Bât qui blesse

Bât

« C’est ici que le bât blesse. » Combien de fois entend-on cette phrase, sans vraiment connaitre le sens du mot bât ?

 On peut bien sûr se reporter au dictionnaire et apprendre qu’il s’agit d’un dispositif que l’on place sur le dos des bêtes pour qu’elles puissent transporter leur charge. Un bât qui blesse, c’est un point sensible.

D’autres expressions sont entrées dans l’usage courant sans que l’on connaisse la signification exacte de tous les mots qui composent ces expressions. En voici quelques-unes.

Férule

« Être sous la férule d’un chef d’équipe intransigeant. » La férule est une petite palette de bois ou de cuir avec laquelle les enseignants frappaient la main des écoliers en faute.

Inutile de préciser que cela ne se voit plus tellement en Occident. À présent, ce sont plutôt les enseignants qui sont sous la férule des élèves et des étudiants lorsqu’ils prononcent un mot de trop.

Égide

L’égide est le bouclier de Zeus. Être sous l’égide de quelqu’un signifie que vous êtes sous sa protection.

Houlette

La houlette est un bâton de berger. Le Larousse : « Bâton de berger terminé soit par un crochet pour attraper les animaux par une patte, soit par une lame de fer pour leur lancer des mottes de terre. »

Par conséquent, être sous la houlette de quelqu’un veut dire que vous êtes sous sa conduite.

Tutelle

Nous savons tous que la tutelle est un régime de protection de l’État pour les mineurs et les personnes majeures incapables d’administrer leurs biens. La tutelle est donc une protection vigilante.

L’expression peut être utilisée en dehors du contexte administratif ou juridique. Par exemple, un jeune employé peut être sous la tutelle de son supérieur.

Auspices

À l’origine, on appelait « auspices » l’étude du comportement du vol, de l’appétit ou du chant des oiseaux. Les Romains de l’Antiquité y voyaient un présage.

« Sous les auspices de… » signifie que l’on reçoit l’appui d’une personne ou une organisation.

Imaginons un bal des finissants organisé sous les auspices d’une chaîne d’alimentation. Mais l’organisation de ce bal peut aussi être de mauvais augure…

Augure

Toujours en Antiquité, un augure était un prêtre chargé d’observer les signes avant-coureurs.  Les augures étaient le présage qui découlaient de cette observation.

Par exemple, on pourrait dire que la tenue du bal des finissants pouvait être de mauvais augure, car les météorologistes annonçaient des averses.  

Intéressant de voir comment de vieilles expressions survivent dans le français moderne. Une petite dernière?

Le coup de l’étrier. Lorsque les messagers s’arrêtaient dans une auberge pour se restaurer et, avant de partir, buvaient un dernier verre. C’était le coup de l’étrier, avant de monter à cheval pour aller vers sa destination.

6 réflexions sur « Bât qui blesse »

  1. Article très intéressant! J’ai lu à mon conjoint le texte sous la rubrique Férule, car c’est un ancien enseignant. Il dit que vous avez bien raison.

  2. Merci de cet article très intéressant qui nous propose plusieurs façons de rendre l’idée d’être sous l’autorité ou la protection de quelqu’un en français. Je me permets quand même de vous signaler une correction à faire : « pouvaient » dans la phrase « Par exemple, les prévisions météorologiques pour le jour du bal des finissants pouvait être de mauvais augure, car elles annonçaient des averses ». Cela dit, je ne suis pas sûre que je dirais que des prévisions sont de mauvais augure, mais j’avoue que je n’ai pas le temps maintenant de m’attarder à cette question. J’y reviendrai.
    Je vous lis toujours avec beaucoup de plaisir.

  3. Beaucoup trop de coquilles et d’erreurs de toutes sortes pour tout « langagier » qui se respecte.

    « … de tous les mots qui LA (où est le référent ?) composent… »

    « … les auspices ÉTAIENT L’ÉTUDE… » : il ne faut pas ÊTRE allergique au verbe être dans ce paragraphe (cinq occurrences).

    « … Les augures étaient le présage qui découlaiENT… » Hum…

    Un autre cordonnier mal chaussé… (Mais je vais continuer de vous lire, malgré tout…)

    1. Le texte comportait en effet quelques faiblesses stylistiques que je me suis empressé de corriger. J’espère que vous continuerez malgré tout de lire mon blog.

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