Pin’s

Le phénomène des anglicismes en Europe francophone ne cesse de prendre de l’ampleur. Les communicateurs s’efforcent sans arrêt de glisser des mots anglais qu’ils arrivent très mal à prononcer, d’ailleurs. Les titres de séries de télévision américaines et anglaises ne sont plus traduits, tandis que des films voient leur titre original retraduit en anglais parisien. Le ridicule ne tue pas. Ce n’est pas un serial killer.

Certains anglicismes prennent leur place dans notre langue parce qu’ils comblent une lacune : raid, snob, leadership, hamburger, timing, camping. Ils se joignent à tout un cortège de mots que le français a empruntés à l’espagnol, l’allemand, l’arabe, le turc, le russe, etc. Ils sont les bienvenus dans notre langue. D’autres anglicismes sont inutiles et déclassent des mots français, comme sniper, listing, planning.

Le mot pin’s est une curiosité. Tout d’abord, il n’est pas indispensable, car on peut dire épinglette, qui est la recommandation officielle et qu’on utilise couramment au Canada. Ensuite, l’apostrophe suivie du s étonne. Étonne beaucoup, même.

En anglais, cette apostrophe indique le possessif. Ce que l’on dit littéralement c’est « de l’épinglette ». Mais quoi au juste? La couleur, la taille?

Pas surprenant que le Robert qualifie pin’s de « faux anglicisme ». En effet, la faute n’échappe pas à toute personne qui parle anglais. Ce qui n’est pas le cas de toutes celles qui arborent fièrement « un pin’s ».

 

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