Kiosque

Le sujet suscite la controverse au Québec.

Dans le coin gauche, on trouve les partisans de kiosque, qui estiment que le terme s’est acclimaté au Québec et désigne tout pavillon et espace réservé à un exposant dans une foire, une exposition.

Dans le coin droit, ceux qui estiment que kiosque est une impropriété dans ce sens et défendent l’anglicisme stand. C’est le cas entre autres de la lexicographe Marie-Éva de Villers, auteure du Multidictionnaire de la langue française.

Le Petit Robert ne donne pas à kiosque le sens qu’on lui attribue au Québec. On parle plutôt d’un pavillon de jardin, d’un édicule où l’on vend des journaux et de la superstructure d’un sous-marin.

Le Petit Larousse, lui, signale l’usage québécois.

La question qui se pose est la suivante : faut-il à tout prix s’aligner sur les pratiques européennes et balayer du revers de la main certains usages bien implantés chez nous, usages que l’on appelle souvent des canadianismes?

L’Office québécois de la langue française répond par la négative. Selon elle, le fait qu’un mot anglais soit généralisé et même son attestation dans des ouvrages de langue ne devrait pas servir de prétexte pour l’importer dans notre pays. L’Office fait valoir que stand ne constitue pas un apport indispensable au français et qu’il ne comble pas de lacune lexicale.

Le mot a évolué dans notre langue, poursuit l’OQLF, pour donner kiosque à fleurs, kiosque d’information, kiosque de gare.

Certains verront dans ces évolutions un garant de la « pureté du français »; ils se trompent. Car, en fait, notre kiosque n’est rien d’autre qu’un mot d’origine turque! L’original se décline comme suit : kösk.

Quant au mot stand, il a fait lui aussi son bonhomme de chemin dans nos contrées enneigées… Dixit l’Office : « L’emprunt stand est également utilisé dans plusieurs expressions, notamment dans stand à hot-dogs, stand à pizzas, stand de souvenirs, stand à journaux (à la place de kiosque), dans stand de cosmétiques, stand de jouets (au lieu de comptoir ou rayon), ou encore à la place de station, dans stand de taxis. »

L’usage québécois et canadien est donc différent de celui qu’on observe en Europe. Nous manifestons la même réticence à employer stand pour kiosque que pour email à la place du très français courriel.

Étant donné que stand s’est frayé un chemin dans notre langue, il est probable que beaucoup de gens d’ici continueront de militer pour son emploi dans les foires et expositions.

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