Profil bas

Les francophones européens ne montrent pas toujours leur meilleur profil lorsqu’ils multiplient les anglicismes inutiles. Toutefois, l’architecture profonde du français n’est guère affectée, contrairement à ce qui se produit au Québec. Ici, la langue est trop souvent un hybride qui entremêle anglicismes lexicaux et syntaxiques.

L’un des rares calques de structure que l’on observe en Europe est l’expression « garder un profil bas. » Le calque de l’anglais to keep a low profile est évident.

D’ailleurs, le Petit Robert le signale comme tel : « ANGLIC. Adopter un profil bas : se montrer discret, ne pas se faire remarquer (pour des raisons stratégiques) »

Le dictionnaire québécois Usito abonde dans le même sens en suggérant : adopter une attitude modérée, discrète, réservée, se faire oublier.

Au Québec, on entendra parfois « être low profile. » S’effacer, rester dans l’ombre, comme le suggère Colpron.

2 Thoughts on “Profil bas

  1. Francine Roy on 7 novembre 2016 at 16:24 said:

    Généralement, je trouve vos commentaires vraiment excellents. Cependant, selon moi, celui sur les anglicismes au Québec et en France risque d’entretenir un préjugé qui peut défavoriser les Québécois qui tentent de percer au-delà des frontières dans le domaine des langues. Selon cet article qui a été publié par l’Université du Québec, les anglicismes teintent le français, et ce, peu importe l’endroit où cette langue se parle et c’est souvent ce que j’ai à expliquer à l’étranger. Le lire à l’adresse suivante :
    http://linguistech.ca/Capsule+linguistique+-+Anglicismes+prestige.
    Sur ce, je vous souhaite une bonne continuation. J’ai bien hâte de vous lire de nouveau.

  2. Bonjour,
    Je suis français et en effet, la formule « prendre », « adopter » ou « garder un profil bas » me semble calquée sur l’anglais moderne, même si je l’entend souvent dans les médias, notamment à la radio.
    Pour moi, l’expression consacrée est « faire profil bas » : même mes grands-parents, nés avant la guerre 14, l’utilisaient. Et eux ne parlaient pas un mot d’anglais. Si c’est un calque, il ne date donc pas de la mondialisation.
    Autre point à souligner : on ne peut pas le qualifier de calque de structure, puisque même s’il s’avérait être un calque structurel de l’anglais, il devrait modifier la structure fonctionnelle du français.
    Or ici, la structure du français est la plus traditionnelle qui soit : verbe + complément d’objet direct, formé d’un article, d’un nom et d’un adjectif.
    À la limite, pour qu’on puisse le qualifier de calque structurel, il faudrait dire :
    garder un bas profil
    Dans ce cas, la structure du COD serait altérée par l’ordre des fonctions de la langue anglaise (où l’adjectif qualificatif épithète se place toujours avant le nom qu’il qualifie).

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