l’anglais est toujours redondant, tandis que le français serait un modèle de concision. L’anglais possède l’arme redoutable des phrasal verbs, qui, parfois, ne peuvent être traduits que par une périphrase dans la langue de Molière. En général, l’anglais prend moins de mots que le français pour s’exprimer. Mais le traducteur doit toujours être à l’affut des petites redondances ici et là.

Huile

Le mot huile semble bien innocent comme cela, mais il peut nous mener sur des chemins de traverse parfois surprenants.

On le sait, une huile est une substance grasse, onctueuse et liquide, parfois inflammable.

Le mot a toutefois une connotation un peu différente au Québec, sous l’influence de l’anglais, comme cela arrive souvent.

Chez nous, on parle d’huile à chauffage et non de mazout. L’huile à chauffage est brulée dans un appareil à combustion appelé … fournaise.

La terminologie internationale nous donnerait une chaudière au mazout. Cette expression serait incompréhensible au Canada français, une chaudière étant un seau d’eau.

Le monde de l’automobile

Les expressions liées au monde de l’automobile sont lourdement influencées par l’anglais au Québec. Lorsqu’on confie sa voiture à un garagiste, il est normal de lui demander un changement d’huile. Imaginez la tête d’un garagiste européen ou africain…

En fait, il est question d’une vidange d’huile. Dans ce cas précis, le client ne parle pas de mazout, mais bel et bien d’huile à moteur.

En français classique, on remarque plusieurs expressions intéressantes avec le mot en l’objet.

  • Baigner dans l’huile : quand tout va bien.
  • Faire tache d’huile : se répandre.
  • Jeter de l’huile sur le feu : empirer les choses.
  • Les huiles : les personnages importants.

Cette dernière expression ne manque pas d’intérêt. Les huiles, c’est le gratin, ce qui remonte à la surface.

De l’huile au mazout…

Le lien entre le mot huile en français et le oil anglais saute aux yeux. C’est dans le domaine des hydrocarbures que les pistes s’enfoncent dans les sables bitumineux de la sémantique.

Oil peut désigner de l’huile à chauffage, appelé mazout, comme nous l’avons vu. Le mazout – un mot russe – peut aussi être appelé fioul, un terme inusité au Québec, une corruption de l’anglais fuel.

Mais oil est aussi un terme générique pour parler du pétrole en général. Sauf que nos amis britanniques parlent de petrol lorsqu’ils font le plein; en français, essence. Mais petrol se dit gas en anglais américain, bien qu’il ne s’agisse pas d’un gaz.

D’où l’expression québécoise Mettre du gaz dans son char. Une belle pièce de dialecte qui pousserait le pompiste de Tournai à aller écluser une gueuze pour essayer d’y comprendre quelque chose…

Non, les Québécois ne conduisent pas des panzer… Le mot char vient de l’anglais car.

(Soit dit en passant, les VUS délirants qui encombrent les routes nord-américaines méritent bien d’être appelés des chars, au sens traditionnel du terme.)

De l’huile à la bière…

Le mot huile a des petits cousins inattendus dans les langues germaniques. En allemand, on dit Öl, en suédois ojla, en norvégien ojle. Mais il est étonnant de constater que tant en suédois qu’en norvégien, les mots öl et øl renvoient non pas à l’huile mais à la bière!

L’anglais n’a pas uniquement subi l’influence du français, il est aussi une langue germanique. S’il peut paraitre curieux de boire de l’öl dans les langues scandinaves, n’oublions pas que Britanniques et Canadiens ne dédaignent pas une pinte de bonne ale par temps chaud.

Fin de cette chronique néo-dadaïste rédigée sous la canicule. Devinez ce que je vais faire à présent…

Bâdrer

«Bâdre-moi pas avec ça!» C’est ce que mon père disait lorsqu’on l’importunait. Il ne fallait pas l’achaler avec telle ou telle chose.

Nos amis européens reconnaissent peut-être achaler, un canadianisme qui viendrait de l’ouest de la France. Mais bâdrer? Sûrement pas. De fait, l’expression vient de l’anglais bother, déranger. J’étais naguère convaincu qu’il s’agissait du français de nos ancêtres. Not at all.

Les Canadiens ont énormément emprunté à l’anglais à cause de la proximité du monde anglo-saxon. Très souvent, il s’agit d’emprunts lexicaux. Le monde automobile en regorgeait : tire, flat, windshield, bumper, etc. Des efforts considérables ont été investis dans la francisation et ces termes sont moins fréquents qu’avant.

