Binge watching

La crise sanitaire engendrée par la covid-19 et tous les (re)confinements qui se sont ensuivis nous ont transformés en reclus involontaires. Cette interminable hibernation a changé nos habitudes, le moins qu’on puisse dire.

Comme bien des gens, j’ai davantage exploré Netflix, cette caverne d’Ali Baba de séries étrangères souvent passionnantes. Comme bien d’autres je me suis attelé aux Peaky Blinders, Enquêtes internes et, plus récemment, Le serpent, des émissions regardées en rafale, c’est-à-dire en quelques soirées seulement, à coups de plusieurs épisodes à la fois.

C’est ce qu’on appelle en anglais le binge watching. Le terme a été repris dans le bulletin français de Netflix, avec en prime le verbe binge watcher. Je vous laisse deviner dans quel pays ce bulletin « français » est rédigé…

Au Canada on a fait l’effort de traduire et les idées ne manquent pas.  Cette façon de regarder la télé s’apparente à un gavage, une boulimie. Il y a quelque chose de compulsif. D’où les expressions de gavage télévisuel, visionnage boulimique, glouton, excessif, compulsif. On voit tout de suite que ces traductions sont quelque peu péjoratives, alors que visionnage en rafale est plus neutre.

En espagnol, on dit « maratón de series ». Ça me plaît… Et il semble que cette formulation est passée en français : se lancer dans un marathon de séries.

Quant à y être, pourquoi pas « se souler d’une série », sur le modèle de binge drinking?

Mais d’autres pistes peuvent être explorées. Si on disait que j’ai dévoré la série Enquêtes internes, une des meilleures jamais produites sur le monde de la police britannique, il me semble que tout le monde comprendrait. Quand on dévore, on mange à toute vitesse.

Dans la même veine : avaler une série, la visionner sans pouvoir s’arrêter, y être accroché, ne pas pouvoir en décrocher. Être accro à une série, ça vous arrive?

Quelles sont vos recommandations? Pour les bonnes séries et la traduction de cette expression.

Merci à certains de mes abonnés (et non followers) dans Twitter pour leurs suggestions.

***

André Racicot vient de faire paraître un ouvrage Plaidoyer pour une réforme du français.  Ce livre accessible à tous est la somme de ses réflexions sur l’histoire et l’évolution de la langue française. L’auteur y met en lumière les trop nombreuses complexités inutiles du français, qui gagnerait à se simplifier sans pour autant devenir simplet. Un ouvrage stimulant et instructif qui vous surprendra.

On peut le commander sur le site LesLibraires.ca ou encore aux éditions Crescendo.

3 Thoughts on “Binge watching

  1. Marthe Lemery on 16 avril 2021 at 12:43 said:

    Moi, je me suis empiffrée de deux séries islandaises, Trapped et À glacer le sang, et j’ai englouti en moins de deux les trois saisons de Shetland. J’ai aussi été rivée à l’écran par La casa de papel…

  2. Bonjour,

    À propos de  »marathon de séries’, notons qu’il est déjà passé dans l’usage en français. En voici quelques exemples :

    – Alors que le quotidien rime avec confinement dû à la pandémie de la Covid-19, quoi de mieux qu’un marathon de séries télévisées !
    – Avant de se lancer dans un marathon de séries télévisées et même si la météo se montre sous un jour capricieux, pensez à sortir prendre l’air, seul ou avec un ami.

    Personnellement, j’aime beaucoup la formulation suivante : visionnage glouton (de séries télévisées).
    Par exemple :
    – J’ai dévoré les huit épisodes de la série  »Stranger Things » sur Netflix en deux soirées. Ayant moi-même été un adolescent des années 80, me replonger dans cette ambiance m’a donné envie d’un jeu vidéo susceptible de prolonger l’état vaguement mélancolique provoqué par ce visionnage glouton.
    – Après un visionnage glouton de la saison 1 qui m’a vraiment tenu en haleine, je suis passé à la saison 2 : une déception sans pareil !

    Quant au substantif  »binge watcher »,  »dévoreur de séries (télévisées’) » est un équivalent français que je n’hésite pas à utiliser.
    Exemples :
    – Quand vous dites, en société, que vous êtes un dévoreur de séries télé, on vous demande souvent conseil.
    – C’était un boulimique de livres, un dévoreur de séries télé et un graphomane invétéré, mais il décida de devenir médecin.

    Mes salutations les plus cordiales.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Post Navigation