Insurrection

Êtes-vous vraiment surpris de ce qui se passe aux États-Unis? Moi pas, bien que ce serait présomptueux de ma part de prétendre que j’avais prévu les événements d’aujourd’hui. Comme tout le monde, je suis un peu dépassé par ce cirque carnavalesque qu’est devenue la présidence de Donald Trump.

Annoncer avant même la tenue du scrutin que s’il perd, c’est parce que l’élection sera truquée. Ensuite refuser de reconnaître sa défaite malgré les évidences qui s’accumulent. S’accrocher tant qu’il peut, encourager ses partisans à la violence, etc. Vous êtes étonné des résultats? En fait, j’étais surpris que des milices armées qui ont tenté d’intimider le personnel de certains bureaux électoraux ne soient pas allées plus loin le jour du scrutin. Je me disais qu’on s’était énervé pour rien. Pourtant…

Un coup d’État

La prise d’assaut du Congrès par les partisans de Trump est une première. Pour une fois, les journalistes auront raison d’employer le mot «historique».

C’est une insurrection en vue de perpétrer un coup d’État, soit de reverser le résultat des élections, résultat reconnu autant par les autorités politiques un peu partout aux États-Unis que par divers tribunaux. De plus un nombre croissant de républicains a reconnu la défaite du président sortant. Mais un nombre considérable a continué de fermer les yeux sur les frasques du psychopathe de la Maison-Blanche, par lâcheté et par aveuglement volontaire.

Ce n’est pas rien, les insurgés voulaient s’attaquer au vice-président Pence ainsi qu’à la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi. En fait, c’est aux institutions de la démocratie américaine que les insurgés trumpistes s’en prenaient.

Les républicains

Lorsque le fou furieux de la Maison-Blanche a pris le pouvoir, l’ancien président George Bush fils a déclaré que le Parti républicain pourrait disparaître. Cette prophétie n’est pas dénuée de fondement. Les républicains devront se demander comment ils ont pu laisser leur parti être infiltré par des militants d’extrême droite du Tea Party, avant de tomber sous la coupe d’un sociopathe dangereux en la personne de Donald Trump.

Il est quelque peu risible de voir ce dernier et son vice-président Pence lancer des appels au calme après avoir toléré pendant quatre ans des illuminés fascisants, armés jusqu’aux dents, dans leur propre parti. Comme on dit, qui sème le vent récolte la tempête.

Une insurrection salutaire?

L’assaut donné au Congrès est peut-être l’électrochoc dont les Américains avaient besoin pour s’ouvrir les yeux. Le président Trump a fait énormément de tort à la démocratie américaine. Son dénigrement du processus électoral n’est que la dernière infamie. Tout au long de sa présidence, il a bafoué le système constitutionnel subtil des États-Unis. Il en a dénigré les institutions, a agi comme s’il était un empereur élu, a insulté ses adversaires, ses alliés, les leaders étrangers, craché sur l’OTAN qui empêché l’Union soviétique de mettre l’Europe sous sa coupe. Comme le disait le président Obama, il n’a jamais été capable de s’élever au niveau de sa fonction.

Et les Américains l’auraient réélu, n’eût été la covid.

Il y aura beaucoup de questions à se poser dans les prochains mois, tant chez les Américains que chez les républicains. Et je serais bien en peine d’essayer d’y répondre. Mais je dois dire que je commence à me demander si les États-Unis ne sont pas en train de glisser dans une guerre civile.

2 Thoughts on “Insurrection

  1. Mireille Pilotto on 6 janvier 2021 at 18:08 said:

    Monsieur Racicot,

    Je suis d’accord avec votre opinion (j’abhorre ce D. Trump), mais je me demande en quoi elle constitue un billet d’ordre linguistique.

    Je suis mal à l’aise que vous vous serviez de votre tribune linguistique pour nous servir votre opinion; il me semble que vous tombez là dans le piège de la diffusion d’opinion personnelle sans lien avec l’objectif de la plateforme que vous avez créée.

    Sans rancune,
    Mireille Pilotto
    traductrice + rédactrice-réviseure

    • Andre Racicot on 7 janvier 2021 at 14:53 said:

      Je suis politologue de formation. Lorsque je travaillais au Bureau de la traduction, j’y donnais des ateliers de géopolitique destinés aux traducteurs. Alors, de temps à autre, c’est mon côté science po qui ressort dans mes billets. Toutefois, l’immense majorité des mes 500 articles porte sur la langue française. Merci de me lire quand même… 🙂

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