Tunnel

« Voir la lumière au bout du tunnel » est une expression que l’on entend quotidiennement dans les médias québécois et canadiens. Pourtant cette expression n’est pas tout à fait exacte, quand on connait bien la langue.

Pensons-y bien : que peut-on voir d’autre au bout du tunnel que la lumière? Au fond, cette tournure signale une évidence. Elle marque surtout un calque de l’anglais.

To see light at the end of the tunnel.

En français, on dira tout simplement : « Voir le bout du tunnel. » Comme cela arrive souvent, l’anglais décrit ce qu’il voit, tandis que le français se situe au niveau de l’entendement.

Origine du mot

Bien des francophones seront étonnés d’apprendre que tunnel est un anglicisme apparu dans notre langue vers 1825. Peut-être parlait-on déjà du fameux tunnel sous la Manche… Mais les tunnels ont existé par la suite sur le continent : beaucoup ont été percés dans les Alpes, par exemple.

Tunnel est donc venu par l’anglais, mais, en réalité, il s’agit d’un gallicisme pour les anglophones, car le mot dérive du français tonnelle, cette construction en cerceaux autour de laquelle on fait grimper des plantes.

Traduction

L’envahissant « Voir la lumière au bout du tunnel » peut facilement être remplacé par « Être au bout de nos peines », « En finir (avec cette foutue pandémie) », « Voir venir la fin », « S’en sortir une fois pour toutes ».

***

André Racicot vient de faire paraître un ouvrage Plaidoyer pour une réforme du français.  Ce livre accessible à tous est la somme de ses réflexions sur l’histoire et l’évolution de la langue française. L’auteur y met en lumière les trop nombreuses complexités inutiles du français, qui gagnerait à se simplifier sans pour autant devenir simplet. Un ouvrage stimulant et instructif qui vous surprendra.

On peut le commander sur le site LesLibraires.ca ou encore aux éditions Crescendo.

One Thought on “Tunnel

  1. Mireille Pilotto on 24 février 2021 at 20:56 said:

    Bonjour monsieur Racicot,

    Je tique un peu sur l’emploi de « au » en lisant « voir au bout du tunnel ». À mon humble avis, ce devrait plutôt être « voir le bout du tunnel », comme on dirait : voir le bout de la route, voir la fin de ses peines, etc.

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