La semaine dernière, le ministre québécois Christian Dubé annonçait son intention de chambarder le système de santé de notre État. Il allait shaker les colonnes du temple… faire appel à des top guns.
Autrement dit ébranler les colonnes du temple et faire appel à de grands esprits, à des esprits éclairé, à des francs-tireurs.
Le ministre Dubé s’exprime correctement; il ne nous assène pas une parlure effilochée comme le font bien des humoristes et une bonne partie de la population. Pourtant, il a senti le besoin de ponctuer son discours de deux anglicismes bien gras.
Cette attitude n’est pas nouvelle au Québec. Un discours percutant passe par des expressions anglaises. Un camion c’est un truck; une entreprise c’est une business; magasiner c’est shopper.
Ce phénomène relève du complexe d’infériorité des Québécois. Après plus de deux cents ans de colonialisme, il est compréhensible d’éprouver envers et contre toute logique un sentiment d’infériorité par rapport à la culture anglo-américaine dominante. La langue anglaise domine le monde, par conséquent on ressent le besoin d’employer parfois ses mots, supposément plus porteurs de sens.
Que cette attitude défaitiste soit propagée par un ministre clé du gouvernement Legault est à la fois décourageant et révélateur de notre statut de colonisé. Le français est une langue inférieure semble croire le ministre.
Les défenseurs acharnés du français (top guns) doivent ébranler les colonnes du temple du je-m’en-foutisme généralisé et dénoncer la parlure honteuse du ministre Dubé.
Merci d’avoir écrit ce billet.
Merci pour le rappel lucide. La souveraineté commence dans le cœur et l’esprit.
Cela n’a rien à voir avec un complexe d’infériorité. C’est un phénomème linguistique bien documenté dans d’autre pays où des gens doivent s’exprimer dans deux ou plusieurs langues. Tout le monde n’est pas traducteur chevronné.
J’y vois plutôt la paresse de trouver les termes en français par manque de vocabulaire. Dubé se dit que tout le monde va comprendre de toute façon, alors pourquoi se creuser la cervelle pour trouver l’expression correcte. Je crois que ceux qui truffées leurs phrases de mots anglais, la majorité en ces terres, trouvent ça tout simplement ‘cool’, pratique et accessible puisque c’est presque la norme.
Le sentiment d’infériorité des Québécois a été largement analysé et découle de la conquête de la Nouvelle-France en 1760. Lisez Maurice Séguin et Michel Brunet.
Je n’ai pas dit que des Québécois n’avaient pas un sentiment d’infériorité. Je n’en sais rien, n’étant pas d’origine québécoise moi-même. J’ai dit très clairement que l’usage de mots anglais lorque l’on parle française est un phénomème linguistique qu’on trouve chez les gens qui pratiquent le bilinguisme dans leur vie quotidienne. J’avais moi-même le sentiment de Mme Maurel lorsque je suis arrivé au Québec, mais je me suis rendu compte plus tard que le problème n’était pas aussi simple quand, moi anglophone, commencé à utiliser des mots français au lieu des mots de ma langue maternelle. J’adopte la langue française et j’appuie ceux et celles qui font l’effort d’éviter des anglicismes inutiles.