Le golf en français

De l’autre côté de l’Atlantique, en Europe, on semble croire que tout ce qui vient du monde du sport s’exprime d’abord et avant tout en anglais. Ce n’est pas tout à fait exact. On peut traduire, quand on le veut bien. Cet article est le premier d’une série sur le sport en français.

Le golf est une invention écossaise, c’est un fait établi. Quel golfeur n’a jamais rêvé d’aller fouler le terrain mythique de St. Andrew? Ce sport s’est ensuite répandu un peu partout dans le monde.

L’aménagement du terrain de St. Andrews reflète « l’esprit originel » du golf, un véritable parcours du combattant parsemé de fosses de sable, appelées bunkers, et d’autres innommables chausse-trapes.

Une rumeur persistante dit que le mot golf serait un acronyme pour gentlemen only ladies forbidden… À mon sens, elle a probablement pris naissance au dix-neuvième trou devant une chope de bière à la mousse abondante.

Le vocabulaire du golf est probablement le plus anglicisé de tous les sports. Peut-on parler français sur les links ? Bien sûr, en voici la preuve.

Pour jouer au golf, il faut un bâton, appelé club en Europe. Certains crieront à l’impropriété, mais si on se sert d’un bâton pour le ski, pourquoi pas pour le golf? Certains bâtons sont désignés en français : le bois pour les coups en longueur et le fer lorsqu’on se rapproche du vert, pardon, du green.

Le golfeur pose sa balle sur un tee, que certains écrivent té. Assez curieusement, le tee désigne aussi l’aire de départ d’un trou, du moins en Europe. Cette acception est inusitée au Canada. Après s’être réchauffé, le joueur s’élance d’un bel élan (swing); c’est le coup de départ (drive). Au Québec, on appelle souvent driver le bois utilisé à cette occasion.

Le golfeur range ensuite ce bâton dans son sac qu’il tire dans un chariot, à moins d’avoir embauché un caddie, que l’on peut aussi appeler cadet. Évidemment, cela fait moins britannique.

Un bon joueur enverra sa balle au milieu de l’allée (fairway). S’il est plus maladroit, sa balle décrira une courbe vers la droite, qu’on appelle slice. Une courbe vers la gauche est un hook. Ce terme ne figure pas dans le Robert. Les joueurs français tirent donc uniquement vers la droite…

Si votre balle a dévié, elle pourrait aller choir dans un étang ou une trappe de sable, un calque de l’anglais populaire au Québec, car de trappe il n’y a point. Les plus malchanceux iront chercher leur balle dans le l’herbe longue, le rough.

À l’approche du vert, juste traduction du green, le joueur expérimenté approfondira l’utilisation de son arsenal en recourant au wedge, le décocheur, pour son coup d’approche.

Il cherchera à jouer la normale, le par. S’il est talentueux, il jouera un coup en dessous, soit un birdie, parfois traduit par oiselet. S’il est en forme, il pourrait réaliser un aigle, un eagle, voire un albatros. Les joueurs plus médiocres commettront un boggie en jouant un coup sous la normale.

Les professionnels réalisent parfois des prodiges sur le vert avec leurs coups roulés (putts) ultra précis. Putter est tout un art et les coups roulés de plusieurs mètres impressionnent toujours les néophytes.

Au Québec, le vocabulaire du golf est essentiellement français, même si les anglicismes ne sont pas rares, hélas.

Prochain article : le tennis en français.

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