Tester positif

Auguste Comte serait ravi : le positivisme est à la mode chez les athlètes olympiques. Certains pays en font une affaire d’État et nul doute qu’on en découvrira d’autres, en Orient…

Lorsqu’un athlète obtient un test positif, on dit couramment dans la littérature des sports qu’il a testé positif. D’autres, au contraire, ont été contrôlés négatif.

Bien entendu, ces formulations peuvent hérisser les amants de la langue française. On sent le calque. Peut-il être évité?

L’Office québécois de la langue française nous offre certaines solutions : « Les calques de la syntaxe anglaise peuvent être remplacés par des formulations telles que contrôle de dopage positif, test positif, résultat du test positif ou, en parlant de la personne qui subit le test, obtenir un résultat positif, être déclaré positif, être positif. »

On peut donc arriver à des formulations assez succinctes sans pour autant écorcher la syntaxe française.

Sergueï a eu un contrôle de dopage positif.

Le nageur chinois finira bien par être déclaré positif.

On peut également dire qu’un test ou un contrôle est positif.

Une fois que l’on connaît ces tournures, les expressions anglicisantes comme tester négatif, être contrôlée positive, ont beaucoup moins d’attrait.

Bien entendu, on les lit et on les entend partout. L’économie de mots demeure irrésistible pour bien des francophones, sans oublier qu’une part importante du vocabulaire des sports s’inspire de l’anglais.

2 Thoughts on “Tester positif

  1. Mon cher André, vous savez sûrement que les anglicismes me hérissent le poil et que je témoigne peu de complaisance à leur égard. Mais j’évite généralement de sauter aux conclusions et de hurler à l’anglicisme dès qu’une tournure est similaire dans les deux langues qui nous intéressent. De fait, les expressions « parallèles » sont légions, soit qu’elles viennent de calques qui se perdent dans la nuit des temps et qui sont passés dans le fond de la langue, soit qu’elles soient l’aboutissement d’une même construction spontanée dans les deux langue pour décrire une même réalité, y compris de façon imagée.
    Dans le cas présent, il semble donc qu’on entende ou lise « contrôlé positif » en français et probablement quelque chose comme « tested positive » en anglais. Est-ce pour autant un calque? L’anglais a-t-il une nouvelle fois percolé dans le français?
    Il convient quand même de rappeler que l’apposition et l’élision sont deux procédés qui sont employés en français courant de façon tout à fait idiomatique, même si de nombreux langagiers québéois se montrent en pratique frileux à l’égard de ces modalités syntaxiques (tout comme beaucoup ont de la difficulté avec les sens figurés, par extension ou par analogie des mots, qui participent pourtant à la richesse et à la beauté de notre langue – mais c’est un autre débat). Je pense à des expressions bien françaises comme « rouler carosse » ou « adresse courriel », pour ne citer que deux exemples d’élision qui me viennent à l’esprit.
    Dès lors, il n’est pas interdit de penser que la construction « contrôlé positif » puise naturellement ses sources dans le français parlé. Les francophones n’aiment pas plus que les anglophones passer par Mexico pour se rendre de Montréal à Toronto et ont autant que ces derniers le raccourci de langage facile.
    Je ne m’inscris donc pas en faux contre votre billet, mais j’aurais tendance à être plus prudent. 🙂

  2. Julie on 13 octobre 2016 at 09:13 said:

    Enfin, merci pour ce billet! J’entends trop souvent « testé positif pour », c’est terrible. À mon avis, c’est une démonstration pénible de manque de vocabulaire. On pourrait aussi dire, pour la maladie, « a reçu un diagnostic de » ou « s’est fait diagnostiquer ».
    Ça suffit, la paresse langagière.

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