Lectures

Je suis un passionné de lecture et apprécie particulièrement la littérature québécoise et les romans policiers. Voici en vrac un résumé et une critique de mes dernières lectures.

Un essai à lire : Le point sur la langue, de Louis Cornellier.

Mythes et réalités de la langue française au Québec. Le niveau diminue : nous parlons plus mal qu’avant. Les Français maitrisent mieux la langue que les Québécois. Ce ne sont là que quelques mythes que Cornellier s’acharne à jeter par terre. L’auteur se penche aussi sur les problèmes qui affligent le français au Québec, notamment cette infiltration de l’anglais dans la syntaxe. Une réflexion pertinente, qui remet les pendules à l’heure.

Langues

A Little History of Language, de David Crystal

Une petite friandise à déguster pour tous ceux qui s’intéressent aux langues, que ce soit des rédacteurs, traducteurs ou écrivains. Le livre s’adresse à de jeunes personnes, mais les gens de tous les âges peuvent le lire avec intérêt.

L’auteur brosse un portrait exhaustif de la formation et de l’évolution des langues. Les chapitres sont courts et de lecture facile. L’ouvrage est instructif sans être didactique, bref, il est à la portée de tous.

On commence en voyant comment un jeune enfant apprend à discerner les sons, tout en essayant de les reproduire. Comment il apprivoise le sens des mots. Ensuite, Crystal s’attaque à la syntaxe, la grammaire, l’orthographe, les accents, les dialectes…

L’évolution des langues est également abordée, avec les néologismes, le slang, l’étymologie, les noms de lieux. La langue des textos, des courriels fait l’objet d’un chapitre.

Détail qui séduira bon nombre d’entre nous, il encense également les personnes qui maîtrisent plusieurs langues.

Un livre essentiel de 253 pages qui se dévore comme un roman.

Romans québécois

Un dimanche à la piscine à Kigali, de Gil Courtemanche
Ce roman date de 2000, mais il garde toute son actualité. Une histoire bête de génocide froidement planifié, comme on en a tant vu au XXe siècle.
Les Tutsis sont d’origine éthiopienne; leurs traits sont plus fins. Les Européens les préfèrent aux Hutus, plus noirs. Ces derniers considèrent les Tutsis comme des cafards et veulent les exterminer.
Une tragédie se prépare, sous l’œil à la fois impuissant et indifférent des coopérants, diplomates, journalistes, prêtres et militaires onusiens.
Un journaliste canadien, Bernard Valcourt, est tombé amoureux d’une Tutsie. Il vivra le drame aux premières loges.
Un roman fort, dérangeant, qui expose dépeint sans fard une cruauté insupportable alimentée par une étroitesse d’esprit renversante.
Une œuvre crue, qui dérange et fait réfléchir.

 

 

L’Orangeraie, de Larry Tremblay

Une plaquette qu’on dévore même si le thème récurrent et obsédant du Proche-Orient use toutes les cordes de notre patience.

Deux jumeaux, Amed et Aziz. L’un est atteint du cancer et condamné; l’autre en pleine santé. L’un des deux est choisi pour commettre un attentat suicide dans le camp ennemi après que ce dernier eut largué une bombe qui a tué les grands-parents.

Bientôt les deux jumeaux décident d’échanger leur rôle sans avertir les parents. Le résultat désastreux de l’attentat planifié est à lui seul un réquisitoire contre tous les conflits armés.

Ceux qui restent, de Marie Laberge
Il faut lire Marie Laberge. Son dernier opus, Ceux qui restent, est l’un de ses meilleurs. Écriture agréable sans flonflon pour la galerie, des personnages dont elle décortique tous les travers.
 
Sylvain se suicide et personne ne sait pourquoi. Sa mère a caché la tragédie à son jeune fil narcissique qui prendra un chemin de traverse pour le moins étonnant. Les parents de Sylvain se séparent et la mère ressemble à un bateau à la dérive. Lui tient le coup, non sans se poser toutes sortes de questions.
 
Entre en scène une barmaid apparemment mal dégrossie, mais pas mal plus futée qu’on pense. Elle remettra un peu d’ordre dans tout cela.
 
Un livre prenant axé sur la psychologie des personnages. Pas un mot de trop, pas une scène dont on se serait passé. 

Je est une autre, de Suzanne Aubry

Une scénariste en quête d’emploi devient le nègre d’une auteure célèbre… Bientôt, elle doit la remplacer dans un jury à Cannes, et les péripéties s’enchaînent. L’idée est originale, mais elle perd un peu de son souffle au fil du récit.

 Mais l’auteure sait maintenir l’intérêt du lecteur en multipliant les péripéties amoureuses de l’héroïne, toujours empêtrée dans les fleurs du tapis.

Spizak, un cadeau ne se refuse pas, de Maryse Charbonneau

Maryse Charbonneau est une écrivaine aussi prolifique que prometteuse. Son livre se déroule au Moyen Âge et raconte l’histoire de Spisak enlevé par un groupe d’étranges mécréants… qui lui proposent l’immortalité.

