Fautes courantes

Il est facile de confondre certaines expressions idiomatiques, voire de les fusionner, ou encore de faire un pléonasme en renforçant une expression qui se suffit à elle-même.

Vous êtes respectueux, vous avez du tact, alors vous préférez laisser sous-entendre une critique, plutôt que de l’exprimer ouvertement. Laisser entendre est le terme exact.

On vous invite quelque part, mais vous n’osez pas décliner l’invitation; alors vous inventez un faux prétexte pour vous désister. Un prétexte suffit largement.

Votre voisin est un enquiquineur. Il se plaint de la longueur de votre gazon, il vous accuse de pelleter la neige sur son terrain… bref, il cherche la petite bête noire.

Attention! Être la bête noire de quelqu’un a un sens précis, mais différent de chercher la petite bête.

Les pauvres Iraquiens subissent une guerre d’agression menée par l’État islamique. Verront-ils la lumière au bout du tunnel? Cette expression, maintes fois entendue, est un calque de l’anglais. Pensons-y un peu : qu’est-ce qu’on peut voir au bout du tunnel, sinon que la lumière? L’anglais est une langue descriptive, tandis que le français est plus abstrait. Donc, il faudrait dire : voir le bout du tunnel.

La langue doit évoluer, c’est clair, mais certains mots voient leur sens détourné pour créer un effet de nouveauté. Ces mots ne tardent pas à devenir des fautes courantes. Ainsi, l’envahissant problématique qui s’applique désormais à tout obstacle, à toute difficulté. Les problèmes existent encore, vous savez.

Ensuite, les cours, conférences et autres interventions publiques axées sur une thématique, qui n’est rien d’autre qu’un ensemble de thèmes. À moins que l’exposé soit particulièrement complexe, le mot thème suffit.

Et lorsqu’un thème s’impose dans l’actualité, on parle de plus en plus d’une conversation, par exemple sur le droit à l’avortement ou sur la peine capitale. Encore une fois, le charabia chic et la rectitude politique viennent teinter notre langue. Il s’agit en fait d’une discussion, d’un débat.

Comme si des sujets aussi délicats pouvaient se passer de discussion.



 

2 Thoughts on “Fautes courantes

  1. Daniel Grant on 19 mars 2016 at 16:06 said:

    Bonjour M. Racicot
    J’aime votre site.

    Je viens de lire les Fautes Courantes du 18 août 2014: « Voir le bout du tunnel »
    et
    vous dites que l’anglais est une langue descriptive et que le français est plus abstrait!!

    J’aimerais vous dire que mon expérience est tout à fait le contraire. Je suis francophile mais je parle anglais à la maison avec ma femme depuis notre mariage 35 ans et je ne compte plus le nombre d’expressions anglaises qui n’ont aucun sens quand on regarde les mots individuellement. Très souvent en analysant l’expression on pourrait facilement penser la signification contraire surtout quand on ajoute (up, down, in, out). J’en ai pris conscience avec des expressions comme ; winding-up , climbing-down etc…
    Il me semble qu’en anglais trop souvent on utilise des expressions très courtes en pensant que ça dit tout, mais d’après moi ça laisse trop souvent place à interprétation et même à la confusion.
    J’ai la chance que ma femme soit britannique et qu’elle peut corriger mon anglais (et ma grammaire française aussi)

    Merci de promouvoir le bon usage du français.

    Daniel Grant
    2016-03-19

    • Andre Racicot on 22 mars 2016 at 08:28 said:

      Je suis d’accord avec vous sur cet aspect. Les phrasal verbs constituent un des problèmes les plus embêtants auquel doivent faire face ceux qui apprennent l’anglais.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Post Navigation