Finaliser constitue un parfait exemple d’intégration d’un anglicisme dans notre langue. On jurerait qu’il s’agit d’un mot authentiquement français, ce qui n’est pas le cas.
Origine et définition
Le mot vient de final, on s’en doute. L’anglicisme finaliser serait apparu en 1936, si l’on en croit le Robert, qui définit ce mot ainsi : « Mettre au point de manière détaillée; présenter sous sa forme quasi définitive. »
On finalisera un projet, une proposition.
Finaliser s’est bien intégré parce qu’il ne heurte pas les règles d’écriture du français, contrairement à shampoing et thriller (prononcé srilère en Europe francophone). Bref, aucun problème à le lire ou à le prononcer. Comme on dit au Québec, on ne s’enfarge pas dans les fleurs du tapis.
Synonymes
Certains voudront éviter finaliser, soit parce qu’il s’agit d’une importation états-unienne, soit parce qu’ils cherchent une figure de style plus relevée.
À ceux-là je propose les mots suivants : mettre au point; mettre la dernière main à; terminer, achever.
On pourrait penser aussi à parfaire.
Finaliser nous rappelle une petite vérité trop souvent oubliée, à savoir que le français possède suffisamment de ressources pour déjouer bien des emprunts à l’anglais.
On peut apporter un petit complément : ce mot a été condamné par l’Académie et d’autres « langagiers » non à cause de son origine mais du sens importé de l’anglais.
En effet, à l’origine*, c’était un mot introduit par la philosophie au sens de « donner une finalité », sans rapport avec l’idée de conclure, de parachever. Mais il a été dévoyé par la langue courante d’où la mise en garde sur cette extension de sens et non sur le terme lui-même.
* Citation de 1936 de Jacques Maritain : « Le bien politique est un bien digne en soi de finaliser l’action humaine. »
« thriller (prononcé srilère en Europe francophone) »
Attention à ne pas considérer les francophones d’Europe comme un groupe homogène. Ce qui se dit en France ne se dit pas nécessairement en Suisse ou en Belgique.
En Belgique, par exemple, « thriller » se dit [tʁilœʁ] avec un T.
En France, en revanche, les « th » finissent bien souvent en « S » et il n’est pas rare d’entendre « Satchère » pour parler de l’ancienne première ministre britannique, par exemple.