Paver

Dans l’édition du 16 octobre 2017, Le Devoir présente le « pavage » des rues de Gatineau comme un enjeu électoral. Cet anglicisme est très courant partout au Canada; il fait fausse route.

En fait, il y a très peu de pavés dans le Nouveau Monde. Dans les vieilles parties de Québec et de Montréal, peut-être, mais encore…

La plupart de villes européennes plongent leurs racines au Moyen Âge et même avant. À l’époque, le revêtement des sols était constitué de blocs de pierre, de dalles, etc. Le bitume était inusité.

D’ailleurs, le Robert définit ainsi un pavé :

Chacun des blocs de basalte, de granit, de grès ou de bois spécialement taillés et préparé pour revêtir un sol.

Les fleurs de macadam seront déçues. Point d’asphalte ici.

Amusons-nous un peu : si les routes canadiennes étaient pavées, nous roulerions sur des pierres! Imaginons un peu la Transcanadienne, la route 416 qui relie Ottawa à la 401 vers Toronto, l’Autoroute métropolitaine à Montréal en pierre de granit…

Fin de la récréation. Nous dérapons.

À l’origine, le mot anglais pavement avait le même sens qu’en français. En Amérique du Nord, il en est venu à désigner tout surface dure sur laquelle on peut rouler. En Grande-Bretagne, pavement désigne le trottoir.

Revenons à notre article. L’autrice aurait dû axer sa prose autour des notions d’asphalte et d’asphaltage. À moins, bien sûr, que Gatineau n’envisage de donner à ses rues un cachet médiéval unique…

One Thought on “Paver

  1. Bobby on 25 octobre 2017 at 13:08 said:

    Coquille?

    « route 416 vers Toronto »

    La 416 relie Ottawa à la 401 (20 au Québec), qui elle va jusqu’à Toronto (et prend fin à Windsor)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Post Navigation