Ce récit surprenant séduira tous les amateurs de romans historiques, ceux qui apprécient les langues étrangères (on y parle allemand, italien, arabe, russe, hongrois…) L’auteure plante un décor surprenant : les immortels cohabitent avec les mortels, mais ne doivent jamais se révéler. Les relations entre les membres du clan sont souvent tumultueuses, ponctuées du coups bas…

Le parcours de Spisak est surprenant : père de famille dans sa vie de mortel, il devient l’amant d’un des seigneurs immortels. Une remise en question qu’il assume fort bien.

Une brique de 500 pages qui demande du souffle, mais qui vaut la peine d’être lue.

Les derniers jours de Smokey Nelson, de Catherine Mavrikakis

Écriture brillante, toute en sensibilité.

Un condamné à mort qui croupit depuis 19 ans dans un pénitencier de Géorgie, après avoir commis un crime abominable. Il a massacré une famille, le père, la mère et les deux enfants. Sans raison.

Tout au long du livre, on cherche à comprendre. Mais le mobile n’intéresse pas l’auteur. Ce sont plutôt les répercussions sur d’autres personnes rattachées au drame.

À commencer par cette femme que l’assassin a croisée dans le stationnement du motel où s’est déroulé le drame. Elle a fumé une cigarette avec tout en devisant gentiment avec lui. Un charmant bonhomme qui l’a même un tantinet flirtée!

Elle ne s’en est jamais remise. Peu de temps après, elle a quitté la Géorgie pour aller vivre à Hawaï. Mais, quelques jours avant l’exécution, elle y retourne, pour visiter sa fille. Le destin la rattrapera.

Le destin pourchasse aussi le père éploré qui a perdu sa fille, son gendre et ses deux petites filles dans la tragédie. Mais Dieu veille sur lui. Il raconte comment la foi l’a empêché de sombrer. Il a échappé à la dépression et au désir de vengeance. Non, Dieu s’en occupe. Le meurtrier ira pourrir en enfer, c’est certain. Aucune issue pour lui. Mais le père, lui, connaîtra un sort différent, car le royaume des cieux l’attend, très bientôt…

Le dernier chapitre relate le cheminement de l’assassin. Ou son absence de. La peine capitale sera sa délivrance, non pas des remords… mais de rien du tout. Une existence vide, un crime gratuit qu’il ne s’explique pas vraiment. Pas plus qu’il ne comprend pourquoi il a épargné le seul témoin qui pouvait l’identifier. Sa mise à mort donnera un sens à sa vie.

Mavrikakis, avec son écriture lumineuse, précise comme un scalpel, brosse en arrière-plan un portrait de la violence banalisée qui tapisse la société étasunienne.

 

Le mur mitoyen, de Catherine Leroux

Une auteure à découvrir. Le mur citoyen, c’est cette barrière diaphane, invisible, qui sépare deux êtres, sans qu’ils ne s’en rendent compte. Le roman est une série de récits parallèles, finement écrits, qui finissent par s’entrecroiser, parfois avec un lien ténu.

Un roman assez audacieux, qui tient en haleine le lecteur, charmé par l’élégance de l’écriture et intrigué par des récits audacieux, qui pourraient toutefois en dérouter quelques-uns.

 

Madame Victoria, de Catherine Leroux

Un fait divers a inspiré ce brillant livre de Catherine Leroux. Un cadavre découvert aux pieds de l’hôpital Royal Victoria et qui n’a jamais été identifié. L’auteure s’est amusée à imaginer le passé de la jeune femme. Son récit, conjugué en plusieurs nouvelles, révèle tout le brio de son talent.

Sa plume élégante multiplie les figures de style. Elle engendre une ribambelle de Victoria, toutes contrastées. On passe d’une esclave en fuite à une voyageuse dans le temps égarée au vingt-et-unième siècle… Elle égrène ses histoires en quelques dizaines de pages, et le lecteur en redemande.

Une auteure qu’il connaître.

 

Ceci est mon corps, de Jean-François Beauchemin

Les croyants n’aimeront pas ce livre. Jésus a survécu à la crucifixion et il réfléchit sur son expérience mystique, ses ses apôtres et amis, et sur la vie en général. Il a dit avoir perdu la foi sur la croix, s’étonne de la notoriété qui a suivi sa mort et comprend mal la religion que l’on est en train d’ériger en son nom. Il est plutôt désabusé de la nature humaine et guère optimiste. Un livre qui fait réfléchir.

 

Du bon usage des étoiles, de Dominique Fortier

Premier opus de cette talentueuse écrivaine, dont la plume enchante le lecteur. Elle raconte de façon très originale, l’histoire de la malheureuse expédition Franklin partie à la recherche du passage du Nord-Ouest, en 1845. Le navire est resté pris dans la glace et a dû être abandonné par l’équipage, qui a péri de la manière la plus atroce, abandonné de tous. Dominique Demers narre cette tragédie en lui ajoutant une dimension philosophique,. Elle trace en parallèle un portrait de la société londonienne huppée qui, pendant que les marins meurent de faim, festoie de garden-parties en réceptions de tout genre. On y trouve d’ailleurs un menu et une recette de plum-pudding. Une oeuvre qui sort vraiment de l’ordinaire. À lire.

