Du coup revisité

La locution du coup est particulièrement envahissante, du côté de l’Hexagone. Elle sévit dans les textes journalistiques aussi bien que dans les dialogues de séries télévisées ou de films, quand ce n’est pas dans l’usage courant.

Les usages incorrects pullulent au Québec et au Canada français, mais, comme nous le verrons, la France n’est pas à l’abri des tics langagiers.

D’entrée de jeu on pourrait se demander si l’expression est correcte.

Pour le Figaro, donner à la locution le rôle d’un adverbe est un non-sens. Elle n’est pas un synonyme de « par conséquent », « de ce fait » ou de « donc ». Toutefois, le Petit Larousse recense l’expression et la définit comme synonyme de « en conséquence ». Le Petit Robert donne « de ce fait ».

L’Académie, pour sa part, estime que du coup signifie à la suite de quoi. Le terme marque bel et bien un enchainement et (du coup) il est donc facile à remplacer par les mots et locutions suivantes : donc, par conséquent, dans ses conditions, conséquemment, alors, c’est donc dire, ce qui fait que, de ce fait, ainsi, partant de là, par là même.

Dans la phrase précédente, on voit qu’il est très facile de remplacer du coup par l’adverbe donc.

Du coup ne semble pas si erroné qu’on pourrait le croire. C’est son utilisation pléthorique qui devient problématique. Souhaitons qu’il ne se propage pas au Québec, qui a bien d’autres chats linguistiques à fouetter.

Mais rappelons-nous que les tics langagiers ne tiennent pas toujours le coup sous les assauts impitoyables du temps ; d’autres finissent par les remplacer.

Comme on le voit dans la dernière phrase, une apposition peut aussi nous tirer d’affaire.

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