Curieusement, certains anglicismes ont revêtu des habits français pour mieux se fondre dans la langue. C’est le cas de bâdrer. On peut aussi penser à ce charmant bécosse, francisation de back house, ce cabanon où les colons allaient faire leurs besoins.

Donc si vous venez au Canada, n’hésitez pas à demander où sont les bécosses, personne ne va se bâdrer pour cela.

Juif

L’acteur William Shatner, qui incarnait le capitaine Kirk dans la série Patrouille du Cosmos, est juif. À moins qu’il ne soit Juif, avec la majuscule?

L’emploi de la majuscule en français est problématique, on le sait. Mais souvent cette lettre capitale peut signaler une nuance importante.

Les gens pratiquant la religion juive sont des juifs, avec minuscule initiale. Dans ce cas, on suit la même règle que pour d’autres religions :

Jean Sébastien Bach était protestant.

L’acteur Richard Gere est bouddhiste.

Yuko est shintoïste.

D’ailleurs, le nom des religions se décline avec la minuscule. Le judaïsme, l’islam, le christianisme sont les trois religions monothéistes.

Alors pourquoi voit-on parfois le mot Juif écrit avec la majuscule initiale? Quand ce mot désigne un peuple.

On appelle Juif tout descendant du peuple sémitique qui vivait en Palestine durant l’Antiquité et qui portait le nom d’Hébreu. On écrit alors Juif avec la majuscule initiale.

Donc tout dépend de l’angle sous lequel on aborde la question. Si on veut mettre en évidence l’appartenance au peuple juif, comme s’il était question d’une nationalité davantage qu’une orientation religieuse, alors il faut parler d’un Juif ou d’une Juive.

C’est pourquoi on parle de la déportation des Juifs par l’Allemagne nazie. Le gouvernement allemand voyait en eux une « race » maudite devant être exterminée, et non pas les tenants d’une religion diabolique.

On peut donc affirmer que William Shatner est juif en raison de sa religion, tout comme on dirait qu’un autre William, appelé Bill Clinton, est méthodiste.

La plupart du temps, lorsqu’on mentionne qu’une personne est juive, c’est davantage de sa religion dont il est question. Car William Shatner est canadien, le capitaine Dreyfuss était français et Albert Einstein était allemand, avant de devenir américain.

Autre article : antisémitisme.

Exonymes

Le Petit Larousse définit un exonyme comme suit :

Nom étranger d’un toponyme. (Exemple : Parigi est l’exonyme italien de Paris.)

Des exonymes sont adoptés dans toutes les langues pour ne pas utiliser des noms étrangers qui peuvent être imprononçables ou trop difficiles à écrire. Parfois, on adopte tout simplement l’endonyme, mais uniquement s’il n’est pas trop compliqué. Un bel exemple est Beijing, utilisé en anglais; cet endonyme remplace Peking, que l’on utilisait jadis.

Le français a adopté quantité d’exonymes, surtout pour les pays voisins avec qui il a eu des relations suivies, que ce soit sur le plan culturel, politique ou… militaire.

L’Italie vient en tête de liste, en raison de son importance historique et culturelle. Les exonymes les plus connus sont Rome, Florence, Milan, Naples, Pérouse, Venise. L’Espagne suit de près avec Barcelone, Séville, Grenade et bien d’autres. La Belgique aussi, où les noms flamands sont traduits : Gand, Anvers, Mons et… Bruxelles, ancienne ville flamande dont le nom original est Brussel, qui se dit d’ailleurs Brüssel en allemand.

Parlons-en de l’Allemagne. Cologne, Hambourg, Munich, Francfort, tous des exonymes pour Köln, Hamburg, München, Frankfurt. Il va sans dire que ces noms sont déclinés de manière différente dans d’autres langues. Par exemple, München se dit Monaco en italien, ce qui pourrait irriter nos amis français, car, pour eux, Monaco… eh bien c’est Monaco, voilà.

Les exonymes sont donc des adaptations. On cherche parfois à imiter la prononciation originale, sans pour autant y parvenir. Certains voudraient les abolir complètement pour que l’on emploie les noms originaux, les endonymes. Ce n’est pas demain la veille, comme on dit souvent.

Les exonymes existent parce qu’ils sont utiles. À moins de se résoudre un jour à remplacer Le Caire par al-qāhira.

Pékin

Une version actualisée de cet article peut être lue ici.

La question s’est posée lors des Jeux olympiques de 2008 : fallait-il dire Pékin ou Beijing? Cette question en amène une autre : pourquoi deux graphies pour une seule ville? Il y a pourtant belle lurette que nous disons Londres au lieu de London, Barcelone au lieu de Barcelona ou Moscou au lieu de Moskva.