 

Soudain le Minotaure, de Marie-Hélène Poitras

Soudain le Minotaure, publié en 2002, est le premier roman de l’auteure. Elle remporte le Prix Anne-Hébert, tandis que le livre est salué par la critique. Le roman raconte l’histoire d’un viol du double point de vue de la victime et du violeur. Le portrait qu’elle trace de celui-ci en lisant dans ses pensées dénote un sens de la psychologie qu’elle a acquis dans sa jeunesse, en essayant de se mettre dans la tête de ses confrères de classe. D’ailleurs, le portrait du violeur est nettement plus réussi que celui de la victime, qui parvient peut-être un peu trop vite à s’extirper de sa peine. Néanmoins, Soudain le Minotaure vaut la peine d’être lu, ne serait-ce que pour s’initier au style d’une écrivaine à suivre.

Griffintown, de Marie-Hélène Poitras

Marie-Hélène Poitras est également cochère pendant quelques années dans le Vieux-Montréal. Ce travail lui inspire un second roman, Griffintown, paru en 2012, qui décrit l’univers mystérieux et inconnu des cochers. Le livre, à mi-chemin entre le polar et la galerie de portraits, dénonce l’embourgeoisement menaçant le quartier qui donne son titre au roman. Marie-Hélène Poitras déploie toute la richesse de son style, qui en vient presque à voler la vedette au récit. Les lecteurs se souviendront avec ravissement du Far-Ouest qu’elle décrit.

Biographie de Marie-Hélène Poitras.

Le syndrome de la vis, de Marie-Renée Lavoie

Deuxième roman de l’auteur. Une œuvre originale sur une jeune femme insomniaque, Josée, terrassée par la fatigue, qui réfléchit sur sa vie, notamment sur sa relation de couple, somnambulique…

C’est joliment écrit :  « J’ai dans la tête une vis sans fin qui ne me laisse tranquille qu’une fois mes idées, mes peurs, mes souvenirs hachés menus, désubstantialisés par les engrenages qu’elle met en marche. » Les touches d’humour abondent pour dédramatiser la situation. Ainsi, Josée perd sa voiture, pète une coche au cégep où elle enseigne… Des personnages pittoresques l’entourent : sa belle-sœur surmenée, des voisins originaux, un chat à trois pattes…

Récit attachant mais dont la fin laisse le lecteur un peu sur sa faim.

Anita, une fille numérotée, de Claude Jasmin

Roman autobiographique de Claude Jasmin qui relate une idylle de jeunesse avec une jeune fille juive, dans le Québec antisémite et ultracatholique de l’après-guerre. Récit troublant à plusieurs égards sur cette société cimentée par des préjugés tenaces que l’auteur met bien en relief. Malgré l’intérêt du sujet, le récit s’étiole vite en batifolages innocents qui ne semblent jamais vouloir aboutir. L’auteur brosse un portrait à peine esquissé du milieu artistique de l’époque, multipliant les noms de personnalités devenues célèbres par la suite, mais sans aller plus loin. Le récit plaira surtout aux soixante ans et plus, mais demeure quand même instructif pour les plus jeunes.

Parapluies, de Christine Eddie

Un petit bijou. Un enfant disparu, sa mère Béatrice s’accroche à Aisha, une jeune somalienne pour traverser l’orage. En fait, il pleuvra trente-quatre jours dans ce récit amusant, dont les personnages se laissent emporter par le torrent de la vie et se rencontreront en fin de livre, véritable confluent d’émotions.

Les lignes de désir, d’Emmanuel Kattan

Sara est née de père juif et de mère musulmane, alors on comprendra que son identité est complexe. Elle décide d’aller étudier à Jérusalem où elle sera vite confrontée au sempiternel conflit israélo-arabe, côtoyant des gens des deux côtés, qui chacun se méfient d’elle. Sara disparaît et son père entreprend un périple en Ville sainte pour la retrouver… Un livre introspectif et éclairant.

Ru, de Kim Thuy

Récit anecdotique et ludique sur l’arrivée au Québec d’une famille vietnamienne. Le choc des civilisations résumé par une histoire amusante sur la découverte du grille-pain… Mais avant le grille-pain, il y a eu la fuite du régime communiste en bateau sur une mer démontée. L’arrivée dans ce pays étranger aux hivers rigoureux, mais aux habitants chaleureux, curieux… On en voudrait plus… Kim Thuy s’interrompt souvent, change de lieu, d’époque. Une plaquette de 144 pages qui aurait pu en compter le double. Un grand succès de librairie.

Les murs, d’Olivia Tapiero

Livre captivant sur l’anorexie et l’internement. Très finement écrit par une jeune auteure au talent éclatant et prometteur. Une jeune fille suicidaire lutte contre ses démons devant sa famille dépassée, incapable de l’aider et qui semble faire partie du problème. Une complicité s’établit avec d’autres patientes et la narratrice traverse avec nous un long tunnel vers une guérison improbable. Lauréate du prix Robert-Cliche, Olivia Tapeiro se livre à un exercice de maîtrise de style particulièrement éblouissant.  

