Balance du pouvoir

La notion de balance of power est courante dans le monde anglo-saxon. Le Collins la définit ainsi : « The balance of power is the way in which power is distributed between rival groups or countries. »

Cette définition est vaste et touche les relations internationales. Les dictionnaires bilingues nous proposent équilibre des forces, équilibre des puissances. En français, le Larousse parle de «  Juste proportion entre des éléments opposés, entre des forces antagonistes, d’où résulte un état de stabilité, d’harmonie : Une période d’équilibre politique. »

La traduction est toutefois moins aisée dans le contexte plus restreint de la cohabitation des partis politiques dans un parlement minoritaire. Un tiers parti peut permettre à un autre de se hisser au pouvoir, grâce à son appui. On dit que ce deuxième parti détient la balance du pouvoir.

Jusqu’à tout récemment, cette expression était contestée. On pouvait — et on peut toujours — la remplacer par toute une ribambelle de solutions, par exemple : être l’arbitre de la situation; être en position d’arbitre; jouer le rôle d’arbitre; être le maître du jeu; être en position charnière, etc.

Celle qui me parait la plus intéressante, si on ne veut pas calquer l’anglais, consiste à dire que tel parti détient la clé du pouvoir. Mettons ça dans la balance…

2 réflexions sur « Balance du pouvoir »

  1. Bonjour André,

    Contrairement aux anciennes Clefs du français pratique, les nouvelles Clés de la rédaction attestent bel et bien l’expression: «Bien qu’encore critiquée par certains, l’expression balance du pouvoir, de l’anglais balance of power, est maintenant passée dans l’usage canadien […]». (Source: https://www.noslangues-ourlanguages.gc.ca/fr/cles-de-la-redaction/balance-du-pouvoir)

    Idem pour Usito, qui atteste les deux mêmes sens sans signaler l’expression comme critiquée. (Source: https://www.noslangues-ourlanguages.gc.ca/fr/cles-de-la-redaction/balance-du-pouvoir)

    Je suis d’accord avec toi pour la proposition «détenir la clé du pouvoir», mais j’éviterais en revanche de dire «détenir l’équilibre du pouvoir»: on peut *atteindre* un état d’équilibre, ou encore le bousculer, etc., mais on ne peut pas le *détenir*.

    D’où l’utilité, selon moi, de faire une distinction entre l’«équilibre» (état) et la «balance» (ce qui manque pour atteindre cet état).

    1. Salut Louis.

      Merci beaucoup de m’aider à actualiser mon blogue. La langue évolue sans cesse.

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