La France utilise toujours un système de romanisation du chinois mis au point au XVIIe siècle par des jésuites. C’est ce système qui nous a donné Pékin, Nankin et Canton. À la fin des années 1950, le président Mao a demandé que l’Occident utilise le système pinyin. Celui-ci a entraîné une mutation spectaculaire de certains noms, dont celui du Grand Timonier, devenu Mao Zedong.

Des villes comme Pékin, Nankin et Canton ont brusquement changé de nom pour devenir Beijing, Nanjing et Guangzhou. Une mère ne reconnaitrait plus son enfant. Les anglophones ont adopté ces nouvelles appellations, tandis que les francophones, plus conservateurs, s’en tiennent aux graphies plus traditionnelles. Il semble que les anglophones acceptent plus facilement les endonymes, ces noms de lieu qui correspondent à ce que l’on dit dans la langue d’origine.

Tant les journaux que les dictionnaires de la francophonie continuent de parler de Pékin et non de Beijing. Ce dernier nom est parfois mentionné dans les ouvrages de référence, mais l’entrée principale est toujours à Pékin.

Il est donc très clair qu’en français on dit Pékin. Le nom de la capitale chinoise peut être vu de deux manières : une transcription maladroite du chinois ou encore une traduction. Par exemple, Florence est une traduction de l’italien Firenze. Dans les deux cas, il s’agit d’exonymes.

Quoi qu’il en soit, force est de constater qu’en français on dit Pékin dans l’immense majorité des cas. Certains font valoir que le nom officiel est bel et bien Beijing. Il est vrai, par exemple, que Bombay est maintenant appelée Mumbai et que ce nom est souvent repris en français. Mais n’oublions pas que bien d’autres noms officiels continuent d’être traduits en français : Belarus qui demeure Biélorussie, New Mexico qui demeure Nouveau-Mexique; Lisboa qui demeure Lisbonne.

On peut en discuter longtemps, mais le français, à tort ou à raison, n’adopte pas systématiquement toutes les nouvelles appellations officielles. Comme c’est souvent le cas, il n’y pas de logique précise dans ce qui est adopté et ce qui ne l’est pas. Par exemple, le Zaïre est devenu la République démocratique du Congo, tandis que la Biélorussie continue de désigner cet État appelé Belarus aux Nations unies.

Par conséquent, il me parait souhaitable et logique que nous continuions d’appeler la capitale chinoise Pékin.

Crèche

Au Québec, on envoie ses jeunes enfants dans une garderie alors qu’en France on les dépose à la crèche. Comme cela arrive souvent, l’ancienne colonie emploie des mots différents de ceux de la mère patrie.

Il faut dire que crèche a un sens bien précis en France : un établissement qui accueille les enfants de moins de trois ans dont les parents travaillent. Nos garderies accueillent aussi bien des bambins que des enfants plus âgés.

Pourtant, garderie existe depuis 1877. C’est un local où l’on garde des enfants en bas âge. La définition est donc plus générique. Mais le terme que je vois le plus souvent dans les écrits de l’Hexagone est crèche, à moins qu’un lecteur me corrige.

D’autres parleront de jardin d’enfants, une expression qui s’apparente à l’allemand Kindergarten. D’après le Robert, cet établissement prend soin des enfants d’âge préscolaire, après la crèche.

Ces dernières années sont apparus des centres de la petite enfance, endroit où l’on fait aussi garder ses enfants.

Les parents québécois qui désirent sortir en soirée font appel à une gardienne pour prendre soin de leurs enfants, moyennant rétribution. Logique, quand même, puisqu’une gardienne garde des enfants. L’anglicisme babysitter, utilisé en Europe,étonne beaucoup de ce côté-ci de l’Atlantique.

Pas toujours un jeu d’enfants, le français.

Plan de contingence

La crise actuelle de COVID-19 met en évidence le manque de prévoyance des gouvernements face à une nouvelle pandémie. On a sabré dans les services de prévention des maladies parce que la recherche n’a pas d’effets spectaculaires qui peuvent ensuite servir d’argument en campagne électorale.

La cigale ayant chanté tout l’été, la voici maintenant confinée. Entretemps, les autorités publiques sont prises au dépourvu et élaborent des plans de contingence.

C’est bien mal connaitre le sens du mot contingence, qui est le « caractère de ce qui est contingent; éventualité que quelque chose arrive ou non », nous dit le Larousse.

On est donc loin du mot urgence. Force est de reconnaitre que nous avons affaire ici à un autre faux ami. Un plan de contingence n’est rien d’autre qu’un plan d’urgence. On pourrait aussi parler de plan d’intervention, de plan de secours.