Problématique

Entendu la semaine dernière de la bouche d’un policier : «Nous devons adresser cette problématique.» S’attaquer à ce problème, peut-être?

L’abus du mot problématique est pour le moins… problématique. De nos jours, les divers intervenants et porte-parole de tout acabit cherchent à raffiner leur discours, mais sans toujours vérifier le sens véritable des mots. On aime parler chic et problématique est devenu un mot qui passe bien, voire qui impressionne.

Qu’en est-il de ce mot? Une problématique est un ensemble de problèmes; il s’agit donc d’une situation complexe. On pourra par exemple parler de la problématique des changements climatiques ou du terrorisme. Pour le reste, il faudra s’en tenir au mot problème, trop simple pour certains, qui préfèrent l’élever en problématique, ou encore le déguiser en parlant de… défi.

Soulignons en terminant que problématique est aussi un adjectif qui peut signifier «qui est douteux» ou encore «qui pose problème».

L’abus du mot problématique est en effet problématique.

3 Thoughts on “Problématique

  1. J’avoue que j’emploie parfois ce mot, sans vraiment savoir la vraie signification. Un petit rappel est toujours utile. Merci !

  2. Richard COLLIN on 2 juin 2014 at 20:03 said:

    Bravo et merci pour votre action. Ce site est remarquable.

    Je ne supporte plus les abus, venant très souvent des journalistes, qui parlent  »pour faire bien », « pour avoir l’air’, bref en étant pédant et en détruisant notre langue. Il suffit que l’un d’entre eux trouve une tournure de phrase, une expression, une acception nouvelle d’un mot, bref, torde un peu le paradigme en modifiant les inflexions d’un terme, et tous les autres journaleux copient, puis les jeunes, puis tout le mode. Car pourquoi ne dirait-on pas : « Ca me pose questionnnement, me cause travail, me crée souci, me provoque boutons » ?. Etc. Ne parlons pas des  »in fine » très à la mode en ce moment et à tout propos : « In fine, il a été condamné à deux ans de prison ». Alors qu’il serait si simple de dire « finalement ». J’attends qu’une gourde de la télé (masculine comme féminine à moins qu’un jour on dise « un gourd » pour les hommes) dise : « Qui veut le in fine veut les moyens » ! D’autres exemples (sur des milliers d’abus) : on n’entend plus « Ce dvd sera en vente lundi prochain » mais, à 100%, « Ce dvd sera dans les bacs.. « . « La star se trouve sur le tarmac », « Ca m’interpelle » (suivi de  »quelque part », c’est encore mieux). « La procureure est aussi une auteure car elle est écrivaine »… Et, pour terminer car  »il faut bien clore (le champ ?), ce qui m’exaspère le plus : « C’est excessivement intéressant ! » . Donc trop ? Quid de « C’est excessivement bon marché ». La personne pense que c’est trop peu cher ? Notons que le mot extrêmement a totalement disparu du vocabulaire. L’extrême, ce n’est plus assez pour les  »djeunes » et les journaleux d’aujourd’hui. Quoi d’autre après l’extrémité ? Comme l’a dit Woody Allen, « l’éternité, c’est long, surtout vers la fin ».

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