Payeur de taxes

Les payeurs de taxes sont-ils trop imposés Payent-ils trop de taxes?

Cette question peut résonner différemment selon que l’on pense en anglais ou en français. Étant entendu que la mort et les impôts sont les deux seuls malheurs de la vie auxquels nul n’échappe.

L’abominable expression payeur de taxes est un calque grossier de l’anglais tax payer. Le français a un joli mot pour le dire : contribuable. Bien entendu, le calque a plus de force de frappe, il cogne dur, surtout dans la bouche d’un politicien populiste. Denis Coderre? Non, je n’ai rien dit.

La Canadian Taxpayers Federation envisageait d’adopter l’appellation « française » de Fédération canadienne des payeurs de taxes. Ce calque n’aurait pas détonné avec le paysage canadien des appellations anglicisées. Pensons à la défunte Corporation de disposition des biens de la Couronne…

Heureusement, la Canadian Taxpayers Federation a rectifié le tir pour devenir la Fédération canadienne des contribuables.

Le mot taxe peut aussi faire l’objet d’un calque quand on parle de taxe foncière au lieu d’impôt foncier.

J’espère qu’on ne me taxera pas d’incohérence en mentionnant que le mot taxe a un petit cousin germain appelé taxage. C’est celui qui a mal tourné dans la famille… Le taxage, c’est cette extorsion pratiquée dans les cours d’école aux dépens des élèves plus vulnérables. Jadis, les puristes condamnaient cette expression, lui préférant extorsion. Ils n’avaient pas entièrement tort, sauf que le taxage survient dans des conditions précises, alors qu’une extorsion a un sens plus large.

3 Thoughts on “Payeur de taxes

  1. Philippe Riondel on 15 décembre 2017 at 18:04 said:

    Les choses ne sont jamais simples, hélas. 🙂
    En partant, le Petit Robert cite aussi bien la taxe foncière que l’impôt foncier dans ses exemples aux entrées taxe et impôt.
    Par ailleurs, les Français paient ce que l’on appelle couramment là-bas des impôts locaux, qui ont pour noms très officiels la taxe d’habitation et la taxe foncière! Car, effectivement, pour corser le tout, ces taxes sont en réalité par nature des impôts!
    Il existe en effet une distinction de nature entre impôts et taxes: un impôt est prélevé de plein droit, sans contrepartie précise, par l’État ou par une collectivité locale, tandis qu’une taxe correspond en principe à la fourniture d’un service public.
    Ces appellations étant depuis toujours dans le paysage français, il semble difficile de conclure à l’anglicisme en ce qui concerne le terme « taxe foncière ». Tout au plus peut-on affirmer que parler de taxe foncière au Canada est une impropriété et ne correspond à aucune réalité officielle au Canada.
    Cordialement

    • Chambaron on 15 décembre 2017 at 19:15 said:

      Pour préciser la remarque de P. Riondel, je dirais plutôt qu’en France « impôt » correspond au concept général et à ce qui provient de la source normalement principale que sont le revenu pour les personnes physiques ou le bénéfice pour les personnes morales. Les « taxes » ont pour assiettes les supports de consommation les plus divers : terrains, résidence, valeur ajoutée, tabac et alcools, électricité, carburants.
      Plus récemment, sans doute par pruderie verbale, on a vu émerger des « contributions » : la C.S.G. (contribution sociale généralisée) ou pour le financement des énergies renouvelables.
      Notons enfin qu’en France il n’existe quasiment pas de prélèvement affecté par produit ou service : tout est collecté par l’Etat ou la collectivité territoriale puis ventilé selon les budgets établis par les organes exécutifs.

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