Espaces, d’Olivia Tapiero

J’attendais avec impatience le second opus d’Olivia Tapiero et j’ai été déçu. Le point de départ est intéressant : une jeune fille est bouleversée par le suicide de sa coloc, à qui elle ne parlait pourtant pas. Commence pour Lola une longue errance qui la conduit dans les bras de son prof d’université, qui pourrait être son père. Elle se perd dans cette liaison, cherchant ses repères.

J’ai retrouvé la plume alerte de l’auteure, mais le récit, rendu sous un mode poétique, déçoit. Comme Lola, le lecteur est dérouté et cherche lui aussi à comprendre.

Le ciel de Bay City, de Catherine Mavrikakis

Une auteur atypique au style percutant, existentialiste, diront certains. Un roman sur le poids de l’histoire, avec des phrases taillées au scalpel… Les trouvailles stylistiques volent presque la vedette au récit, celle d’une jeune États-Unienne née de parents juifs, mais qui cherche à échapper aux griffes du passé, sous le ciel mauve du rêve nord-américain. La morosité de la vie, les rêves envolés, corrodés par un quotidien implacable. Un livre dur.

Jours de tourmente, de Marie-Claude Boily

Le premier tome raconte l’épidémie de variole survenue à Montréal en 1885, vécue par une famille de l’est de la ville. Les épreuves ne tardent pas et Amélia, qui cherche l’amour, le trouvera… pour mieux le perdre. La mort, les déceptions ne tardent pas à suivre et Amélia devra faire des compromis dans sa quête du bonheur.

Portrait intéressant de Montréal et du Québec de la fin du XIXe siècle. Le style est tout en retenue et laisse la place au récit qui se déploie sur 477 pages. Le second tome, paru en 2013, nous entraîne dans un autre monde : celui des colons canadiens-français du Manitoba. La pauvreté, le climat rude, des terres avares, mais aussi l’entraide et les petites haines, ponctuent le roman, dont la trame me paraît moins solide que celle du premier livre. Au centre de tout cela, le rêve d’Amélia, toujours en quête d’un bonheur qui semble toujours lui échapper.

Les portes closes, de Lori St-Martin

Lori St-Martin narre avec grande sensibilité la déliquescence d’un couple. Le mari peintre est infidèle et collectionne les conquêtes parmi ses modèles qu’il jette ensuite comme de vieux mouchoirs. Un drame l’attend toutefois au détour. Son épouse, quelque peu désabusée, affronte la situation tout en ayant son propre jardin secret… Ce vase clos conduit à une longue réflexion un peu déprimante sur la vie à deux, mais elle ne manque pas d’acuité.

Romans étrangers

La purge, de Sofi Oksanen

Un roman très bien construit sur l’occupation de l’Estonie par l’Union soviétique. Les compromissions, les trahisons petites et grandes d’Aliide, forcée d’accueillir Zara, un membre de sa famille pourchassée par des mafieux russes. À coup de retours en arrière, l’auteur tisse lentement la toile de la tragédie familiale, sur fond politique. La cohabitation malaisée des patriotes estoniens forcés d’adhérer au régime soviétique. Un roman fascinant sur tous les plans.

Le liseur de 6 h 27, de Jean-Paul Didierlaurent

Ce roman en a séduit beaucoup de lecteurs. Proclamé livre de l’été 2014 par certains, il m’a déçu.

Le sujet ne manque pas d’originalité : un employé d’usine récupère chaque jour quelques feuillets de romans envoyés au pilon par des éditeurs pour faire place à de nouvelles parutions. Il les extirpe d’une gigantesque machine méphistophélique, appelé Zerstor, une machine qui a déjà broyé les jambes d’un de ses collègues.

Guylain Vignolle (c’est le nom de l’employé) prend le métro régional tous les matins et lit les feuillets sauvés de la destruction aux passagers. Ils ont l’habitude et apprécient cette lecture matinale.

Le sujet est original et séduit, de prime abord. Mais à la moitié du livre, le train déraille, car les quelques personnages truculents du récit ne suffisent plus à retenir l’attention du lecteur. Alors le héros trouve une clé USB contenant… d’autres récits, ceux d’une madame-pipi qui expose ses états d’âme. Guylain Vignolle cherche à la retrouver…

Certain aimeront ce récit mièvre et falot; ils y verront une belle allégorie du monde moderne, inhumain et individualiste. Quant à moi, ce livre semble un peu trop se chercher une trame pour en faire l’éloge.

Le confident, d’Hélène Grémillon

Un premier roman acclamé par le public et les critiques. Une histoire étrange, intrigante dès le début. Une jeune éditrice, Camille, reçoit des lettres qui ne lui semblent pas destinées. Pourtant elle les lit avec un intérêt grandissant au fur et à mesure qu’elle comprend que le récit la concerne directement.

En fait, ce sont plusieurs récits qui s’entrecroisent. Celui de Louis, l’amant éconduit d’Annie qui a accepté de faire un enfant avec le mari d’une riche bourgeoise, pour ensuite le lui remettre. Mais le choses se compliquent et le lecteur doit lire attentivement le roman pour ne pas s’y perdre.

