Le jargon des hôpitaux

Les fonctionnaires n’ont pas leur meilleur pour créer des appellations horribles, des bouillies infectes qu’ils nous font ensuite ingurgiter sous forme de sigles. Une médecine aussi indigeste que fatale pour le commun des mortels.

Je me limiterai à quelques termes pour ne pas donner la nausée à mon lectorat.

Parlons-en des hôpitaux! Ils n’existent plus. Ce sont maintenant des centres hospitaliers. Le terme « hôpital » était-il si effrayant? Je ne le crois pas, mais dans le monde de la fonction publique, on raffole des expressions composées, qui se rapprochent du charabia chic dont j’ai déjà parlé.

Plus délirante encore, l’expression Centres hospitaliers de soins de longue durée, abrégée en CHSLD. Ici, on frôle la barbarie, quand on pense que nos aînés y finissent leurs jours. Bien sûr, cela vaut mieux que les anciens « hôpitaux pour chroniques », comme on disait dans le langage populaire, mais on aurait pu trouver une meilleure expression.

Pourquoi pas des maisons de la vieillesse? Je sais, je sais. Avec la rectitude politique, la langue est devenue un champ de mines… « vieillesse » pourrait en offenser quelques-uns, et patati et patata. Au diable! Il faudrait cesser une fois pour toutes de craindre sans cesse d’offenser quelqu’un et d’essayer de faire plaisir à tout le monde. Juste pour une fois.

Je passe très vite sur les pauvres patients devenus des bénéficiaires. Quelle insulte pour tous ces pauvres gens qui poireautent une douzaine d’heures dans les urgences. Les entubés du système.

Enfin, les CSSS. Les quoi? C’est probablement la question que se posent la plupart des lecteurs. Ce sont des centres de  santé et de services sociaux. Et si on les appelait tout simplement les Centres de santé, tout court, comme ça, sans sigle abscons, pour une fois?

 

 

 

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