Les choses se compliquent lorsque la mère porteuse veut reprendre son enfant et que la fausse mère qui ourdit une machination à donner froid dans le dos pour le garder.

Le récit tient le lecteur en haleine, mais la fin devient quelque peu confuse quand on change de narrateur. Certains trouveront la fin quelque peu invraisemblable.

Malgré tout, Hélène Grémillon remporte la palme pour l’originalité de sa plume.

Le chœur des femmes, de Martin Winckler

Un roman original sur le monde de la gynécologie. Une jeune étudiante fait un stage dans une clinique française et y débarque avec toute l’arrogance et l’assurance d’une première de classe. Elle est fraîchement reçue par le personnel qui ne tarde pas à la remettre à sa place. Mais ce n’est que le début, puisqu’elle doit travailler avec un médecin qui a la curieuse habitude d’écouter les longs récits torturés de ses patientes, sans les brusquer.

Un récit qui plaira aux femmes, certes, mais aussi à tous ceux qui ont une dose d’humanisme en eux…

Une place à prendre, de J.K. Rowling

L’auteure de la série Harry Potter n’a pas besoin de présentation. Son imagination débordante et son sens du récit ont séduit des millions de lecteurs. C’est pourquoi la barre était haute pour ce nouvel opus, plutôt mal accueilli par la critique, il faut le dire. Le dernier Rowling est un roman noir. L’idée d’étudier les habitants d’une petite ville anglaise me séduisait. Après tout, Rowling a l’art de créer des personnages parfois déjantés et nul doute que leurs interactions allaient susciter l’intérêt. Le roman, un pavé de quelque 700 pages, demande du souffle, car le développement de l’histoire se fait à pas de tortue. On ne tarde pas à se perdre dans la galerie de personnages, véritable ménagerie de turpitudes où la bonté et l’empathie se font rares. Pour compliquer la tâche du lecteur, certains personnages ont des surnoms et il peut devenir difficile de démêler tout ce beau monde qui grenouille. Le rythme est très lent et il faut s’armer de patience avant qu’un premier évènement survienne, à peu près à la moitié du livre. C’est long. L’intérêt du lecteur s’accroche au fil ténu de quelques personnages, surtout les ados, dont les pérégrinations suscitent un certain intérêt. Le dénouement est assez dramatique, mais il ne satisfera pas tout le monde, loin de là. En tournant la dernière page, je me suis demandé – sans doute comme beaucoup de lecteurs – si cela valait vraiment la peine de faire tout ce voyage pour en arriver là. Je n’en suis toujours pas convaincu.

Romans policiers

Chère voisine et Louise est de retour, de Chrystine Brouillet

Qui dit polar au Québec dit Chrystine Brouillet. Une plume simple et directe comme un coup de poignard, des récits savamment enchevêtrés. Pas étonnant que plusieurs de ses œuvres aient été portées à l’écran.

Son premier roman est Chère voisine publié en 1982, C’était donc bien avant Maud Graham, son héroïne fétiche.

Louise est une solitaire quelque peu misanthrope. Elle adore ses chats, son appartement et ne déroge pas de ses habitudes. Et c’est précisément une série de meurtres crapuleux dans son quartier qui la forcera à intervenir. Se faire justice en écartant de son chemin tous ceux qui menacent sa tranquillité ne lui pose aucun problème…

La suite de ce premier roman est venue une trentaine d’années plus tard. Dans Louise est de retour, la meurtrière sans scrupule doit à nouveau se démener, cette fois-ci pour empêcher la vente de l’immeuble où elle a élu domicile. Encore une fois, Louise n’hésitera pas à frapper, mais, cette fois-ci, les conséquences viendront mettre en péril sa couverture.

Les amateurs de polars verront une similitude évidente entre ces deux livres de Chrystine Brouillet et la série de Mr. Ripley, de Patricia Highsmith. Certains songeront même à Dexter, cet inquiétant psychopathe que nous a fait connaître la télé américaine.

 

Le détective de Freud, de Olivier Barde de Capuçon

Le roman était prometteur pour tout adepte de la psychanalyse et de romans policiers. L’auteur s’amuse visiblement beaucoup à créer des dialogues entre Freud et Jung, tout cela avec toile de fond une enquête sur le meurtre d’un psychanalyste.

Le roman, du moins tout au début, fascine. Le psychanalyste affecté à l’enquête par Freud rencontre des suspects ayant chacun leur petit drame personnel. Un fétichiste, une dame qui a peur des loups… et une mystérieuse Dame en Vert, péripatéticienne de son métier, qui semble vouloir tirer les ficelles. Les échanges, avec un détective au nom évocateur de Max Engels amusent, tout comme les interprétations qui fusent tout au long de la narration.

L’histoire finit par s’étirer quelque peu, même si les personnages ne manquent pas de couleur. Leur lecteur tentera de dénouer l’écheveau de l’intrigue, mais devra se montrer patient avant le dénouement. Celui-ci survient de manière quelque peu précipitée, et on peut se demander comment l’enquêteur a pu en venir à toutes ces conclusions, en ayant si peu d’indices.

On savourera ce polar inusité surtout pour l’atmosphère de début de siècle qu’il distille, mais les amateurs de polars qui ne se laisseront pas facilement griser seront peut-être quelque peu déçus.

Millenium IV, de David Lagercrantz

La suite tant attendue de l’original écrit par Stieg Larsson. La commande était lourde pour le successeur de Larsson et Lagercranz s’en est bien tiré. Son roman est enlevant dès le début. Un informaticien en train de mettre au point un modèle avancé d’intelligence artificiel est assassiné. Mikael Blomkvist y est mêlé par inadvertance.

Bientôt, le drame prend de l’ampleur et le lecteur est entraîné dans une histoire complexe de piratage informatique, dans laquelle est impliquée… Lisbeth Salander.

La jeune amazone n’a rien perdu de ses moyens et elle tient tête à de puissantes entreprises véreuses qui veulent la sienne!

Le récit est palpitant. Les puristes regretteront peut-être le défunt Larsson, mais personnellement, je considère que ce livre a tenu ses promesses.

 

Gone Girl, de Gillian Flynn

Un excellent thriller écrit de main de maître. Le jour du cinquième anniversaire de mariage d’un jeune couple, l’épouse disparaît. Le mari trouve des traces de lutte dans le salon et tout laisse croire que la jeune fille a été enlevée. L’alerte est donnée et la police enquête. Tout semblait bien aller dans le couple, qui venait de déménager de New York à Carthage, petit bled dans le fin fond du Missouri. Peu à peu, l’auteur nous révèle la nature véritable de la relation, couche par couche… Bientôt, le mari éploré est soupçonné de meurtre et un piège diabolique semble se refermer sur lui… Passionnant jusqu’à la dernière page.

 

Le bonhomme de neige, de Joe Nesbø

Probablement le meilleur livre de l’auteur. Un mystérieux bonhomme de neige apparaît dans la cour de pauvres femmes qui sont assassinées dans les jours qui suivent. Elles n’ont pas toutes la conscience tranquille, mais le lien qui les unit est ténu. Les pistes sont multiples et certaines mènent l’inspecteur alcoolique Harry Nole à des impasses. Ce captivant polar se dévore au coin du feu en regardant la neige tomber doucement…

La Voix, d’Arnaldur Indridason

L’Islandais Indridason est l’auteur de polars scandinaves le plus captivant que je connaisse. Ses romans, d’une longueur raisonnable, se lisent d’un trait. L’intrigue est toujours bien bâtie, pas un mot, pas un passage de trop. La Voix est un livre particulièrement original : un père Noël assassiné dans un hôtel et un mystérieux suspect. L’inspecteur Erlandur, tourmenté par la mort de son jeune frère, mène l’enquête rondement et décide d’habiter l’hôtel pour retracer cette mystérieuse voix qui semble au coeur de l’affaire.

La Femme en vert, d’Arnaldur Indridason

Un enfant retrouve un squelette dans les hauteurs de Reykjavik et l’enquête montre qu’il s’y trouvait depuis un demi-siècle. Le commissaire Erlandur doit remonter dans le temps et dénouer une intrigue de violence conjugale. Un roman bien mené dans lequel le commissaire suit un fil d’Ariane qui le mène lentement à la vérité.

Les nuits de Reykjavik, d’Analdur Indridason

Indridason est un auteur clé dans la lueur spectrale et boréale des polars scandinaves. Les enquêtes de l’inspecteur Erlendur sont toujours captivantes. SI vous ne devez lire qu’un seul livre de lui, c’est La Voix. Exceptionnel et original.
 
Contrairement à d’autres auteurs scandinaves, les romans d’Indridason ne sont pas des briques interminables. Ceux qui connaissent l’inspecteur Erlendur (c’est son prénom) apprécieront Les Nuits de Reykjavik, qui raconte les débuts du personnage principal, alors qu’il patrouillait les rues de la capitale, la nuit.
 
Un portrait amusant de la faune qui y sévit. L’intrigue tourne autour d’un clochard mystérieusement assassiné. Erlendur s’était attaché à lui et cherche le fin mot de l’énigme. La vérité insoupçonnable apparait peu à peu…

Les chiens de Riga, de Henning Mankell

Une aventure atypique de l’inspecteur Wallander qui joue les espions en Lettonie, un pays dont il ne maîtrise pas la langue et où il perd presque tous ses moyens. Deux cadavres dans un canot qui s’échoue sur les côtes suédoises. Wallander qui doit poursuivre l’enquête dans un pays communiste en pleine déliquescence, un Wallander tourmenté par ses démons personnels, qui s’interroge sur le sens de sa vie. Deuxième roman mettant en vedette le célèbre inspecteur, à qui l’auteur donne plus de substance.

La muraille invisible, de Henning Mankell

L’une des raisons qui me fait apprécier l’œuvre de Mankell est la profondeur des personnages. L’inspecteur Wallander est un homme tourmenté, aux prises avec ses démons personnels, une fille toxicomane… Ses collègues ont chacun leur petite croix à porter, par exemple Anna-Britt, une mère de famille qui essaie de concilier le travail et la vie familiale. Dans un des livres, on découvrira le passé trouble d’un des collègues de Wallander, assassiné, et homosexuel discret de longue date. Les romans du Suédois sont en même temps une réflexion sur le travail de la police et sur la société suédoise en général.

La Muraille invisible présente une intrigue aussi palpitante que mystérieuse qui commence par la mort subite d’un informaticien devant un guichet automatique. Deux adolescentes qui tuent un chauffeur de taxi et l’une d’entre elles qui finit calcinée sur des câbles à haute tension. Tout cela semble décousu, et pourtant une terrible menace semble planer sur la ville, mais laquelle?

L’Hypnotiseur, de Lars Kepler

Je suis un fan des polars scandinaves. Mais ce livre décevant et invraisemblable ne va pas à la cheville des Mankel, Nesbø ou Indridasson. Vraiment pas. À lui, seul il condense certains défauts parfois observés dans ce type de littérature nordique, sans en avoir les qualités.

La trame, étalée sur plus de 500 pages, est interminable, ponctuée d’un long détour au milieu du récit. Détour expliquant les réticences de l’Hypnotiseur à exercer son art. Cette précision utile aurait pu être condensée en une dizaine de pages. On pourrait dire la même chose pour l’ensemble du récit, languissant.

L’intrigue était pourtant prometteuse : hypnotiser un témoin important, blessé, dans une affaire de meurtre. Le récit s’embourbe vite dans les péripéties amoureuses de l’hypnotiseur, tandis qu’un policier plutôt mal défini mène l’enquête à pas de tortue.

Le livre prend l’allure d’un thriller qui met à rude épreuve la patience du lecteur. Le dénouement, dramatique, est échevelé et invraisemblable.

À fuir.

La trilogie berlinoise, de Philip Kerr

Un séduisant mélange de polar à l’américaine et de roman historique. Le détective privé Bernhard Gunther mène des enquêtes délicates dans l’univers trouble du nazisme. Il y côtoie des crapules en tout genre, notamment des bonzes du Parti nazi, comme le sympathique Hermann Goering, pour lequel il ira croupir dans un camp de concentration pour retracer un criminel… Les personnages sont truculents, à commencer par le détective lui-même, dont les répliques acidulées nous arrachent un sourire. Il est toutefois peu réaliste que tous les personnages aient exactement ce trait de caractère… Mais on saura pardonner ce péché mignon à Kerr. À lire cet été.

La paix des dupes, de Philip Kerr

Ceux qui ont été envoûtés par la Trilogie berlinoise seront très déçus. Kerr a perdu sa touche dans ce roman d’espionnage, dont les figures de proue paraissent bien fades, si on les compare à Bernie Gunther. Un germaniste bizarrement embauché par Roosevelt pour l’assister à la conférence de Téhéran, et un officier de l’armée allemande.

L’idée de départ est accrocheuse : un complot se trame en vue d’assassiner Staline, Roosevelt et Churchill qui doivent se rencontrer à Téhéran. Par ailleurs, on append aussi que des tractations secrètes se déroulent pour signer la paix… entre l’Allemagne et les États-Unis… ou la Russie. Cette hypothèse ne tient pas la route, pourtant elle servira de pivot à toute l’intrigue.

La rencontre entre Hitler, Staline et Roosevelt, à la fin du livre relève du plus pur délire.

L’auteur encombre l’histoire d’une pléthore de personnages secondaires que l’on a du mal à suivre. Le récit s’étire dans un méli-mélo de développements peu intéressants. L’action est distillée au compte-goutte tout au long de cette interminable brique de 660 pages. Un ratage complet.

Mort à la Fenice, de Donna Leon

Les amants de l’Italie, et de Venise en particulier, adoreront ce livre. Un chef d’orchestre est mystérieusement assassiné durant un concert. Comme il était peu aimé et s’était fait quelques ennemis en cours de route, les suspects abondent. Ce n’est pas tant l’intrigue somme toute conventionnelle qui séduira, mais plutôt le portrait contrasté des mœurs italiennes que livre l’auteur, qui vit depuis un quart de siècle dans la Sérénissime

Comment rénover un appartement en toute illégalité en faisant percer des verrières dans un palazzo classé monument historique… La hiérarchie scrupuleusement respectée dans la police italienne, avec son lots d’incompétents aux échelons supérieurs. Les rapports entre les recrues et les agents chevronnés. Sans oublier la femme de l’inspecteur qui triche au Monopoly, tandis que son mari s’arrange pour faire gagner son fils adolescent qui ne supporte pas la défaite…

Il s’agit du premier roman mettant en scène l’inspecteur Guido Brunetti, honnête père de famille, bien au fait des travers de la société italienne. Un personnage attachant qui sait manipuler les témoins pour leur soutirer des confidences éclairantes, tout au long de ses promenades le long des canaux.

Romans historiques

Je l’avoue, Ken Follett est mon péché mignon. Il ne fait pas de grande littérature, a écrit des thrillers historiques, des romans d’espionnage, avant de se lancer dans les romans historiques. Pour moi, Follett est l’archétype de l’écrivain populaire qui maîtrise toutes les recettes : récits rondement menés; écriture simple sans être vulgaire; personnages bien dessinés sans être profonds; péripéties qui s’enchaînent sans longueurs inutiles; exactitude des faits historiques et recherches menées avec soin; et du sexe… Bref des livres captivants qui nous font veiller tard.

Les piliers de la terre et Un monde sans fin

Deux briques qu’on dévore nuit après nuit. Le premier sur la construction des cathédrales médiévales, le second sur les aléas de la médecine au au Moyen-Âge et l’influence énorme de la religion.

La chute des géants

Cette fois-ci Follett s’attaque au XXe siècle tourmenté par la Première Guerre mondiale, la Révolution bolchévique et la montée du fascisme. Toute une galerie de personnages dépeignent les États-Unis, déjà puissance émergente, la Russie tsariste vermoulue, l’Angleterre édouardienne bien assise sur son empire et l’Empire allemand qui s’apprête à en découdre avec ses ennemis. L’apocalypse de la Grande Guerre engendrera deux monstres : l’Allemagne nazie et la Russie stalinienne, dont il est question dans la suite, L’hiver du monde. 

L’hiver du monde

Follett nous fait suivre sa lignée de personnages dans la tourmente de la Deuxième Guerre mondiale. Il entremêle encore une fois intrigues amoureuses et évènements historiques. Le récit est dynamique et permet au lecteur d’assister à des moments clés, comme l’invention de la bombe atomique. La brutalité des nazis envers leur propre population est bien mise en évidence, de même que les enjeux politiques.

L’hiver du monde est d’une lecture agréable, mais on entrevoit facilement certains développements. Par exemple, une physicienne soviétique finira par se trouver au cœur de l’élaboration de la bombe atomique; tel officier qui sera stationné à Hawaï, juste avant l’attaque de Pearl Harbour, un certain 7 décembre 1941…

Essais historiques

The War that Ended Peace, de Margaret MacMillan

La Première Guerre mondiale demeure un conflit passionnant; sa genèse l’est tout autant. L’historienne Maragaret MacMillan nous brosse un tableau à la fois détaillé et impressionnant du chemin sinueux menant à cette hécatombe que peu de gens avaient vu venir.

L’auteur remonte à 1900, à l’apogée de l’Empire britannique, empire qui suscite la convoitise du Reich allemand. Le Kaiser prend la décision fort mal avisée d’entrer en concurrence avec la Perfide Albion. Les tensions commencent à apparaître.

MacMillan dessine un portrait exhaustif des grands empires de l’époque : l’Empire d’Autriche-Hongrie, le Reich allemand, l’Empire ottoman, qui sortiront grands perdants de cette guerre. L’Empire de Russie, la Grande-Bretagne et la France, toutes entraînées dans un conflit totalement absurde.

L’auteur ne ménage pas les détails : elle décrit les évènements pratiquement au jour le jour, se penche sur la personnalité des protagonistes, ministres des Affaires étrangères, ambassadeurs.

La mécanique diabolique qui mènera à la Première Guerre mondiale se dévoile sous nos yeux. Peu à peu, tous les acteurs conviennent de l’imminence d’une guerre. L’élément déclencheur, l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand met le feu aux poudres.

Dans un précédent ouvrage, Paris 1919, le même auteur racontait dans le détail les négociations du Traité de Versailles, porteur d’un holocauste encore plus épouvantable.

Les passionnés seront comblés.

 

6 Thoughts on “Lectures

  1. Vincent on 13 mai 2013 at 11:35 said:

    Salut André!

    Si tu as aimé La trilogie berlinoise, je te suggère la lecture des autres romans de Philip Kerr ayant pour personnage principal le désormais célèbre détective. Par contre, tu remarqueras le changement d’écriture dans La mort entre autre. En effet, le changement de traducteur affecte fortement le ton du roman… C’est pourquoi je m’en suis remis aux versions originales des romans à partir de Une douce flamme. D’où l’importance de choisir un bon traducteur!

    • Andre Racicot on 13 mai 2013 at 12:57 said:

      Une mauvaise traduction peut en effet nuire à une œuvre et en décourager la lecture. Certains classiques, dont Le Procès de Franz Kafka et Les souffrances du jeune Werther, de Goethe, ont connu plusieurs traductions.

  2. Dominique on 2 octobre 2013 at 09:25 said:

    Bonjour, monsieur Racicot.
    Je trouve votre site si intéressant que j’en parcours tous les onglets. Mais mon oeil de correctrice d’épreuves a accroché sur une erreur. « Du bon usage des étoiles » a été écrit par Dominique Fortier et non par Dominique Demers (à corriger dans votre critique). Je continue ma lecture. Bonne journée!

  3. Julie on 2 avril 2014 at 12:58 said:

    Bonjour André!
    Je viens de voir votre liste de lectures et je me permets de vous suggérer les romans historiques de l’Anglais Edward Rutherfurd, des pavés de 1000 pages en moyenne. Ils sont captivants à souhait et étonnamment instructifs. Sarum, London (le meilleur à mon avis), Dublin et Ireland Awakening, Russka, La forêt des rois et New York sont ceux que j’ai lus soit en français, soit en anglais. Il vient tout juste de publier un roman sur Paris.

    Julie, traductrice

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